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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 03:08

Le blog des opposants à center parc, distille des informations qui nous font découvrir le merveilleux monde des nouveaux  modes d'exploitation. Nous vous rappelons la ballade dans le bois du 6 juin 2010.Le 6 juin, lendemain de la journée mondiale de l'environnement, nous vous invitons à venir marcher, cueillir les derniers muguets, repérer les coins à champignons ou châtaignes, casse-croûter, faire ou écouter de la musique, discuter et échanger lors d'une journée forêt libre dans le bois des Avenières.
Nous nous réunirons sur ce site, pendant qu’il est encore accessible à tous avant sa transformation en Center Parcs, Tahiti de pacotille pour tourisme de masse.
Nous refusons que “ Pierre et Vacances “ mette la nature au service de la spéculation immobilière .”


Plus on est de fous, plus on bosse.Régulièrement, Center Parcs organise une «job rotation»: le temps d'une journée, le directeur fait le ménage, le magasinier, la cuisine”"
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CHARVET NADYA

Sologne envoyée spéciale

Mardi 15 juin, 10 heures du matin. Au Center Parc des Hauts de Bruyères, en Sologne, une journée ordinaire commence pour les quelque 2 500 clients, des couples avec enfants, des retraités, quelques cravatés en séminaire. C'est l'heure des courses, du tennis, du golf, de la balade en pédalo ou du tour à vélo. L'agitation aidant, personne n'a remarqué la présence de Karl, l'expert-comptable, au bord de la piscine, de Maryline, la secrétaire, dans l'équipe d'animateurs sportifs, de Carla, la femme de ménage, aux locations de vélos ou de Cyril, le responsable des boutiques, au centre de remise en forme. Aujourd'hui pourtant, une soixantaine des 530 salariés du site se livrent au jeu de la job rotation. Trois fois l'an, aux périodes de creux, un petit 20-25% de l'effectif change de peau, l'espace d'un jour baptisé «journée des fous». Et pas seulement en Sologne, mais au siège parisien, comme dans l'ensemble des autres villages européens de ce groupe d'origine hollandaise. La folle idée est d'ailleurs venue du pays des tulipes, un jour de 1992. Une idée d'homme de marketing animé par le souci d'améliorer encore et toujours la satisfaction d'un client roi. Cette rotation, pensait-il, allait permettre au back office, services administratifs, logistiques et autres, de connaître la clientèle et ses exigences, et aux vendeurs, serveurs, animateurs de comprendre le rôle des invisibles. Et aussi de véhiculer auprès des nouveaux entrants la culture «main à la pâte» de l'entreprise. Car, ce jour-là, le patron peut être boulanger ou standardiste, la caissière devenir directrice. Ce côté «il n'y a pas de sot métier», à Center Parcs, on le cultive aussi les jours ordinaires. «Vous savez, s'il manque un bagagiste ou une femme de ménage, j'y vais moi-même», explique Joseph Trelhu, directeur du domaine des Hauts de Bruyères.

Aujourd'hui, le fou, ce n'est pas lui. Le tirage au sort l'a épargné, comme il a épargné la quasi-totalité de l'encadrement. «Il y a aussi des postes qui s'y prêtent plus que d'autres, concède-t-il, mais, sur les 65 métiers que nous possédons, les mis à l'écart pour cause de responsabilités ou de spécialités trop pointues  allez demandez à un novice d'assurer le tir à l'arc  sont peu nombreux.» D'autant que, pour rendre le jeu inoffensif pour les clients, il se joue en binôme: un invitant, un invité; un qui explique, l'autre qui apprend. Un parrain, un filleul, dans le jargon maison. Depuis quelques jours, la liste des joueurs est affichée un peu partout dans les services. Tous ont été avertis par courrier de leur participation «souhaitée» à cette journée (mais personne ne refuse), et ceux qui ne connaissent pas leur acolyte ont eu le temps de le visualiser” Le magasinier et la maître nageuse. Dans l'arrière-boutique de la supérette, Nordine, 29 ans et six ans de maison, fait équipe avec Sandrine, 32 ans, maître nageuse. Depuis 5 heures du mat', il lui montre le déchargement de palettes, le stockage, la mise en rayons. Il est 10h30, et le couple d'un jour n'a pas chômé. «C'est physique», reconnaît la jeune femme, puis, à l'intention de son coach, elle récite: «L'ennemi du magasinier, c'est la date de péremption des produits; ça, j'ai bien pigé.» Nordine ne connaissait pas Sandrine. Maintenant que le rush est passé, les camions partis, ils plaisantent comme deux copains. «Et toi, ton boulot, ça doit être crevant aussi, la foule, le bruit, la chaleur?» interroge Nordine. Chacun a sur lui cette fameuse fiche qu'il faut remplir à l'issue de la journée. Question pour le parrain: «Quelles ont été les impressions de votre stagiaire sur vos fonctions?» Questions pour la filleule: «Que pensez-vous du poste que vous avez occupé? Que faudrait-il faire pour l'améliorer?» «T'as qu'à mettre que le local de stockage de la marchandise est trop exigu», suggère Nordine. «Et à “profil idéal pour le poste, je mets Nordine?» plaisante Sandrine.

Le regard du Candide. Lesdites fiches partiront pour Paris, où, affirme-t-on, «elles permettent de piocher quelques bonnes idées, le fameux regard du Candide», ou de «repérer des gens qui, sortis de leur contexte, montrent des qualités qu'on ne leur connaissait pas». Si, si, confirme Paris, il y a des femmes de ménage qui sont passées vendeuses après des job rotations ou des petits trucs de fonctionnement qui ont été modifiés dans un service. Un directeur-filleul se souvient, par exemple, avoir fait changer tous les draps des lits pour des draps housse au bout d'une journée passée à faire les chambres.

14 heures. Les vieux de la vieille, les plus anciens dans le parc, ont une autre philosophie du jeu. Aujourd'hui, Maryline, six ans d'ancienneté, secrétaire à la restauration, joue les gentilles animatrices dans l'équipe sportive de Karen, même ancienneté, tenue de combat et parler franc. Toutes deux profitent de cette journée pas comme les autres  «On peut pas dire qu'on bosse vraiment»  pour papoter, de tout et de rien, de ce qu'elles font, de ce qui les fait rester, de ce qu'il faudrait changer: «Moi, je gagne 5 800 francs, et toi?» «6 000 francs.» On découvre que finalement, ailleurs, c'est pareil. Ou même pire. «T'as vraiment des boulots ingrats, des femmes de ménage qui embauchent à 5 heures du mat' et ne font que neuf heures par semaine. Il faut qu'elles grattent ici et là, à la plonge et ailleurs, pour améliorer leur ordinaire. Quand je bossais à la direction des ressources humaines, on m'a envoyé en job rotation au cleaning [le ménage, ndlr] justement pour tâter l'ambiance et leur montrer qu'on s'intéresse à eux.» Un peu systématiquement, les services «difficiles» reçoivent des visiteurs pendant les journées de permutation. Un peu logiquement, les intrus en reviennent soulagés. Le «je ferais pas ça tous les jours» est un grand classique de la job rotation, peut-être même une de ses forces. On est toujours plus content de son sort quand on connaît celui des autres” Karl travaille depuis trois et demi au contrôle de gestion. Cet après-midi, il est stagiaire piscine. Loin de son ordinateur, il transate au bord de la piscine. C'est vrai qu'il y a le bruit, la foule, la partie technique  entretien, analyses de l'eau, etc.  mais aussi le soleil, les blagues potaches des maîtres nageurs” sauf que lui, dans son petit bureau, il gagne 11 000 francs par mois. Les autres, dans leur aqualand, sont à temps partiel et au Smic horaire. «A la réflexion”», dit-il.

Une journée, et puis plus rien. 17 heures. Cyril, manager détail, responsable de l'ensemble des boutiques du parc, joue les esthéticiennes d'un jour: «J'ai vraiment massé, et c'est pas facile!» Il est arrivé en retard au jeu  «une réunion»  et en repart en avance  «un peu de travail à finir» , mais affirme: «Je le fais très sérieusement, c'est important de montrer qu'on est comme tout le monde, de se mettre à l'écoute, de découvrir d'autres univers, modestement.»

A quelques centaines de mètres de là, Carla, femme de ménage, préposée aux vélos, s'interroge. «Tout ça, c'est bien beau, mais j'ai un BTS de compta, je fais 45 km tous les jours pour venir bosser, je demande depuis novembre à faire autre chose. J'ai l'impression que pendant une journée on se dit tout, et puis plus rien.» Pas folle, la guêpe.

Source:

http://www.liberation.fr/economie/0101284087-plus-on-est-de-fous-plus-on-bosse-regulierement-center-parcs-organise-une-job-rotation-le-temps-d-une-journee-le-directeur-fait-le-menage-le-magasinier-la-cuisine

 

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