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le blog du laboratoire anarchiste

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 18:41
message lu sur le site Rebellyon.infos
De l’Autre Côté du Pont condamné aux Prudhommes pour un licenciement

Le tribunal des Prud’hommes a rendu sa décision concernant le licenciement de l’un des salariés du bar et restaurant alternatif De l’Autre Côté du Pont il y a 3 ans.

Depuis de nombreuses années, De l’Autre Côté du Pont est un lieu qui accueille des activités militantes, débats, projections et soirées de soutien tout en essayant de mettre en place des circuits « courts » de consommation. Monté en société coopérative ouvrière (Scop), il salarie également des personnes, dont Stef, qui présente ici ce qu’il a vécu lors de son licenciement, au terme de ces 3 ans de procédure.

Précision du 5 janvier : De l’Autre Côté du Pont a été condamné non pour le licenciement de Stéphane, mais pour non-respect de la procédure de licenciement.

Tout débute pour moi durant l’anni­ver­saire des 3 ans de la S.C.O.P.. Les sala­rié-e-s m’ont exclu de l’équipe et m’ont laissé volon­tai­re­ment de coté durant cette fête, alors que rien de par­ti­cu­lier n’était arrivé. Je me suis senti à l’écart, par exem­ple j’ai fait la soupe à l’oignon à l’écart des fes­ti­vi­tés durant la plu­part de la soirée... sans aide de la part de mes col­lè­gues. Tout cela pour m’aper­ce­voir que fina­le­ment ces efforts étaient vains, elle n’a même pas été servie !

Donc au moment des retours lors de la réu­nion heb­do­ma­daire je l’ai fait remar­quer et ai demandé que l’on m’expli­que. Peu de choses en sont sor­ties, comme je devais partir en vacan­ces à la fin de cette réu­nion, je leur ai donc pro­posé de réflé­chir durant cette semaine pour avoir une expli­ca­tion à mon retour. Nous nous sommes quit­tés en se pro­po­sant mutuel­le­ment d’envi­sa­ger notre avenir durant cette période et d’en repar­ler à mon retour. J’ai donc passé une semaine de vacan­ces durant laquelle je suis allé avec ma com­pa­gne et mes 3 enfants boire un coup dans ce bar. Nous avons été accueilli avec de grands sou­ri­res et illes nous ont offert le goûter, très ave­nants !

Le projet est très inté­res­sant : faire vivre le réseau cultu­rel et le réseau paysan tout en mili­tant. C’était donc pour moi un accom­plis­se­ment per­son­nel et social impor­tant.

A mon retour le lundi à la relève pas un mot. Le 2e soir de tra­vail passe puis arrive le jour de réu­nion heb­do­ma­daire et les diri­geants (malgré les appa­ren­ces il y en avait 6) me font ren­trer et m’annon­cent de but en blanc mon licen­cie­ment ! Alors malgré la sur­prise je tente de dis­cu­ter... On s’engueule un peu, puis illes me disent en fin de réu­nion qu’illes vont réflé­chir. Tout ne sem­blait pas perdu ! Entre cette réu­nion du jeudi et le lundi d’après, l’hypo­cri­sie dure... Je tra­vaille, les plan­nings pour les semai­nes sui­van­tes n’étant pas faits je me pro­pose de les faire... oui ! Il y avait donc un sem­blant d’amé­lio­ra­tion.... ?! Le samedi soir, je me suis même retrouvé à boire un coup avec l’équipe, des potes à eux et ma copine sur les quais du Rhône. Bonne ambiance, tout le monde rigole... A priori, les dis­cus­sions lors de la réu­nion avaient dû tem­pé­rer les choses...

Finalement on me pro­pose de signer une lettre de licen­cie­ment le lundi à 8h du matin (heure de prise de poste). Je refuse, pars et prends un rendez-vous avec un méde­cin qui va juger utile de m’arrê­ter pour 10 jours. Finalement illes m’envoient un cour­rier pour un entre­tien préa­la­ble au licen­cie­ment qui s’avère être tota­le­ment en dehors des clous (forme, délais légaux...). Donc malgré le fait que l’entre­tien préa­la­ble au licen­cie­ment soit fixé trop tôt, je trouve en plein mois de juillet une délé­guée syn­di­qué à F.O. qui a bien voulu et qui a pu venir. Elle a alors dû leur expli­quer com­ment cela devait se dérou­ler (illes vou­laient tou-te-s rester puis­que en coo­pé­ra­tive, sauf que cela reve­nait à se retrou­ver en face de six patrons !). Finalement, l’un des deux qui res­tent confirme direc­te­ment le licen­cie­ment (alors que c’est un entre­tien préa­la­ble) et la délé­guée leur fait remar­quer leur nou­velle erreur !

Cela veut donc dire que d’un malaise que j’ai res­senti et abordé moi-même, je me suis fait noti­fier sèche­ment mon licen­cie­ment ! Rien n’a été fait dans les règles du code du tra­vail, ni humai­ne­ment. La manière dont ils s’y sont pris est digne des « méchants » patrons que nous com­bat­tons sou­vent en tant que mili­tants. Et le pire, chez des per­son­nes qui se reven­di­quent comme tels et qui n’ont de cesse de répé­ter aux clients à lon­gueur de jour­née « ici il n’y a pas de patrons ! »... effec­ti­ve­ment il y en a pas un mais plu­sieurs !

Les clients croient que j’ai démis­sionné (source Autre Côté du Pont). C’est ce qu’on leur a dit, donc beau­coup que je croise dans la rue (et oui le pire c’est que j’habi­tais juste à coté !) me deman­dent pour­quoi je suis parti.

Donc je demande a la C.N.T. de me suivre pour la négo­cia­tion. Cela dure 6 mois. Première réu­nion : toute l’équipe se pointe sauf le gérant. La C.N.T. leurs ré-expli­que que l’on ne peut pas dis­cu­ter à 5 contre 3 (deux per­son­nes de la CNT et moi-même). Puis deux per­son­nes sont man­da­tées mais ne pren­nent pas de notes ! Bref un je-m’en-fou­tisme de patron. Finalement illes pro­po­sent de me donner 600 euros alors que nous leurs avons bien redit qu’illes étaient en tort !

Les négo­cia­tions étant donc rom­pues, je me syn­di­que à la C.G.T. pour me faire défen­dre au Prud’hommes.

La C.G.T. ré-expli­que les erreurs com­mi­ses à l’Autre Coté du Pont : rien. S’en suit une négo­cia­tion aux Prud’hommes qui ne donne rien. Alors tri­bu­nal, pro­cé­du­res et l’Autre Côté du Pont a dû me verser 2174 euros, plus les frais d’avo­cate (qu’illes ont employé pen­dant 3 ans), plus des frais de pro­cé­du­res. L’argent je suis bien content de l’avoir touché, ayant un régime de chô­meur qui dure depuis. Mais il n’ont jamais eu une quel­conque remise en ques­tion. Et 4 ans après j’ai réussi à me relo­ger un peu plus loin, car j’avais choisi d’habi­ter à proxi­mité (trop !). Je vous passe les dif­fé­ren­tes humi­lia­tions faites par leur avo­cate (fai­néant, inca­pa­ble...), les attes­ta­tions men­son­gè­res des clients, clien­tes et ex-col­lè­gues. Tout en mépri­sant la négo­cia­tion avec la C.N.T . Tant et tant que je n’ai tou­jours pas digéré cette his­toire. Surtout que tout cela (attes­ta­tion, calom­nies de l’avo­cate...) a eu pour consé­quence que malgré les tunes (non res­pect de la pro­cé­dure) le licen­cie­ment n’a pas été jugé abusif... d’où mon malaise. Ils ont même attesté à tort que je fai­sais net­toyer les toi­let­tes du bar par ma copine ou que j’avais jeté une canette sur des gens.

Des per­son­nes pré­ten­du­ment enga­gées poli­ti­que­ment n’ont pas ouvert le code du tra­vail en 6 mois de négo­cia­tion. Et le comble c’est le manque d’huma­nité dans cette his­toire car durant mes vacan­ces illes se sont réu­nies pour tout déci­der à mon encontre, tout en nous offrant le goûter, à moi, ma com­pa­gne et mes enfants.

Cela avait pour­tant bien com­mencé. En effet, illes m’avaient embau­ché pen­dant ma semi-liberté, avec un pre­mier mois en CDD pour me voir tra­vailler. Illes ont décidé de faire le choix de m’embau­cher en CDI. Mais, fina­le­ment illes ont choisi de me virer 1 ans après pour incom­pé­tence (alors qu’une seule per­sonne est ser­veuse de métier). Aucun, ni aucune n’a eu le cou­rage de me deman­der de partir. Ce que j’aurais fait car même si je ne lâche pas l’affaire je ne suis pas maso au point de subir des gens qui ne me veu­lent pas. Et tout cela, illes l’ont fait un mois avant que léga­le­ment je devienne coo­pé­ra­teur (c’est-à-dire action­naire de cette coo­pé­ra­tive).
Aujourd’hui les patrons du bar n’éprouvent aucuns remords. Et mépri­sent même les syn­di­cats et les ouvriers qui ont lutté pour le code du tra­vail.
Quant aux clients qui ont attesté de mon incom­pé­tence et défi­lent dans les cor­tè­ges de la C.N.T.- so-so-soli­da­rité, je leur dirais qu’illes sont à la hau­teur de leur idées et qu’illes prou­vent com­bien le fran­çais aime écrire des let­tres...
Quant à moi je leur appren­drai que j’ai tra­vaillé au black en Italie, en Espagne dans des bars et en France dans un cam­ping 4 étoiles pen­dant 3 ans et dans les bars de ma belle-famille etc...

P.S. (p comme police s comme...) :

Sinon bien avant mon licen­cie­ment j’ai dû pren­dre sur moi de répon­dre à des can­di­dats à l’embau­che à qui illes n’avaient pas daigné répon­dre alors que cela datait de plu­sieurs semai­nes.

J’avais aussi initié un sys­tème de récu­pé­ra­tion de nour­ri­ture (nom­breuse mais non ven­da­ble). Donc Food Not Cops a pu récu­pé­rer un peu de bouffe mais cela n’a pas duré alors que cela ne posait aucun pro­blème à l’entre­prise, mais cela ne plai­sait pas à toute l’équipe (les squat­ters-euses !) et au sujet des Rroms je n’ai même pas osé en parler après.

La coo­pé­ra­tive se doit de faire une assem­blée géné­rale ouverte par an mais alors (je ne sais pas main­te­nant) l’A.G. se tenait à huis clos entre les coo­pé­ra­teurs (3 per­son­nes).

Une ex-employée s’est vu dis­cri­mi­ner car elle avait passé le week-end dans une villa avec pis­cine.
Et il sem­ble­rait que d’autres employées avant moi aient subi le même sort...

Illes ont même eu le culot d’insul­ter ma com­pa­gne durant la pro­cé­dure.

Alors « cama­rade liber­taire » doré­na­vant quand tu trin­que­ras à l’Autre Côté du Pont avec des patrons rap­pelle-toi que dans ce bar tout n’est pas beau. Et si tu trou­ves le Combat Syndicaliste sur ta table ou C.Q.F.D. demande leur ce qu’illes pen­sent du code du tra­vail et de la valeur humaine dans cette affaire.

Je remer­cie ma com­pa­gne qui m’a sou­tenu et me sou­tient, cer­tains et cer­tai­nes cama­ra­des de la C.N.T., mon défen­seur C.G.T. et ma délé­guée F.O. ainsi que toutes celles et ceux qui n’ont pas douté de moi et ceux et celles qui se posent encore des ques­tions et qui ne bavent pas ou plus sur les bobos.

Salutation liber­taire et révo­lu­tion­naire.

Stef

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