le blog du laboratoire anarchiste
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Les pendus de Chicago
Le 1er mai 1886, dans toute l’Amérique, des centaines de milliers d’ouvriers descendent dans la rue pour exiger par l’action directe la journée de huit heures. A Chicago, où 40.000 ouvriers font grève, les anarchistes se chargent d’organiser la campagne du 1er mai. Il y a des manifestations et des meetings tous les jours.A cette époque de fort développement industriel se développent massivement les ghettos ouvriers, la misère ouvrière et de migrants, à côté d’une bourgeoisie et d’un patronat qui s’enrichissent sur le dos des pauvres.Les deux premiers jours de grève se déroulent tranquillement mais le 3 mai des accrochages ont lieu entre ouvriers grévistes et briseurs de grève. La police ouvre le feu sur les grévistes. Il y a des morts et des blessés. Le soir même des tracts sont imprimés qui appellent à la résistance contre cette répression. Le jour suivant un meeting est organisé à Haymarket. Les force de l’ordre décident de disperser le rassemblement. Une violente explosion retentit. Quelqu’un a jeté une bombe qui tue un agent. La police ouvre le feu. Quelques minutes plus tard Haymarket baigne dans le sang. Le 5 mai, huit meneurs anarchistes ont été arrêtés en même temps que des centaines d’autres. Il sont interrogés et torturés. Les 8 accusés sauf un sont condamnés à la peine de mort alors qu’un seul était présent au moment de l’attentat à la bombe. Cinq seront pendus. En 1893 une déclaration officielle a réprouvé l’ensemble du procès et a confirmé l’innocence des 8 accusés.Que commémorons-nous alors le 1er mai ?Ou victimes ou coupables, il nous faudrait taire l’urgence de nouveaux droits sociaux à conquérir, il nous faudrait disparaître ou renoncer. Aujourd’hui les raisons de se révolter et de lutter sont les mêmes Dans une société qui ne cesse de produire, d’accumuler les richesses et d’augmenter les bénéfices, pour des élites "insécurisées" et raisonnables, nous devrions nous mobiliser toujours plus pour toujours moins, sans que les richesses que nous produisons ne soient l’objet de nouvelles redistributions. Ce discours et ces pratiques tentent de nous tenir dans l’invisibilité et la honte. Toujours plus de pauvreté et d’exclusion, toujours plus de contrôle social et de pénalisation de la misère, toujours plus de précarité.Le travail, censé permettre à chacun d’accéder à l’autonomie, à l’intégration sociale, à la citoyenneté, apparaît plus que jamais comme une gigantesque mystification.Le monde du travail a changé. Le salariat est mort, vive le plein emploi précaire !Moins de 50% de la population active travaille. Le salariat traditionnel, enfant de l’industrie et des luttes sociales, est en passe de disparaître. Réorientation des emplois industriels, (r)évolution technologique, numérique, concentration des capitaux, spéculation financière... sont autant de facteurs de transformation du travail et des formes d’emplois. L’alternance entre emploi, chômage et formation est devenue la règle.Comment ne pas constater le décalage croissant entre une idéologie du travail indiscutée et la réalité morcelée de l’emploi ?
Sous couvert de lutte contre le chômage, nos gouvernants n’ont cessé d’imaginer une kyrielle de contrats précarisants :TUC, SIVP, CES, CEC, CIE, CJ, Contrat d’apprentissage, de professionnalisation, emploi service, chèque emploi, TPE, CI-RMA, CIVIS, CDII, ACO, CNE, CA, CAE... et le petit dernier, le CPE. La précarité recouvre un ensemble de réalités, de modes de vie différents.Elle correspond à la difficulté pour chacun de nous de vivre dans unee société rongée parla vision hégémonique de l’économie néo-libérale. Pour survivre, nous sommes devenus les premiers producteurs de richesses et d’innovation sociale !
Le 1er mai doit refléter la multiplicité de nos visages, de nos modes de vie, de nos façons d’être.Le chômage, la précarité font peur. C’est l’image d’une société malade, auto-destructrice, qui ne cesse de diviser, d’opposer et d’exclure les individus entre eux, jusqu’à sa propre jeunesse !Cessons d’opposer développement de la personne et développement de la société !La vie, la nature, l’humain, l’éducation, la culture et le bien-être ne sont pas des marchandises.
Unissons-nous pour revendiquer une économie du bonheur, du désir, de la vie et de l’humain.Comme le dit Laurence Parisot (présidente du MEDEF), la vie, l’amour sont précaires, pourquoi pas l’emploi ? A celà, nous répondons : la vie, l’amour, la liberté et la beauté sont fragiles, protégeons-les !La précarité pour ne pas être subie doit avoir comme contrepartie minimum un revenu garanti, à même de réinventer de nouvelles protections sociales et solidarités pour l’avenir,de garantir la liberté, l’égalité et la fraternité ! Face aux discours qui sont tenus sur nos vies, construisons d’autres conditions du possible.
Note de la claviste/
Ce texte est issus de la liste agir contre le chomage, d'autres textes sont dans nos sentiments, écrivons les.....;
adresse utile:
soit par courrier au Laboratoire
soit sur notre E mail
voir aussi date utile
Mardi 18 juin à 19h
Repas de solidarité
aux compagnon-e-s italien-e-s emprisonnée-s
pour le G8 Gênes 2001
pour "dévastation et saccage"
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