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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 10:06

1er partie  Ce texte est issus de la revue temps critique , bonne lecture:

La crise de la forme État-nation. La médiation politique qu’a réalisé l’État-nation, depuis son accomplissement dans la révolution française, a consisté à exprimer les rapports sociaux sous la forme de rapports de classes, tout en rendant compatibles accumulation du capital et organisation sociale dans un cadre politique national correspondant grosso modo à son marché économique. Pour cela il s’agissait de dépasser le caractère borné d’un État expression de la domination d’une classe (l’État de la classe dominante dans le marxisme) dans un universel démocratique qui consiste en une mise en forme de la domination dans le cadre d’institutions et d’associations qui se substituent aux anciennes médiations de l’Ancien Régime. Ce mouvement va être très progressif puisqu’il se heurtera à de puissantes réactions contre-révolutionnaires. Pour remplir sa fonction de représentant de l’intérêt général dans le rapport social capitaliste, l’État moderne, c’est-à-dire celui de la période proprement capitaliste et non plus seulement bourgeoise , doit bénéficier d’une autonomie relative et ne pas être simplement l’État de la classe dominante. C’est cela qui lui permet de réaliser un équilibre de compromis, par exemple dans la communauté du travail, autour de deux classes qui à la fois s’impliquent réciproquement et s’opposent. L’État est alors médiation des médiations (classes, syndicats, etc.) ou super médiation (l’État-nation comme idéologie) entre la société et les individus. L’État réalise en quelque sorte le programme hégélien développé dans La philosophie du Droit dans laquelle le philosophe définit les rapports respectifs entre l’ordre politique (celui du citoyen) qui relève de l’universalité et l’ordre de la société civile (l’espace économique) qui relève des particularités. L’État qui représente l’universalisme de l’intérêt général ne saurait le réaliser qu’en étant autre chose que l’instrument de la société civile. Bien sûr on a parlé d’État de la classe dominante, d’idéologie dominante, mais ce n’est que parce qu’une particularité, la classe bourgeoise, se présentait comme universel (la théorie du prolétariat adoptera la même démarche, ce qui n’est pas le cas de la théorie communiste dans son ensemble). La société civile de l’époque de l’apogée des luttes de classes, en se politisant supprimait en quelque sorte la catégorie du politique pour mieux faire surgir la question sociale, ce qui explique l’ambiguïté des positions de Marx sur cette question et la difficulté qu’il eut à développer une véritable position uniforme sur l’État. Cela anticipe aussi un communisme perçu comme simple "administration des choses ". Aujourd’hui ce programme a été réalisé…par le capitalisme lui-même et sans la suppression de l’État ! L’État aujourd’hui réduit la politique à la gestion et perd ainsi son autonomie relative pour devenir agent direct de la reproduction d’ensemble des rapports sociaux capitalistes. Sa fonction ne peut alors plus être de concilier des intérêts de classes antagoniques entre une classe dominante et une classe dominée "dangereuse" (État démocratique de première forme libérale), ni de produire un rapport adéquat entre les deux grandes classes de la société unifiée autour du travail et du progrès (État démocratique de deuxième forme souvent appelé État-providence). Avec la fin des classes en tant que sujets antagonistes l’État n’a plus à représenter des forces ; il n’a même plus besoin de représenter l’intérêt général car il le matérialise directement face à ce qui n’apparaît plus que comme des intérêts très particuliers, des questions de goût. Nous y reviendrons. Mai 68 et les mouvements proches qui ont pu se dérouler dans d’autres pays, particulièrement en Italie, ont représenté le dernier assaut contre ce monde, mais leur échec a aussi précipité l’avènement du nouveau et le retournement de l’ancien cycle de lutte, puis son éclatement.

L’État diffus et la fin de la société civile. La société démocratique moderne était fondée sur un corps politique collectif intégrant l’hypothèse des conflits de classes, mais renvoyant du côté des individus les questions concernant ce que nous appelons la nature intérieure de l’homme. Quelle que soit alors la conception de l’État, il donnait l’impression d’intervenir de l’extérieur sur des rapports sociaux lui préexistant, sur une "socialité primaire" finalement irréductible. La dynamique du capitalisme résidait alors dans sa capacité à intégrer des formes différentes sans les faire disparaître, d’où l’idée que le capitalisme n’atteindrait jamais une forme pure. Quand nous parlons aujourd’hui, dans Temps Critiques, de "société capitalisée", c’est justement au sens d’un double mouvement historique, d’abord celui produit par la dynamique du capital compris aussi comme dialectique des luttes de classes et pas seulement comme domination de l’économie et ensuite celui qui se manifeste comme processus d’individualisation à partir de la révolution bourgeoise. Le succès de la démocratie moderne réside dans le fait de permettre une capitalisation de la société sans qu’il soit nécessaire d’ériger une unité politique supérieure . Désormais l’État se densifie en tant que matérialisation d’un nouvel ordre objectif appuyé sur les "lois intangibles" de l’économie et mu par un processus technoscientifique présenté comme inéluctable. Il ne peut donc plus être considéré comme sujet, lui non plus, et il ne produit plus ni projet (il n’a que des problèmes à gérer et laisse les projets éclore des diverses formes d’autonomisation du social et du culturel : le projet de "refondation sociale" nous en fournit un exemple) ni éthique (la politique et les affaires ne font plus qu’un). Il traite les problèmes au cas par cas , il agit en réseau avec ses partenaires sociaux, les associations et les groupes de pression. Par réformes successives et conflictuelles les puissances multipolaires du capital et de l’État créent une "connexion" d’intermédiaires que l’on peut combiner, démultiplier et gérer à distance. Certains voient dans ce mouvement une dérive néo-libérale de l’État et en appellent à un retour à l’État providence parce que l’État ne serait plus assez social, alors qu’il n’y a peut être jamais eu autant d’interventionnisme social. C’est aussi que ce social a changé de fondement. On est passé d’un social fondé sur le travail (produit de l’internisation de la classe ouvrière dans le capital, avec ses droits, ses acquis) à un social qui tend à s’en dégager puisque le travail perd de sa centralité et que la force de travail est de plus en plus inessentielle dans la "création de valeur". Cependant ce mouvement reste contradictoire comme le montre l’ambiguïté qui habite le principe du RMI . Dans un autre ordre d’idée, on a une imbrication de plus en plus grande entre secteur public et secteur privé et, au moins en France, la tension des individus vers la communauté qui s’exprime dans certains mouvements comme celui de 95 ou dans les mouvements de solidarité aux "sans", se manifeste toujours comme par défaut, en référence à l’État, représentation abstraite de l’en commun. Cela aboutit, chez certains libertaires, à des positions "contre nature" avec d’un côté la critique de toute extension de ce qui ressort du privé et finalement une certaine volonté de transformer tout le monde en fonctionnaire (ce serait assez logique pour les groupes léninistes ou trotskystes, mais on s’aperçoit que la CNT a la même position !) et de l’autre une vision de l’État moderne comme simple État répressif, "État comme ministère de l’intérieur" (position de la mouvance No pasaran). Or il ne s’agit pas de critiquer l’État pour de mauvaises raisons car il y en a déjà suffisamment de bonnes sur lesquelles le combattre. Si l’État actuel est un État total (nous disons plutôt un "État social total"), ce n’est pas au sens de totalitaire ou de policier qu’il faut l’entendre, mais au sens où il imprègne tous les rapports sociaux en encadrant plus qu’en imposant. Une carte de crédit, un portable, un Pacs rendent plus dépendant de État l’individu-démocratique que n’importe quel contrôle policier effectif. Cette dépendance, perçue comme facilité ou liberté, induit des règles implicites de participation et d’adhésion des individus à la société et à l’État de cette société qui rendent caduque l’idée traditionnelle d’une opposition entre État et "société civile". Ce n’est donc pas la police qui est partout (et la justice nulle part) comme ne cessent de le proclamer anciens et modernes gauchistes, mais l’État qui est partout, dans ses diverses ramifications et formes : la police est ainsi de plus en plus supplantée par des forces sociales de terrain (traitement social de la violence, intervention d’agences de sécurité), avec en réserve des unités militaires spéciales de dernier recours. Avec l’éclatement des anciennes médiations (familles, quartiers, classes), l’État est devenu l’agent immédiat de la socialisation des individus, transformant la notion même de contrat à la base du rapport bourgeois étendu, aujourd’hui à tous. A l’inverse des droits-liberté qui étaient censés fonder l’autonomie de la société civile par rapport à l’État démocratique libéral, les droits sociaux actuels sont des droits-créance que l’on peut "tirer" sur un État dont les prérogatives sont totales puisque ces lois peuvent s’insérer dans le moindre recoin de ce qui constituait auparavant des "vies privées". Mais ces prérogatives ne sont pas extérieures aux individus puisqu’elles ne font que rendre compte de la multiplicité des intérêts en jeu et de la multiplicité des règles qui encadrent tout ce processus. L’État se développe donc avec le déclin de toutes les anciennes médiations institutionnelles, au gré de telle ou telle de ses fractions en passe d’autonomisation. Et c’est la mise en réseau qui permet d’atteindre cette autonomisation des institutions . Les réformes jamais terminées de l’éducation et de la justice nous en fournissent deux exemples. Il tend à se déterritorialiser tout en maintenant sa présence et ses services par télématique plus que par la présence physique de ses agents. C’est ce qu’il réalise en fermant écoles rurales, perceptions, bureaux de poste et hôpitaux des petites villes, ce qui s’avère immédiatement contradictoire avec ses tâches de "sécurisation" des individus et plus généralement avec sa fonction de reproduction de l’ensemble des rapports sociaux. Les activités humaines étant de moins en moins médiées par les institutions de l’ancienne société bourgeoise, le mouvement du capital et de son État crée des fonctions intermédiaires : les médiateurs (récemment nommés "professionnels de l’intermédiation sociale") à la place des médiations ! Ces intermédiaires sont les outils d’une "gestion citoyenne" des politiques publiques ou privées, chargés de recréer du lien social. Cette pratique de l’intermédiation se retrouve dans l’économie avec le tapage fait autour de "l’économie solidaire" (forme intermédiaire entre État et marché). On aura ainsi des "travailleurs de l’intermédiaire "au sein d’une "économie plurielle" ! L’intermédiation ne s’arrête pas ici, mais pénètre les rapports les plus intimes. En référence au modèle de résorption de l’institution que nous avons évoqué, le PACS illustre cette cristallisation provisoire d’un intermédiaire sexualo-financier entre l’ancienne institution du mariag L’État diffus et la fin de la société civile. La société démocratique moderne était fondée sur un corps politique collectif intégrant l’hypothèse des conflits de classes, mais renvoyant du côté des individus les questions concernant ce que nous appelons la nature intérieure de l’homme. Quelle que soit alors la conception de l’État, il donnait l’impression d’intervenir de l’extérieur sur des rapports sociaux lui préexistant, sur une "socialité primaire" finalement irréductible. La dynamique du capitalisme résidait alors dans sa capacité à intégrer des formes différentes sans les faire disparaître, d’où l’idée que le capitalisme n’atteindrait jamais une forme pure. Quand nous parlons aujourd’hui, dans Temps Critiques, de "société capitalisée", c’est justement au sens d’un double mouvement historique, d’abord celui produit par la dynamique du capital compris aussi comme dialectique des luttes de classes et pas seulement comme domination de l’économie et ensuite celui qui se manifeste comme processus d’individualisation à partir de la révolution bourgeoise. Le succès de la démocratie moderne réside dans le fait de permettre une capitalisation de la société sans qu’il soit nécessaire d’ériger une unité politique supérieure . Désormais l’État se densifie en tant que matérialisation d’un nouvel ordre objectif appuyé sur les "lois intangibles" de l’économie et mu par un processus technoscientifique présenté comme inéluctable. Il ne peut donc plus être considéré comme sujet, lui non plus, et il ne produit plus ni projet (il n’a que des problèmes à gérer et laisse les projets éclore des diverses formes d’autonomisation du social et du culturel : le projet de "refondation sociale" nous en fournit un exemple) ni éthique (la politique et les affaires ne font plus qu’un). Il traite les problèmes au cas par cas , il agit en réseau avec ses partenaires sociaux, les associations et les groupes de pression. Par réformes successives et conflictuelles les puissances multipolaires du capital et de l’État créent une "connexion" d’intermédiaires que l’on peut combiner, démultiplier et gérer à distance. Certains voient dans ce mouvement une dérive néo-libérale de l’État et en appellent à un retour à l’État providence parce que l’État ne serait plus assez social, alors qu’il n’y a peut être jamais eu autant d’interventionnisme social. C’est aussi que ce social a changé de fondement. On est passé d’un social fondé sur le travail (produit de l’internisation de la classe ouvrière dans le capital, avec ses droits, ses acquis) à un social qui tend à s’en dégager puisque le travail perd de sa centralité et que la force de travail est de plus en plus inessentielle dans la "création de valeur". Cependant ce mouvement reste contradictoire comme le montre l’ambiguïté qui habite le principe du RMI . Dans un autre ordre d’idée, on a une imbrication de plus en plus grande entre secteur public et secteur privé et, au moins en France, la tension des individus vers la communauté qui s’exprime dans certains mouvements comme celui de 95 ou dans les mouvements de solidarité aux "sans", se manifeste toujours comme par défaut, en référence à l’État, représentation abstraite de l’en commun. Cela aboutit, chez certains libertaires, à des positions "contre nature" avec d’un côté la critique de toute extension de ce qui ressort du privé et finalement une certaine volonté de transformer tout le monde en fonctionnaire (ce serait assez logique pour les groupes léninistes ou trotskystes, mais on s’aperçoit que la CNT a la même position !) et de l’autre une vision de l’État moderne comme simple État répressif, "État comme ministère de l’intérieur" (position de la mouvance No pasaran). Or il ne s’agit pas de critiquer l’État pour de mauvaises raisons car il y en a déjà suffisamment de bonnes sur lesquelles le combattre. Si l’État actuel est un État total (nous disons plutôt un "État social total"), ce n’est pas au sens de totalitaire ou de policier qu’il faut l’entendre, mais au sens où il imprègne tous les rapports sociaux en encadrant plus qu’en imposant. Une carte de crédit, un portable, un Pacs rendent plus dépendant de État l’individu-démocratique que n’importe quel contrôle policier effectif. Cette dépendance, perçue comme facilité ou liberté, induit des règles implicites de participation et d’adhésion des individus à la société et à l’État de cette société qui rendent caduque l’idée traditionnelle d’une opposition entre État et "société civile". Ce n’est donc pas la police qui est partout (et la justice nulle part) comme ne cessent de le proclamer anciens et modernes gauchistes, mais l’État qui est partout, dans ses diverses ramifications et formes : la police est ainsi de plus en plus supplantée par des forces sociales de terrain (traitement social de la violence, intervention d’agences de sécurité), avec en réserve des unités militaires spéciales de dernier recours. Avec l’éclatement des anciennes médiations (familles, quartiers, classes), l’État est devenu l’agent immédiat de la socialisation des individus, transformant la notion même de contrat à la base du rapport bourgeois étendu, aujourd’hui à tous. A l’inverse des droits-liberté qui étaient censés fonder l’autonomie de la société civile par rapport à l’État démocratique libéral, les droits sociaux actuels sont des droits-créance que l’on peut "tirer" sur un État dont les prérogatives sont totales puisque ces lois peuvent s’insérer dans le moindre recoin de ce qui constituait auparavant des "vies privées". Mais ces prérogatives ne sont pas extérieures aux individus puisqu’elles ne font que rendre compte de la multiplicité des intérêts en jeu et de la multiplicité des règles qui encadrent tout ce processus. L’État se développe donc avec le déclin de toutes les anciennes médiations institutionnelles, au gré de telle ou telle de ses fractions en passe d’autonomisation. Et c’est la mise en réseau qui permet d’atteindre cette autonomisation des institutions . Les réformes jamais terminées de l’éducation et de la justice nous en fournissent deux exemples. Il tend à se déterritorialiser tout en maintenant sa présence et ses services par télématique plus que par la présence physique de ses agents. C’est ce qu’il réalise en fermant écoles rurales, perceptions, bureaux de poste et hôpitaux des petites villes, ce qui s’avère immédiatement contradictoire avec ses tâches de "sécurisation" des individus et plus généralement avec sa fonction de reproduction de l’ensemble des rapports sociaux. Les activités humaines étant de moins en moins médiées par les institutions de l’ancienne société bourgeoise, le mouvement du capital et de son État crée des fonctions intermédiaires : les médiateurs (récemment nommés "professionnels de l’intermédiation sociale") à la place des médiations ! Ces intermédiaires sont les outils d’une "gestion citoyenne" des politiques publiques ou privées, chargés de recréer du lien social. Cette pratique de l’intermédiation se retrouve dans l’économie avec le tapage fait autour de "l’économie solidaire" (forme intermédiaire entre État et marché). On aura ainsi des "travailleurs de l’intermédiaire "au sein d’une "économie plurielle" ! L’intermédiation ne s’arrête pas ici, mais pénètre les rapports les plus intimes. En référence au modèle de résorption de l’institution que nous avons évoqué, le PACS illustre cette cristallisation provisoire d’un intermédiaire sexualo-financier entre l’ancienne institution du mariage bourgeois "démocratisée" et la pure combinatoire sexuelle qui se dessine à l’horizon du cybersexe, de ses réseaux et de ses courtiers du coeur . Les potentialités du système capitaliste s’expriment alors comme "besoins sociaux" immédiats des individus. On a affaire à une caricature de l’ancienne société civile dans la mesure où s’expriment seulement le choc des intérêts contre des intérêts. Ce n’est pas seulement une formule journalistico-sociologique que de parler de retour des corporatismes, même s’ils empruntent de nouvelles formes et débordent le cadre des lieux de travail. N’importe qui aujourd’hui peut faire sa petite manifestation, bloquer le péage de l’autoroute, attaquer sa préfecture ou son Mac Do, faire sa grève de la faim, puis être reçu par des officiels. Tout cela est saturé d’un discours sur "le social" mené aussi bien par les médias que par l’État qui parle souvent à travers les membres de ce qu’il appelle encore la société civile. Il en appelle ainsi lui-même à des "conférences citoyennes" ou à des "concertations citoyennes" car il veut rendre la parole aux citoyens. Et les "mouvements citoyens "sont posés et vont se poser comme les nouvelles médiations pour solutionner les "problèmes de société" alors qu’ils ne sont plus que des intermédiaires. Le citoyenniste se veut médiateur en puissance et les mouvements citoyens cherchent à donner "un nouveau sens au social". C’est leur côté moral qui doit leur permettre à la fois de dépasser l’éclatement des intérêts particuliers et de pratiquer la politique autrement. Il y a ainsi une interaction entre l’État et les citoyennistes dans le but d’assurer une reproduction et une gestion des rapports sociaux rendues difficile par le mouvement de globalisation du capital. La société capitalisée a besoin de produire sa propre contestation pour trouver les points d’appui moraux qui lui manquent. Mais pour ce faire les mouvements citoyens sont obligés de rechercher des boucs-émissaires, de parler de mondialisation plutôt que de globalisation (l’extrême-droite parle de mondialisme !), bref de se tromper d’ennemi puisque ce qui définit le capital comme système, c’est son détachement des formes matérielles de la richesse alors que ses critiques les plus immédiates le caractérise par son goût du luxe et de l’opulence . "L’homme sans qualité" qu’est l’individu-démocratique a atteint le dernier degré de la basse tension qui l’oriente encore vers la communauté humaine. Le citoyennisme et le mouvement d’affirmation des identités, dans un autre registre, sont les formes actuelles prises par cette basse tension.lire la suite c'est possible aujourd'hui ici

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