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le blog du laboratoire anarchiste

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 09:40

lu dans CQFD N°91sous la plume de Sébastien Navarro

Certains l’ont surnommé le Che Guevara agenais, d’autres ont convoqué les mânes de Ravachol pour saluer son geste et les plus visionnaires militent déjà pour qu’une rue d’Agen porte son nom. Hermann, l’homme qui a fait vaciller Nicolas Sarkozy le 30 juin dernier, n’en revient toujours pas.

Ce devait être une balade de routine. En ce 30 juin 2011, un énième déplacement en province est coché sur l’agenda présidentiel. Brax, bled de 2 400 âmes à deux pas d’Agen, Lot-et-Garonne : sont prévus une rencontre avec les maires du département et un bain de foule sous l’œil promotionnel des caméras. Sécurité oblige, le village est bouclé depuis 48 heures, au grand dam des Braxois, tenus de montrer patte blanche à la moindre allée et venue. Le dispositif policier ? Comme d’hab’ : quelque 700 flics, un hélico en maraude et la phalange de mastards nommée Groupe de sécurité du président de la république (GSPR). Sur le coup de midi, Sarkozy déboule, serre les louches de ses derniers supporters – il y en a –, quand soudain l’inconcevable se produit : un type embusqué derrière une barrière Vauban l’agrippe par le col et manque de le faire tomber à la renverse. Fissa, le trublion est neutralisé par la garde prétorienne. Qui est-ce ? Hermann Fuster, jeune employé de la mairie d’Agen.

Il narre à CQFD : « Je me suis fait refouler deux fois par les types de la sécurité, car il fallait avoir un carton d’invitation pour s’approcher du passage présidentiel. On est quand même en démocratie ! Un gars à oreillette m’a même dit : “Toi tu passes pas, t’as pas ta carte à l’UMP.” Mais finalement, moi petit Agenais, j’ai trouvé le moyen de déjouer le service de sécurité en prenant un chemin privatif et j’ai réussi à m’approcher des militants. Quand le Président est arrivé, j’ai essayé de le retenir, j’avais plein de choses à lui dire. Les médias n’ont retenu que la guerre en Libye, mais il y avait aussi les SDF qui continuent à crever dans la rue, la misère qui frappe de plus en plus de gens, le ras-le-bol général. Tout de suite, j’ai eu cinq types du service d’ordre qui me sont tombés dessus, alors je me suis agrippé à ce que j’ai pu : l’épaulette du Président ! Et c’est là que je l’ai entraîné dans ma chute. » Trente-six heures de garde à vue plus tard – sans oublier la prise de sang et le relevé ADN –, Hermann est inculpé pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique. Les flics ricanent : « Ça y est, t’es un héros, tu viens de passer au 13 heures. » Et pour cause, à l’extérieur, la nouvelle crée le buzz. Côté médias, c’est la course contre la montre pour construire un portrait à charge de l’énergumène. Opération délicate, car Hermann a tout du pékin ordinaire. On pointe du doigt la fragilité psychologique d’un type « ivre de lumière » doublé d’un « glandeur de la fonction publique » [1].

« Comme ils n’avaient rien à se mettre sous la dent, ils ont glosé sur mes cheveux longs, le fait que j’écoute du métal et fume du shit, ironise Hermann. Puis ils ont parlé d’agression, mais je n’ai jamais eu l’intention de m’en prendre à la personne physique du Président ! » Hermann en zonzon, les soutiens s’organisent notamment grâce à la personne de Régis, un proche du prévenu : « Quand j’ai lancé l’idée d’un comité de soutien, les gens ont tout de suite répondu présents. La phrase qui est revenue le plus souvent c’est : “Il a fait ce qu’on aurait aimé faire”. Au procès, on était peut-être une centaine à être venus en soutien. Lorsque l’avocat de la défense a fini sa plaidoirie sur le devoir de résistance et de justice sociale, il a été applaudi à tout rompre et le président a fait évacuer la salle. À ce moment-là, un flic a dit à un ami : “Je n’aurais pas été en service, j’aurais applaudi avec vous.” » Hermann écope de six mois de prison avec sursis, d’une obligation de soins et de trois ans de mise à l’épreuve pour faire taire son penchant cannabique. Régis : « La comparution immédiate a permis d’éviter que la mobilisation ne devienne trop importante et si la peine a été si légère c’est pour ne pas en faire un martyr. Je pense que l’affaire avait de quoi inquiéter les autorités. » Le Parquet ne faisant pas appel de la sanction, Hermann est peinard côté judiciaire. Reste les menaces qui pèsent sur son emploi, et là, notre héros malgré lui est plutôt réservé : « La mairie veut m’infliger une sanction exemplaire. On est dans un processus de vengeance, maintenant. Je vais passer devant une commission disciplinaire et le pire que j’encours c’est une révocation, c’est-à-dire un licenciement. » Favorable à une sanction « dure », Bernard Lusset, premier adjoint à la mairie d’Agen, se demande si « un fonctionnaire qui monte un coup en vue d’agresser le président de la République, qui en informe ses potes, qui le fait… est en mesure d’accueillir des jeunes. À titre personnel, je trouve cette histoire intolérable. »

« Ce qui serait bien après, c’est qu’on oublie mon nom et qu’on retienne la symbolique de l’acte, conclut Hermann. Si tout ça peut permettre d’engager le débat, c’est déjà pas mal. » Pari gagné, si on en croit Régis : « Le geste d’Hermann, c’est celui d’un prolétaire, ces gens qui n’ont plus rien à perdre. Avec au final un lien social qui se retisse autour de cette haine commune du pouvoir. »


Notes


[1] La Dépêche du 5 juillet 2011.




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