Le Laboratoire
"L'existence de I'Etat et l'existence de l'esclavage sont indissociables.»
La critique de la philosophie politique de Hegel a pris chez Marx une
orientation de plus en plus radicale, jusqu'a' se transformer purement et simplement
en négation de l'État. Sans que le mot ne soit jamais prononcé, l'anarchisme est le
sens profond de sa critique. (Maxime Rubel citera plus tard dans Marx, critique du
marxisme, 1975 : «Tous les socialistes entendent par «anarchie» ceci: le but du
mouvement prolétaire, l'abolition des classes, une fois atteint, le pouvoir de d'Etat [..
.] disparaît et les fonctions gouvernementales se transforment en de simples
fonctions administratives»
Il y a trois ans, en posant leurs valises sur le plateau, dans un hameau non loin de Tarnac, Gaëtan, 25 ans, et Benjamin, 30 ans, ne pensaient pas devenir commerçants.
La croissance à tout crin, ce n’est pas franchement leur truc. Lorsqu’ils ont débarqué avec une vingtaine de potes pour retaper une vieille ferme, les rumeurs ont d’ailleurs été bon train.
Ils n'ont pas fait appel aux banquesEt s’il s’agissait d’une secte ? « On n’est pas venu ici pour faire du fric ». Ils n’ont toutefois pas tardé à trouver leur place dans la commune, allant jusqu’à racheter, le 1er octobre dernier, le magasin général d’alimentation du bourg. « Je n’aurais jamais pensé me retrouver derrière un comptoir, être ainsi pris dans des rapports marchands », insiste Gaëtan ; « Faire des journées pas possibles, des livraisons », ajoute Benjamin.
Car le magasin général n’est pas seulement la petite épicerie du village. Il fait aussi bar, tabac, restaurant ouvrier, station-service, et salle de spectacles. Ici, on ne veut pas faire les choses comme ailleurs. Ça tombe bien, le plateau n’est pas un lieu comme les autres.
Pour racheter l’endroit et conserver ses deux salariées (rejointes depuis par trois autres personnes à temps partiel), les trois gérants n’ont d’ailleurs pas fait appel aux banques. En plus de l’aide de leurs proches, ils ont émis des bons de souscription qui seront échangeables, à partir du 1er mai 2008, contre des produits vendus au magasin.
Plus de 150 habitants du village y ont participé. Il faut dire que tout le monde y trouve son compte. « Tout est parti de notre volonté de travailler là où on vit. Car on n’est pas venu ici pour faire du fric », explique Gaëtan. Pour preuve, il est également devenu président du comité des fêtes.
Faire passer la vie avantAu travers du « magasin », il aspire à mettre en place une dynamique d’échange à rebours de ce que la société propose. Tout simplement faire passer la vie avant, sans forcément essayer de se faire passer pour un exemple. Une démarche plus compliquée qu’il n’y paraît, mais qui se met peu à peu en place avec le soutien des habitants dont beaucoup n’osent imaginer ce que serait devenue leur ville sans ce commerce qui prône une autre proximité.
Michael Nicolaslundi 8 juin
de 18h15 à 19h radio
LABO sur 99.2
émission en public
à Radio Mega 35 rue Prompsault
rediffusion jeudi
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