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Un incident nucléaire a eu lieu hier en Belgique. Du plutonium a été relâché dans un bâtiment de Belgoprocess, contaminant 3 personnes. Les autorités affirment que les fuites radioactives ont été contenues dans le bâtiment. Reste que, après Marcoule, ce nouvel incident suscite une inquiétude montante…
L’Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) vient de révéler qu’un incident nucléaire a eu lieu mardi 4 octobre 2011 sur un site belge de traitement de déchets nucléaires. L’incident s’est produit pendant une inspection du site de Belgoprocess à Dessel, dans la province d’Anvers. L’inspecteur de l’AIEA était accompagné d’un collègue d’EURATOM (communauté européenne de l’énergie atomique). Selon l’Agence Fédérale Belge de Contrôle Nucléaire (AFCN), un flacon contenant du plutonium serait accidentellement tombé pendant l’inspection. Trois personnes auraient été contaminées : les inspecteurs de l’AIEA et d’EURATOM, ainsi qu’un employé de Belgoprocess. Ils ont immédiatement été évacués vers le Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire, situés sur la même commune de Mol, à côté d’Anvers.
Le plutonium est extrêmement dangereux quand il est ingéré ou inhalé, ce qui est le cas ici. Et si on ne sait pas précisément quel est le type de plutonium incriminé, on sait par contre que tous les isotopes du plutonium sont toxiques et radioactifs. Une fois à l’intérieur du corps, il se fixe aux tissus et irradie directement les cellules. Il peut endommager les noyaux d’ADN et jouer un rôle dans la formation de cancers. De plus, les particules de plutonium ont des durées de vie très longues. Selon le porte-parole de Belgoprocess, les trois personnes contaminées mardi ne subiront « pas de conséquences durables sur leur santé ». Pourtant, Belgoprocess précise que des analyses devront être faites dans les prochains jours pour connaître « la quantité de particules radioactives qu'ils ont reçues dans leur corps ».
L’autre inquiétude concerne évidemment la possibilité de fuites radioactives en dehors des bâtiments de Belgoprocess. Les autorités belges ont précisé que la zone avait été bouclée, et qu’aucune radioactivité n’avait été libérée dans l’environnement. Aucune précision n’a cependant été donnée quant aux éventuelles mesures de confinement qui permettraient d’empêcher les particules de plutonium de s’échapper du bâtiment. Selon les autorités, « la décontamination de l'installation devrait commencer bientôt ».
Après l’explosion d’un four nucléaire sur le site français de Marcoule le 12 septembre 2011, c’est donc le deuxième incident nucléaire mettant en cause une installation nucléaire européenne. Là encore, il s’agit d’une structure spécialisée dans le traitement des déchets nucléaires. Belgoprocess a été créé en 1984 à Dessel, pour stocker, conditionner et gérer les sites d’enfouissement de toutes sortes de déchets nucléaires. La survenue d’un deuxième incident nucléaire en moins d’un mois devrait encore accroître la suspicion du grand public face à l’énergie nucléaire. En effet, depuis le début de la catastrophe de Fukushima, une prise de conscience globale voit le jour à travers le monde. Beaucoup se demandent si l’enjeu énergétique est vraiment à la hauteur du risque. Au Japon, certains résidents cherchent aujourd’hui à fuir la contamination dont ils se savent prisonniers. Mais aucun pays ne souhaitent recevoir ces « réfugiés nucléaires ».
mercredi 8 mai de 16h à 18h
lecture collective de la revue subversion
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