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le blog du laboratoire anarchiste

Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 12:27

Le samedi 17 avril 2010 aura lieu à 17h à St Jean de Luz (Pays Basque nord) une manifestation organisée par son comité de soutien en mémoire de Jon Anza, ce militant basque disparu un an auparavant en gare de Bayonne vers Toulouse, recherché pendant plus d''un an avant que, le 11 mars 2010, son corps ne soit retrouvé à la morgue de l''hôpital toulousain de Purpan, conservé là "sous X" depuis plus de 10 mois.

Le communiqué d''ETA, daté du 20 mai 2009, désignant Jon Anza comme l''un de ses membres et accusant Madrid et Paris d''avoir procédé à son "interception", ne trouverait sa contradiction que, officiellement, dans une "accumulation tragique d''erreurs administratives" ayant masqué la mort naturelle d''un homme affaibli par une tumeur au cerveau.

Front contre front, ces deux versions s''appuient sur des faits censés éclairer l''une, quand elle nourrit pourtant l''autre.

Les nombreuses conférences de presse de la Procureure de Bayonne, Anne Kayanakis, ont voulu apporter une "transparence" des éléments en possession des enquêteurs, destinée à "rassurer" les proches, quand à l''évidence est mise sous silence l''enquête parallèle de la Direction Nationale de l''Anti-Terrorisme (DNAT) à Paris, déclenchée depuis le communiqué de l''ETA, et que l''on constate plus "bavarde" dès la moindre vague d''interpellations de "militants basques" en Pays Basque nord.

La presse est également perplexe, qui n''a jamais eu à faire l''inventaire de tant de "dysfonctionnements administratifs", jamais constatés ailleurs, et qui l''on n''a pas vu à l''oeuvre en novembre 2008 à Toulouse, où un cas similaire (un SDF retrouvé mort sur la voie publique) ne s''était drapé d''aucun mystère ni hésitation.

Libération et Le Monde choisissent de pointer les zones d''ombres de ce qui pourrait constituer une bavure policière, là ou Serge Raffi, dans le Nouvel Obs, défend une "scénarisation" plus ETA-sceptique.

Au sein de l''appareil administratif d''Etat, ce cas de "disparition inquiétante" continue un an après de renvoyer ses acteurs à un face à face bien peu convaincant, de l''erreur suggérée (ou vendue) d''un Parquet contre l''autre (et vice et versa), ou d''un dialogue de sourd entre la Procureure de Bayonne et l''administration de l''hôpital de Toulouse, qui se défend d''avoir répondu à la négative à une injonction officielle de renseignements sur Jon Anza, quand ce corps "sous X" était porteur d''un billet de train Toulouse-Bayonne.

Sur un plan strictement médical, les causes même de la mort ne parviennent pas à dissiper tout malentendu, quand est avancée par Anne Kayanakis une "atteinte polyviscérale neuro-cardio-pulmonaire",.

Une cause de décès jugée "en rapport avec l''état de santé" du militant basque, quand le journaliste de LibéToulouseJean-Manuel Escarnot, lit sur le rapport d''intervention de la police l''indication de sang dans la bouche d''un homme retrouvé inconscient devant le restaurant Hippopotamus de Toulouse le 30 avril à 0h10.

Les pompiers présents sur les lieux vingt minutes plus tard concluront effectivement à unehémorragie interne, ce qui relance de nouvelles interrogations : une telle atteinte traumatologique porte en elle des effets dévastateurs sur l''organisme, par une violente anémie, une diminution de l''oxygénation des organes vitaux, soit au minimum un laps de temps d''une à deux heures où sa victime ne peut plus se déplacer.

Est-ce à dire que Jon Anza ait pu rester tant de temps à l''entrée d''un restaurant très fréquenté sans attirer l''attention ou la compassion, ou ce diagnostic n''introduit-il pas au contraire qu''il ait été déplacé par un "tiers" à cet endroit précis ?

Elément contre élement, logique policière contre colère militante, la mort de Jon Anza constitue la seule certitude tragique d''un affrontement entre le milieu indépendantiste, qui défend la thèse d''un nouvel épisode de "guerre sale", et deux Etats, français et espagnol, à l''unisson pour ce qui touche à la communication ou à la condamnation de tout "délit d''injure".

En la présentant comme une manifestation "nationale", le comité de soutien lance sans équivoque un appel au rassemblement du Pays Basque sud et nord au nom de Jon Anza, ce que Paris et Madrid ont bien entendu : en réponse à cela, ce samedi 17 avril, les forces de l''ordre devraient en toute vraisemblance fermer la frontière entre les deux Etats, comme il est d''usage quand un "trouble potentiel à l''ordre public" est déterminé.

Le dictateur espagnol Franco l''utilisa de nombreuses fois, les accords de Schengen sur la libre circulation des personnes au sein de l''Europe n''y ont pas mis fin.

Les autres frontières, celles séparant la vérité du mensonge, la réalité de la dissimulation, sembleront bien plus poreuses et perméables, incitant de fait les citoyens basques à prendre résolument position.

"Je sais qu''il est mort, mais je veux savoir ce qui s''est passé", continue de répéter sa compagne Maïxo.

Publié dans : lelaboratoire
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