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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 00:51

Au cours de l'émission  de radio labode Lundi 22 mars, nous avons parlé des  luttes en prison .

Huit Goya pour Cellule 211, neuf César pour Un prophète. A une semaine d’intervalle, deux films sur l’univers carcéral ont raflé les plus hautes récompenses cinématographiques en Espagne et en France. L’analyse du critique espagnol Angel Quintana.
Les comparaisons sont toujours odieuses – mais, dans le monde du cinéma et de la culture, elles sont inévitables. Surtout quand certains courants souterrains donnent lieu à des concordances thématiques et font que d’étranges liens se tissent entre des cinéastes sans contact direct, entre des filmographies nourries de traditions divergentes.
Quand on voit Un prophète de Jacques Audiard, on ne peut que s’interroger sur ce qui unit ou sépare cet implacable polar français des âpres images ibériques de Cellule 211 de Daniel Monzón [encore inédit en France]. Ces deux films [qui ont tous deux raflé cette année dans leurs respectifs pays les principales récompenses cinématographiques] apparaissent, dans les filmographies de leurs auteurs, comme des œuvres qui puisent dans la tradition du film de genre en cherchant à l’actualiser, à l’inscrire dans les rythmes du nouveau millénaire.

Audiard s’interroge sur la manière dont les nouveaux systèmes de pouvoir créent de  nouveaux systèmes délictueux que le cinéma de fiction doit explorer sans concessions, avec une grande prudence. Monzón, quant à lui, ne se réclame d’aucun modèle autochtone. Il se démarque de la tradition de la peinture de mœurs chère au cinéma espagnol pour chercher dans certains modèles du cinéma américain l’inspiration lui permettant de faire des films commerciaux, acceptables pour le public moyen espagnol.

Jacques Audiard et Daniel Monzón suivent, par des chemins différents, une même démarche par rapport au cinéma de leurs pays respectifs. Tous deux veulent prouver au marché que le cinéma d’auteur ne peut prétendre à un certain succès commercial que s’il embrasse le cinéma de genre et que, à l’inverse, le cinéma de genre ne peut acquérir ses lettres de noblesse que s’il accepte un certain regard d’auteur.

Dans Un prophète et Cellule 211, l’univers carcéral est le décor central du récit et fonctionne comme un lieu symbolique, une métaphore des tensions qui régissent le monde extérieur. Leur démarche a aussi à voir avec quelque chose qui est dans l’air du temps. Dans un monde où les multiples images ne cessent de nous dire que tout peut être rendu visible, un certain cinéma de fiction semble vouloir nous rappeler que la visibilité sociale dépend des multiples substrats d’invisibilité qui la rendent possible. Les mondes clandestins jouent un rôle déterminant dans la politique ou l’économie, et opèrent dans l’ombre pour nous prouver que les différentes couches du réel sont nettement plus complexes que nous ne le supposions a priori. La saison dernière, Gomorra de Matteo Garrone creusait ce même sillon, la série télévisée The Wire [Sur écoute] n’a cessé de réfléchir en ce sens et cette année, Un prophète prend la suite.

Dans toute réflexion sur les mondes clandestins, cet espace d’invisibilité par excellence qu’est la prison constitue une métaphore essentielle. La prison est un microcosme où les luttes de pouvoir, les haines raciales et les tensions politiques à l’œuvre dans la société sont ramenées à des épures. Un prophète entend démontrer comment les vieux systèmes de pouvoir s’effondrent quand de nouveaux apparaissent et qu’ils agissent de façon implacable. Nous voyons dans le film comment les Corses règnent en maîtres : ils fixent leurs règles, corrompent la police et recrutent les novices pour en faire leurs nouveaux soldats. Les Corses dominent les musulmans jusqu’à ce que ces derniers, lentement, de façon calculée, finissent par prendre le pouvoir. Mais, pour y arriver, il leur faut un prophète, une figure symbolique capable de détruire l’ennemi.

Cellule 211 est l’histoire d’une révolte. La prison devient une poudrière, un monde dangereux où la seule loi est celle du plus fort. Monzón construit une figure mythique, Malamadre, à qui il confère une dimension surhumaine, mais il fait succomber son pouvoir face à celui du plus faible, face au nouveau prophète qui a effectué une immersion sociale. Malik, le jeune héros arabe d’Un prophète, et Juan Oliver, le maton pris dans la mutinerie de Cellule 211, sont deux êtres que la nécessité de survie oblige à passer par un processus d’apprentissage. Ce processus implique d’accepter l’assassinat comme preuve de confiance et de capacité à maîtriser la situation. Ainsi, les Corses incitent Malik à assassiner un traître et le fantôme de cette mort devient la part d’ombre de sa conscience, le péché originel qui va lui ouvrir les portes de la maîtrise de son univers. Chez Juan Oliver, le processus consiste à renoncer progressivement à son moi pour se transformer en l’autre. Au terme de ce processus, les deux personnages conquièrent d’importantes parcelles de pouvoir.

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