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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 06:39

Nous publions un texte de Miguel Amoros envoyé par un lecteur que nous avons rencontré sur la bataille contre center parc  de Roybon. Nous publions la deuxième partie du texte demain, vous pouvez le recevoi en entier  si vous le demandez au Laboratoire 8 place St jean Valence

La fête grecque
La banqueroute de l'État grec, en tant qu'accélérateur de la crise financière mondiale, ne peut
qu’éveiller toute la sympathie de ceux qui désirent la fin du capitalisme. L'importance de
l'événement est criante si l'on a en ligne de mire d'autres faillites étatiques possibles d’implication
majeure, en particulier au Portugal, en Irlande et en Espagne, mais plus encore dans la mesure où il
s'inscrit dans une crise sociale qui n'a pas cessé de s'approfondir. La révolte grecque qui a éclaté en
décembre 2008 sous de si bons augures chemine d’un bon pas sans que les tentatives de
pacification ou de sursis aient pu l'arrêter, alors même que sa fin est la condition sine qua non de la
recomposition de l'État et de la santé des marchés financiers mondiaux (et s'ils nous épuisent, du
fonctionnement correct des ordinateurs qui les dirigent). L'application d'un sévère plan d'austérité
conçu par l'Union européenne et le Fonds monétaire international, deux des plus hautes instances
du capitalisme, dépend de la pacification de la société grecque, afin que les dettes de l'État,
détenues par les grandes banques européennes, puissent être transférées aux travailleurs, aux
fonctionnaires et aux retraités grecs. Mais, de surcroît, le plus grand danger de la révolte ne réside
pas en elle-même, dans les difficultés qu'elle offre au rétablissement de l'ordre économique dans un
lieu précis de la géographie capitaliste, bien qu'elles soient considérables, mais plutôt dans le
mauvais exemple qu'elle offre aux populations menacées par des mesures similaires, donc dans sa
capacité de contagion, dans son effet domino. Il est à son comble quand la prochaine pièce qui
menace de tomber est l'État espagnol. Et c’est un fait que le triomphe de la révolte grecque se
trouve suspendu à son expansion, qu’il dépend de son internationalisation. Les maux grecs
trouveront leur solution quand ils cesseront précisément d’être grecs.
Pour éviter des assimilations abusives, nous devons nous approcher de la réalité grecque actuelle
et nous faire une idée du pays. Ce qui retient tout d'abord l’attention, c'est que des 11,2 millions
d'habitants, cinq appartiennent à la conurbation d'Athènes et un peu plus d’un million à celle de
Salonique. Patras, la troisième conurbation grecque, comporte à peine 250 000 habitants, ce qui
fait que la situation reste assez simplifiée par l'énorme déséquilibre territorial : ce qui se passe en
Grèce se produit avant tout à Athènes et à Salonique. Le reste, ce sont des champs et du tourisme.
En effet, les deux métropoles concentrent toute l'industrie et la majorité des commerces, ainsi que
la plus grande part de l'administration et de l'emploi. C'est aussi là que se développent les
manoeuvres politiques et que se déroulent les luttes sociales. La passivité du gouvernement devant
les incendies de l'été 2007, qui dévastèrent le tiers du pays, surprendra donc moins, ainsi que son
hébétude quand les fumées parvinrent à la capitale. Mais il n'en fut pas toujours ainsi, et jusqu'en
1970 la production agricole dépassait la production industrielle. Le territoire grec n'était pas aussi
déséquilibré, mais dans les 25 années suivantes la population des campagnes émigra vers les villes,
pas n'importe lesquelles, mais vers les deux mentionnées, véritables déversoirs de main-d'oeuvre
non qualifiée. Malgré tout, la population qui demeure dans les campagnes représente en proportion
le triple de celle de n'importe quel autre pays européen. Ce processus particulier de concentration
de la population fut dirigé par l'État, et ceci est la seconde caractéristique spéciale de la Grèce, le
poids énorme du secteur public. La troisième partie de la masse salariale est constituée de
fonctionnaires et l'État contrôle une bonne partie de l'industrie et de la finance. Il en découle que
les partis qui alternent au gouvernement, la social-démocratie et les conservateurs, le PASOK et la
ND, ne sont pas de simples partis, mais de véritables machines gestionnaires, extrêmement
hiérarchisées, avec une conception patrimoniale de la politique et de la propriété publique
caractéristique d'autres continents. Les mêmes directions de partis se sont transmises de père en
fils. Les exigences de la Communauté économique européenne, à laquelle la Grèce appartient
depuis 1981, obligèrent à démanteler une partie de l'appareil, raison pour laquelle des
privatisations furent entreprises à partir de 1990 et la banque fut libéralisée en 1998. Plus
précisément, les premiers conflits d'envergure démarrèrent autour de la privatisation de
l'enseignement. Les fonds d'aide européens ne suffirent pas pour moderniser le pays, encore moins
pour diminuer la ploutocratie, ce qui se traduisit par des baisses des budgets des services publics et
des salaires. Un sentiment de frustration s'empara de la population laborieuse, qui dépensait en
européen mais qui touchait en balkanique.

À partir de 1996 débuta l'époque des vaches grasses et la classe dirigeante grecque put profiter
de la prospérité économique de la globalisation. Il se produisit un boom touristique et financier, les
agences immobilières et la marine marchande fleurirent, la natalité chuta à pic, les hypothèques se
multiplièrent et l'offre de travail attira des milliers d’immigrants. La Grèce entrait dans la
modernité, ce qui accentua les divisions sociales. La classe dirigeante utilisait l'État pour se
renforcer et s'enrichir, pendant que les pactes négociés avec les puissants syndicats GSEE et
ADEDY (la Confédération générale des travailleurs en Grèce et la Confédération des syndicats des
ouvriers du secteur public) garantissaient la paix sociale au prix d'un prolétariat non syndiqué,
précaire et marginalisé, en bonne partie issu de l'immigration, qui survivait dans le commerce, la
construction et le tourisme. La santé, l'enseignement, le travail social et la justice continuaient à se
détériorer inexorablement, dans un effort de l'État pour forcer leur privatisation, pendant qu’en
contrepoint de tout cela la sécurité connaissait un essor important. On sait depuis toujours que les
inégalités inacceptables se maintiennent par la force et les prisons. En Grèce, il y a actuellement
13 000 prisonniers ; c'est le taux d'enfermement le plus élevé d'Europe après celui de l'Espagne. La
Grèce détient également le privilège citoyen de jouir d’une brutalité policière sans comparaison en
Europe et de contempler un nombre appréciable de crimes d'État. En aucun autre pays donc, la
lutte contre le capitalisme, contre la classe dirigeante, n’est d'une manière aussi évidente une lutte
contre la police, autant l'officielle que la paramilitaire. Parce qu’en aucun autre pays le moindre
conflit, pour minime qu'il soit, n'est autant fondamentalement une question d'ordre, et par là-même
un conflit contre l'État. Ces conditions si particulières font de la Grèce un vivier d'anarchistes.
En Grèce, il y a des anarchistes de toutes les couleurs – réformistes, réactionnaires et
révolutionnaires –, comme partout, avec cette exception que là-bas ils ne forment pas un ghetto
autocomplaisant et intégré, mais jouissent d'une certaine influence, bien que minoritaire, et d'un
certain prestige social qu'ils ont su gagner à la force du poignet ces dernières années. Nous ne nous
attarderons pas sur le mouvement anarchiste, car ce qui nous intéresse, ce ne sont pas ses diverses
formations ou leurs différences alambiquées, mais le poids croissant des idées libertaires dans les
luttes contre le capitalisme international et l'État grec. L'agitation anarchiste a été le détonateur de
la crise sociale actuelle. D'une certaine façon, dans le contexte d'un consumérisme en échec, les
dénonciations des injustices et des inégalités sociales, la haine de la police et des vedettes des
moyens de communication, la satire du luxe et de l'autorité, le refus de la corruption saisirent la
jeunesse rebelle et ouvrirent une brèche dans le conformisme de la population, au moment même
où s'approchait l'époque des vaches maigres. La révolte de décembre 2008 rendit visible ce qui
était déjà évident, et tous les mensonges de la presse et de la télévision furent incapables d'occulter
le début d'une crise sociale qui débordait toutes les frontières habituelles : syndicats, partis,
militants... 2009 fut l'année des débats idéologiques et des tentatives pour entrer en liaison avec les
travailleurs. Comme d’habitude, la réalité était en avance sur la réflexion et la nouveauté était
interprétée le plus souvent à travers des formules du passé, d’un ouvriérisme vulgaire et des
consignes avant-gardistes abstraites. La révolte devait créer son propre langage pour illustrer
politiquement ses propres actions ; les libertaires étaient les seuls à pouvoir le faire.
Au sein de toute crise sociale se déchaîne un processus contre-révolutionnaire, acte réflexe par
lequel la domination cherche à défendre ses positions. Ses premières manifestations sont le
durcissement répressif et le progrès de l'extrême droite, mais il faut regarder aussi de l'autre côté,
celui des dernières cartouches, pour le cas, le Parti communiste grec, KKE, et la coalition
SYRIZA. Chacun représente l'alternative ultra-étatique, le capitalisme bureaucratique d'État, dans
sa version classique totalitaire stalinienne, ou dans sa version moderne keynésienne citoyenniste.
L'existence du KKE est un archaïsme typiquement grec, car le parti a survécu à l’écroulement de
l'Union soviétique et a conservé un minimum d'ascendant sur les salariés à travers son syndicat
PAME, le Front militant de tous les travailleurs. La politique du KKE a été erratique, car il a tantôt
appuyé la droite contre ses rivaux du PASOK, tantôt reconnu les gauchistes de Synaspismos. En
matière de politique étrangère, il a fini par s'aligner sur la Russie de Poutine face à l'« impérialisme
européen ». Mais là où il n'a jamais varié, c’est dans le fait de se présenter comme un parti d'ordre.
Comme tel, il a rejoint, quand il n'en a pas pris la tête, le choeur des voix qui traitaient les rebelles
de délinquants, de criminels et de fascistes. L'existence de SYRIZA obéit précisément à celle de la
vieillerie immobiliste et autoritaire du KKE ; c'est l'équivalent de ce que sont dans d'autres États
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