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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 08:09
information :
Procés aux assises de Nimes le lundi 28 septembre contre le gendarme qui a
tiré la balle qui a tué le jeune Mourad ( le Mars 2003)
dessous l'article paru dans le journal CQFD.


CQFD N°013


LE TÉMOIGNAGE DE LA MÈRE D’UN JEUNE TUÉ PAR DES GENDARMES

MON FILS MOURAD NE MÉRITAIT PAS DE MOURIR

Mis à jour le :15 juin 2004. Auteur : Hernan Carricaburu.

En mars 2003 mourait Mourad, tué à 17 ans par des gendarmes. Un an après, sa mère, Rabia, continue de se battre pour que la justice n’enterre pas l’affaire, mais aussi pour aider les autres jeunes de Valdegour, la ZUP nîmoise où Mourad avait grandi. Pour CQFD, elle revient sur les faits et sur la détermination qu’ils ont forgés en elle de s’impliquer dans les luttes associatives de son quartier.

Le 2 mars 2003, Mourad, 17 ans, mourait d’une balle dans la tête dans un hôpital de Montpellier. Le projectile, tiré par un gendarme, n’avait pas choisi son point d’impact, mais les hommes à képi avaient, eux, bel et bien choisi d’utiliser leurs calibres pour arrêter trois jeunes de Valdegour, une cité de la banlieue de Nîmes, qui fuyaient en voiture après un cambriolage raté. Les membres de la brigade de Saint-Hippolyte-du-Fort ont tiré pas moins de quinze coups de feu en direction du véhicule qui s’éloignait. Un seul a suffi à mettre fin à la vie de Mourad. Une condamnation à mort sans jury ni délai de grâce. Aussitôt après les faits, le conseil municipal de Saint-Hippolyte votait une motion de soutien à sa brigade de gendarmerie, avec pétitions de « sympathie » bien en évidence chez les commerçants. Un an après, aucun des trois gendarmes flingueurs n’a été suspendu de ses fonctions. Mutés dans un coin où leurs faits d’armes sont inconnus (les Alpes, paraît-il), ils continuent d’exercer leur métier. L’agent dont le pistolet a tué Mourad a été mis en examen, mais dans les affaires de violences mortelles commises par les forces de l’ordre, il faut souvent des années avant qu’une décision soit rendue - non-lieu, peine symbolique ou acquittement, dans la grande majorité des cas. Rabia, la mère de Mourad, sait tout cela. Pour autant, toujours debout, elle ne renonce pas à lutter pour que les trois pistoleros soient un jour traduits en justice. « Un seul a tué, dit-elle, mais celui qui a donné l’ordre de tirer est aussi responsable que les deux autres. » Membre d’Azur, une association d’aide aux femmes des cités, Rabia se bat aussi pour que les autres jeunes des cités ne meurent pas d’une justice expéditive. Longtemps, elle a réprimé son envie de témoigner à la presse, craignant de voir ses propos déformés, comme cela lui est arrivé lors des premiers jours du drame. Si elle parle aujourd’hui, c’est pour « parler de l’association, pour raconter ce que nous faisons. » Assise sur un sofa, elle hésite. « J’ai 40 ans, je vivais seule à l’époque… J’ai deux fils, deux filles. J’avais cinq enfants… » Puis elle se lance. « Je l’ai appris par un coup de téléphone de l’hôpital. À 5 heures du matin on m’appelle et on me dit qu’il y a eu un accident. “Votre fils a parlé”, me dit l’infirmière : “Il faut dire à maman qu’elle vienne.” Quand je suis arrivée, les docteurs m’ont expliqué que c’est lui qui avait donné le numéro de téléphone de la maison. Mourad avait eu un accident en janvier, il était tombé, et s’était gravement blessé. Je pensais qu’il était à l’hôpital pour ça. » Une amie qui arrive à cet instant lui demande, gênée, pourquoi elle s’inflige de raconter l’histoire à nouveau. Mais Rabia, qui cinq jours plus tôt manifestait sa légitime méfiance des journalistes, a maintenant besoin d’aller au bout de son récit.

« Dans ma tête, ce n’était pas quelque chose de grave. Au dernier moment, quand on m’a dit qu’il avait été blessé par balle, je ne sentais plus ce que je faisais. L’infirmière m’a dit qu’on allait essayer de la lui retirer. Que s’ils y arrivaient, il s’en sortirait. Ils l’ont opéré, mais n’ont pas pu retirer la balle. Elle a traversé le cerveau et empêchait l’irrigation. L’infirmière est venue et m’a dit qu’il n’y avait plus aucun espoir. Ils ont laissé la machine et on a attendu. À 7 heures du matin on m’a dit que ça allait être la fin. Je l’ai vu une dernière fois et je suis ressortie de suite. Le papa de Mourad et son cousin ont fait ce qu’il fallait pour l’hôpital. Ils sont venus me voir et m’ont dit que c’était fini. » « Je fais ça parce que ce n’est pas normal qu’un jeune de 17 ans meure pour un petit délit. Je sais bien qu’il a commis une bêtise, mais ça ne méritait pas la mort. » Depuis, elle s’efforce d’aider les jeunes, avec une interrogation qui ne la quitte pas : « Je ne comprends pas qu’ils autorisent la police et la gendarmerie à tirer et à tuer. » Le lendemain du drame, avant d’aller se rendre à la police, les deux camarades de Mourad étaient venus la voir pour lui présenter leurs excuses. « Vous n’êtes pas responsables, leur a-t-elle dit. Ce n’est pas vous qui avez tiré. » Avant la mort de son fils, Rabia fréquentait peu de monde et ne connaissait pas les associations de quartier de Valdegour. Comme beaucoup de mères, elle s’occupait surtout de ses enfants. « Depuis la mort de mon fils, dit-elle, je fréquente les associations Azur et Espoir. Je m’intéresse aux jeunes parce que je ne veux pas qu’ils souffrent et que cela se reproduise, pour personne. » Silence. Puis Rabia reprend. La visite des gendarmes le jour même, pour récupérer des papiers chez elle, sa décision de poursuivre en justice les trois militaires.

Pour cette ancienne de la ZUP, fille d’ouvrier marocain arrivée en France toute gamine, l’acte des gendarmes est la conséquence d’un système de préjugés, le point ultime d’une grille d’analyse qui remonte à loin. Il y a toujours quelqu’un, observe-t-elle, pour considérer que tuer un voleur de voiture est légitime. Comme ce banquier qui lui faisait remarquer que si Mourad était mort, c’était sûrement parce qu’il avait fait des choses malhonnêtes. « Quand on juge les gens sans les connaître, je ne trouve pas ça normal. Mourad ne m’a jamais ramené quelque chose de volé à la maison. Il avait fait six mois de prison après un vol à Montpellier, mais il avait été jugé et voulait s’en sortir. Nos enfants maintenant sont nés et ont grandi en France. Ils ont la culture d’ici et ne veulent plus travailler comme des esclaves. Mais ils ont du mal à comprendre que la vie est difficile… Mon père a travaillé ici toute sa vie. Ma famille, c’était des travailleurs. On ne vivait que de l’argent gagné, mérité. » À la discrimination, Rabia oppose la solidarité. « Je suis respectée par les jeunes dans le quartier parce qu’ils savent que je ne vais pas les trahir. Nous organisons des rencontres tous les mois sur des sujets précis. Les jeunes viennent et étudient avec nous des projets qui les concernent. Par exemple, on va bientôt tenir un rassemblement pour voir comment ils peuvent obtenir une salle. Il n’y a rien ici pour eux. Ils squattent dans les halls, ils commencent par fumer, ils gambergent et ça se termine par des bêtises. » Rabia sait que la situation des banlieues pauvres verrouille nombre de jeunes dans une chaîne de cercles vicieux. « Tous les jours je vois qu’il leur arrive quelque chose, ça me rappelle mon fils. Ici ils sont très proches les uns des autres, soudés, et ce n’est pas toujours bon. Les jeunes sont désespérés, pour eux ils n’ont aucun avenir. On a le sentiment qu’ils ne sont pas traités comme les autres. Au fond de moi je pense qu’ils ont raison sur ce point. Une fois, mon fils avait appelé pour un stage. Quand il est arrivé à l’entretien, ils lui ont dit “ retourne là d’où tu viens”. La police aussi, lors des contrôles. Combien de fois ils ont dit à mon fils de retourner dans son quartier… » Comme si la ZUP était une condamnation à perpète. Comme si l’extérieur foisonnait de sentinelles qui ramènent inexorablement derrière ses murs quiconque veut les franchir.

Aujourd’hui, elle continue d’agir auprès des jeunes et des parents. Après une émeute au centre commercial de Nîmes, Rabia et d’autres habitants sont allés voir les commerçants du quartier pour les dissuader de porter plainte. « L’idée, explique-t-elle, c’est que les jeunes voient que les adultes sont là, qu’ils ne sont pas d’accord avec certaines choses, mais qu’ils les aident sur des choses positives. » L’action a porté ses fruits, aucun commerçant n’a porté plainte. Et cela malgré le harcèlement d’une association du centre-ville qui rêvait d’envoyer tout le monde en prison. Mais ce n’est pas à Rabia qu’il appartient « de changer Nîmes ou de changer la France. C’est quand même à l’État de faire changer les choses. Son rôle, c’est de faire en sorte qu’il y ait les mêmes lois pour tous. » Lucide, Rabia pointe les contradictions de l’idéologie consumériste, qui incite continuellement à l’achat tout en entretenant une partie de la population dans la misère : « La France est dans une hyperconsommation. Ici il y a beaucoup de gens qui sont en grande difficulté économique, des chômeurs, des RMIstes. Les plus fragiles, à un moment, ils vont céder et faire des conneries. » Alors elle se bat, à son échelle. « Je sais que mon fils est perdu, que rien ne le fera revenir. Je fais tout cela pour sa mémoire et pour tous les jeunes. Mon fils n’était ni armé, ni dangereux, les gendarmes pouvaient très bien l’interpeller sans tirer. Il faut lui rendre justice. Mais ça, c’est leur travail, pas le mien. »

Publié dans CQFD n°13, juin 2004.


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commentaires

Association POURMOURAD 03/12/2009



Aux adhérents, amis  et proches
           


Chers adhérents, amis et proches,
Vous avez été nombreux en présence effective ou relayée pour le procès concernant l'affaire Mourad.
Nous vous proposons, pour information, en pièces jointes deux textes relatifs à ce procès.


Le 11 janvier se déroulera le procès en correctionnelle concernant le
mensonge des gendarmes. Ensuite nous pourrons adresser une requête à la cour Européenne des droits de l’homme.


Nous avions prévu une soirée d’échange et de festivité en décembre avec
toujours deux objectifs : s’informer et réfléchir mais aussi par la fête réunir des fonds. Mais l’organisation en personnes étant très faible nous avons du annuler et la reporter en
mars.


Sachez que sur le plan financier il reste à payer 8000 euros pour les
frais d'avocat.


Nous faisons donc appel à adhésions, dons etc... pour poursuivre ce
combat aux côtés de la famille
Merci de votre soutien citoyen.
A bientôt. Chaleureusement.


Pour le bureau Malou (trésorière)


 


 


 


 


 


 


 


Association pour Mourad Justice et Egalité pour
tous


68 avenue Maréchal Joffre


30900 Nîmes Saint Césaire














Bulletin à renvoyer à l’adresse ci-dessus


 


 


NOM……………………………………


 


PRENOM………………………………..


 


ADRESSE………………………………….


 


 


 


Adhère à l’association et verse la somme de 10€


Offre un don de ……………………………50€


…………………………….100€


…………………………….150€ et plus


 


Vous pouvez aussi vous engager à verser pendant un an 8€ par mois


 


 


 


Je souhaite recevoir une attestation de don en vue d’une réduction


d’impôts (66%) oui non


 


 


 


 


 


 


 


 


 






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