Le Laboratoire
"L'existence de I'Etat et l'existence de l'esclavage sont indissociables.»
La critique de la philosophie politique de Hegel a pris chez Marx une
orientation de plus en plus radicale, jusqu'a' se transformer purement et simplement
en négation de l'État. Sans que le mot ne soit jamais prononcé, l'anarchisme est le
sens profond de sa critique. (Maxime Rubel citera plus tard dans Marx, critique du
marxisme, 1975 : «Tous les socialistes entendent par «anarchie» ceci: le but du
mouvement prolétaire, l'abolition des classes, une fois atteint, le pouvoir de d'Etat [..
.] disparaît et les fonctions gouvernementales se transforment en de simples
fonctions administratives»
«Le troisième jour de garde à vue a été le plus dur à vivre. Je commençais
à vraiment être éprouvé et sans commencer à voir le bout du tunnel.»
Après une centaine d'heures de garde à vue vécue la semaine passée dans
le cadre de l'enquête sur les sabotages à la SNCF, Mathieu B. est plutôt
en forme.
Même s'il confie «avoir perdu cinq kilos», il est le moins marqué des
trois Rouennais éprouvés nerveusement et psychologiquement par cette
épreuve qui s'est déroulée dans les locaux de la sous-division
anti-terroriste à Levallois et Nanterre.
Fragiles depuis leur libération samedi après-midi, notamment victimes de
troubles du sommeil, Elsa B. et Bertrand D. ne souhaitent pas s'exprimer
publiquement. Dans un autre état d'esprit, Mathieu B. a répondu aux
sollicitations des médias. Filmé hier après-midi par une équipe de Sept à
huit, l'émission de reportages de TF1, l'étudiant âgé de 27 ans,
fraîchement diplômé de l'école des Hautes études en sciences sociales,
s'est aussi longuement confié à notre journal.
Dans quelles conditions avez-vous été libéré?
Mathieu B.: « Tard samedi soir. Je suis passé le dernier devant le juge
d'instruction (NDLR, au palais de justice de Paris, sur l'île de la Cité).
Cela a duré cinq minutes. L'avocat commis d'office m'avait prévenu un peu
avant que mon dossier était vide. Un peu embarrassé, le juge m'a signifié
mon placement sous contrôle judiciaire et ma mise en examen. Une fois
dehors, j'ai retrouvé les autres qui venaient d'être libérés et des amis
venus nous accueillir.»
Ensuite?
«Avec ma compagne (Aria T., arrêtée avec lui à Tarnac et qui a aussi vécu
la garde à vue), nous sommes rentrés à Rouen par le dernier train. Et le
lendemain matin, nous sommes allés chercher notre fils de neuf mois qui
était chez mes parents. Nous avons raconté à nos proches l'enchaînement
des événements.»
Que retenez-vous des premiers moments de la perquisition?
«Nous avons été braqués nus par des policiers cagoulés, et menottés. Le
lit de notre fils a été retourné, les pots de confiture de ma mère vidés.
Cela a duré des heures, sans qu'ils ne trouvent rien de compromettant.»
Quand avez-vous été conduits à Paris?
« Le convoi de véhicules est parti en fin d'après-midi. Transportés à 180
km/h sur l'autoroute, nous avons dû arriver vers 20 h à Paris. Je me suis
retrouvé dans une cellule de 5 m² sans fenêtre, avec pour seul mobilier un
banc en béton, le tout baigné d'une très faible lumière.»
Les interrogatoires ont-ils débuté tout de suite?
lundi 8 juin
de 18h15 à 19h radio
LABO sur 99.2
émission en public
à Radio Mega 35 rue Prompsault
rediffusion jeudi
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