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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 10:23

Les députés grecs ont adopté, peu après minuit, un nouveau plan d'austérité alors que le centre d'Athènes était le théâtre d'affrontements violents entre la police et des manifestants opposés au plan. Le vote se poursuivait toujours à minuit heure de Paris, mais le "oui" avait emporté suffisamment de suffrages pour assurer le projet d'une majorité, d'après un décompte effectué par l'agence Reuters.

Plusieurs dizaines de bâtiments ont brûlé, dont deux banques, et au moins une cinquantaine de personnes ont été blessées dans les affrontements très violents entre la police antiémeute, qui a lancé de grandes quantités de gaz lacrymogènes, et des manifestants armés de cocktails Molotov. Plusieurs dizaines de départs de feu ont été signalés, et au moins dix bâtiments ont été détruits par les flammes ; plusieurs partis politiques ont appelé à la démission du ministre de la sécurité intérieure, qui a accusé des groupes organisés d'avoir planifié la destruction des bâtiments.

 

Des policiers antiémeute prennent position sur la place de la Constitution, devant le Parlement grec à Athènes, le 12 février dans la soirée.

Des policiers antiémeute prennent position sur la place de la Constitution, devant le Parlement grec à Athènes, le 12 février dans la soirée. REUTERS/YIORGOS KARAHALIS

 

MANIFESTATION MONSTRE

Au moins 80 000 personnes, selon les estimations de la police, s'étaient rassemblées à Athènes pour manifester devant le Parlement, à l'appel notamment du parti communiste et des principaux syndicats du pays. La mobilisation était la plus importante qu'ait connue le pays depuis des mois. Le plan adopté ce dimanche prévoit des coupes drastiques dans de nombreux budgets, la suppression de 15 000 postes de fonctionnaires et la baisse de 22 % du salaire minimum, ramené à 586 euros brut sur quatorze mois.

 

Un incendie détruit un magasin durant les émeutes qui ont opposé forces de l'ordre et manifestants contre le plan d'austérité à Athènes, le 12 février.

Un incendie détruit un magasin durant les émeutes qui ont opposé forces de l'ordre et manifestants contre le plan d'austérité à Athènes, le 12 février.AFP/LOUISA GOULIAMAKI

 

Le premier ministre Papademos a désapprouvé les violences, estimant que"violences et destructions n'ont pas de place en démocratie", peu avant le vote décisif. Qualifiant le plan de "seule solution réaliste", M. Papademos avait appelé les députés à "prendre leurs responsabilités" et à s'engager sur la voie du maintien dans la zone euro.

Etranglée par le poids de sa dette, la Grèce devait impérativement assainir ses comptes pour pouvoir bénéficier du second volet du plan de sauvetage de 130 milliards d'euros, financé par l'Europe et le FMI. Elle doit présenter mercredi à l'Eurogroupe son plan d'économies avant de pouvoir, selon toute vraisemblance vendredi, obtenir le feu vert à la renégociation de sa dette, ce qui inclu l'effacement prévu d'une créance de 100 milliards d'euros.

  

 

 

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