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le blog du laboratoire anarchiste

lalibertédautruiestlaconditiondemaliberté

Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 12:24

 le 3 mai au matin la police nationale est en effervescence, de nombreux policiers en bourgeois sont en planque dans le centre ville.Qu'est ce qui se prépare?

La mairie de Valence a été évacuée pendant un peu moins d'une heure à cause d'une alerte àla bombe. Mais l'alerte à la bombe était.... un canular! Le coup de téléphone est arrivé vers 10h et demi ce mercredi matin au standard des pompiers de la Drôme. Il s'agissait à priori d'une mauvaise plaisanterie mais par précaution, le maire a pris la décision de faire évacuer les 60 personnes présentes dans le bâtiment à ce moment là, membres du personnel mais aussi élus. Toutes et tous se sont retrouvé-e-s derrière un cordon de sécurité. Les fouilles dans les bureaux de l'hôtel de ville n'ont rien donné mais une enquête de police est en cours pour retrouver l'auteur de cette mauvaise blague.(source france bleu drôem ardèche)

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Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 23:21

 

nous remercions les gens qui maintiennent ouvert un espace de lutte.

RESISTONS A LA LIGNE THT Cotentin-Maine

Depuis sept ans, des dizaines de milliers de personnes (de la Manche, de la Mayenne, de l’Ille et Vilaine et du Calvados) vivent avec l’épée de Damoclès d’une ligne Très Haute Tension programmée pour être installée de Raids (50) à Beaulieu (53).

Depuis décembre 2011, les chantiers de pylônes ont démarré et avec eux la violence d’état et de RTE (signatures forcées, travaux de destruction engagés légalement ou pas, etc…). Face à cette situation, nombre d’individus ont décidé que l’heure était à l’action directe pour tenter d’enrayer ce « rouleau compresseur » et appellent chacun à y participer avec les moyens qu’il jugera bon pour nuire matériellement à l’avancée du chantier. Si nous sommes contraints à ces pratiques c’est que l’opposition populaire à ce projet n’a, depuis que le projet est connu, rencontré uniquement que mépris et arrogance de la part de l’état et de RTE. Chacun aura compris qu’il n’y avait rien à attendre de ces institutions. C’est seulement en s’organisant par nous-mêmes avec nos moyens que nous pourrons freiner la toute puissance de l’état. Les habitants du Val Susa en Italie, qui luttent contre la construction de la ligne TGV Lyon-Turin, l’ont compris depuis longtemps. Ils arrivent pour l’heure à freiner sérieusement la destruction de leur vallée.

Depuis le 14 janvier 2012 et la réunion publique de Coutances, qui faisait suite à l’action de perturbation du convoi de déchets radioactifs de Valognes, une assemblée s’est constituée autour du village du Chefresne (50), terre de résistance depuis des années à ce projet de ligne THT. Cette assemblée, composée autant d’habitants proches du projet que d’individus en lutte contre toutes les politiques de gestion de nos vies par l’aménagement des territoires, assume entièrement l’héritage de l’action de Valognes, autant sur les pratiques de luttes, les formes d’organisation que sur le sens politique de ces luttes.

L’actualité nous montre avec bonheur que personne n’a attendu la constitution de cette assemblée pour agir sur le terrain. Déjà quelques pylônes déboulonnés, des engins en panne, des piquets de signalisation des chantiers systématiquement enlevés… Si les chantiers avancent bien trop rapidement, chacun peut constater que la panoplie des actions de nuisances reste ouverte et que les effets ne sont pas négligeables. L’état et RTE savent désormais que leur arrogance n’a d’égal que notre détermination.

Si l’assemblée du Chefresne entre aujourd’hui en résistance ce n’est pas seulement contre les dégâts sur la santé que RTE reconnaît implicitement en rachetant les maisons à moins de 100 m de son réseau THT. Ce réseau THT est intimement lié à la production nucléaire et assumé comme telle par EDF justifiant cette ligne THT par l’EPR en construction. C’est donc également une résistance à l’industrie nucléaire que nous poursuivons aujourd’hui. Mais ces lignes THT et la centralisation de la production électrique dont elles sont la résultante ont également une autre signification. Avec la multiplication de ces projets en France et en Europe, nous savons aujourd’hui que l’état et l’industrie ont décidé de faire de l’électricité un marché spéculatif international se donnant les moyens d’un réseau international de distribution pour vendre l’électricité de l’EPR au Maroc, en Angleterre ou ailleurs. On est bien loin du souci affiché par EDF de sécuriser la distribution en France et notamment dans l’Ouest. C’est donc aussi contre la démence productiviste et le règne de l’économie que nous rentrons en résistance.

Si ce qui se vit aujourd’hui du côté de la Manche et de la Mayenne trouve écho chez les opposants à l’aéroport de Notre Dame des Landes, à la centrale à gaz du Finistère, à la ligne TGV Paris-Cherbourg, c’est que nous partageons le sentiment d’une même dépossession face à la gestion de masse dont participent ces projets d’aménagement des territoires.

Ce que nous a appris l’action de Valognes de fin novembre c’est que lorsque de la détermination se double d’une organisation collective horizontale (autrefois nommée démocratie directe), ce que nous récoltons n’est pas seulement de la confiance et de la force, c’est aussi le sentiment profond de reprendre nos affaires en main. Quelle meilleure réponse aux expropriateurs de nos vies et aux aménageurs de notre survie ?

La présente assemblée se veut être un soutien (plus que nécessaire) pour les habitants et habitantes qui se trouveraient démunies face au travail de destruction qu’effectue RTE contre ce qui a été, pour elles et eux, des lieux dans lesquels il et elles ont toujours vécu et/ou travaillé. L’assemblée souhaite accompagner leur colère et les prémunir de tout acte de désespoir qui pourrait s’ajouter à leur sentiment d’impuissance, et souhaite également effectuer un travail d’information de la population contre la propagande produite par RTE quant à l’avancée, soi-disant sans « incidents », des travaux. L’assemblée souhaite la réappropriation de cette lutte par la population afin qu’elle y participe activement, et souhaite travailler contre toutes les formes de résignation.

Afin que les habitants et habitantes ne se sentent pas dépossédé-e-s de la lutte, ils et elles seront informé-e-s, par le biais des affichages, des prochaines dates auxquelles se réunira l’assemblée. Le collectif se veut ouvert à toutes les initiatives et à toutes les personnes souhaitant s’informer ou participer à cette lutte.

L‘assemblée refuse toutes formes de récupération politique. Toutes les initiatives ne devront, en conséquence, afficher aucune appartenance politique ou syndicale.

L‘assemblée assumera toutes les formes d’actions, sans distinction de leur « violence », tant qu’elles n’atteignent pas l’intégrité physique des personnes travaillant à la construction ou à la protection des lignes. Qu’elles soient produites par les habitants de la région ou les personnes venant de l’extérieur, les actions seront assumées également. Le Collectif veut éviter les rivalités, peu constructives, entre des locaux et des non locaux.

NI RESIGNATION, NI COMPROMIS, SABOTONS LE CHANTIER DE LA THT

 

 

Publié dans : lalibertédautruiestlaconditiondemaliberté
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Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 15:52

nous publions avec des modifications sans demander au site 

[Brochure] Mauvaises intentions #3 autour du procès antiterroriste de mai 2012

Il nous importe de partager des expériences et de construire un discours collectif et une solidarité la plus large possible face à la répression. Partager ses expériences, c’est aussi tenter de comprendre et d’expliquer certaines limites de l’antirépression qui reste un moment auquel il est difficile d’échapper.

Recueil de textes- avril 2012
contact : solidaritesinculpes [a] riseup.net
soutien financier : billet ou chèque à l’ordre de « Les » à envoyer à Mauvaises Intentions, 21 ter rue Voltaire 75011 Paris

Infokiosques.net, pour sa part, propose le DOSSIER « Mauvaises Intentions« , où se trouvent archivés – de la manière la plus exhaustive possible – les textes, analyses, comptes-rendus d’actions glanés sur les sites d’informations « alternatifs »…

SOMMAIRE

1/ Introduction

2/ Rappel des faits
- chronologie rapide
- révoltes du « CPE ». La solidarité continue ! +
- extraits de la procédure antiterroriste +

3/ Antirépression & luttes sociales
- un pavé dans les rouages +
- travail, prison, travail +
- solidarité ! +
- danse avec l’état +
- contribution aux discussions sur la répression antiterroriste +
- briser ses liens… +

4/ Temps judiciaire et techniques policières
- garde à vue : manuel de survie en garde à vue +
- taule : texte d’un prisonnier du mitard de Bois d’Arcy +
- taule : lettre de Frank depuis la prison de La Santé +
- contrôle judiciaire : la prison à la maison +
- contrôle judiciaire : depuis notre chez nous carcéral +
- expertise psy : lettre à un expert psychiatre +
- adn : sur l’ADN – du sang, de la chique et du mollard +
- enquête : analyse d’un dossier d’instruction antiterroriste +
- antiterrorisme : face à l’outil antiterroriste +

5/ Solidarité
- actions de solidarité
- caisses et collectifs de solidarité
- émissions de radio anticarcérales

INTRODUCTION :
Prélude en M.I. [1] bémol

Nous voilà repartis pour le même cirque électoral qu’il y a cinq ans ; avec, en prime, du 14 au 22 mai 2012, le procès concernant 6 camarades désignés comme appartenant à la « mouvance anarcho-autonome francilienne » et interpellés en 2008. Les médias et le pouvoir avaient alors brandi l’épouvantail anarcho-autonome, les accusant, entre autre, d’avoir pris part à l’agitation qui avait eu lieu après l’élection de Sarkozy en 2007. Hasard du calendrier, longueur de l’instruction, volonté politique ?
Toujours est-il qu’à cette occasion, il nous a semblé important de réaliser un nouveau recueil de certains des textes qui nous ont accompagnés dans nos réflexions ces dernières années. Depuis le début de ces affaires, nous avons choisi d’en parler dans le cadre de leur contexte politique et social (lutte dans les centres de rétention, élections présidentielles, mouvement CPE), persuadés qu’elles révélaient une réalité politique plus large. Il nous paraît nécessaire de diffuser le plus possible ce que nous avons compris des techniques policières et judiciaires car nous sommes convaincus que c’est en partageant des informations, des expériences, que nous pouvons être plus forts dans ces moments là, que ce n’est pas une affaire privée entre des individus et l’État.
Cette période nous a fait réfléchir sur l’antirépression et nous avions envie de partager quelques impressions et analyses afin d’élargir la discussion sur ce sujet toujours sensible.

Après quatre ans d’instruction, trois ordonnances de renvoi et autant de « réouvertures » du dossier, la procédure est enfin close. Chaque fois, on s’est dit qu’on touchait à la fin, puis, chaque fois on était renvoyé à ce temps qui s’étale, qui semble ne pas avoir de fin. Le temps de la justice est un temps qu’on ne maîtrise pas. Il peut être court, comme lors des mouvements sociaux ou révoltes où l’Etat veut faire des exemples en réprimant fortement et rapidement avec les comparutions immédiates. Il peut aussi s’éterniser, comme pour cette affaire, ce qui provoque une grande distance temporelle entre les actes reprochés et leur contexte et donc une difficulté à les inscrire dans un réel qui semble loin. C’est un temps long qui concerne non seulement les mois de prison pour les inculpés, mais aussi toutes les arrestations, les surveillances policières liées à l’enquête, les contrôles judiciaires, les interrogatoires avec le juge d’instruction, les demandes d’aménagement de contrôles… Il comprend aussi l’antirépression, les heures passées avec les avocats, les parloirs, la recherche de thune, la publicisation des nouvelles de l’affaire, les actions de solidarité… Tout ce temps passé qui change entièrement le quotidien des mis en examen et de leurs proches, est imposé par l’État. La répression crée une forme d’immobilisation, d’attente qui se prolonge et dont on ne connaît pas la fin. L’issue du procès pourrait amener à des peines de prison supplémentaires, des « mises à l’épreuve » qui perdurent. Et si on va au-delà, le temps judiciaire comprend même les fichages liés à la peine, les marqueurs (ADN, casier, sursis…) qui te suivent et les « récidives » qui s’ensuivent. En fait, la punition se mesure toujours en temps : temps passé depuis le début de la procédure, auquel s’ajoutera le nombre total de mois ou d’années au moment du verdict.
S’extraire du temps judiciaire ou dépasser le « calendrier » du pouvoir ne dépend pas de notre volonté. Par exemple, quand tu es en cavale, tu fuis l’arrestation mais restes soumis à son éventualité, qui régit en grande partie ton quotidien. Et, même à un niveau collectif, il est difficile d’échapper à ce calendrier, l’antirépression suit la répression.

On peut constater que les marges de manœuvre et le cadre de la légalité vont en se restreignant dans les luttes (utilisation de l’outil antiterroriste, réquisitions policières de travailleurs en grève, multiplication des garde-à-vue…). Pour autant, il ne s’agit pas de s’indigner de la « criminalisation des mouvements sociaux » mais de penser cette répression dans un contexte plus large. En temps de crise, tous les rapports sociaux se durcissent et la répression s’alourdit pour tous, qu’elle frappe pour des actes de survie quotidienne, des actions militantes… Elle est une réponse de l’État à toute attaque dirigée contre lui ou ce qu’il protège, un moyen de maintenir l’ordre et de garantir la pérennité du système. Si la répression est à considérer comme un mécanisme général touchant une large partie de la société, elle n’en est pas moins adaptée aux différents groupes et milieux sociaux qu’elle touche, aux différents actes qu’elle cible. Elle n’est pas la même quand elle s’attaque aux sans-papiers, aux dealers ou aux militants. Les séparations qui existent dans la société sont reproduites et cristallisées dans la répression par un traitement différent, un arsenal judiciaire et policier particulier.
Le procès qui aura lieu en mai, est, comme d’autres affaires, le résultat d’une de ces formes de répression particulière. Ces affaires sont inscrites par l’État à l’actif de ce qu’il appelle la « mouvance anarcho-autonome ». Même s’il s’agit effectivement d’attaquer des mauvaises intentions [2], cette répression ne peut s’effectuer qu’autour d’une compilation d’actes qui permet de punir certaines pratiques, de ficher un grand nombre de personnes et surtout de donner un cadre, une existence judiciaire et policière à la mouvance. L’acharnement de la répression à définir la « mouvance anarcho-autonome » lui donne une réalité publique et constituée dont il n’y a pas lieu de se revendiquer. Malgré tout on ne peut pas nier la pré-existence d’une mouvance ou d’un milieu se retrouvant autour d’idées révolutionnaires et de pratiques autonomes vis-à-vis des organisations politiques institutionnelles.
Cette répression polarise l’attention sur l’identité des « anarcho-autonomes ». Elle crée un double phénomène, poussant les individus à questionner cette identité et trop souvent à s’y référer alors même que cette identité les enferme dans les catégories du pouvoir. La complexité de ce phénomène tient à ce que la répression plonge l’individu ou le groupe dans un rapport binaire de bras de fer, et de face à face avec l’État (parfois fantasmé comme un rapport de force), l’isole dans sa situation, dans une confrontation qui ne peut pas avoir d’issue en elle-même.
Pour s’organiser collectivement contre la répression, il est nécessaire de s’armer de patience et d’outils de solidarité (caisse de soutien, aides juridiques, partages des expériences). Mais l’antirépression, comme moment de lutte à part, séparé, au-delà de l’auto-défense élémentaire, a lieu dans un moment de faiblesse. Parvenir à dépasser ce moment, à le lier à d’autres types de répression, ou à des luttes en cours est très compliqué. Le rôle même de la répression étant de cibler et d’isoler, il est difficile de construire une offensive ou un rapport de force à partir de cette question. A travers une analyse de la société de classe, on peut théoriquement faire le lien entre toutes les répressions mais il ne suffit pas de nier les séparations ou de mettre en avant leur absurdité pour les déconstruire. Il ne s’agit pas de créer une échelle de légitimité ou de pertinence des différentes réactions à la répression mais plutôt de réussir à appréhender une forme de reproduction des séparations ou d’enfermement que peut produire l’antirépression. Il ne s’agit pas non plus d’envisager un mutisme passif qui pourrait s’apparenter à l’intégration complète de l’isolement et de la peur produits par la répression.
La répression enferme souvent les gens « figés » par l’Etat dans une identité (comme celle de « la mouvance anarcho-autonome »), enferme souvent dans une alternative entre la volonté de défendre des pratiques, en elles-mêmes et coûte que coûte, et celle de s’en démarquer à tout prix. Le jeu de la répression pousse les individus à se positionner en termes d’association ou de dissociation, on ne s’autorise plus à remettre en cause, à questionner la pertinence des actes dont les personnes sont accusées. De la même manière, la discussion sur les pratiques et les actions mises en place dans l’antirépression est souvent évacuée.

Nous l’avons dit, il nous importe de partager des expériences et de construire un discours collectif et une solidarité la plus large possible face à la répression. Partager ses expériences, c’est aussi tenter de comprendre et d’expliquer certaines limites de l’antirépression qui reste un moment auquel il est difficile d’échapper.

[1] Mauvaises Intentions


[2] « La haine de l’état bourgeois et de ses apparences

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