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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 09:50

Nous publions cet échange  pour permettre d'approfondir le débat contre les OGM et cette  société qui les génére.

a – « Les progrès de la soumission vont à une vitesse effroyable » (Interview de Riesel par Alain Léauthier, Libération du 3/4 février 2001) Extraits :

« J'ai vu l'ancienne société rurale se liquéfier, pourrir sur pieds, des comportements se raidir. On ne peut se contenter des simplifications des antimondialistes, avec les méchantes transnationales qu'on substitue aux 200 familles et aux capitalistes à haut-de-forme et gros cigares pour avoir un ennemi clairement identifiable, alors que la domination fonctionne essentiellement grâce à la soumission : la soumission à l'industrialisation, à l'emprise d'un système technique.

Question : ... système que trop peu de gens, à votre avis, critiquent fondamentalement.

Ma critique n'est pas de type heideggerien et ne vise pas la technique en tant que telle. Mais il faut bien saisir l'enjeu de l'industrialisation de l'agriculture, qui atteint un stade ultime avec les chimères génétiques : il s'agit, ni plus ni moins, d'une tentative de supplanter définitivement la nature (extérieure et intérieure à l'homme), d'éliminer cette dernière résistance à la domination du rationalisme technologique.

Une « raison » qui veut ignorer – et ici supprimer pratiquement – ce qui n'est pas elle, c'est, je crois, la définition minimum du délire. Si on comprend cet enjeu, alors on doit remettre totalement en cause les bases mêmes de l'actuel système agricole.

Or, que voit-on ? Une pseudo-contestation qui en appelle à l'État interventionniste pour tenir et moraliser les marchés, assurer l'existence des agriculteurs, alors que le projet ouvert de ces États est de les éliminer, comme en Grande-Bretagne où la paysannerie totalise à peine 1 à 2% de la population. (...) Du coup on comprend mieux les liens entre divers mouvements comme Attac ou la Confédération paysanne. C'est la tentative de restauration du parti des vaincus historiques, c'est-à-dire des partisans de l'État, vaincu à leurs propres yeux – la souveraineté des États s'effrite, etc. – mais ne désespérant pas d'en refonder un qui serait, cette fois, « vraiment citoyen ».

(...) Prendre les choses à la racine, c'est critiquer les bases technoscientifiques de la société moderne, comprendre la parenté idéologique profonde entre le progressisme politique ou social (c'est-à-dire la mentalité de gauche telle que la définit Théodore Kaczynski) et le progressisme scientifique. L'industrialisation est depuis la « révolution industrielle » en Angleterre une rupture absolument fondamentale (souligné par nous) avec l'essentiel du procès d'humanisation. Sans civilisation paysanne c'est la civilisation tout court qui se défait, on le constate aujourd'hui. Et la signification historique de l'industrialisation, sa vérité profonde devenue manifeste au XXe s., c'est la destruction : avec Auschwitz et Hiroshima, on a les deux fonts baptismaux sur lesquels a été porté l'époque contemporaine.

(...) Le sabotage contre le Cirad était une attaque frontale contre des recherches publiques, afin de casser le mythe selon lequel une recherche contrôlée citoyennement pourrait être régulée : il faut commencer par comprendre que cette technologie est par essence incontrôlable.

Question : Est-ce qu'il faut encore faire le pari de la révolution ?

Les progrès de la soumission vont à une vitesse absolument effroyable. Par l'Internet ou tout autre artifice de la quincaillerie technologique, le « culture » industrielle se répand partout. Le temps nous est compté, car la vieille idée selon laquelle le capitalisme ou l'économie s'effondreront sous leurs contradictions est évidemment fausse. Notre sort est entre nos mains : il s'agit de renouer avec le processus historique de l'humanisation. »

Approfondir notre critique du capitalisme

(Jacques.Guigou . à Jacques .Wajnsztejn . le 7 février 01)

Oui il est encore possible de faire un tract pour le procès de Montpellier. Accrocher la chose à partir de la double critique que tu signales : celle des critiques du néolibéralisme (Attac, CTN, SUD et bien d'autres) et celle des anti-industrialisation/scientifisation (EdN, Riesel), me semble possible, mais on tombe alors sur la question de dire ce qu'est le capitalisme aujourd'hui. Là-dessus tu as, certes, développé des analyses montrant que ce n'est plus un mode de production, mais tu l'as tout de même encore récemment défini comme un système de reproduction (des rapports sociaux). Or, la notion de système (issue de la systémique de l'après Seconde Guerre mondiale) est de moins en moins appropriée pour rendre compte des modes d'action du capital, lequel opère par flux, réseaux, processus de dévalorisation/valorisation d'activités humaines qui jusque là s'exerçaient en dehors du mouvement de la valeur, etc. Il vaudrait mieux parler d'univers-capital ou bien encore de capital-monde au sens où il tisse une « nature-valeur » dans laquelle doivent s'immerger des êtres humains contemporains.

Occulter la dimension de système c'est liquider la domination et...l'État

(J.W. à J.G. le 8 février 01)

Que la notion de système ne soit pas très appropriée pour caractériser des flux et des réseaux, j'en conviens, mais si on veut parler en termes branchés, alors je te répondrais que ce qui, pour moi, domine toujours, ce sont les stocks ! Et dans cette mesure le terme de système s'impose encore faute de mieux car c'est le seul (avec « société capitalisée » à un autre niveau) qui rendre compte de la totalité du processus. Le terme de « nature-valeur » n'a par contre pour moi aucun sens (et en a-t-il pour quelqu'un à part pour celui qui l'énonce ? Non. Et cela règle la question de son éventuel emploi dans un tract).

« Monde-capital » et « univers-capital » sont aussi abscons et présentent toujours l'inconvénient majeur de faire disparaître tout rapport social. L'avantage de « système de reproduction capitaliste » (SRC) reste qu'il est relativement proche de « MPC » et qu'il peut constituer une solution d'attente. L'auteur de « Les mauvais jours finiront » (Guy Fargette) insiste lui beaucoup sur le phénomène de bureaucratisation, en rapport avec l'analyse de « SoB », mais en y intégrant le fait que son credo est le scientisme technicien à base mafieuse. Pour lui la bureaucratisation est la vérité d'un système de classes qui n'a pu être dépassé et cela conduit à une « société figée » (cf. mon idée de SRC), sans que cela puisse être assimilé à un retour vers le modèle « MPA », puisque le technologisme y est inclus. Il n'empêche qu'il y a bien une contradiction entre cette fixation sur la reproduction (Fargette parle même d'une « reproduction rétrécie » par opposition à « élargie », ce qui me paraît être une bonne idée) et la fuite en avant dans la technoscience. La forme politique et particulièrement l'institution parlementaire lui paraît symboliser le mieux cet immobilisme. Il publie actuellement quelques pages qui lui servent de revue aléatoire et d'intérêt général. Il cite par exemple ce passage intéressant d'Adorno : « Le monde est l'horreur systématisée, mais c'est pour cela qu'on lui fait trop d'honneur en le pensant entièrement comme un système car son principe unificateur est la division et celle-ci réconcilie en imposant purement et simplement le caractère irréconciliable du général et du particulier »(Minima Moralia, p. 109). Cela me paraît une bonne critique de la notion de système.

Cette idée de bureaucratisation me paraît aussi coller avec celle de ramification multiples, ce qu'on peut appeler « réseaux ». Reprenant un peu Castoriadis, Fargette parle aussi « d'oligarchie mondiale fragmentée ». Cela me fait penser aussi à ce que nous disions à la réunion d'automne sur la notion « d'État total » comme à la fois État du capital (le gars de Nancy qui a fait la brochure contre le citoyennisme par le d'un « État saturé de capital » !) et État ayant englobé la société civile. La formule synthétisant tout ça pouvant être « la société capitalisée et son État », ce qui fait disparaître la notion de système, sans occulter les rapports sociaux puisque demeure « la société ». Inconvénient, cela suppose une analyse dans le cadre national avant tout.

Pour Fargette l'oligarchie moderne n'a pas d'idéologie et ses « outils » (télé, pub) distillent une confusion méthodique sans prétendre à une cohérence logique formelle, à la différence de l'idéologie. Il est ici très proche de moi quand je dis qu'il n'y a pas de « plan du capital », même s'il y a un projet humain et des forces à l'origine de ce(s) projet(s). L'oligarchie nationale n'est pas une classe mais un lieu de confluence des pouvoirs auquel fait face l'atomisation du corps social qui ne peut alors s'exprimer que sous la forme clientéliste (donc comme une autre forme de pouvoir, soit dans les groupes ou associations d'usagers par exemple, soit politiquement en tant que conte-pouvoir avec le citoyennisme et des initiatives comme celle des « Malgré tout »).

Autre idée intéressante, c'est que l'indifférence au pire qui caractérise l'oligarchie proviendrait justement du fait que c'est un lieu de compromis (« tous responsables... mais personne coupable » et cette figure est finalement reproduite à tous les échelons des ramifications bureaucratiques). Mais là où le bât blesse, c'est que Fargette voit dans l'absence de réciprocité gouvernants/gouvernés (ici sûrement une reprise de la coupure dirigeants/dirigés de SoB) le caractéristique de l'oligarchie et qu'il ne peut donc que demander le retour à une « vraie démocratie » définie comme une forme politique qui contient et exprime un déséquilibre du pouvoir.

Si je parle de système, c'est qu'il y a aussi un « système de domination » et par rapport à tout ce qui se dit sur les dominations particulières c'est très différent. Domination qui n'est pas liée au secret (position de Debord pour qui « le plus important est le plus caché »), mais au contraire à une certaine transparence comme le souligne Surya dans son bouquin « Sur la domination ». Et cette transparence est le signe d'une immédiateté. Surya la définit ainsi : « Plus personne ne veut détruire les choses mais tous veulent en jouir ». Cela pourrait particulièrement qualifier les nouvelles violences urbaines. A la limite on pourrait dire que ce qui doit rester caché est ce qui échappe aux « conditions normales » de la reproduction, donc non pas l'exploitation par exemple, mais le fait qu'il y ait des gens qui en sont exclus (les « invisibles », « les sans »).

Il y a bien un système de domination, même si la domination est en grande partie un processus anonyme. Pour lui, les « affaires » sont ce qui rend visible, à une certain moment, la domination et tout le travail de la justice (et des journalistes) va consister à innocenter le Pouvoir en général afin de maintenir la légitimité de la domination.

Occulter la notion de système peut aussi conduire à épouser une vision qui est justement la vision dominante, en ce qu'elle représente le mouvement du capital dans son immédiateté, en deux mots, la vision néo-classique selon laquelle il n'y a que des flux, des échanges et que tout le reste n'est que dysfonctionnement passager, entrave au mouvement naturel des activités conduites par les hommes. C'est toujours courir après la dernière tendance du mouvement du capital, soit pour la célébrer pour ce qu'elle contient de possibilité de libération future (cf. les néo-opéraïstes), soit pour enregistrer ce qu'elle contient de « parachèvement » (cf. ta position et celle de bien d'autres catastrophistes des nuisances). Mais d'ailleurs, comment concevoir un parachèvement qui ne soit pas parachèvement ... d'un système ?!

A la limite là-aussi, ce qui est liquidé c'est l'idée même de domination quand la prédominance de la notion de capital – comme dans tes expressions de « monde-capital » et « univers-capital » – vient faire oublier que la domination et l'État lui préexistent.

Tout ceci est fort complexe et ne va pas se résoudre dans un tract. Toutefois cela peut amorcer un nouvel axe de travail qui est un peu resté en plan depuis environ 2-4 ans. Mais il ne faut pas le faire qu'avec nos propres forces bien évidemment, mais avec ce qui s'écrit autour de nous, si ce n'est directement avec les individus eux-mêmes.

Soumission, civilisation industrielle et rupture du fil historique.

Ce n'est pas la soumission qui est galopante mais la capacité d'intervention politique des individus qui est faible ; et ceci non pas parce qu'ils sont soumis, mais parce que les anciennes médiations de la lutte sont caduques et qu'on en cherche vainement de nouvelles. C'est pour cela qu'aujourd'hui on à affaire avec ce qu'on pourrait appeler des « interventions militantes » bien plus que politiques et à la création de médiations qui ne sont que des médias.

Le terme de soumission présuppose une conception avant-gardiste de la révolte ou de la révolution. C'est une constante de la mouvance EdN et avant de l'I.S. que de se croire en dehors du monde et des rapports sociaux qui ne peuvent justement pas être uniquement des rapports de soumission ; et ceci même dans l'esclavage, comme l'a bien montré Hegel avec sa dialectique du maître et de l'esclave.

Aujourd'hui il n'y a quasiment plus de soumission mais il n'y a pas encore d'insubordination. C'est-à-dire que les critiques qui sont faites le sont toujours par rapport à la vie des individus ou plus rarement en fonction de principes qui réfèrent plus ou moins explicitement à la communauté, mais jamais à la « Cause » ou à la politique en tant que telle. C'est pour cela que taper sur Bové et tous ceux qui s'opposent à la « malbouffe » pour leur opposer la vraie radicalité anti-industrielle est une connerie politique. C'est ne pas tenir compte d'un niveau atteint par l'individualisation et en conséquence le fait que les individus se positionnent non pas en rapport à de grandes idées générales mais par le fait essentiel qu'ils veulent mieux vivre. C'est pour cela qu'ils peuvent cumuler dernière trouvaille de la technologie (le portable par exemple) et critique du tout progrès. On a les mêmes contradictions en ce qui concerne la santé. Il ne s'agit pas là de soumission mais d'intérêt bien (ou mal) compris.

On retrouve la l'idée de système de domination.

 

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