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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 13:39

Tu connais sans doute autour de toi ou tu fais partie des gens qui n’ont jamais pris l’avion ou le TGV, qui vont en vacances en Ardèche (quand Vienne est à 20 bornes de l’Ardèche), n’ont jamais vu la capitale. Qui, s’ils sont scolarisés, font leurs études prêt de chez eux et quand ils travaillent, ne s’imaginent pas aller chercher du boulot à Lyon pourtant située à 20 minutes de train. Ou à une demi-heure s'ils habitent près de Saint-Clair les Roches. Bordel, c'est la banlieue de Lyon ! Ils ont passé toute leur enfance dans le coin, et leur jeunesse à y traîner et n’en partiront pas, malgré que certains répètent inlassablement « faut que je me barre de là, de ce bled de merde ». 

A l’inverse, tu connais sans doute aussi  des gens qui vont souvent passer des week-ends à Paris, genre, qui prennent l’avion pour aller en vacances à l’autre bout du monde. Qui font leurs études à Lyon où à l’autre bout de la France ou du monde et qui ne reviendront jamais là où ils ont grandi. Bien sûr, plus t'appartiens au premier groupe, moins t'en connais du deuxième. T'étais en primaire avec eux, quoi.

Qu’est ce qui fait que les premiers soient incapables de même se déplacer pour trouver un travail, pour quitter leur quartier ou leur village ? La flemme ? La peur ? Une forme xénophobie ? Sont-ils idiots ?

Il faut savoir que le capital de mobilité est un capital comme un autre. Il est constitué des kilomètres que tu as pu avaler, qui viennent enrichir ta représentation du monde. Plus tu accumules de déplacements, plus le « loin » s’éloigne en se banalisant.

Or, plus on s’élève dans les classes sociales, plus les capacités à se déplacer sont grandes.

Ce n’est pas seulement parce que se déplacer coûte cher (plus de dix euros pour l’aller-retour Vienne-Lyon, quant au prix de l’essence…).  C’est beaucoup plus spécifique. La mobilité nécessite une socialisation qui est faite dans le cadre de la famille et des amis. Cette socialisation est donc totalement soumise à la condition sociale.

Formulons deux hypothèses.

Dans une famille, les parents travaillent tous les deux à Lyon. L'un d'entre eux effectue souvent des voyages à l'étranger. L'été, tu pars en vacances à l'autre bout du monde depuis tout gosse. Tes parents ont des amis partout en France et tu as une vision spatiale assez juste de la capitale. Les parents de tes potes t'emmènent souvent faire du shopping à la Part-Dieu. Tu vas au lycée à Lyon puis tu continues tes études ou à Lyon ou à Paris. Ta copine part à Rennes, par exemple à l'IEP. Faudra faire les allers-retours en avion.

 Ton père, travaille dans une usine près de chez lui. Tes grands parents habitent à 50 bornes. Ta mère est caissière au supermarché du coin ou femme au foyer. Tes potes traînent en bas de chez toi et comme vous n’avez pas un rond, vous rouillez toujours sur ces mêmes putains de bancs de merde. Quelle forme de socialisation te permettra d’apprendre à te déplacer ?

 

Certes, ta socialisation évolue avec le temps. Tu apprends sur le tas, une fois qu’à dix-huit ans, si tu as de la chance et que tu n’es pas au chomage, tu as le permis. D'accord, tu traînes en bas de chez toi devant ces putains de bancs en bagnole, mais tu vas aussi en vacances à la mer, tu vas en boite en ville. Il est très possible qu’aller à Lyon se banalise, mais une fois que tu as l’habitude d’y aller, tu te rendras compte que ce n’est qu'une ville de province. Et que pour des gens, Paris n’est ni loin ni inaccessible. Toi qui va en vacances au Grau-du-Roi, sache que certains hésitent entre la Thaïlande et les Seychelles. Toi qui te demande si tu auras le courage et assez d’argent pour aller faire tes études à Lille, rappelle toi que c’est à 3h30 de TGV et que certains se barrent en Allemagne ou aux Etats-Unis.

 

Pour remédier aux disparités face au capital de mobilité, certes, il faut en finir avec la domination de la bourgeoisie.

Mais créer une égalité, ce n'est pas seulement une question d'argent. Je ne vois pas pourquoi ce serait au peuple - plus pauvre que les purs citadins - habitant hors des grandes métropoles de se déplacer.

Il est nécessaire d'exporter hors des grandes villes les infrastructures sociales et fournir un tissu beaucoup plus régulier. Par exemple, l'éducation. A Vienne, ville de 30 000 habitants, il n'y a pas d'études supérieures hormis quelques BTS, un tout petit IUT et Robin-Supérieur, qui est privée. Lyon prive Vienne du savoir. Pour les jeunes issus des classes populaires étant - déjà - parvenus à obtenir un baccalauréat, c'est un énorme problème. Quant aux CFA, là où les classes populaires sont scolarisées par excellence, Galilée n'offre que peu de formations. Pour les garçons particulièrement, il faut aller... A Bourgoin Jallieu ou à Annonay ! Franchement, faire 80 km pour avoir un foutu CAP de mécanicien-auto qui ne sert à rien...

Finalement, le problème est double. D'une part, la possession d'un capital de mobilité est, comme tous les capitaux, relatif aux conditions sociales de l'existence. D'autre part, l'handicap de mobilité se double en plus d'un handicap de distance créé par la centralisation des infrastructures sociales dans les villes bourgeoises.

 

Quant aux entreprises de transport du secteur public... Houlà, y a de quoi dire... C'est...  à suivre tellement il y a à leur reprocher.

Tu connais sans doute autour de toi ou tu fais partie des gens qui n’ont jamais pris l’avion ou le TGV, qui vont en vacances en Ardèche (quand Vienne est à 20 bornes de l’Ardèche), n’ont jamais vu la capitale. Qui, s’ils sont scolarisés, font leurs études prêt de chez eux et quand ils travaillent, ne s’imaginent pas aller chercher du boulot à Lyon pourtant située à 20 minutes de train. Ou à une demi-heure s'ils habitent près de Saint-Clair les Roches. Bordel, c'est la banlieue de Lyon ! Ils ont passé toute leur enfance dans le coin, et leur jeunesse à y traîner et n’en partiront pas, malgré que certains répètent inlassablement « faut que je me barre de là, de ce bled de merde ». 

A l’inverse, tu connais sans doute aussi  des gens qui vont souvent passer des week-ends à Paris, genre, qui prennent l’avion pour aller en vacances à l’autre bout du monde. Qui font leurs études à Lyon où à l’autre bout de la France ou du monde et qui ne reviendront jamais là où ils ont grandi. Bien sûr, plus t'appartiens au premier groupe, moins t'en connais du deuxième. T'étais en primaire avec eux, quoi.

Qu’est ce qui fait que les premiers soient incapables de même se déplacer pour trouver un travail, pour quitter leur quartier ou leur village ? La flemme ? La peur ? Une forme xénophobie ? Sont-ils idiots ?

Il faut savoir que le capital de mobilité est un capital comme un autre. Il est constitué des kilomètres que tu as pu avaler, qui viennent enrichir ta représentation du monde. Plus tu accumules de déplacements, plus le « loin » s’éloigne en se banalisant.

Or, plus on s’élève dans les classes sociales, plus les capacités à se déplacer sont grandes.

Ce n’est pas seulement parce que se déplacer coûte cher (plus de dix euros pour l’aller-retour Vienne-Lyon, quant au prix de l’essence…).  C’est beaucoup plus spécifique. La mobilité nécessite une socialisation qui est faite dans le cadre de la famille et des amis. Cette socialisation est donc totalement soumise à la condition sociale.

Formulons deux hypothèses.

Dans une famille, les parents travaillent tous les deux à Lyon. L'un d'entre eux effectue souvent des voyages à l'étranger. L'été, tu pars en vacances à l'autre bout du monde depuis tout gosse. Tes parents ont des amis partout en France et tu as une vision spatiale assez juste de la capitale. Les parents de tes potes t'emmènent souvent faire du shopping à la Part-Dieu. Tu vas au lycée à Lyon puis tu continues tes études ou à Lyon ou à Paris. Ta copine part à Rennes, par exemple à l'IEP. Faudra faire les allers-retours en avion.

 Ton père, travaille dans une usine près de chez lui. Tes grands parents habitent à 50 bornes. Ta mère est caissière au supermarché du coin ou femme au foyer. Tes potes traînent en bas de chez toi et comme vous n’avez pas un rond, vous rouillez toujours sur ces mêmes putains de bancs de merde. Quelle forme de socialisation te permettra d’apprendre à te déplacer ?

 

Certes, ta socialisation évolue avec le temps. Tu apprends sur le tas, une fois qu’à dix-huit ans, si tu as de la chance et que tu n’es pas au chomage, tu as le permis. D'accord, tu traînes en bas de chez toi devant ces putains de bancs en bagnole, mais tu vas aussi en vacances à la mer, tu vas en boite en ville. Il est très possible qu’aller à Lyon se banalise, mais une fois que tu as l’habitude d’y aller, tu te rendras compte que ce n’est qu'une ville de province. Et que pour des gens, Paris n’est ni loin ni inaccessible. Toi qui va en vacances au Grau-du-Roi, sache que certains hésitent entre la Thaïlande et les Seychelles. Toi qui te demande si tu auras le courage et assez d’argent pour aller faire tes études à Lille, rappelle toi que c’est à 3h30 de TGV et que certains se barrent en Allemagne ou aux Etats-Unis.

 

Pour remédier aux disparités face au capital de mobilité, certes, il faut en finir avec la domination de la bourgeoisie.

Mais créer une égalité, ce n'est pas seulement une question d'argent. Je ne vois pas pourquoi ce serait au peuple - plus pauvre que les purs citadins - habitant hors des grandes métropoles de se déplacer.

Il est nécessaire d'exporter hors des grandes villes les infrastructures sociales et fournir un tissu beaucoup plus régulier. Par exemple, l'éducation. A Vienne, ville de 30 000 habitants, il n'y a pas d'études supérieures hormis quelques BTS, un tout petit IUT et Robin-Supérieur, qui est privée. Lyon prive Vienne du savoir. Pour les jeunes issus des classes populaires étant - déjà - parvenus à obtenir un baccalauréat, c'est un énorme problème. Quant aux CFA, là où les classes populaires sont scolarisées par excellence, Galilée n'offre que peu de formations. Pour les garçons particulièrement, il faut aller... A Bourgoin Jallieu ou à Annonay ! Franchement, faire 80 km pour avoir un foutu CAP de mécanicien-auto qui ne sert à rien...

Finalement, le problème est double. D'une part, la possession d'un capital de mobilité est, comme tous les capitaux, relatif aux conditions sociales de l'existence. D'autre part, l'handicap de mobilité se double en plus d'un handicap de distance créé par la centralisation des infrastructures sociales dans les villes bourgeoises.

 

Quant aux entreprises de transport du secteur public... Houlà, y a de quoi dire... C'est...  à suivre tellement il y a à leur reprocher.

Vienne en lutte !

Le collectif des NRV a pris l’excellente initiative de mettre en place un site il y a peu de (...)
Publié mercredi 20 septembre 2006

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