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le blog du laboratoire anarchiste

Dimanche 27 mai 2007 7 27 /05 /Mai /2007 04:11

Le 27 mai 1968, Paris. Les accords de Grenelle (signés entre le patronat et les syndicats) qui entérinent une augmentation des salaires, est rejetée par la base qui conspue les représentants syndicaux. Dans l'après-midi, le meeting des étudiants au stade Charlety est finalement autorisé. Tout reste possible.

 

"Soyons réalistes demandons l'impossible"

Retour sur le passé " sur les tribunaux populaire"
Après une année 1969 relativement « calme », le début de l’année 1970
annonce un regain de tension et d’affrontements entre l’extrême-gauche et le
pouvoir, marqué par la multiplication des actions de commando de la Gauche
prolétarienne et de Vive la révolution.
De l’occupation du CNPF le 10 janvier 1970 à l’attaque de l’épicerie
Fauchon, le 8 mai 1970, la rubrique « agitation » du Monde ne désemplit pas :
attaque du commissariat de Mantes (23 janvier), par un commando de la Nouvelle
résistance populaire, « bras armé » de la GP, occupation des locaux de l’Éducation
surveillée à Paris (23 janvier), violences contre le doyen Ricoeur à Nanterre (26
janvier), sabotage de grues aux chantiers navals de Dunkerque (5 février), incendie
des bureaux des Houillères à Hénin-Liétard (16 février), violents affrontements sur
le campus de Nanterre et saccage des bureaux du doyen Zamansky à Paris (3 et 4
mars), attaque de la mairie de Meulan (6 mars), entre autres...
Dans ce contexte, la répression envers les organisations d’extrême-gauche
et leurs militants se fait plus pressante. Elle se traduit notamment par la
multiplication des interpellations de vendeurs de journaux et de diffuseurs de tracts
sur la voie publique, l’interdiction de meetingsLe SR donne à
la lutte contre la répression une acception très large. Ainsi, les « affaires » Deshayes( grenade lacrymogénetiré à tir tendu blesse très griévement)a
et Guiot lui donnent l’occasion de repartir en campagne, contre la police et ses
méthodes, cette fois. Un meeting est appelé à la Halle aux vins sur le mot d’ordre
« surveillons la police » et une fête est organisée, le 27 février, à la Mutualité « pour
la liberté d’expression et contre les violences de la police ». Par ailleurs, un texte du
CI « Des citoyens au-dessus de tout soupçon ? Le Secours rouge vous parle de la police"
 est diffusé à l’occasion de la journée de dialogue organisée par la police en
direction de l’opinion le 4 mars 1971. Le SR  dénonce « les arrestations arbitraires,
les brimades, les sévices », et appelle les policiers qui contestent à refuser d’exécuter
« des ordres qui peuvent les conduire à des actes criminels ».
Le 7 avril 1970, le Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, annonce
dans un entretien télévisé avec Pierre Desgraupes : « Il est nécessaire que les casseurs soient les payeurs"
c. Alors que les agissements de la police sont devenus de plus en plus violents
Nous portons plainte contre la police » et appelle à
constituer une « commission d’enquête » à la fin du mois de mai 1971,  une association qui regroupe des organisations d'extrême gauche de la ligue communiste, Lo AMR et le PSU,le secours rouge:
dénonce les agissements de la police dans l’« affaire Claire Blanche », maître assistante
à l’Université d’Aix-en-Provence, dont les étudiants ont saisi de fausses
cartes de presse sur un policier en civil,
Claude Angeli est l’objet de filatures
 . Enfin de violents incidents, dénoncés comme une provocation policière, se
sont déroulés au Quartier latin, le 5 juin 1971, donnant lieu à la publication d’une
brochure « Z - Provocation », supplément à La Cause du Peuple, et se terminant par
un appel de Jean-Paul Sartre à la tenue d ’un « tribunal populaire contre la police ».
Une série d’affaires relance  le débat sur la question des « tribunaux populaires"
 qui a déjà trouvé un terrain d’application à Grenoble:
 après des
affrontements très violents devant le restaurant universitaire sur le campus  saint martin d'héres, le 28 mai 1971, entre des militants sud-viêtnamiens et des militants du milieux étudiants. A la suite de cette épisode s'est tenu, le 2 juin, un « tribunal populaire » afin de juger les militants sud-viêtnamiens qui ont été ensuite après quelques jours d'interrogatoires livrés à la police.
. La convocation d’une nouvelle séance de ce « tribunal » par le SR
de Grenoble et le refus du mairePS,de mettre une salle à disposition pour la tenue de
cette assemblée provoque, en outre, une grève de la faim de militants du secours rouge de
Grenoble à partir du 8 juin.

Et enfin,  après de violents incidents, dénoncés comme une provocation policière,  qui se
sont déroulés au Quartier latin
un appel de Jean-Paul Sartre à la tenue d ’un « tribunal populaire contre la police ».

 Le comité local de grenoble se voit cependant contraint de reculer
devant les poursuites annoncées par René Pleven ( ministre de la justice) et l’ordre donné par Raymond
Marcellin ( ministre de l'intérieur) aux préfets d’interdire « absolument » les « tribunaux populaires ».
Au début du mois de juin 1970, paraît donc un manifeste en faveur d’un « procès
populaire de la police » signé par Claude Angeli, Jean-Paul Sartre, Simone de
Beauvoir, Jean Chesneaux, Pierre Halbwachs, etc...). Par ailleurs, paraît, ainsi qu’on
l’a vu, un appel, qui émane manifestement des maoïstes de l’ex-GP, à un « tribunal populaire de la police"
 Dans un document interne les maos expliquent:
" c'est simple pour nous la justice populaire commence à l'instant qu'une commission ou un groupe enquête et informe les gens en dehors de la loi ; elle peut aller jusqu’à l’exécution des sentences  pour ce qui nous concerne nous assumons totalement cette justice"
Par max - Publié dans : lelaboratoire
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