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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 09:57

Depuis ce matin du 21 /11/ 2011, l'Espagne a envahi les ondes de france Inter. On n'a jamais entendu le mot péninsule ibérique pour qualifier ce pays. ce texte a été lu dans le blog ici

 

L’anti­ca­pi­ta­lisme de l’extrême gauche ; des alter­mon­dia­lis­tes et plus réc­emment des "Indignés" n’est le plus sou­vent qu’une cri­ti­que morale des excès du système : spé­cu­lation finan­cière, sub­ven­tions aux ban­ques qui jouent avec l’argent des petits épargnants, avan­ta­ges fis­caux accordés aux entre­pri­ses qui licen­cient, trusts qui ont un mono­pole jugé exces­sif, trans­na­tio­na­les qui délo­ca­lisent, pri­vilèges finan­ciers des gros action­nai­res, stock-options et salai­res à 6 chif­fres, etc.

Or, il est tout aussi absurde aujourd’hui de lutter pour un retour à des peti­tes entre­pri­ses loca­les autar­ci­ques (modèle écolo, liber­taire à la sauce proud­ho­nienne ou natio­na­liste-sou­ve­rai­niste de gauche), que pour la création de règles ins­tau­rant un com­merce inter­na­tio­nal « équi­table » ou « limi­tant le pou­voir » des entre­pri­ses trans­na­tio­na­les (modèle alter­mon­dia­liste), sans abat­tre le capi­ta­lisme à l’éch­elle de la planète.

L’anti­ca­pi­ta­lisme d’extrême droite est de même nature. Jamais il ne s’atta­que à la notion même de sala­riat, aux fon­de­ments de la hiér­archie, à l’argent et à la mon­naie comme prin­cipe de l’éch­ange, et, bien entendu, pas non plus à la pro­priété privée des moyens de pro­duc­tion. C’est ainsi que Le Pen dén­once « le capi­tal ano­nyme et vaga­bond, le com­plot mon­dia­liste (…) visant à détr­uire les nations et les struc­tu­res de l’ordre natu­rel (…), la domi­na­tion com­plète de toute la planète dans tous les domai­nes : finan­ciers, éco­no­miques, juri­di­ques, voire reli­gieux ».

Depuis le judéo­cide, on a ten­dance à croire que l’antisé­mit­isme nazi n’aurait été que d’ordre racial. On oublie qu’il était aussi d’ordre social et éco­no­mique (il avait pour pre­mière fonc­tion d’éli­miner phy­si­que­ment ou au moins d’empri­son­ner tous les mili­tants de gauche et d’extrême gauche, ainsi que les syn­di­ca­lis­tes, sous le prét­exte fan­tai­siste que le mou­ve­ment ouvrier était sous « domi­na­tion juive » – en réalité parce que la domi­na­tion de la bour­geoi­sie alle­mande était menacée, ou en tout cas ingé­rable dans les années 1930, si l’on vou­lait main­te­nir un système démoc­ra­tique-par­le­men­taire).

C’est cet antisé­mit­isme-là qui a connu la plus forte des­cen­dance à l’extrême droite : en effet, le ZOG (« Gouvernement occupé par les sio­nis­tes ») sym­bo­lise, aux yeux de l’extrême droite, non seu­le­ment le gou­ver­ne­ment amé­ricain mais aussi toutes les gran­des ins­ti­tu­tions inter­na­tio­na­les (FMI, OMC, Banque mon­diale, ONU, OTAN). Cette forme d’antisé­mit­isme rejoint cer­tai­nes formes d’anti­sio­nisme qui dén­oncent l’omni­prés­ence et l’omni­puis­sance du « lobby sio­niste », du lobby « amé­ri­cano-sio­niste », etc.

L’antisé­mit­isme social (celui que l’on trouve sous la plume de nom­breux socia­lis­tes ou anar­chis­tes du XIXe ou du XXe siècle) s’est réveillé à gauche, avec la mise en avant du caractère exem­plaire de l’escro­que­rie de Bernard Madoff, par exem­ple, ou les expli­ca­tions de cer­tains alter­mon­dia­lis­tes sur les causes de la crise éco­no­mique mon­diale.

De l’anti­ca­pi­ta­lisme à l’antisé­mit­isme

Comme l’expli­quaient déjà les cama­ra­des du groupe néerl­andais De Fabel van de ille­gaal en 1999 :

« Une fois que l’on réussit à séparer idéo­lo­giq­uement le “dét­es­table capi­tal inter­na­tio­nal” du reste du capi­ta­lisme, on peut faci­le­ment relier ce capi­tal inter­na­tio­nal à “l’Ennemi”, par exem­ple un État étr­anger ou bien un groupe spé­ci­fique de per­son­nes. En pour­sui­vant ce type de rai­son­ne­ment, la cri­ti­que du système peut abou­tir à une idée absurde : un petit groupe d’indi­vi­dus hos­ti­les contrôlerait com­plè­tement notre vie. Historiquement, ce genre de per­cep­tion mène géné­ra­lement à l’antisémi-tisme.

Les antisé­mites, sur­tout en Europe, asso­cient tra­di­tion­nel­le­ment la dén­onc­iation du “capi­tal inter­na­tio­nal” à celle des États-Unis et des “Juifs”. Selon ce mode de pensée, le “capi­tal inter­na­tio­nal” serait entre les mains de Juifs qui com­plo­te­raient pour contrôler le monde. Ce “capi­tal juif” opé­rerait sur­tout à partir de New York. L’extrême droite et les ten­dan­ces natio­na­lis­tes recy­clent depuis long­temps ce genre de cli­chés. Ils cla­ment que “la patrie” ou “l’Europe” serait menacée par – au choix selon le public auquel ils s’adres­sent – “le capi­tal inter­na­tio­nal”, “les mul­ti­na­tio­na­les amé­ric­aines” ou “les Juifs”. Du point de vue de l’idéo­logie qui se cache der­rière, tous ces termes sont équi­valents.

Enfin, cri­ti­quer le libre-éch­ange ne conduit pas forcément à l’antisé­mit­isme, mais ces deux éléments s’accou­plent faci­le­ment. (…) Celui qui sépare idéo­lo­giq­uement le “capi­tal inter­na­tio­nal” du “capi­tal local” n’est donc pas forcément antisé­mite, mais le rai­son­ne­ment sous-jacent peut poten­tiel­le­ment l’être. L’his­toire nous montre à quel point l’un engen­dre faci­le­ment l’autre. Ce genre d’antisé­mit­isme se retrouve éga­lement dans la Nouvelle Droite. Il y a quel­que temps, Ruter écrivait dans un arti­cle concer­nant la mon­dia­li­sa­tion : “celui qui fixe et contrôle les crédits dirige le dével­op­pement éco­no­mique”. Ce n’est cer­tai­ne­ment pas par hasard s’il cite, dans le même texte, Amschel Meyer Rothschild qui était juif et aurait dit : “Laissez-moi contrôler les cours des mon­naies et peu m’impor­tera qui fait les lois.”

« Au début de la cam­pa­gne anti-AMI aux Pays-Bas, en automne 1997, l’accent fut for­te­ment mis sur le fait qu’il s’agis­sait de négoc­iations secrètes et l’intérêt se porta rapi­de­ment sur la per­son­na­lité de cer­tains diri­geants. La cam­pa­gne anti-AMI parla d’un “coup d’État mul­ti­na­tio-nal” et d’une “prise de pou­voir secrète”. Cette prés­en­tation des faits était un peu exagérée. (…) Les adep­tes des théories du com­plot ont fréqu­emment assisté aux réunions de la cam­pa­gne. En août 1998, durant la réunion de Globalize Resistance à Genève, une per­sonne voulut lire les écrits de l’antisé­mite alle­mand Van Helsing. Le Néerlandais Kühles, “théo­ricien des com­plots”, s’est intéressé à peu près en même temps à la cam­pa­gne anti-AMI aux Pays-Bas et eut l’occa­sion de cra­cher son venin antisé­mite dans des réunions du mou­ve­ment anar­chiste à Leiden. »

L’antisé­mit­isme s’exprime éga­lement chez de nom­breux mili­tants de gauche qui, dans des conver­sa­tions privées, évoquent le pou­voir des « sio­nis­tes » dans les médias (sur ce thème, les Indigènes de la République avaient même mené cam­pa­gne), ou les liens entre des hommes poli­ti­ques français « juifs » et les milieux d’argent ou de pou­voir (cf. la librai­rie d’extrême gauche « Résistances » qui mit en vitrine le livre de P.-E. Blanrue).

L’extrême droite s’est en partie déb­arrassé de son antisé­mit­isme racial, pour des rai­sons tac­ti­ques, afin d’éviter des pour­sui­tes judi­ciai­res comme celles qui ont frappé Le Pen, mais aussi parce que l’antisé­mit­isme social est aujourd’hui beau­coup plus payant poli­ti­que­ment que le vieil antisé­mit­isme racial.

Extrait du n° 36/37 de Ni patrie ni fron­tières : "Extrême gauche, extrême droite : inven­taire de la confu­sion"

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