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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

File:Wooden Shoe.svg
14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 16:14

note: texte mis par la future bibliothéque du laboratoire
texte donné par le collectif anti raciste Yaa Basta de Lausanne
et le collectif féministe

Le Honduras se trouve en plein milieu du Plan Puebla Panama, méga-projet
néolibéral qui convertit le Mexique et l’Amérique centrale en énome zone franche
de prodution industrielle pour l’exportation. Les « maquilas », usines textiles,
électroniques ou d’assemblage, emploient en Amérique centrale en moyenne 70% à
90% de main d’œuvre féminine. Les maquilas sont des zones de non-droit du point
de vue des conditions de travail, droits humains et syndicaux. La Codemuh,
organisation féministe composée de militantes et de travailleuses des maquilas,
se bat pour la défense des droits des ouvrières et contre la violence aussi bien
au travail que dans la sphère familiale.


Concurrence impitoyable, travailleuses exploitées
Chasse aux syndicats dans les « maquilas » du Guatemala

 

Pris au piège des usines de sous-traitance - les « maquilas » -, les travailleurs centraméricains subissent de plein fouet les dérives de l’économie mondialisée. Déjà soumis à une exploitation éhontée, ils sont à présent menacés, s’ils tentent de défendre leurs droits, de voir leurs entreprises délocalisées et leurs emplois échoir à de plus pauvres qu’eux, en Chine. Au Guatemala, comme au Salvador, leurs luttes ne peuvent aboutir que si, mondialisant à leur tour la résistance, les consommateurs du Nord font preuve de solidarité.

par Philippe Revelli

Tôt le matin à Villa Nueva, une banlieue populaire de Guatemala Ciudad, les marchandes ambulantes se postent à l’entrée des entreprises de sous-traitance travaillant pour l’exportation - les maquilas [1]. Derrière leurs marmites fumantes, ces modestes commerçantes guettent l’arrivée des bus bondés d’ouvrières. Les femmes qui en descendent, souvent jeunes, viennent des quartiers populaires, mais leur mise est toujours soignée. Certaines s’arrêtent le temps d’avaler en silence une bouillie de maïs brûlante, puis se dépêchent de gagner leur poste. Des vigiles bouclent derrière elles les portes de l’entreprise.

Au Guatemala, comme dans toute l’Amérique centrale, le boum des maquilas remonte aux années 1990. Après plus d’une décennie de guerres civiles, dans ce pays comme au Nicaragua et au Salvador, la paix est de retour dans une région que la proximité géographique des Etats-Unis, des salaires inférieurs à ceux du Mexique et des avantages fiscaux exorbitants [2] rendent particulièrement attractive pour les entreprises de confection. En outre, depuis 1984, Washington octroie aux pays centraméricains la possibilité d’exporter pratiquement sans restriction vers les Etats-Unis les vêtements fabriqués dans la région.

Pour les entreprises asiatiques, dont les exportations à partir du pays d’origine sont encore limitées par des quotas, l’Amérique centrale devient une plate-forme d’accès privilégié au marché américain. Dans le même temps, affectée par la chute des cours du café et autres produits d’exportation, l’agriculture de la région fait les frais des mesures d’ajustements structurels imposées par les instances financières internationales. De rurale, l’Amérique centrale devient « maquilera ».

Quelque 350 000 salariés, dont trois quarts de femmes, travaillent actuellement dans les maquilas centraméricaines. Ce secteur représente 58,7 % du total des exportations du Salvador, 47,2 % pour le Honduras, 58 % pour le Nicaragua, 18 % pour le Guatemala, et les gouvernements en place le présentent comme un moteur du développement régional [3]. Pourtant, son apport à l’économie nationale doit être relativisé : les matières premières sont importées et les maquilas, qui ne paient pas d’impôts, ne contribuent nullement aux revenus de l’Etat. Quant aux emplois, ils sont instables, peu qualifiés et mal rémunérés.

Depuis le 1er janvier 2005, le système de quotas limitant les exportations de vêtements vers les marchés américain et européen a pris fin, faisant planer sur les maquilas centraméricaines la menace de... la concurrence chinoise. Au siège de l’organisation patronale Vestex, à Guatemala Ciudad, un optimisme mesuré est pourtant de rigueur : « Nous ne pouvons rivaliser avec la Chine en termes de coût salarial, reconnaît Mme Carla Caballeros, mais la situation géographique du Guatemala reste un atout majeur, et la reconversion des entreprises au “paquet complet” [un mode de production intégré qui regroupe dans une même entreprise les différentes étapes de la chaîne de production] est déjà très avancée. Or, dans le secteur de la mode, où les délais de livraison imposés par nos clients sont de plus en plus courts, rapidité d’accès au marché et vitesse de réaction sont devenus les maîtres mots. » Entre la commande et la livraison du produit fini aux Etats-Unis, le délai est de deux mois pour les entreprises installées en Asie, mais seulement de deux semaines pour une maquila guatémaltèque.

Toutefois, se plaint Mme Caballeros, cet avantage ne suffit pas : « Nous avons besoin que le gouvernement nous aide à rendre le pays plus attractif pour les investisseurs étrangers. Par exemple, en allégeant les formalités douanières, dont la pesanteur constitue un handicap pour le Guatemala par rapport aux autres pays de la région. » Au Salvador, en revanche, c’est le coût de l’électricité fournie aux entreprises qui serait trop élevé ! La vice-présidente Vilma Escobar préconise, elle, de « réduire les tarifs et d’investir dans l’énergie hydroélectrique [4] ».

Présenté comme un projet de développement durable et intégral, mais s’insérant surtout dans le cadre des traités de libre commerce, sans aucune considération sociale ou écologique, le Plan Puebla Panamá (PPP) prévoit justement la construction de plusieurs dizaines de centrales hydroélectriques à travers toute la région méso-américaine et l’intégration du réseau électrique régional [5]. « Tout ce qui contribuera à améliorer la qualité des infrastructures et des services offerts aux entreprises étrangères, considère Mme Caballeros, ne peut qu’avoir un effet positif sur leur implantation dans la région. » Plus importante encore, considère-t-elle, serait la ratification du traité de libre commerce pour l’Amérique centrale (Cafta en anglais) liant économiquement la région aux Etats-Unis. Déjà ratifié par le Salvador, le Honduras et le Guatemala (mais pas encore approuvé par le Congrès américain [6]), ce traité provoque pourtant une levée de boucliers parmi les organisations populaires de la région [7]

Certes, les textes de l’accord proposé à la signature des Etats incluent un chapitre relatif au droit du travail - « avancée » obtenue notamment grâce à la pression des centrales syndicales américaines. « La qualité des relations entre salariés et employeurs est désormais un critère de choix dans la décision des principales marques de s’implanter dans tel ou tel pays ou de travailler avec telle ou telle entreprise, fait d’ailleurs valoir Mme Caballeros. Chaque maquila est désormais tenue de respecter les codes de conduite imposés par ses clients, et les conditions de travail dans ces entreprises n’ont plus rien à voir avec l’image déplorable qu’en véhiculent les médias [8]. »

Aux Etats-Unis, les campagnes de sensibilisation des consommateurs aux conditions de travail dans les maquilas et leur articulation avec l’action du secteur syndical ont en effet contraint la plupart des grandes marques (Gap, Liz Clairborne, Nike, Reebok...) à adopter des codes de conduite - aussitôt érigés en arguments de marketing. Les maquilas doivent désormais se présenter sous un jour acceptable par leurs clients.

Dernière trouvaille de l’organisation patronale guatémaltèque Vestex pour améliorer son image de marque, le système de résolution alternative des conflits (RAC) en est encore au stade de l’expérimentation. Il prévoit la formation - par Vestex ! - de médiateurs « indépendants » et devrait, selon Mme Caballeros, « permettre d’intervenir en amont pour éviter le recours lent et coûteux aux inspections du travail et aux tribunaux ». Secrétaire de la Fédération syndicale des travailleurs de l’alimentation, de l’agro-industrie et industries similaires (Festras), seule centrale syndicale représentée dans les maquilas, M. David Morales s’insurge : « Comment peut-on prétendre être à la fois juge et partie » ? Lui voit dans le RAC « un pas vers la privatisation de la justice ».

Or, dans les maquilas, insultes et violences physiques, licenciements abusifs (notamment d’ouvrières enceintes), harcèlement sexuel, horaires interminables, non-paiement des heures supplémentaires et des prestations prévues par la loi, maintes fois dénoncés, demeurent monnaie courante.

Pour Mme Lucrecia Bautista, coordinatrice du secteur maquilas dans le cabinet d’audit Coverco, ce ne sont pas les carences de la législation qui sont en cause : « Les réglementations centraméricaines en matière de droit du travail sont bonnes, explique-t-elle, mais leurs dispositions sont régulièrement violées dans les maquilas, et il n’existe aucune volonté politique de la part des Etats pour imposer leur application. » Face aux infractions, l’inspection du travail fait ainsi preuve d’une remarquable mansuétude. « Faut-il s’en étonner, s’exclame M. Gabriel Zelada, président du Centre d’études et d’appui au développement local (Ceadel) [9], quand un ministre, interpellé à ce propos, répond qu’il faut à tout prix éviter de décourager les investisseurs ; ou quand on sait que l’inspectrice générale du travail, Mme Aïda Celeste Ayala, est elle-même une transfuge de Vestex et a été formée dans le giron de l’organisation patronale ! En septembre 2004, un inspecteur du travail de Chimaltenango m’a avoué avoir reçu des consignes explicites pour ne rien faire qui puisse déplaire aux patrons de maquilas.  »

Contrairement aux affirmations du patronat, confirme la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) [10], l’ouverture des marchés, l’exacerbation de la concurrence et la « menace chinoise » pourraient bien servir d’argument à ceux qui prétendent augmenter la compétitivité des entreprises en réduisant les coûts sociaux, « au risque de détériorer encore davantage les conditions de travail des ouvrières et ouvriers de maquilas guatémaltèques, déjà soumis à de fortes pressions  ». Outre la réduction du salaire minimum, une étude de l’organisation guatémaltèque des exportateurs (Agexpront) préconise effectivement « une réglementation du travail moins rigide » et la « restriction du pouvoir des syndicats [11] ».

Pour s’assurer la docilité de leur main-d’œuvre, les maîtres des maquilas prétendent éliminer toute trace d’une présence syndicale, déjà bien faible dans les entreprises, et, pour y parvenir, ne se montrent pas regardants sur les moyens. Ouvrière chez Choishin, une maquila de Villa Nueva, à quelques kilomètres de Guatemala Ciudad, Mme Vitalina Ramírez témoigne de la réaction de la direction quand, en 2002, après plusieurs mois de préparation clandestine, une section syndicale est officiellement créée dans l’entreprise : « Plusieurs compañeras ont été séquestrées toute une journée dans le bureau du gérant, qui a tenté de leur faire signer des lettres de démission. Des gros bras de l’entreprise nous suivaient jusqu’à notre porte et nous menaçaient de mort - au Guatemala, ces choses-là ne sont pas à prendre à la légère. Puis la direction a annoncé qu’elle allait fermer l’entreprise, que tout le monde serait licencié, que ce serait à cause du syndicat... Du coup, les autres filles nous insultaient, nous jetaient des pierres et des sachets d’eau. C’était terrible, cela a duré plusieurs semaines, certaines ont craqué. »

La fermeture d’une entreprise « syndicalisée » intervient généralement quand les velléités revendicatives des ouvrières n’ont pu être découragées en amont. Le manque de rentabilité ou le besoin d’une restructuration sont alors invoqués pour justifier la fermeture de l’entreprise... qui rouvre bientôt sous un nouveau nom ou dans un pays voisin. Prévoyant, le gérant de Dong Bang Fashion, une maquila de Chimaltenango, a ainsi pris les devants : « Quand il a entendu parler de syndicat, raconte M. Zelada, il a fait appeler un groupe de travailleurs connus pour appartenir à une mara [bande de délinquants] locale et leur a fait savoir que, si un syndicat se créait dans l’entreprise, ils seraient les premiers licenciés... A eux de voir ce qu’ils avaient à faire. Connaissant la violence de ces bandes, c’était une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des contestataires : il n’y a toujours pas de syndicat chez Dong Bang Fashion. »

La chasse aux sorcières passe aussi par l’inscription des militants notoires ou sympathisants présumés d’une organisation syndicale sur des listes noires que se communiquent les gérants de maquilas. Ces derniers nient généralement l’existence de ces listes. Pourtant, rapporte M. Celada, « le gérant de Rotex [une maquila de Chimaltenango] a reconnu devant moi recevoir régulièrement de telles listes. Il affirmait bien sûr n’en tenir aucun compte »... La liberté d’association est pourtant inscrite dans le code de conduite que les firmes sont censées faire respecter dans les maquilas qui produisent pour elles.

« Quand Liz Clairborne, notre principal client, nous passe commande d’un audit, explique Mme Bautista, nous lui adressons chaque mois un rapport confidentiel. Les atteintes à la liberté d’association font partie des manquements fréquemment signalés dans ces rapports. Mais, si nos recommandations concernant la mise aux normes d’une entreprise sont parfois suivies d’effet quand il s’agit d’installer des sanitaires manquants ou d’aménager une sortie de secours, je ne connais pas de cas de syndicaliste abusivement licencié qui ait été réintégré. Des avertissements sont parfois formulés, mais les maquilas n’en tiennent pas compte, et, au lieu de décider de changer de fournisseur, les marques font valoir qu’il faudrait, au préalable, que l’entreprise pressentie fasse elle-même l’objet d’un audit et que cette démarche serait trop lourde...  »

Résultat du harcèlement dont elles sont victimes, la présence des organisations syndicales dans ce secteur est en recul, et, selon une étude de la Plate-forme syndicale commune centraméricaine [12], seules 45 des 1 212 maquilas opérant en Amérique centrale comptent une section syndicale... Trois seulement sur 236 au Guatemala. Si l’on connaît un exemple de réussite au Salvador [13] (voir ci-dessous), l’exemplarité de ce cas n’a pas échappé aux gérants des maquilas, qui veulent à tout prix éviter la contagion.

Lorsque, à Guatemala Ciudad, les syndicalistes de Nobland International Factory (NB) ont célébré à la porte de l’entreprise le premier anniversaire de leur section syndicale, un groupe de mariachis offrait la sérénade, et, au fur et à mesure qu’elles arrivaient, les ouvrières étaient invitées à partager café et tamales. Certaines se sont laissé convaincre. Pour d’autres, la présence d’un représentant de la direction qui observait la scène, un carnet de notes à la main, et le service de sécurité ostensiblement aligné sur le trottoir d’en face ont eu un effet dissuasif. Après Choishin et Cimatextiles, NB est la troisième maquila « syndicalisée » du Guatemala, et les acquis semblent maigres - hormis un bonus mensuel de 5 quetzales (13 euros) ou l’autorisation d’aller aux toilettes sans en référer à la contremaîtresse, ils se limitent à la reconnaissance de droits déjà inscrits dans le code du travail.

« Nous espérions que l’expérience allait faire tache d’huile, reconnaît Mme Mary Mejia, coordinatrice du Centre de soutien aux travailleuses des maquilas, une émanation de Festras, mais les patrons n’ont pas désarmé et fomentent des divisions qui affaiblissent le syndicat. Notre situation est plus précaire que jamais, et aucune avancée ne sera possible sans la solidarité internationale.  »

NOTES:

[1] Ces entreprises sont apparues le long de la frontière nord du Mexique dans les années 1960. En Amérique centrale, la plupart d’entre elles travaillent pour la confection.

[2] Exemption de la taxe professionnelle, des impôts locaux, de la TVA, des taxes à l’importation des matières premières et garantie de libre rapatriement des capitaux et des bénéfices...

[3] Oxfam International, « Trabajo de muchas ganancia de pocos », Londres, mai 2004.

[4] La Prensa grafica, San Salvador, 16 septembre 2004.

[5] Le PPP concerne neuf Etats mexicains (Puebla, Campeche, Guerrero, Oaxaca, Tabasco, Veracruz, Quintana Roo, Yucatan et Chiapas) et sept pays d’Amérique centrale (Belize, Guatemala, Salvador, Honduras, Nicaragua, Costa Rica et Panamá). Lire Braulio Moro, « Une recolonisation nommée Plan Puebla Panamá », Le Monde diplomatique, décembre 2002.

[6] [NDLR] La Chambre des représentants états-unienne a ratifié de justesse l’accord le 28 juillet dernier.

[7] [NDLR] Consultez le dossier « l’Amérique centrale sous la coupe du libre-échange  » sur RISAL.

[8] Lire Maurice Lemoine, « Les travailleurs centraméricains otages des “ maquilas », Le Monde diplomatique, mars 1998.

[9] Le Ceadel intervient auprès des ouvrières des maquilas de Chimaltenango.

[10] CISL, « Fin des quotas, drames sociaux en vue », Bruxelles, novembre 2004.

[11] Politicas laborales en Centroamérica, oportunidades o barreras al desarollo ?, Centro de investigaciones económicas nacionales (CIEN), Guatemala Ciudad, 2004.

[12] « Maquilas en Centroamérica », PSCC, San Salvador, 2003.

[13] Lire du même auteur : Au Salvador, les succès d’une lutte mondialisée, Le Monde diplomatique, juillet 2005.

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
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