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le blog du laboratoire anarchiste

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 14:01

Le 12 mars, à Lisbonne, 200 à 300.000 personnes défilaient contre la précarité de la «Geracao rasca», la génération à la traîne, la génération fauchée. Contre les stages qui s’enchaînent, l’impossibilité d’acquérir une voiture ou un logement à soi, voire de nourrir ses enfants. Selon l’Institut portugais de la statistique cité par Courrier International, le pays comptait 68.500 chômeurs titulaires d’une maîtrise au dernier trimestre 2010. Ce chiffre n’inclut pas ce million de Portugais qui sont contraints de travailler indûment au régime des reçus verts. Il faut aussi ajouter ceux qui dépendent d’agences de travail temporaire, les boursiers et les éternels stagiaires… Avec eux, la précarité touche près de 2 millions de personnes.

Une deuxième manifestation est prévue pour le 25 avril, intitulée «25 avril en détresse». Plus de 30.000 internautes ont déjà répondu présents sur Facebook. Ils étaient 60.000 la première fois à s’être annoncés sur le net.

Quoi de neuf depuis Stop Précarité ?

En France, depuis la création du réseau Stop Précarité en 2001, pendant les grèves chez McDo, Pizza Hut, Maxilivres et la Fnac à Paris, les initiatives des précaires sont restées peu nombreuses et éparpillées.

«Parfois, nous parvenons à lancer une action médiatique qui fait du bruit, donne de la visibilité au problème et sensibilise le public, mais jamais nous n’avons réussi à faire masse et à largement dépasser des petits cercles de militants convaincus. Et ce alors même que la précarité et le chômage explose», témoigne Leila Chaibi du collectif de précaires L’Appel et la pioche.

De retour de Lisbonne, certains ont décidé de s’inspirer de la démarche portugaise. Des militants et des novices, encouragés par leurs homologues européens. Un appel à une Fête des précaires et du pissenlit, le samedi 30 avril 2011, a été posté sur Facebook.

Des symboles pour les précaires

Pourquoi le 30 avril ? «Parce que, comme chaque fin de mois, ça fera déjà dix jours que nous serons à découvert», répondent les organisateurs :
Carole, 28 ans, salariée depuis 10 ans, au SMIC, encore dépendante de ses parents;
Xavier, 36 ans, chômeur, auto-entrepreneur;
Lily, 25 ans, bac+5, en Service Civique prolongé à 540 euros par mois;
Dimitri, 24 ans, serveur, travaille 50 heures par semaine dont 30 heures non déclarées;
David, 26 ans, chômeur en reconversion professionnelle dans le secteur social;
Nikos, 27 ans, vacataire dans la fonction publique.

Ils sont soutenus par les collectifs de précaires existants, comme L’Appel et la Pioche ou Génération précaire. Le collectif Droits Nouveaux (AC!, L’Appel et la Pioche, Apnée-Actuchômage, CNT-PTT, Coordination des Intermittents et Précaires, Collectif National Droits des Femmes, Fondation Copernic, SNU-Pôle emploi, Solidaires, Stop Précarité) devrait également rédiger un communiqué de soutien. Mais le mouvement veut recruter plus large et faire descendre dans la rue des mécontents qui n’en ont pas l’habitude.

«Et si nous avons choisi le 30 avril et non le 1er mai, fête des travailleurs, c’est bien parce que nous serions noyés dans la masse, que les syndicats sont bien en peine de nous défendre, et que notre place dans le marché du travail est un strapontin», complète Xavier Duchaussoy Delcambre, l’un des organisateurs.

Et le pissenlit ? «Pour ne pas le manger par la racine».

Sans surprise, à Paris, ça se passe rue de Lisbonne. Mais les organisateurs escomptent une participation plus que symbolique.

Des cahiers de doléances

Côté revendications, «nous avons les mêmes que tous les précaires européens (des appels se lancent en Allemagne, en Italie en préparation… Des Fbkeurs en lancent aussi à Mexico…etc…) : la fin des stages sans fins, des CUI/CAE qui nous font sortir des statistiques du chômage, mais qui ne durent qu’un temps, nous faisant retourner à la case départ. Nous en avons marre de l’intérim, du flicage du Pôle emploi (très rude, j’en sais quelque chose), de ne pas pouvoir se projeter dans l’avenir : logement, voiture, enfants, soins», répond Xavier Duchaussoy Delcambre. «Et, comme au Portugal, nous voulons laisser aux précaires qui viendront le soin d’exprimer leurs revendications spécifiques et essayer de les centraliser pour créer des cahiers de doléances. Nous voulons être visibles et pris en compte dans les grands débats qui agitent la société, mais que l’on ne retrouve nulle part, surtout pas dans les médias ni dans les programmes politiques.»

http://voila-le-travail.fr/2011/04/07/l ... nt-encore/

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