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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 14:52

information u sur modialisme.org à faire circuler.

En sep­tem­bre 2012, un cer­tain nombre de déboutés du droit d’asile ont com­mencé à ins­tal­ler des cam­pe­ments à La Haye et à Amsterdam. Depuis un an, ils mènent une lutte acharnée contre les poli­ti­ques bru­ta­les de rejet et d’exclu­sion menées par le gou­ver­ne­ment. Pendant des jours et par­fois des semai­nes, les deman­deurs d’asile ont campé et subi le froid, la pluie et le vent devant le siège d’orga­ni­sa­tions comme le Centre d’enre­gis­tre­ment et d’expul­sion Ter Apel et les bureaux de l’IND (Service d’immi­gra­tion et de natu­ra­li­sa­tion) à Zwolle et à Den Bosch (1) . Contester la poli­ti­que gou­ver­ne­men­tale dans la rue est une stratégie de combat extrê­mement cou­ra­geuse et non un acte de dés­espoir.

Grâce à leurs tentes, les deman­deurs d’asile ont rendu dou­lou­reu­se­ment visi­ble leur lutte quo­ti­dienne pour la survie. Ils ont trans­formé leur pro­blème indi­vi­duel en un enjeu col­lec­tif, et leur lutte indi­vi­duelle est deve­nue une bataille col­lec­tive. Les cam­pe­ments mili­tants ne sont pas un signe d’impuis­sance : ils reflètent la force, le cou­rage et la persé­vér­ance des par­ti­ci­pants à l’action. Il ne suffit pas de se battre en orga­ni­sant des mani­fes­ta­tions et des réunions, non, nous avons d’autres armes : la vie quo­ti­dienne des deman­deurs d’asile est la prin­ci­pale. Les cam­pe­ments ne sont pas sim­ple­ment des endroits où s’orga­ni­sent des actions de pro­tes­ta­tion, ces lieux eux-mêmes incar­nent et concré­tisent la pro­tes­ta­tion. En plaçant leur propre corps dans l’arène poli­ti­que, les deman­deurs d’asile indi­quent clai­re­ment qu’ils ne veu­lent plus être exclus de la société, qu’ils désirent pou­voir recons­truire leur exis­tence et vivre une exis­tence digne. C’est pour­quoi ils deman­dent la régu­la­ri­sation et l’attri­bu­tion d’un loge­ment décent.

Dans ces deux villes néerl­and­aises, chaque cam­pe­ment a été confronté à un maire ayant recours à des mét­hodes différ­entes. Aucun de ces élus, bien sûr, n’a déf­endu ni ne déf­endra les intérêts des deman­deurs d’asile.

Dès le début de l’ins­tal­la­tion du cam­pe­ment qui a pris le nom de « Droit à l’exis­tence », Jozias van Aartsen, le maire de La Haye, a clai­re­ment fait savoir qu’il ne se pré­oc­cu­perait pas du sort des deman­deurs d’asile. Il a inter­dit aux orga­ni­sa­tions huma­ni­tai­res d’offrir leur aide à ceux qui dor­maient dans les tentes, et la muni­ci­pa­lité n’a fourni aucune ins­tal­la­tion. Les deman­deurs d’asile ont dû sol­li­ci­ter l’auto­ri­sa­tion du tri­bu­nal pour pou­voir passer la nuit dans leur cam­pe­ment, mais aussi pour garder les tentes par­tiel­le­ment fermées, ce qui était abso­lu­ment néc­ess­aire étant donné le vent glacé qui souf­flait cet automne. Van Aartsen s’est refusé même à appro­cher du cam­pe­ment et a dénigré les deman­deurs d’asile et leurs sou­tiens au sein du conseil muni­ci­pal et dans la presse. Il a éga­lement res­treint le droit de mani­fes­ter. La police effec­tue régul­ièrement des contrôles. Seul le Haagse Stadspartij (Parti de La Haye, (2)) a posé des ques­tions durant les séances du conseil muni­ci­pal concer­nant l’action répr­es­sive menée par le maire qui appar­tient au VVD (Parti libéral conser­va­teur). Les autres partis représentés au Parlement ont gardé le silence.

Amsterdam

Les conseillers muni­ci­paux de tous les partis poli­ti­ques et des sou­tiens appar­te­nant à diver­ses cou­ches de la société ont plaidé pour une « asile digne », juste après l’ins­tal­la­tion du cam­pe­ment de pro­tes­ta­tion « Nous sommes ici ». Mais le débat poli­ti­que s’est rapi­de­ment centré autour de l’exi­gence de la régu­la­ri­sation des deman­deurs d’asile et des migrants sans papiers qui vivent au jour le jour dans des condi­tions inhu­mai­nes. Certains sou­tiens considéraient ce cam­pe­ment comme une tragédie huma­ni­taire et non comme une mani­fes­ta­tion mili­tante. Il était fort com­mode pour le maire d’Amsterdam Eberhard van der Laan que les sou­tiens du cam­pe­ment eux-mêmes tirent la son­nette d’alarme. Contrairement à son collègue de La Haye, ce membre du PvdA (le Parti social-démoc­rate) a rendu visite à plu­sieurs repri­ses aux « cam­peurs », et il a exprimé ses « inquié­tudes » dans une lettre au conseil muni­ci­pal. Dans ce cour­rier, il annonçait que le cam­pe­ment devait être évacué parce que la « santé phy­si­que et men­tale » des deman­deurs d’asile était, paraît-il, menacée. Rusé, le maire leur a offert de les aider finan­ciè­rement et de les héb­erger pen­dant 30 jours « pour qu’ils repren­nent leur souf­fle », ce qui a bien sûr semé le trou­ble chez les sou­tiens. De toute évid­ence, une telle mesure visait à obli­ger les deman­deurs d’asile à dém­onter leurs tentes. Ils ne se sont pas laissés abuser par cette manœuvre. Les deman­deurs d’asile refu­sent d’être dis­persés : à leurs yeux un refuge tem­po­raire n’est pas une solu­tion, parce qu’ils savent qu’ensuite ils seront de nou­veau jetés à la rue. Les auto­rités pré­fèrent qu’ils soient livrés à eux-mêmes dans la rue. Van der Laan a montré alors son vrai visage mal­veillant : il a fait évacuer le cam­pe­ment et arrêter plus d’une cen­taine de deman­deurs d’asile, et le même soir, la majo­rité d’entre eux se sont retrouvés à nou­veau à la rue, sans abri, sans tentes, sans cou­ver­tu­res. Certains citoyens engagés d’Amsterdam et d’autres mili­tants ont pro­posé leur aide, et les deman­deurs d’asile conti­nuent leur action de pro­tes­ta­tion en squat­tant une église pour rés­ister aux rigueurs de l’hiver.

À cette occa­sion, le VVD a montré sa face répr­es­sive et le PvdA sa face sour­noise, offrant ainsi une image assez exacte des partis poli­ti­ques natio­naux. Le PvdA, social-démoc­rate, est le parti qui a fourni le plus de minis­tres de l’Immigration au cours des der­nières années, et on peut, à juste titre, le considérer comme l’archi­tecte de cette poli­ti­que bru­tale de rejet et d’exclu­sion. La poli­ti­que consis­tant à offrir un droit de séjour et une pro­tec­tion tem­po­rai­res à des grou­pes de deman­deurs d’asile pro­ve­nant de pays frappés par la guerre a été abolie par le der­nier minis­tre socia­liste chargé de la ges­tion des migra­tions : le secrét­aire d’Etat Nebahat Albayrak. Parmi les vic­ti­mes de cette mesure de sup­pres­sion, on compte les Somaliens qui cons­ti­tuent la majo­rité des habi­tants du cam­pe­ment d’Amsterdam. La plus haute cour néerl­and­aise a inter­dit leur expul­sion, mais l’Etat refuse de les régu­la­riser.

Madame « La Gêne » (3)

Actuellement, le très agres­sif Fred Teeven occupe le poste de minis­tre de la Sécurité et de la Justice. Dans le deuxième gou­ver­ne­ment Rutte formé le 5 novem­bre 2012, l’immi­gra­tion n’est plus un por­te­feuille dis­tinct. Les deman­deurs d’asile et les migrants relèvent dés­ormais du ministère de la Justice, ce qui signi­fie qu’ils sont cri­mi­na­lisés, avant même que l’illé­galité de leur prés­ence soit offi­ciel­le­ment cons­tatée. Freddie-le-Bagarreur ne veut pas céder d’un mil­limètre face aux reven­di­ca­tions des deman­deurs d’asile. Il n’est prêt à leur offrir un abri rudi­men­taire et tem­po­raire que si les deman­deurs d’asile accep­tent de retour­ner dans leur pays où sév­issent la pau­vreté et de la vio­lence. Il ne veut même pas dis­cu­ter de leur droit à être régu­larisés. De plus, les deman­deurs d’asile ne peu­vent atten­dre aucune aide de la gauche par­le­men­taire : la députée Sharon Gesthuizen, alias « Madame La Gêne », membre du SP (extrême gauche, ex-maoiste), a présenté une motion insi­pide dans laquelle elle appelle à ne sou­te­nir que les deman­deurs d’asile qui accep­tent d’être rapa­triés. L’ancien minis­tre de l’Immigration Gerd Leers (membre du CdA, parti démoc­rate-chrétien, dit de « centre droit », NdT) avait éga­lement fait une telle offre dans le passé.

Même si l’atti­tude des par­le­men­tai­res est lamen­ta­ble, la force des deman­deurs d’asile est une source d’ins­pi­ra­tion. Après avoir vécu pen­dant des semai­nes dans le froid et dans la boue, sans toi­let­tes ni dou­ches, ils conti­nuent à mener ce combat dif­fi­cile sans perdre leur convic­tion. Lorsqu’ils reç­oivent une lettre du Service de rapa­trie­ment à propos de leur départ « volon­taire », ils la déc­hirent imméd­ia­tement ; quand le minis­tre de la Justice Teeven leur a « tendu la main » pour les « aider » à retour­ner au pays, ils ont réso­lument rejeté sa pro­po­si­tion ; ils ont déd­aigné la pro­po­si­tion-piège du maire d’Amsterdam Van der Laan de leur four­nir un loge­ment tem­po­raire, et bien que leurs tentes (4) ne soient pas tota­le­ment fermées ils défient la répr­ession de Van Artsen, le maire de La Haye. Ce n’est pas à nous de décider à la place des deman­deurs d’asile. Ils doi­vent jouer un rôle cen­tral dans leur propre lutte. Nous devons les sou­te­nir, mon­trer notre soli­da­rité et sou­te­nir leurs reven­di­ca­tions pour une régu­la­ri­sation et un loge­ment immédiats !

Mariet van Bommel, 10 déc­embre 2012

1. Zwolle se situe à 80 km au nord-est d’Amsterdam ; Den Bosch à 77 km au sud d’Amsterdam, dans le Nord-Brabant (NdT).

2. Petit parti issu du mou­ve­ment des squat­ters. Même s’il n’est plus très radi­cal, il essaie de se faire l’écho des pro­tes­ta­tions popu­lai­res loca­les (NdT).

3. Cette députée d’ « extrême gauche » s’est dis­tin­guée en dénonçant « la gêne » occa­sionnée par les deman­deurs d’asile et leur mou­ve­ment. C’est pour­tant l’Etat qui met les sans papiers dans des situa­tions incom­mo­des. Ceux-ci ne cau­sent aucune gêne, ils la subis­sent puisqu’elle leur est imposée par l’Etat (NdT).

4. Depuis que cet arti­cle a été écrit, à Amsterdam comme à La Haye, les deman­deurs d’asile ont dû dém­onter leurs tentes, et ils se sont repliés dans des églises qu’ils occu­pent ou dont ils ris­quent d’être à leur tour expulsés (NdT)

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