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le blog du laboratoire anarchiste
Ci-dessous la première page d'un journal grec récupéré par ses
salariés envoyé par un syndicaliste de Sud Ptt 26-07
Les Travailleurs d’Eleftherotypia sont de retour avec leur propre journal !
par Moissis Litsis*
Ça y
est ! C’est fait! Les travailleurs d’Eleftherotypia, un des plus
grands et plus prestigieux quotidiens grecs, vont de l’avant
dans la grande entreprise de l’édition de leur propre journal « Les
Travailleurs à Eleftherotypia » !
Depuis le
mercredi 15 février, les kiosques dans tout le pays
affichent à côté des journaux habituels un journal de plus,
écrit par ses propres salariés. Un journal qui ne cherche
pas seulement à mettre en évidence la lutte des travailleurs
de Eleftherotypia, mais qui veut aussi être un journal
d’information complète, spécialement en cette période si
critique pour la Grèce.
Les 800
travailleurs et travailleuses à l’entreprise X. K.
Tegopoulos, qui édite le journal Eleftherotypia, des
journalistes aux techniciens, des nettoyeuses aux employés
et aux concierges, sont en grève reconductible depuis le 22
décembre 2011 puisque le patron ne leur verse plus leurs
salaires depuis aout passé !
Les
travailleurs de Eleftherotypia,
voyant que le patron demande l’application de l’article 99
du code des mises en faillite, en vue de se protéger de ses
créanciers, en réalité ses salariés auxquels il doit un
total d’environ 7 millions d’euros en salaires impayés (!),
ont décidé parallèlement aux mobilisations et aux actions en
justice de faire paraitre leur propre journal. Un journal
distribué par les agences de la presse dans tout le pays,
pour le prix de 1 euro (contre le 1,30 euro qui est le prix
habituel des autres journaux), avec comme objectif de
soutenir da caisse de grève.
Etant impayés
depuis sept mois, les travailleurs et travailleuses de
Eleftherotypia sont soutenus par un mouvement de solidarité
des diverses collectivités ou même des citoyens isolés qui
font des dons en argent ou en espèces (nourriture,
couvertures, etc). Avec l’édition de leur propre journal et
l’argent de sa vente, ils pourront soutenir financièrement
leur grève sans qu’il y ait la moindre médiation de
personne : En somme, ils avancent dans une sorte d’autogestion.
Le journal a
été confectionné dans un atelier ami, dans une ambiance qui
rappelait l’édition d’un journal clandestin, puisque la
direction, dès qu’elle a appris que les journalistes vont de
l’avant dans leur entreprise d’édition, a coupé d’abord le
chauffage, ensuite le système employé par les rédacteurs
pour écrire leurs articles et enfin, elle a fermé l’atelier
lui-même, bien que pour l’instant l’accès aux bureaux du
journal reste libre. Eleftherotypia des Travailleurs a été
imprimé à une imprimerie étrangère à l’entreprise avec
l’appui des syndicats des salariés de la presse, parce que
les travailleurs de sa propre imprimerie hésitaient à
occuper leur lieu de travail.
La direction
qui a peur de l’impact de l’édition autogestionnaire du
journal, menace de recourir à des actions en justice, elle
intimide en menaçant de licencier les membres du comité de
rédaction
qui ont été élus tout a fait démocratiquement par l’assemblée
générale des
grévistes. Cependant, le public grec, et
pas seulement les lecteurs de Eleftherotypia, attendait avec
grand intérêt sa parution – on a été submergé par les
messages encourageant les journalistes à éditer seuls le
journal- puisque la dictature des marchés est couplée de la
dictature des medias qui rendent opaque la réalité grecque.
S’il n’y avait pas le climat consensuel cultivé par la
plupart des medias en 2010, avec l’argument qu’il n’y avait
pas d’alternative quand le gouvernement Papandreou signait
le premier Mémorandum dont l’échec patent est reconnu
maintenant par tout le monde, on aurait peut être vu le
peuple grec se révolter plus tôt pour renverser une
politique catastrophique pour toute l’Europe.
Le cas
d’Eleftherotypia n’est pas unique. Des dizaines
d’entreprises du secteur privé ont cessé depuis longtemps de
payer leurs salariés, et leurs actionnaires les ont
virtuellement abandonnées en attendant des jours
meilleurs…Dans la presse, la situation est même pire. A
cause de la crise, les banques ne prêtent plus aux
entreprises tandis que les patrons ne veulent pas payer de
leur poche, préférant avoir recours à
l’article 99 –il y au moins 100 sociétés cotées en bourse
qui l’ont déjà fait- afin de gagner du temps en vue de
l’éventuelle faillite grecque et de sa probable sortie de la
zone euro.
Elefthrotypia a
été créée en 1975 comme un « journal de ses rédacteurs »
dans
la période de radicalisation qui a suivi la chute de la
dictature en 1974. Aujourd’hui, dans une époque marquée par
la nouvelle « dictature des créanciers » internationaux,
les travailleurs et les travailleuses d’Eleftherotypia ont
l’ambition de devenir l’exemple lumineux d’une information
totalement différente, en résistant à la « terreur » tant du
patronat que des barons des medias, qui ne voudraient
absolument pas voir les travailleurs prendre en main le sort
de l’information.
*Moisis Litsis est rédacteur économique, membre
du Comité de Rédaction d’ « Eleftherotypia des
Travailleurs », membre suppléant du Conseil d’Administration
du syndicat grec des Journalistes (ESHEA).
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Mardi 18 juin à 19h
Repas de solidarité
aux compagnon-e-s italien-e-s emprisonnée-s
pour le G8 Gênes 2001
pour "dévastation et saccage"
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