Voici une répnse partielle paru dans drome hebdo.
Vous pouvez envoyez aussi vos témoignages sur ce passage au RSA, au Laboratoire 8 place St jean
Drome hebdo
Comment se passe la mise en place du Revenu de solidarité active (rSa) dans le département ?
Madeleine Medolago : Nous remplissons notre mission de service public c’est à dire que nous payons des prestations définies par la loi et nous devons tout faire pour faciliter l’accès à ces droits. Le revenu de solidarité active a vraiment pris forme avec la loi du 1er décembre 2008. Elle confie aux CAF et aux Mutuelles sociales agricoles (MSA) la mission d’instruire les dossiers. Le RMI relevait du Conseil général qui pouvait déléguer. Ce n’était pas le cas en Drôme et donc au sein de la CAF, nous étions gestionnaires et payeurs. Aujourd’hui, dans le cadre du RSa, nous sommes en plus instructeurs. Nous remplissons les demandes et récupérons les pièces justificatives. A ce jour, il y a trois instructeurs possibles, le Conseil général, le CCAS et la CAF.
Qui est susceptible de bénéficier du rSa ?
Pour cette nouvelle prestation, il y a les bénéficiaires de droit. Ils sont 8 000 allocataires et cela se fera automatiquement. Le RMI ou l’allocation de parent isolé (API) qu’ils percevaient devient RSa. Autres bénéficiaires : les travailleurs « pauvres ». Nous en connaissons un certain nombre qui bénéficie de l’allocation logement. On les estime à 9 000. Leur allocation logement a été calculée en fonction de leurs ressources au cours de l’année 2007. La question posée est : quelles sont leurs ressources actuelles car le rSa prend en compte les 3 derniers mois qui précèdent la demande. Nous les invitons donc à faire le test d’éligibilité qui détermine s’ils ont droit au rSa. Ce test dure 5 minutes et se fait par téléphone, par Internet, dans les locaux du siège de la CAF à Valence et dans 8 points d’accueil en Drôme. Il existe enfin une troisième catégorie de personnes éventuellement concernées par le rSa : les travailleurs non connus de la CAF. Ils ont « trop » d’argent pour avoir droit au RMI et pour autant leur situation est parfois délicate. Ils seraient entre 10 et 11 000. Ce sont par exemple les personnes travaillant à mi-temps, une personne seule avec un enfant à charge …
Que se passait 'il dans les ANPE (maintenant fondue dans le pôle emploi)?
J’arrive de l’ANPE où je viens de passer une journée “Création d’Entreprise”. Entouré de pleins d’autres chômeurs, nous nous sommes retrouvés pour un jour dans la peau d’un futur chef d’entreprise !! Gloups... mais qu’est-ce qu’on fout là tous ?
On nous explique que le patron est seul face à d’énormes responsabilités, qu’il travaille dur, 12 h par jour, qu’il est sous tension permanente et qu’il est le seul à prendre des risques. On nous fait comprendre implicitement de manière répétée que l’Etat lui prend la plupart de ses bénéfices par le biais des charges sociales.
Bref l’opération consiste à nous démontrer que le patron a une position ingrate et que c’est plein de courage et d’humilité qu’il remplit seul sa mission bienfaitrice, la production des richesses, pour le bien-être de la collectivité tout entière !...
Si malgré çà on persiste à vouloir créer notre entreprise, alors il faut investir en monnaie sonnante et... sans trébucher. Mais le parcours nous est généreusement balisé... Puisque, a priori, le chômeur n’a pas le capital nécessaire à la création de sa future entreprise, alors vient le moment en fin de journée de l’offre ultime, du suprême cadeau : le Saint CRÉDIT.
Toute une gamme de crédits bancaires, tous plus généreux et désintéressés les uns que les autres, nous est vendue. En l’espace de quelques heures l’ANPE devient alors une véritable vitrine bancaire où toute la panoplie du Saint-Crédit nous est minutieusement exposée. En plus ces miraculeux crédits sont cumulables, histoire de vous “aider” le plus durablement possible. Merveilleux non ? Avec des “et hop !” et des “C’est ti pas beau ça !” on vous sort du chapeau magique le Saint-EDEN, le Saint-PCE, le Saint-Prêtd’Honneur, etc., etc. En veux-tu, en voilà. “Et hop !”. Cela vous est présenté comme “une aide”, une récompense, un privilège. Malgré toutes ces faveurs si vous rencontriez tout de même des soucis bancaires - Étonnant non ? Difficile à croire tout de même, des soucis après des crédits bancaires ?!? - Alors on vous propose le must du must, le super, le rapide, le compréhensif, le solidaire, le “un peu plus cher que les autres” avec son taux d’intérêt à... 8 % ! : le Saint- ADIE. “Adie” donc qu’est-ce qu’ils ne feraient pas pour nous hein !
Toute cette enrichissante journée a été orchestrée par une femme dynamique dont on découvre le curriculum vitae sur une des nombreuses fiches distribuées : consultante - formatrice, Master of Business Administration (MBA) spécialisation Marketing - Université de Floride ; Ecole de Commerce International - Business Management School (BMS). Expérience professionnelle : 1 an en tant que chargée de mission pour le développement du marché américain, 2 an en tant que responsable administrative des ventes export, 1 en tant qu’assistante commerciale export. Cette “gagnante” travaille pour une structure indépendante de l’ANPE. Après un questionnement précis et insistant sur la nature de cette structure, elle finit par répondre qu’il s’agit d’une association à but non lucratif qui a pour concurrents d’autres associations ou entreprises privées, qui forment à elles toutes le réseau national dit "Boutiques de Gestion"... Et voilà, ces manager-boutiquiers gèrent... mais que gèrent-ils ? Quelle marchandise ?
Ben la marchandise, c’est nous quoi : les chômeurs !



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