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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

File:Wooden Shoe.svg
25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 21:09

En trainant sur you tube je suis tombé sur ça :

http://www.youtube.com/watch ?v=SsA4w16Li

 

 

pour commencer la nouvelle sur la rencontre qui doit avoir lieu à Paris

Invitation pour la rencontre des 14-15 octobre à Paris

Au mois de juin, quelques personnes ou groupes plus ou moins constitués
de différentes villes de France se sont réunis à l'appel de
l'ex-collectif « chômeurs, précaires, étudiants » à Toulouse (voir texte
1). Ceux qui ont répondu à cet appel se sont reconnus dans une tendance
« ni CPE, ni CDI » qui a émergé durant le « mouvement anti-CPE », même
si certains ont pu trouver ce mot d'ordre insatisfaisant et réducteur
(voir texte 2).

Les discussions ont dépassé le bilan du mouvement, il a été question
notamment des « émeutes de novembre 2005 ». Lors de cette rencontre,
sont apparues la volonté de sortir des limitations catégorielles et
celle de trouver comment se coordonner et s'organiser, sans retomber
dans le réseau d'individus, ni dans une structure rigide et bureaucratique.

Une prochaine réunion a été décidée : elle se tiendra !

Cette rencontre qui était prévue autour du 30 septembre aura lieu
finalement le week-end des 14 et 15 octobre 2006 à Paris (le lieu sera
précisé plus tard sur la liste).

Les débats seront ce que nous en ferons mais, pour que les textes soient
discutés, il est préférable qu'ils soient envoyés à l'avance sur la liste.

Pour notre part nous nous chargerons de la logistique : merci de
préciser sur cette liste le nombre de personnes qui souhaitent venir
pour les questions d'hébergement

Nous comptons sur votre participation, notamment en faisant circuler
l'invitation à bon escient.

A bientôt.

Contact : petiteriviere@lists.nokods.org


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Annexes : texte 1 - appel de Toulouse


Appel à coordination nationale des collectifs ni cpe ni cdi

Le dernier mouvement qui a été amorcé par le refus du CPE à mis en lumière
une crise bien plus profonde. Comme pour la révolte de novembre 2005, les
médias ont bien évidement caché l'essentiel : une partie de la
population s'oppose à ce système et lutte en dehors du carcan
politico-syndical habituel.

Pendant le mouvement les syndicats ont une fois de plus joué leur rôle
de sabotage social en appelant pas à la grève générale. Depuis 1968 la
place de ces syndicats au côté du pouvoir est évident, mais cette
fois-ci, ils se sont complètement fait déborder par la spontanéité de la
lutte. Des nouvelles méthodes ont été inventé : blocage économique comme
en Argentine, appel direct à la grève général auprès des travailleurs,
déménagement des ANPE et agences d'intérims... On a vu aussi beaucoup de
textes circuler dans toute la France refusant le salariat, la valeur
travail et le rapport marchand.

On pourrait dire qu'une tendance « Ni CPE-Ni CDI » a vu le jour
spontanément. Pour toutes ses raisons l'ancien collectif
Chômeur-Précaire-Etudiant de Toulouse fait un appel à une rencontre
nationale auprès de toutes les personnes ayant lutté dans ce sens. Ce
sera l'occasion d'échanger ensemble, de débattre et peut être de
s'organiser en vue luttes futures.

Cette rencontre aura lieu le Samedi 17 et Dimanche 18 Juin au parc de la
Mounéde à Toulouse à partir de 10H à l'occasion du festival L'ATIPIK.
Des hébergements seront proposés.
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Annexe : texte 2 - contribution de paris pour Toulouse

« Ni CPE, Ni CDI »
Oui, mais non ...

Dès le début du mouvement, une tendance « ni CPE ni CDI » a vu le jour.

Cet énoncé a eu sa force et son efficacité en cela qu'il posait un
dépassement de la seule question du CPE.

En effet, le refus du CPE pouvait s'entendre, et d'ailleurs certains
l'exprimaient ainsi, comme l'aspiration à un emploi stable, assuré et
sécurisé, incarné par l'idéal d'un « CDI pour tous ». « Ni CPE ni CDI »
est une formulation qui présente, à notre sens, l'avantage de ne pas
réduire la question de la précarité à une forme contractuelle : ce n'est
pas la forme juridique que revêt le travail qui importe mais bel et bien
les conditions matérielles imposées par sa restructuration. Non
seulement certains CDI sont précaires (caissières, temps partiels,
équipiers de fast-food, par exemple : autant d'emplois, souvent en CDI,
où les horaires et les tâches sont ajustés au gré des patrons, le
salaire minable et la démission prévue dès le début), mais encore,
tendanciellement, la précarité touche toutes les formes d'emploi. Ainsi,
l'invocation d'un CDI comme forme idéale du travail procède d'une
illusion. Cependant, si la précarité est en effet le mouvement général
de la restructuration du salariat, il ne s'agit pas pour nous de la
poser comme le mal absolu qui contamine l'organisation du travail.

Le mouvement de précarisation constitue le modèle actualisé (dans la
présente phase de restructuration du capital) de gestion de la
main-d'oeuvre et de vente de la force de travail. Ce constat fait, pas
question pour autant de revenir à un autre modèle qui, en son temps,
révolu, et de manière différente, permettait l'organisation de cette
même vente : plein-emploi et compromis fordiste, salariat stabilisé dans
l'espace d'une même usine ou dans une même branche le temps de toute une
vie, encadrement des loisirs et du temps hors travail pour assurer la
reproduction de la main-d'oeuvre, possibilité d'augmentation salariale
et de promotion, représentativité syndicale et défense du travailleur...
Le problème est bien moins l'organisation de l'exploitation que
l'exploitation elle-même.

Il ne s'agit pas pour nous de retomber dans le partage entre bon et
mauvais travail. Ni de poser un refus aristocratique, individuel et
toujours sans effet du travail. « Faut vraiment être con pour bosser ».
Mais si les gens travaillent ce n'est sûrement pas par plaisir mais bien
pour de l'argent. Du potager autogéré à la communauté Emmaüs, personne
n'a encore trouvé - et pour cause - de solution alternative, massive et
offensive au problème de la subsistance dans un monde capitaliste ...

Nous voulons poser au contraire la question du travail et de ses formes
actuelles comme quelque chose qui nous tient tous, avec ou sans emploi,
et contre quoi nous voulons nous organiser et lutter.

Or, à notre connaissance, le slogan « ni CPE ni CDI » n'a jamais
vraiment pu la poser, ni même pu déboucher sur des formes d'actions. Ne
pas poser cette question, y compris jusque dans la rigidification
purement étudiante du mouvement (comme si les étudiants ne travaillaient
pas...) a été pour nous une des impasses de ce mouvement.

Pour notre part, dès l'occupation de l'EHESS, nous avons essayé de
constituer un lieu d'organisation pour ceux qui ne trouvaient pas leur
place dans les AGs étudiantes. Nous ne pouvons pas dire pour autant que
cela a permis de dépasser en actes la question du corporatisme, ni de
trouver des modes d'organisation efficaces, ni de poser la question du
travail de manière satisfaisante.

Cette expérience a quand même permis de produire collectivement
quelques textes que, nous qui avons continué à nous réunir après l'AG en
lutte, nous apportons à cette rencontre en plus de cette contribution
rétrospective au débat.

Paris, Juin 2006





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