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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

File:Wooden Shoe.svg
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 21:53

 

De retour du procés d'assise qui se passe actuellement à Lyon. Voici ce texte extrait du journal l'envolée de Mars 2007qui répond peut être au propos entendu lors qu'on osait évoquer l la peine de mort à la française.

S’il y a aujourd’hui autant de prisonniers (environ 65 000),ce n’est pas qu’il y ait plus de « délinquance » ou plus « d’insécurité », c’est que la loi crée sans cesse de nouveaux délits et allonge inexorablement les peines. Ainsi, en vingt ans les peines de plus de cinq ans ont triplé.Qu’on puisse condamner quelqu’un à trente ans d’enferme-

ment ne choque quasiment plus personne. L’image du monstre et celle de la victime fonctionnent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons. Il y a toujours un coupable pour qui les condamnations ne sont jamais assez dures, et la souffrance d’une victime qui a besoin de peines pour faire son deuil. Dansles années soixante-dix, le monstre était le trafiquant de drogues, pour lui on a remis en vigueur « l’association de malfaiteurs », on a allongé la garde à vue, on a transformé en crime puni de la perpétuité des infractions qui n’étaient inscrites jusqu’alors que dans le code de la santé publique. Dans les années quatre-vingt-dix, ce sont les violeurs d’enfants qui ont pris le relais, pour eux on a instauré la perpétuité réelle.Les « terroristes » et les « nouveaux barbares » ont permis de justifier les lois sécuritaires successives. Et comme toujours, le«monstre » légitime les premières mesures dites d’exceptionqui ne tardent pas à se généraliser et masquent les raisons véritables du durcissement du système carcéral et judiciaire.

Si de 1945 à 1950, l’évolution allait plutôt dans le sens d’unassouplissement du régime des peines (souvenirs des camps nazis, interrogations d’élus sur la condition pénitentiaire, force des mouvements sociaux, etc.), les années qui suivent ont amorcé une logique d’enfermement systématique propre à encadrer les restructurations économiques.

Depuis 1978, date de création de la peine de sûreté, ce processus s’accélère. Droite et gauche confondues, portées par la construction de l’Europe, ont durci réforme après réforme le code pénal et son application. C’est entre autres sous la présidence de Badinter que les juristes ont conçu le nouveau Code pénal de 1994. Ce n’est pas l’arrivée des socialistes au pouvoir qui a freiné cette logique : la guillotine, qui avait tué 19 personnes entre

1958 et 1981, a été remplacée par des peines de sûreté jusqu’à lamort avec tout un système de non-confusion, de multiplications de circonstances aggravantes, de disparitions des circonstances atténuantes, de diminutions des remises de peine... qui constituent un substitut de la peine de mort perfor-mant, propre et respectueux des droits de l’hom-me. Le nombre de prisonniers de plus de 60 ans en prison a triplé en moins de dix ans ; il y a un mort tous les trois jours en détention, jamais il n’y a eu autant de condamnés à perpétuité, de personnes souffrant de troubles psychiques graves incarcérées.

Quand se pose la question des peines de prison,c’est surtout autour du thème du «sens de la peine » que s’articulent des kilomètres de bavardages aussi vieux que stériles : comment faire de la prison un lieu de réinsertion, comment mêler punition, rétribution des victimes et rédemption du condamné, comment faire des prisons un lieu de vie, etc. Et quand se pose la question de la durée des peines, c’est de façon administrative,pour souligner les problèmes de ces pauvres matons qui, en bout de chaîne pénale et judiciaire, doivent gérer des hommes et des femmes qui a priori n’ont plus rien à perdre. Quant aux humanitaires, quand ils effleurent ces « problèmes », ils sont à larecherche d’une bonne mesure de la peine, d’une juste peine,comme les économistes parlent d’un juste salaire.La mesure de cette insensée comptabilité trouve son équivalentdans le rapport mortifère que fait régner l’argent dans l’économie.Tout a un prix et chacun est à vendre. Cette arithmétique s’ap-plique dedans comme dehors et transforme les objets, les êtres en valeur, et selon le tarif, on paie de son temps, c’est-à-dire de sa vie.Des vies entières de crédit ou de prison selon le chemin emprun-té : une voiture vaut cinq ans de crédit ou trois ans de prison. Quelques milliers d’euros valent une vie de travail ou trente ans de prison. Les macabres tables de calcul de la loi et de l’économie font défiler leurs colonnes jusqu’à l’épuisement. Rien n’estoublié : l’économique et le juridique ont horreur du vide.«Quelle mesure peut avoir une peine ? » Comment répondre à cette question « métaphysique », extraite de son contexte éco-nomique et social? Comment mesurer la démesure de cet acte dénaturé qui consiste à construire des cages où l’homme enfer-me l’homme et le tient emmuré ? Ce sont des vies entières arra-chées. Seuls ceux et celles qui l’endurent, ou leurs proches, sont à même de témoigner de ces ravages qui ne se mesurent pas mais se vivent, de cette mutilation qui le plus souvent se tait,parfois se chuchote, ou se crie dans un ultime acte désespéré. Etpeut-être que la rareté des écrits ou des révoltes de l’intérieur contre les peines elles-mêmes est due au fait qu’il est difficile,voire dangereux pour un prisonnier de se plonger dans l’absurdité de sa peine : on se retrouve rapidement dans la logique du «plus rien à perdre », de la vie et de la mort. Un mois, une année, une décennie,perpétuité... chaque prisonnier tente d’effacer le vide de ce temps trop plein, de tuer le temps, mais c’est

le temps qui le tue. Les choix sont maigres ; soit s’anesthésier avec cequi est largement proposé, télévison

et médicaments ; soit se jeter dans un espoir, religieux, ou parfois dans l’idée d’une évasion que l’on imagine sans la préparer ; soit reconstruire une micro société dans laquelle on devient un exemple, un cas à part,

quelquefois un mythe... Le temps si long et pauvre de la prison porte à son comble toutes les aliénations qui

existent dans cette société.

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