le blog du laboratoire anarchiste
Le Laboratoire anarchiste ni centre social, ni think thang,
comme Maximilien Rubel a démontré en traduisant MARX
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le blog du laboratoire anarchiste
Ce tract commence à être diffusé contre l'enfermement des enfants
A propos de la construction des prisons pour mineurs...
"Taisez vous, ne dites pas cela, vous me feriez bondir de ma peau tout écorché"
La parole du père de Julien entendu sur France culture1 (les pieds sur terre) m'a définitivement écorché au travers des fils d'acier tendus par le social dominant
Dans un premier texte, nous avons essayé de comprendre la lente évolution d'encadrement des enfants, nous avons laissé de côté un théorème "l'éducation sociale". Celle-ci évoque l'œuvre de Rousseau "l'Emile ou de l'éducation" avec une notion philosophique "le contrat social". Le contrat social rousseauiste ne charge pas un tiers de la sauvegarde de la vie ou de la liberté et de la propriété de chacun, mais charge les citoyens eux-mêmes de cette sauvegarde par le principe de la volonté générale. C'est cette construction de Rousseau que la République Française a choisi, contre la pensée de Godwin. Celui-ci énonce que l’articulation du Peuple et du Souverain, médiatisée par la volonté générale telle que la conçoit Rousseau,reproduit à peu près le même schéma. L’individu se retrouve peut-être dans le Souverain,c'est pour moi une croyance.Quel est en effet le destin de la raison individuelle au sein du procès que décrit le contrat social2 ? Mais aussi cette école contemporaine achève de dissoudre l'institution de l'éducation dans des "dispositifs de formation" qui doivent se prolonger "tout au long de la vie". En tendance, la formation "professionnalise" les élèves en les adaptant à leur fonction de gestionnaires de leurs ressources humaines. L'État-nation n'est donc plus éducateur. Cette crise majeure de l'institution de l'éducation se combine avec une crise des finalités de l'école, des contenus et savoirs qu'elle est supposée transmettre3. « Le pont entre le contrat social et le contrat pénal ». Nous utilisons, pour illustrer notre propos, une injonction, ce qui est fort en vogue dans les officines judiciaires du "Rappel à la loi" :
d'après la Circulaire interministérielle du 16 août 2006 publiée au Bulletin officiel du 31 août :
« Lycées et collèges sont depuis Napoléon les temples de la République : Chaque établissement aura un correspondant clairement identifié. Il y en a déjà 4 600 pour 7 000 collèges et lycées publics. Un policier ou un gendarme pourra être de permanence à l’intérieur de l’école à la demande du chef d’établissement. Ce policier ou gendarme pourra participer à des actions de prévention, sera à l’écoute des personnels et des élèves auxquels il apportera toute son expérience et pourra intervenir très rapidement en cas de problèmes.
La prise en charge des victimes sera améliorée et les permanences téléphoniques académiques vont être généralisées : il est nécessaire de briser la loi du silence en signalant tous les faits et en portant plainte. Des rapports plus étroits sont établis entre les chefs d’établissement et les autorités judiciaires. Les procureurs informeront systématiquement les chefs d'établissement des suites réservées aux saisines. Les menaces, les violences verbales, les violences physiques, les violences sexuelles, les rackets, les bizutages, la détention d’armes, le vol ou la tentative de vol, les dégradations, les intrusions, la consommation ou trafic de stupéfiants doivent systématiquement faire l’objet d’une communication à la hiérarchie et d’une saisine dans le logiciel SIGNA. »
Une autre notion laissé de côté la prévention. Les intervenants sociaux employés par l'Etat ou les collectivité locales se sont multipliés. Agents de l'infrastructure étatique, ils ont pour mission de véhiculer les valeurs républicaines, la trilogie fatale : Liberté, Egalité, Fraternité. C'est la Constitution qui vient expliciter ces valeurs. Elle les décline en une série de droits : à l'instruction, au logement, à la santé, à la dignité... auxquels chaque individu doit pouvoir prétendre. Ce sont des droits individuels. Ils ne s'exercent même pas collectivement. C'est clairement un tournant vers l'individualisation qui s'écarte de l'émancipation collective. Le débat de fond se déplace complètement. Les déterminants sociaux et économique se diluent en un état de fait : « la société est comme ça, faut faire avec, éviter le pire ! ». On va améliorer de l'intérieur, la révolution c'est « has been ». Depuis une vingtaine d'années, la gestion de la question sociale se pose en des termes simples : il s'agit d' « inviter [les pauvres] à vivre entre eux pacifiquement, pour que les couches aisées puissent vivre dans l'entre-soi de leur confort sans ressentir la menace de ce dehors que sont les populations piégées, sans ressources, au coeur des villes ou à leur périphérie », comme le disent poliment le sociologue Jacques Donzelot et la géographe Marie Christine Jaillet dans un rapport4. C’est officiel, il ne s'agit plus d'intégrer mais d'isoler. Le travail social et éducatif, la police, la justice et la prison travaillent, chacun à sa manière, à cette logique d'isolement des pauvres. L'évolution des institutions vers une « gestion plus moderne » des pauvres s’est surtout durcie et solidifiée dans une chaîne pénale liant les logiques d'assistance et de répression. Cet ensemble, qui agence normalisation, correction et ségrégation, on l’appellera désormais : « prévention ». L’État social existait déjà par la prison, la prévention par la détention. Roulez jeunesse ! L'individu est mis en exergue. Le travailleur social est là pour l'aider à se réinsérer dans le tissu économique et social et le ramener à un comportement satisfaisant pour la société et donc pour lui-même. Il s'agit d'adapter au mieux les comportements individuels aux nouvelles donnes de l'évolution de notre société. Ça frise le comportementalisme. L'utilisation généralisée des psy renforce la focalisation sur l'individu. On s'attache à l'idée de restructurer, renforcer l'identité individuelle des personnes mais qu’en est-il de leur identité sociale ? Comme dit Andrée Prudhommeaux : " L'activité est une qualité mentale. Si vous voulez engendrez des habitudes d'activité lâchez l'enfant dans les vergers de la science. Qu'il trouve son chemin par lui-même ! ".5
le laboratoire, 8, place St jean Valence. 26000
Texte écrit d'après le dossier du journal l'envolée n°18
ce texte va être diffusé lors de la journée " la violence à l'adolescence " ( valence 20/05/2010)
1Les Pieds sur Terre - Julien
épisode audio par podcasting@radiofrance.com du mardi 04/05/2010.
2refractions.plusloin.org/spip.php?article330
3Interventions #8 de la revue Temps critiques.
4 Remis en 1997 au Comité des défis de la société moderne de l'OTAN.
5L'effort libertaire 1 le principe d'autonomie.
Mardi 18 juin à 19h
Repas de solidarité
aux compagnon-e-s italien-e-s emprisonnée-s
pour le G8 Gênes 2001
pour "dévastation et saccage"
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