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La grande méchante « finance » serait une pieuvre suçant la vitalité d'une production considérée comme « naturelle » et transhistorique, donc en s'opposant à la finance (voilà l'ennemi ! selon ce discours), « Oui, un autre capitalisme c'est possible » comme le titrait récemment le magazine « Marianne » ! Depuis maintenant quatre ans, de Barak Obama à Nicolas Sarkozy, d’Arnaud Montebourg à Marine Le Pen, de Jean-Luc Mélenchon à François Bayrou, on nous sert toujours le même discours sur la crise.
A qui la faute ? Quelle est l'origine de la crise ? C'est bien sûr nous dit-on, le vilain capital financier opérant des licenciements qui est en train de faire crever le gentil capital productif (euphémisé par la douce expression d’ « économie réelle », expression très à la mode depuis quatre ans...) qui donne des emplois. De Paul Jorion à Frédéric Lordon ou Stéphane Hessel, mais également dans n’importe quelle sage chenille processionnaire syndicale de la CGT, de la CFDT, des altermondialistes, etc., on crie ainsi toujours haro contre le « capitalisme de casino », « l’économie financière », les bourses (la méchante Wall Street, etc.), les grands méchants spéculateurs, les vilaines mégabanques, ces saloperies d’agence de notation, ces pourritures de titrisation, ces traders immoraux, etc. Et d'une seule voix, ce discours dit : Cette crise n'est pas la notre ! C'est pas à nous de la payer ! Débarrassons nous de la très très vilaine « oligarchie financière » qui a noyauté le système politique et qui tapie dans l'ombre, tire les ficelles pour son compte car sa politique n'est qu'une « stratégie du choc », une offensive du capital qui serait en réalité en parfaite santé, car en vérité ces gros menteurs ont quelque part un trésor caché qu'il faudrait exproprier et redistribuer à tous les pauvres. Allez hop ! Un bon coup de rabot fiscal contre les riches qui s'en mettent plein les poches, des Etats revigorés qui doivent faire des politiques keynésiennes de relance pour pousser à consommer les gens, et la vie capitaliste « normale » repartirait comme en l'an quarante ! On aura enfin nos salaires qui augmentent, on pourra consommer, on sera à nouveau en poste dans la tranchée du travail et de la compétitivité, etc., etc. C'est ainsi raconte cette légende urbaine, que la croissance économique repartira comme jamais, que la formidable vie capitaliste enfin assainie de ses inutiles parasites fonctionnera pour l'intérêt de tous (et non de quelques-uns), que tout le monde aura enfin plein de petits emplois de fourmis et de rouages et que tout le monde pourra à nouveau retourner à sa vie d'hônnete et sage travailleur d'une société toujours structurée par le travail, l'argent et le mouvement fétichiste de la valeur que nos milliards d'actions de travail constituent dans notre dos pour finir par se présenter en face de nous comme puissance hostile et étrangère. Voici résumé les grandes lignes de cet altercapitalisme qui circule comme discours dominant aujourd'hui dans les médias, dans l'opinion publique de la « gauche de gauche », et même chez des électeurs de l'UMP et du FN : un capitalisme à visage humain ! La droite et l'extrême-droite dociles à la forme historiquement spécifique de racisme informée par une forme de vie structurée par le travail, rajoute à cela la crasse préférence nationale pour les petits emplois et le rejet de l'immigré et de l'assisté, éternels mangeurs du pain des honnêtes travailleurs français censés « se lever tôt le matin ». Rajoutez à cela l'antisémitisme et le populisme de droite est au firmament d'un anticapitalisme tronqué qui a abouti dans les chambres à gaz d'Auschwitz.
La variante « de gauche » de l'alter-capitalisme (jamais totalement débarrassée d'un antisémitisme latent et des théories conspirationnistes), souvent nostalgique du capitalisme à Papa des Trente Glorieuses au temps du « plein emploi », n'est pas nouvelle à gauche. Historiquement cet altercapitalisme a été porté sous une autre forme par le mouvement ouvrier dès la fin du XIXe siècle (après la Commune), et il a constitué le contenu de l'ensemble des luttes de classe et des « socialismes réellement existant » sur la planète au XXe siècle (seul les collectivisations rurales en Aragon en 1936-1937 auraient pu potentiellement être porteuses de quelque chose de nouveau. cf. les réflexions des Giménologues). Mais le marxisme traditionnel (ce que Robert Kurz appelle le « Marx exotérique ») puis les courants socio-démocrates, n'ont toujours « critiqué » le capitalisme que du point de vue du travail, pourtant un de ses pôles immanents (et non extérieur), et ont simplement appelé à redistribuer autrement les catégories et formes sociales capitalistes (l'argent, la marchandise, la valeur, etc.) sans jamais les mettre en cause en tant que telles comme origines au travers des pratiques, de la constitution-fétichiste de la forme de vie sociale capitaliste-marchande qui après s'être constituée dans notre dos et s'être présentée en face de nous comme une puissance extérieure à nos propres rapports sociaux capitalistes, se casse aujourd'hui la gueule sur nos propres têtes. La vie sociale maintenant planétarisée que nous menons, structurée par le travail, l'argent et le mouvement fétichiste de la valeur que cette forme de structuration implique nécessairement, voilà plutôt l'ennemi ! La forme de vie sociale que nous formons, après nous avoir structurée par le travail (qui ne travaille pas ne mange pas), après nous avoir dévorée dans l'exploitation du surtravail, n'arrive plus à se reproduire elle-même (la crise de la valeur, voir l'ouvrage de R. Kurz, « Vies et mort du capitalisme. Chroniques de la crise », Ligne, 2011), et s'effondre dès lors sur les sujets qui la constituent sans cesse en tant que fonctionnaires de ses formes et catégories sociales. Mais parce que la forme sociale qu'est la valeur est un fait social total au sens de Marcel Mauss, la crise généralisée de sa dynamique s'exprime dans une crise civilisationnelle multidimensionnelle, économique, sociale, subjective, politique, énergétique, écologique, etc. Il n'existera jamais un autre capitalisme (penser cela est une forme d'extrémisme qui court après l'effondrement), il faut penser la crise de manière plus réaliste et pragmatique en rejetant l'extrémisme de ceux qui pensent illusoirement que nous puissions encore conserver ce monde social. Le long fleuve capitaliste qui n'est jamais tranquille ne rentrera plus jamais dans son lit ou son étiage. Il n'y aura pas de « sortie de crise », car c'est la forme de vie sociale capitaliste qui est une crise en permanence. C'est donc au-delà d'une structuration de nos rapports sociaux fondamentaux par le travail, l'argent, l'Etat et le mouvement fétichiste de la valorisation, qu'il nous faudra auto-instituer une autre forme de vie collective au-delà d'une société marchande. Et dans cette lutte contre la société capitaliste que nous formons, « on n’a pas une classe intra-capitaliste [la classe ouvrière] qui en renverse une autre [la classe bourgeoise]. On a une réunion des individus critiques désireux de se débarrasser du « sujet automate » [de la valorisation - c'est-à-dire le capital comme médiation sociale] (nonobstant leurs positions respectives au sein du capitalisme) qui se heurte à la partie de la société voulant absolument le conserver (également sans s’occuper de sa position donnée) » (R. Kurz, Lire Marx, La balustrade, 2002, p. 167).
Ce texte ci-dessous, de Pawel de l'organisation conseilliste-ultragauche C.C.I. (voir le site du Courant Communiste International), dénonce de manière intéressante l'altercapitalisme actuel qui constitue donc à la fois la conscience naturelle des sujets dans la vie capitaliste (l'idée qu'il suffirait simplement de remettre de l'humain et de la morale dans le système), et plus particulièrement l'idéologie dominante de la gauche.
Bonne lecture !
Palim Psao
Pour une interprétation de la crise capitaliste actuelle par le courant allemand de la critique de la valeur (la théorie de la limite interne), on pourra voir sur ce site les textes de la rubrique Crise mortelle du capitalisme.
Voir le Fichier :
Crise_economique_ils_accusent_la_finance_pour_epargner_le_capitalisme.pdf
j'j'ai déniché cet article pour faire connaître ce bouquin qui est paru depuis plus d'un an.SA lecture est fort utile pour développer une autre ritique du numérique que celle de PMO. Syndicalistes, profs et Prents d'élève réveillez vous ils sont en train de laminer les enfants
Présentation des principaux groupes nationalistes français
À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quelle est la place du Front national ? Combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils vraiment ?
Pas facile aujourd’hui de répondre. Face à une extrême droite en perpétuelle évolution, cherchant de plus en plus souvent à brouiller les cartes pour mieux se refaire une virginité et
apparaître plus forte qu’elle ne l’est, il vaut mieux connaître les histoires, les alliances et les positionnements de ces différents mouvements pour mieux anticiper leurs actions et leurs
politiques. Le schéma que vous trouverez aux pages suivantes, ainsi que les repères historiques ci-dessous, permettent d’y voir plus clair.
L’extrême droite à l’automne 2011 apparaît comme extrêmement morcelée, avec un nombre de groupuscules et des alliances parfois contre-nature entre certains
courants ou groupes politiques. Cela s’explique par une grande confusion idéologique qui règne dans le milieu nationaliste. À travers cet organigramme, qui ne peut qu’être éphémère, nous
avons tenté de dresser le bilan de cette extrême droite, en terme d’alliance et de positionnement, afin de permettre à chacun(e) de s’y retrouver. Avec les présidentielles de 2012, il y a
pourtant fort à parier que la situation exposée ici aura évolué d’ici quelques mois, probablement avec des rapprochement inédits. Nous avons essayé d’être les plus exhaustifs possible, mais en
ne nous intéressant qu’aux partis et groupuscules ayant une activité, même réduite, dans le monde réel et pas seulement sur internet, et de ce fait pouvant représenter un danger physique ou
politique pour les militants. Ainsi, nous avons volontairement mis de côté les sites internet comme François de Souche, à l’audience proche de certains grands sites d’info, mais dont l’activité
se limite finalement au relais d’informations sur des faits divers glanés ici et là et à la libre expression d’un racisme qui trouve là son exutoire.
Mais pour bien comprendre la situation actuelle, il est nécessaire de replacer cette distribution des rôles dans une perspective historique : car si la très
grande majorité des groupes nationalistes ici présentés sont nés dans les années 2000, ils sont tous, de par l’histoire de leur formation ou celle de leurs dirigeants, ancrés dans l’histoire
contemporaine de l’extrême droite telle qu’elle s’est construite à partir des années 1980, avec l’émergence du FN.
La suite sur http://scalp-reflex.over-blog.com
mercredi 8 mai de 16h à 18h
lecture collective de la revue subversion
café théet biscuit
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