le blog du laboratoire anarchiste
Le Laboratoire
pour contacter le blog du laboratoire: cl-v@hotmail.fr
Le laboratoire Anarchiste
8 Place st Jean
26000 Valence
envoyer vos suggestion
de post ancienne adresse:
lelaboratoire@
no-log.org
new:c.l-v@hotmail.fr
Bibliothéque de prêt
le mercredi de 16h - 18h
Accueil/infos CNT-AIT
vendredi toutes les deux semaines
de 17h30à19h
Emission radio Labo
sur radio Mega 99.2FM
lundi en direct
18h15 - 19h
rediffusion:
jeudi de 9h à 9h 45
http://radio-mega.com
04 75 44 16 15
le blog du laboratoire anarchiste
En réponse à la grande page du discours de justificatif de l' enfermement et
l'éducatif pour rentrer dans le moule du Dauphiné Libéré du 16 février 2007.
Qui ose titré :3500 mineurs incarcérés en 2006 ,une semaine après la manif de Meyzieux.
Nous publions un premier témoignage .
Mon expérience ne m'a pas aidé à croire que quelque chose était possible .
possible. En fait, j’ai pris conscience de ce qu’était le système, j’ai
compris que si je bougeais, ils étaient là pour me casser. Il n’y a
pas de respect de l’individu. Tu es là pour rentrer dans le moule,
et toi tu es un môme, tu ne comprends pas. Tu nais pour gagner ta
vie… je n’ai pas demandé à vivre, et pourtant il faut que je gagne
ma vie ; je n’en veux pas de cette vie. J’ai été traumatisé étant
môme, on me reprochait de vivre: « j’ai sacrifié ma vie pour toi»
disait ma mère, «tu ne peux pas te jeter sous un camion ?» Combien
de fois j’ai entendu ça, je regardais les bus et les camions passer
et je me faisais le reproche de n’avoir pas le courage de me
jeter sous les roues ; et
après on me parle
de violence…
Il y a ceux qui sont complètement
largués, qui n’ont
pas de places et qui sont pris en
charge par les institutions, et il y a les
autres, et j’en fais partie. Il y a tellement
de passif, de souffrance, de haine, même si
je crois que j’ai dépassé la haine, que je ne
peux pas renier tout ça. Vingt-cinq piges de placard, c’est plutôt
un constat d’échec, mais je n’ai pas envie de me dire « tout ça
pour rien ». Il est où ,le choix, à part de rentrer dans le rang et de
se résigner ?
Aujourd’hui, la violence vis-à-vis des jeunes peut paraître moins
dure… A mon époque –on dirait un dinosaure– il y avait au moins
des perspectives de boulot, de “réussite sociale”. Tu pouvais t’installer.
Maintenant, qu’est-ce qu’on propose aux mômes, quelles
sont les perspectives? Surtout quand tu t’appelles Mohammed ou
Mamadou, tu sais très bien au berceau, dans la cité, que tu n’as pas
d’ouverture. La seule ouverture c’est si tu es capable d’être plus
violent, plus mariole ou plus salaud que les autres. Eventuellement,
tu vas t’en sortir et tu auras les BMW, les rollex, des gri-gris,
ou tu vas mourir, ou tu iras au placard. Y’a pas d’avenir. Le système
a compris que les mômes avaient compris, que les discours rassurants,
ça ne marchait pas. Donc la réponse, vu l’absence de perspectives,
c’est de recréer les centres fermés, de construire des nouvelles
prisons, de régler les problèmes sociaux par l’enfermement.
Le pouvoir sait que ces mômes sont une génération perdue, il n’a
rien à leur proposer, donc il doit gérer le problème et
quand on sait qu’en plus l’enfermement rapporte… la
boucle est bouclée, c’est tout bénef.
De fait, il y a un fossé entre ce que j’ai vécu et ce que peut
vivre le plus grand nombre. C’est tout simplement dur à
imaginer pour eux, et donc à comprendre. J’ai été confronté
à l’autorité, qu’elle soit parentale ou institutionnelle. C’est
toujours l’injustice qui m’a révolté. En réaction à la violence
exercée contre moi, je suis devenu ce que je suis. Je me
suis musclé, je me suis tatoué, je me suis construit une carapace
pour affronter ça. C’est dramatique quand tu l’analyses
vraiment, parce que le but du jeu, c’est sûrement pas ça.
THIERRY
mercredi 8 mai de 16h à 18h
lecture collective de la revue subversion
café théet biscuit
Commentaires