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le blog du laboratoire anarchiste

Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /Avr /2007 00:01

Batasuna dénonce encore faire l’objet d’espionnage

·Un militant a découvert un dispositif de surveillance dans sa voiture

Batasuna a dénoncé hier un nouveau cas d’espionnage, après la
découverte l’an dernier d’un système d’écoute dans ses locaux de
Bayonne. Cet hiver, un membre de la fédération de Basse-Navarre a
découvert, dissimulé dans sa voiture, un dispositif de surveillance: un
boîtier noir, plus petit qu’un paquet de cigarrettes, muni d’une
antenne et relié à une batterie rudimentaire composée de quatre piles
dont les recommandations étaient écrites en français. "Nous ne sommes
pas des spécialistes en la matière", a ironisé le membre du Bureau
National de Batasuna Jean-Claude Aguerre, tout en suggérant qu’il peut
s’agir d’un engin de surveillance par GPS, car "il n’y a pas de micro
apparent".

Ce matériel serait, à simple vue, moins perfectionné que celui
découvert dans le véhicule du membre de la commission de négociation de
Batasuna, Unai Fano, qui lors d’une conférence de presse à Bilbo avait
dénoncé l’année dernière faire l’objet d’espionnage.

Jean-Claude Aguerre a annoncé qu’une plainte sera déposée contre X,
mais vu le résultat de l’enquête préliminaire menée par le parquet sur
les deux dispositifs d’écoute retrouvés l’été dernier au siège
bayonnais de Batasuna, le parti de la gauche abertzale n’espère pas
grand-chose.

Fréquences militaires

"L’enquête a été close sans que la police ait pu déterminer qui est à
l’origine de l’espionnage. On nous a dit deux choses: que l’un des
dispositifs est plus récent que l’autre, ce qui signifierait que les
espions sont rentrés au moins à deux reprises; et que les fréquences
des émetteurs correspondent à celles utilisées par les militaires,
concrètement par l’aviation militaire".

En évoquant l’affaire d’espionnage du siège de la gauche abertzale à
Vitoria-Gasteiz qui s’était conclue sur la condamnation de deux agents
de la Garde Civile appartenant aux services secrets espagnols, Batasuna
s’est interrogé sur la compétence de la police française qui "semble
moins capable que la police espagnole d’identifier l’origine des
appareils".

Batasuna a enfin rappelé l’épisode d’espionnage dénoncé par son
responsable aux relations internationales, Gorka Elejabarrieta, lequel
avait lui aussi retrouvé un dispositif d’écoute dans son appartement.
Sans oublier les cas de courriers ouverts, d’écoutes téléphoniquesŠ Des
"agissements peu démocratiques". Mais "s’il n’y a pas de conflit, comme
l’affirme la France, pourquoi alors cet espionnage?", s’est interrogé
Jean-Claude Aguerre en montrant le texte de la proposition d’une
autonomie politique pour le Pays Basque nord présenté fin janvier lors
d’un meeting à Ustaritz. "Il faut aller vers le chemin de la
résolution, et nous nous avons fait une proposition qui va dans ce
sens".


Persécution politique sur la base de tortures

Lors de la conférence de presse, Batasuna a également dénoncé le cas de
Giuliano Cavaterra, l’un des responsables des affaires internationales
du parti. Selon son témoignage, même s’il n’a pas eu de notification
officielle, il fait l’objet d’une enquête préliminaire ordonnée par
l’un des services du ministère public.

La raison, les aveux obtenus sous torture à l’encontre de Sébastien
Bédouret, président de Radio Pays qui, faisant partie d’une délégation
internationale, avait été arrêté le 6 janvier par la Garde Civile alors
qu’il se rendait à un meeting du Mouvement pro-Amnistie .

"Sous l’effet des coups, on l’a obligé à dénoncer des gens de la gauche 
abertzale qui travaillent au niveau international. La Garde Civile l’a
contraint à me mettre en cause. Depuis je vis sous une épée de
Damoclès".

Giuliano Cavaterra a jugé scandaleux que "ceux qui se disent démocrates
utilisent la torture, que d’autres qui se disent aussi démocrates
assument cette torture en montant des dossiers judiciaires, et que tout
cela se passe dans le silence assourdissant de la totalité des
responsables politiques". Il a rappelé le cas du Donostiar Sergio
Lezcano, sympathisant de Batasuna qui, le lendemain de son arrestation,
avait été hospitalisé aux urgences par deux gardes civils cagoulés.

"Utiliser la torture comme arme politique, là, on a franchi un pas",
s’est insurgé Jean-Claude Aguerre. "Ce n’est plus de l’intoxication
médiatique, mais du montage policier à l’appui de la torture".


Source : Le Journal du Pays Basque (2007-04-21
Par max - Publié dans : resistance anti coloniale
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