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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

File:Wooden Shoe.svg
18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 07:31

 

  A la demande de quelques lecteurs rencontrés dans une dérive psychogéographique nous publions la suite du texte d'Amoros  . On ose espérer un prochain débat de soutien aux prolétaires grecssur Valence

L'existence de SYRIZA obéit précisément à celle de la vieillerie immobiliste et autoritaire du KKE ; c'est l'équivalent de ce que sont dans d'autres États Izquierda Unida, le PCF, Bloco Portugués, Die Linke ou Rifundazione Comunista, à savoir le poststalinisme citoyenniste. Bien que les buts que poursuit SYRIZA, à savoir un État qui gère la crise en dehors de l'Union européenne, soient les mêmes que ceux du KKE, ses tactiques diffèrent, en ceci que SYRIZA préfère infiltrer et récupérer le mouvement de protestation, tandis que le KKE préfère en fabriquer un autre, parallèle, totalement contrôlé et blindé. On accuse souvent la ploutocratie grecque d'avoir ruiné le pays, dilapidé le Trésor public et favorisé la spéculation. À travers la mauvaise image de la corruption, les dirigeants apparaissent comme de mauvais administrateurs, quand la vérité est tout autre : ils ont bien accompli leur tâche,

vu que celle-ci n’était autre que celle de financer le gaspillage au moyen d'une bulle spéculative. Toute l'économie mondiale fonctionne ainsi, à coups de dépenses sans mesure et de spéculations sur le crédit, à la baisse ou à la hausse (dans ce cas précis, sur la dette de l'État). De n'avoir pas agiainsi, l'État serait tombé en vrille bien plus tôt. Le problème dériva de la crise américaine des hypothèques pourries, qui déchaîna la série d'événements qui bloqua les financements et creva la bulle. Le risque associé à la dette de l’État grec augmenta exponentiellement et les réformes administratives ne parvinrent pas à bon port, dans l’hostilité des services publics et des infrastructures ; l'économie entrait en récession et les salaires diminuaient ; devant ce panorama, le gouvernement conservateur s’écarta pour passer le témoin aux sociaux-démocrates. Le PASOK gagna les élections anticipées d'octobre 2009 (avec un tiers d'abstentions) parce qu’il était l'unique parti capable de transférer la dette fiscale de l'État à la population, sauvant ainsi les banques européennes qui conservaient ses titres. Il ne se mit pas en peine de rechercher des fortunes suspectes ou d’emprisonner certains politiciens et patrons corrompus du parti ND, étant donné que cela ne fut jamais dans ses intentions. La déception de ceux qui avaient placé leurs espérances dans un changement politique fut monumentale ; de surcroît, tous les projets étatiques furent

abandonnés faute d'argent, tandis que le chômage et la morosité croissaient plus vite qu'attendu, à tel point que les mêmes syndicats qui s’étaient engagés dans le « changement de cap », la GSEE et la ADEDY, durent prendre leurs distances à l'égard de la politique du gouvernement. De janvier de l'année en cours à mai, les grèves, dont quatre grèves générales, se sont succédé, des assemblées et des manifestations ont été célébrées, avec pour dénominateur commun le refus de tous les partis et de la politique en bloc. L'agitation reposait surtout sur les fonctionnaires et les employés publics,

moins exposés aux licenciements. C’est le moment qu’a choisi le KKE pour sa grande manoeuvre, en se présentant comme le « parti de la classe ouvrière », en s’avançant comme le champion de l’anti-européisme, et en se faisant l'écho de l'antiparlementarisme généralisé, sans que par ailleurs la voix lui manque pour dénoncer les vrais antiparlementaires comme des violents et des provocateurs.

En Grèce, on a vu s’affronter deux conceptions différentes du prolétariat, l’ancienne et la

nouvelle. Les staliniens et les gauchistes, quand ils parlent de classe ouvrière, se réfèrent à la

masse salariée encadrée dans les syndicats, politiquement manipulable par les partis ou les avantgardes, en faveur desquels il faut voter en toute « citoyenneté ». Mais il se trouve que la

contradiction fondamentale du capitalisme ne réside pas dans l'opposition capital – travail, mais dans la soumission de toute activité à la logique capitaliste, selon laquelle la lutte pour le salaire ou l'emploi est un conflit mineur qui ne questionne pas le système. Ceci signifie qu'on ne peut constituer une classe définie par le seul lien du travail. La véritable lutte consiste dans la libération de la vie quotidienne colonisée par la marchandise, ainsi que, par conséquent, dans le refus du travail salarié et de la consommation. Le travailleur, dans son sens actuel, c’est l’otage du capitalisme dans tous les aspects de sa vie, et pas seulement celui qui touche un salaire. C'est seulement à partir d'une volonté de décolonisation de la vie que l'on peut former une communauté de lutte authentique. La question est importante, vu que la conception réductionniste du prolétariat nous ramène à la perspective ouvriériste des aspirants-leaders et impose une stratégie de capitulation. Dans les formes de luttes ouvriéristes, les revendications laborieuses et l'indifférence ou la correction politique prévalent ; le centre du conflit reste le lieu de travail et l'organisation qui lui correspond est de type syndical ou parasyndical. Dans les formes de luttes révolutionnaires, les revendications sociales et la négation décidée de la politique dominent ; le centre du conflit est le territoire et l'organisation qui en résulte est constituée d'assemblées de quartier et de comités de base. Les grèves suivies de négociations sont spécifiques du syndicalisme ; les occupations non négociables sont typiques du radicalisme. Dans les premières phases du combat social, toutes ces luttes se confondent, puisqu’au début elles ne se contredisent pas, étant donné que la tâche principale consiste dans la démolition de l'édifice social classiste. Mais au fur et à mesure que le combat progresse, deux positions surgissent : celle qui retourne au lieu de travail et celle qui

demeure dans la rue ; celle qui se borne à gérer sa misère et celle qui prétend saboter ses

mécanismes ; celle qui prétend revaloriser la marchandise – travail et celle qui souhaite mettre à bas le régime de la marchandise. C'est alors que l’on regrette l’absence d'un projet révolutionnaire cohérent, ou qu’on lui sait gré de sa présence.

Quand nous parlons de classe ouvrière et de capitalisme grec, nous ne faisons pas allusion à des abstractions irréelles, à des produits de l'imagination, mais à des formations sociales concrètes, contemporaines. Les prolétaires grecs forment une masse bigarrée d'employés, de fonctionnaires, de retraités, de précaires, de chômeurs, de travailleurs des services et d'ouvriers de l'industrie, avec des intérêts sectoriels spécifiques qui devront être dépassés pour que le capitalisme s'effondre. C'est seulement alors, quand ils auront mis un pied en dehors du capitalisme, quand leurs intérêts comme colonisés prévaleront sur leurs intérêts comme salariés, qu'ils formeront une classe, un sujet historique. Dans le cas contraire, la ruine du capitalisme mènera à sa recomposition sur des bases différentes, c'est-à-dire qu’elle conduira d'un type de capitalisme à un autre. Le capitalisme grec est un phénomène quasi entièrement dépendant de l'État. Par conséquent, la condition première de tout processus libérateur en Grèce sera son effritement, chose qui se produira s'il se trouve coupé des flux économiques mondiaux, du fait de sa propre incapacité ou de la résistance de la population à se soumettre. C'est alors qu'entrera en jeu la seconde option de l'ordre, à savoir la dictature, militaire ou de parti, de droite ou de gauche, modérée ou terroriste. Tout dépend des forces en présence et de leurs mouvements stratégiques ou tactiques. La répression est donc le dénominateur commun de toute la période de décomposition capitaliste, que les révolutionnaires devront affronter avec les armes dont ils disposent. S'ils triomphent, ils jouiront de l'occasion historique de développer leur projet. Avec la chute de la domination du capital, le prolétariat devra s'abolir en tant que pôle d'une relation caduque. Dans le cas grec, avec tant de fonctionnaires au milieu, ceux qui proposeront l'autogestion de l'appareil étatique au lieu de son démantèlement ne manqueront pas. Néanmoins, l'autogestion de la production et des services orientée vers la satisfaction des besoins de base pourra constituer une mesure de transition, étant donné que la dispersion des conurbations et le repeuplement rationnel du territoire grec ne seront pas quelque chose qui se produira du jour au lendemain. Ce qui est sûr, c'est que les formes égalitaires de convivialité sociale, toujours plus décentralisées et horizontales, devront empêcher la réapparition de mécanismes de pouvoir séparé, depuis lequel l'ordre aboli pourrait à nouveau se recomposer. La meilleure façon de venir en aide à la révolte grecque dans la péninsule ibérique serait d'imiter son exemple, mais ici le déclassement est si important que l'endettement généralisé, la faiblesse financière de l'État et les 4,5 millions de chômeurs ne suffisent pas à impulser une crise sociale. La solidarité avec la Grèce, par conséquent, n'a pas pu être plus que symbolique et n'est pas sortie des ghettos, souffrant ainsi des incongruités de ceux-ci. Nous avons déjà vu les différences qui existent entre chaque pays, ce qui déterminera des processus sans doute bien différents. En vérité, la classe dirigeante espagnole sait déjà que les temps à venir seront agités et elle s'y prépare. Elle oublie « l'économie durable » et recrute des effectifs pour le maintien de l'ordre. Elle devra choisir entre le sacrifice des masses ou la faillite, et nous savons qu'elle ne choisira pas la faillite. Un arsenal répressif imposant est déjà à la disposition des gouvernants au cas ou échoueraient les manoeuvres politiques, syndicales et citoyennistes, mais personne ne s’en avise. L'inconscience de la population qui va souffrir des mesures de sauvetage économique de l'État, dans le même temps qu'elle devra continuer à rembourser ses hypothèques, est le signe préoccupant des mauvais tempsqui viennent. La conscience de ce qui est et de ce qui doit être, de ce qui se fait et de ce que l’on doit faire, est pour le moins le problème et l'objectif. Car les masses doivent cesser de dormir etcommencer à rêver.

Miguel Amorós

9 mai 2010

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