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le blog du laboratoire anarchiste

Jeudi 29 mars 2007 4 29 /03 /Mars /2007 15:18
note  paru dans les mauvais jours brulerons


Les supermarchés et les centres commerciaux ne sont rien d’autre que les indicateurs de l’oppression économique et du manque de possibilités d’accéder aux quotes-parts de bien-être annoncées par les républicains et les socialistes. Face à leur présence obscène, éclate la constatation quotidienne de la rareté, de l’impossible accès aux nécessités de base pour des familles de cinq ou six membres et un seul salaire, de telle sorte que, devant cette vérité vécue radicalement qui ne peut être dissimulée, la propagande économique fait faillite et s’écroule n’importe quelle illusion de pouvoir mener une vie « normale » qui n’existe plus et n’existera plus pour personne, de même qu’on ne trouve plus d’aliments sains et d’eau pure. Ainsi, la destruction des grands complexes commerciaux et de consommation se transforme en éthique et en esthétique du refus, puisqu’elle nie le confort annoncé et, au-delà, nie tout un modèle de vie falsifiée. Pour cette raison, le peuple français, sous un prétendu projet et destin communs, s’est levé le 27 octobre avec les monstres qu’ont créés trente ans de politique d’exclusion sociale, politique et économique. En ce sens, la démocratie française (et avec elle les autres démocraties) n’est pas en crise mais niée de facto par la force de la violence, non par la violence juvénile, mais par celle qui s’exerce en son nom et avec son alibi tous les jours, dans toutes les dimensions de la vie, et pratiquement sur presque toute la population. C’est seulement quand une telle violence est réfléchie par le miroir de la contestation sociale que s’en préoccupent le pouvoir et donc l’opinion publique. Lorsque Sarkozy dit que « bien sûr qu’il y a de la misère, du racisme, du chômage… mais rien ne peut justifier la violence gratuite », c’est que pour l’apprenti de Thiers, ses congénères et tous ceux qui le croient encore, n’importe quelle violence qui se lève contre le racisme, la pauvreté, etc., etc., est et sera toujours gratuite. Parce que ce n’est pas le spectacle de la pauvreté qui scandalise mais l’explosion de ceux qui souffrent, qu’on essaie immédiatement de faire passer pour spectaculaire afin de la discréditer aux yeux mêmes de ses possibles complices. Ainsi, l’état d’exception et d’urgence en vient-il à enlever le voile démocratique de sa politique envers les immigrés dans le vieux style colonial, comme lorsqu’il administrait d’une main de fer l’Algérie et ses colonies. En ce sens, aujourd’hui comme hier, nous sommes avec ceux qui appelaient à l’insoumission face au gouvernement français, mais en le concrétisant par ce qui est déjà une question de salut public, l’attaque contre le projet social français, contre le projet social européen.

 

Par luc - Publié dans : exploitation de la force de travail; l resistance
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