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le blog du laboratoire anarchiste
Dimanche 24 septembre, Padoue, pendant plusieurs heures, a rappelé Gênes en 2001. Zones rouges, hélicoptères, charges de police, gendarmes et militaires de la Garde des Finances en tenue anti-émeute, tir de gaz lacrymogènes avec du gas CS - désormais tristement connus - tabassages de manifestants interpellés, arrestations. Tout ceci dans une seule rue : Via Grassi, derrière le ghetto de Via Anelli, qui pour l’occasion était totalement fermé par des check points, même pour les habitants. Quatre de nos camarades sont actuellement en prison, deux d’entre eux ont été hospitalisés suite aux violences policières. Il est plus que normal de se demander pourquoi ? La majorité municipale, au sein de laquelle le Parti de la Rifondazione Comunista soutient énergiquement le maire « staliniste » Zanonato, a décidé de ce qui s’est passé et de ce qui devait arriver à tout « dissident » de la pensée et des logiques de régime.

Oui, régime ! Dissidents, blindés et murs sont le langage juste pour décrire la situation.
Comme au moment de Gênes, quand les zones rouges protégées par les blindés étaient imposés par la Droite au gouvernement, la Gauche agitait le danger en courtisant les mouvements. C’est un problème de choix !
Dimanche la gauche qui gouverne cette ville a choisi sans hésitation d’imposer comme à Gênes une zone rouge, d’interdire le déroulement d’une convention et d’un concert Via Anelli, de suspendre la démocratie, d’attaquer avec la violence un point de vue indépendant, jugé dangereux car gênant. La Gauche de cette ville a choisi d’être de l’autre côté, avec les zones rouges, les tabassages, les interdictions, les arrestations. Pour défendre quoi ?

En jeu, les « politiques sécuritaires » du centre-gauche, qui, après Bologne et les expérimentations autoritaires de Cofferati, compte Padoue comme laboratoire. Le honteux interdit de manifester, mis en pratique par l’agression du cortège, démontre que le problème n’est pas seulement le mur, mais bien c qu’il représente. C’est le mur de la pensée unique où la légalité est toujours disjointe de la justice sociale, où la sécurité devient une valeur en soi, divisant les droits. La sécurité que ceux qui sont aux « marges », non de leur faute mais parce qu’ils y ont été jetés, soit enfermés quelque part, entre murs et cages.
Aucune discussion, aucune contradiction, aucune erreur : comme au temps des Staline et des Brejnev, les dissidents doivent seulement se taire. Comme au temps de la Hongrie, des blindés répriment « les provocateurs qui sont contre le peuple ». Le Mur de Berlin est tombé mais celui de Via Anelli doit être défendu à tous prix.
Tous les discours sur l’intégration des migrants et sur les solutions, s’effondrent face à tant d’arrogance, propre à tout pouvoir stupide et pour cela dangereux dans l’immédiat.

A Gênes nous criions, malgré tout, « Gênes libre ! ». A padoue, nous continuerons à le crier. Chaque ville, chaque révolte contre le prohibitionnisme et l’autoritarisme, est notre vile ! Nous appelons tous, d’où qu’ils viennent, ce qui compte c’est là où ils veulent aller : vers la ville des murs, des arrestations, des zones rouges ou vers un lieu où soit possible d’expérimenter un mode différent d’affronter les problèmes. Les murs et les chars ne sont pas une nouveauté. Ils ont été déjà tant utilisés par tant de monde. Mais les idées ne s’arrêtent pas !
C’est pourquoi samedi 30 septembre nous invitons tous à descendre dans la rue pour une grande manifestation qui affirme le droit de rêver d’un monde différent.
Un monde qui dise Ya Basta ! aux arrestations politiques, à la violence, aux gaz, à la guerre comme méthode de gouvernement.
Il y a celles et ceux qui ont vendu rêves, émotions et désirs, qui appartenaient à une multitude, pour avoir un petit pouvoir.
Il y a celles et ceux comme nous qui ont subi les charges Via Anelli qui ne renonceront jamais à se battre pour qu’aucun pouvoir ne puisse jamais s’en approprier.
Manifestazione Sabato 30 settembre ore 15.00.
P.le Stazione di Padova
Padova libera !
Voir les galleries d’images :
http://www.globalproject.info/gal-9338.html
mercredi 8 mai de 16h à 18h
lecture collective de la revue subversion
café théet biscuit
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