.
Cette décision fait suite à un entretien publié sur le site de L'Express où le cofondateur d'Action directe laisse entendre qu'il ne nourrit aucun regret pour l'assassinat du patron de Renault, Georges Besse, le 17 novembre 1986. Interrogé sur ce fait, il répond : "Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que, si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique", dit-il. "Il faut clarifier les choses : le processus de lutte armée tel qu'il est né dans l'après-68, dans ce formidable élan d'émancipation, n'existe plus", souligne Rouillan, 56 ans, qui ajoute : "Mais, en tant que communiste, je reste convaincu que la lutte armée est nécessaire à un moment du processus révolutionnaire."
Jean-Marc Rouillan est conscient enfin qu'avec cet entretien, il "joue"sa liberté alors qu'il n'est qu'en semi-liberté depuis décembre 2007. Il travaille actuellement dans une maison d'édition marseillaise, après vingt années passées en prison, depuis février 1987. Il lui est interdit d'évoquer les faits pour lesquels il a été condamné. Comme Nathalie Ménigon, Georges Cipriani et Joëlle Aubron (morte en 2006, moins de deux ans après sa libération pour raisons médicales), Jean-Marc Rouillan a été condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité, pour les assassinats du PDG de Renault Georges Besse en 1986, et de l'ingénieur général de l'armement René Audran, un an plus tôt.


Commentaires