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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 07:50

Après une discussion fort orageuse sur  la révolution , aujourd'hui on publie un morceau de texte  de Louis Janover  consacré à Panaït Istrati ( article fait à partir du livre de l'édition de l'autre flamme 10/18 1980.Comme disait Victor Serge :" l'anarchisme doit être à la fois individualiste( efforce -toi d'être toi- même un homme nouveau) et révolutionnaire ( devoir et nécessité de participer  à la lutte de classe).

 

En dénonçant la contre-révolution qui se développait en Russie et dans le monde sous les auspices des P.C. Et des intellectuels à leur dévotion ou à leur service, Panaït Istrati ne condamnait pour autant ni le communisme ni l’activité révolutionnaire ; il n’a pas davantage centré toute sa critique sur la défense des « droits de l’homme » et de la « conscience humaine outragée » (Mermoz-Golfetto, « Postface », p. 340). Non qu’une inspiration éthique de portée universelle soit absente de ce cri de révolte (p. 195) ; mais cet écrasement de la conscience humaine n’est, aux yeux d’Istrati, qu’une conséquence d’un phénomène d’oppression plus profond et « originel » : l’exploitation de l’homme par l’homme s’exerce, en Russie comme ailleurs, contre une classe, car c’est toujours « la classe ouvrière qui est le plus frappée en U.R.S.S. » (p. 150). C’est la terreur qui s’abattait sur cette classe dont il se sentait solidaire, dont il était, la classe des travailleurs manuels soumise aux impératifs de l’accumulation primitive dite socialiste par les idéologies au service du nouveau pouvoir, qui est au coeur de ce récit.

La même flamme que celle qui, pendant la révolution, avait poussé un instant la masse des déshérités sur le devant de la scène, cette même flamme continue de brûler dans ces pages : la nécessité impérieuse d’en finir par tous les moyens révolutionnaires avec cet esclavage. Sa critique de la bureaucratie soviétique atteint donc, au delà des formes spécifiques d’encadrement de la force de travail mises en place en Russie, la barbarie de toutes les méthodes d’exploitation et de de domination destinées à maintenir les masses dans leur état séculaire de servitude matérielle et morale. La désillusion et le désenchantement qui percent dans ces pages s’adressent avant tout à ceux-là mêmes qui lui reprochaient sa « trahison » : les idéologues devenus complices de ce système d’exploitation dont ils justifieront au nom du socialisme les pires excès, quitte à déclarer par la suite qu’ils ignoraient tout.

Or, en Russie comme dans le reste du monde, « même à un sourd-muet la vérité est accessible lorsqu’on la cherche » (p. 56) ; les intellectuels cille Gorki n’avaient rien besoin d’apprendre, car ils savaient tout et ont tout caché. Il existe deux possibilités pour forcer les « portes de la vérité » d’un régime de classe protégé par le mur du mensonge élevé par la propagande officielle : se livrer à l’analyse critique de la structure socio-économique des rapports de classe de cette société au moyen des critères d’analyse matérialistes conformes au socialisme scientifique dont se réclamaient les dirigeants ; ou interroger soi-même cette société en se plaçant « à côté de l’ouvrier conscient qui a fait la révolution » (p. 374) et non de cette « caste » qui monopolise les moyens d’existence et qui, comme toute classe d’exploiteurs, se sert de l’idéologie pour dissimuler la source de son pouvoir et de ses privilèges (p. 192).

« Ouvrier authentique » continuant à mener « une vie de rue » (p. 314) parmi les ouvriers russes au lieu de mener la « vie de palace » des intellectuels vivant à Moscou, Panaït Istrati a emprunté la seconde voie, celle du « révolutionnaire sentimental qui a soudé son destin à celui des vaincus » du « Potemkine », à celui de tous les vaincus auxquels il a dédié l’autre flamme. Il a trouvé dans cette solidarité de classe assez de lucidité et de force pour s’élever, quasi seul à l’époque, en des termes qui n’ont rien perdu de leur puissance de dénonciation, contre l’exploitation que subissaient ses « frères de malheur » soumis, comme sous le régime capitaliste, aux impératifs de l’accumulation et à l’arbitraire d’ « une nouvelle et monstrueuse caste qui raffole de fordisme, d’américanisation... » (p. 192), et foule aux pieds les idéaux révolutionnaires.

Le capital, rapport social, a besoin pour exister que la majorité de la population laborieuse, ouvrière ou paysanne, soit détachée de ses conditions d’existence objectives et subjectives, dépossédée de ses instruments de travail qui sont monopolisés par une section déterminée de la société. Le socialisme, a fortiori, ne peut exister quand une « infime minorité d’hommes » (p. 155), membres des syndicats « rouges » et du parti unique, détient « tous les moyens par lesquels un travailleur pourrait gagner sa vie » et ne distribue « le travail que selon la façon dont pense celui qui veut manger en travaillant » (ibid.) ; il ne peut exister là où cette bureaucratie monopolise « tous les moyens d’existence » et réduit l’ouvrier à sa fonction de « bras » [3].

C’est en appliquant cette leçon matérialiste toute simple à la société soviétique que Panaït Istrati, plus fidèle en cela à Marx que les « révolutionnaires bourrés de doctrine » (p. 363), a réussi à montrer que la disparition du patronat, la suppression juridique du droit de propriété et son remplacement, au bénéfice de la bureaucratie, par la propriété collective des moyens de production, ne mettaient nullement fin à l’exploitation de l’homme par l’homme : privé de tout pouvoir sur son existence quand il est privé de ses moyens d’existence et contraint de vendre sa force de travail, l’ouvrier restait dans ce système un « bras de l’usine » (p. 314), soumis comme auparavant au despotisme de la fabrique. Révolutionnaire sentimental, Panaït Istrati n’était pas armé théoriquement pour percer le secret de ce « mensonge déconcertant » qu’Anton Ciliga résumait ainsi : « les relations sociales se développent dans un sens diamétralement opposé à celui que proclamait la révolution d’Octobre [4] ».

Ceux qui « proclamaient » n’étant pas ceux qui « faisaient », ce « mensonge » est celui de l’idéologie, « point d’honneur spiritualiste » (Marx) d’une révolution qui, dans le cadre tracé par les bolcheviks, n’eut de socialiste que le nom et la phraséologie dont les révolutionnaires professionnels l’habillèrent. Ces « organisateurs » d’un travail « trop bien organisé » contre le prolétariat (p. 298) accomplirent une tâche en tout point identique à celle que Marx met au compte de la bourgeoisie en Occident : l’accumulation primitive, le « fond nécessaire » pour réaliser une industrialisation accélérée, étant prélevée sur le travail des paysans expropriés.

Exploitation de classe

Le « militant-racaille » qui se « prétend supérieur à la masse » et qui, comme le syndicaliste social-démocrate d’hier, donne « des ordres au nom de la classe ouvrière... l’évangile pseudo-marxiste en mains » (p. 46), « monopolise... la contradiction et se fabrique des contradicteurs » ; ce militant dont Panaït Istrati dénonce - avec quelle verve vengeresse - la soif de pouvoir et de privilèges, n’était pas seulement membre d’ « funeste appareil bureaucratique » (p. 266) « traître » aux idéaux révolutionnaires ; il était avant tout la personnification et le support du capital d’État, le représentant d’une classe dont la fonction sera d’assurer les fondements socio-économiques de sa domination en développant la grande industrie et en collectivisant l’agriculture à l’aide des méthodes héritées d’un despotisme barbare ou empruntées au capitalisme privé le plus raffiné. C’est ce mélange qui a imprimé une marque spécifique à ce « fascisme communiste » (p. 191) fasciné par l’ « américanisme » et la « mécanisation d’outrance » (p. 271). Dans de telles conditions, l’ouvrier et le paysan expropriés ne pouvaient que rester les « bras de l’usine », et la classe ouvrière dans son ensemble la catégorie sociale « la plus frappée ».

Animé de cette « foi révolutionnaire qui jamais ne devient profession » (p. 264), Panaït Istrati a parfaitement saisi la nature de classe de cette exploitation et des nouvelles différenciations sociales ; mais, trompé par le mythe de l’Octobre socialiste, il n’a pu découvrir l’origine socio-économique de ce phénomène. En attendant « le jour où les vaincus auront voix au chapitre », d’autres ont complété sa critique et continué le combat de ce « soldat passionné... franc-tireur de la mêlée sociale » (p. 290) ; Ils ont prouvé, sans doute possible, qu’en n’ « adhérant à rien » de ce qui s’édifiait alors en Russie sous le masque du socialisme, Panaït Istrati n’avait jamais cessé, en fait, de défendre les intérêts des déshérités et d’adhérer à la cause du communisme, que ses détracteurs, habiles à inverser les rôles, l’accusaient de trahir.

[1] Vers l’autre flamme, après seize mois dans l’U.R.S.S. 1927-1928 (Confession pour vaincus), par Panaït Istrati. Introduction de Marcel Mermoz, UGE 10/18, Paris 1980, 348 pages. Des trois volumes publiés en 1929 sous le seul nom de Panaït Istrati, seule cette Confession pour vaincus est de sa plume ; le deuxième tome a pour auteur Victor Serge, le dernier Boris Souvarine. Cette « confession » a été tirée en 1977, hors commerce et à un très petit nombre d’exemplaires, par la Fondation Panaït Istrati, enrichie de documents et de lettres qui sont repris et complétés dans la présente édition.

[2] Panaït Istrati. Un chardon déraciné, F. Maspero, Paris 1970, p. 110. M. Jutrin-Klener fait ici allusion à la lettre de Panaït Istrati à Claude Chautems : « Notre chemin politique est celui de nous tenir à une égale distance du fascisme, du communisme et de l’antisémitisme » (p. 221).

[3] Les plus récentes analyses d syndicalisme organisé sur le « modèle soviétique » ne font que vérifier l’étonnante justesse de ces aperçus. Voir l’article de Bruno Groppo, « Un agent de surveillance de la main-d’oeuvre pour le compte de l’État », Le Monde, 27 septembre 1980.

[4] Au pays du mensonge déconcertant, UGE 10/18, Paris 1977, p.


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