ATHENES (AFP) — Jeunes et policiers se sont à nouveau affrontés à Athènes vendredi, à l’issue d’un défilé dans le centre ville de près de 3.000 enseignants,
étudiants et élèves contre la politique du gouvernement de droite.
Des escarmouches ont d’abord opposé, devant le siège de l’Université, des dizaines de jeunes encagoulés et des policiers des forces anti-émeutes (MAT), qui ont fait
usage de gaz lacrymogènes pour les disperser. Les fauteurs de trouble ont mis le feu à des poubelles et lancé des morceaux de bois et des pierres sur les policiers.
Les incidents se sont poursuivis dans la zone, fermée à la circulation et où des centaines de manifestants sont restés massés. D’importantes forces anti-émeutes ont
chargé à plusieurs reprises pour les disperser, effectuant de nombreuses interpellations.
Parmi les personnes interpellées à l’écart des échauffourées figuraient notamment 14 avocats, relâchés après une intervention du barreau d’Athènes, tandis que des
journalistes et opérateurs ont été pris à partie par des policiers.
L’influente Union des journalistes d’Athènes (ESHEA) a protesté auprès du ministère de l’Intérieur contre “ces attaques brutales et passages à tabac”.
“Il peut y avoir eu des excès condamnables, nous enquêtons à ce sujet, mais la police a fait son travail”, a commenté le ministre, Procopis Pavolopoulos, sur la
télé Méga.
En début de soirée, le calme était revenu après une ultime charge des MAT contre un groupe rassemblé près du siège de la police pour protester contre les
interpellations.
La manifestation de départ, du siège de l’Université jusqu’au parlement, commémorait la mort du professeur Nikos Temponéras, tué en 1991 à coups de barre de fer par
un syndicaliste de droite à Patras (ouest).
Elle intervient un mois après la mort d’un adolescent tué par un policier à Athènes, qui avait déclenché une série de manifestations et troubles urbains à travers
le pays.
“Temponéras vit, lutte pour la démocratie, la paix, l’éducation et l’emploi”, proclamait la banderole du syndicat des professeurs du secondaire, l’Olme, en tête du
cortège.
“A bas le gouvernement des assassins”, “L’argent pour l’éducation et non pas pour les banquiers”, “A bas le gouvernement du sang, de la pauvreté et des
privatisations”, lisait-on sur d’autres banderoles.
Le centre ville avait été bouclé à la circulation, et de très nombreuses forces anti-émeutes y avaient été déployées.
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