le blog du laboratoire anarchiste
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le blog du laboratoire anarchiste
lu sur le blog du collectif radicalement antinucléaire, les liens vers le réseau sortir du
nucléairees sont sous la responsabilité du CRAN.Dans la Drome face au réseau c'est clair c'est la guerre car ceux-ci profite
de nos faiblesses passagères pour faire un écran de fumée sur ce qui se passe à Tricastin. Le réseau sortir du nucléaire 26 -07 continue son boulot de la chaîne humaine, c'est à dire de la fumée
pour masquer l'avancée du nucléaire dans le département et aussi concernant ASTRID à Marcoule.
quelques membres du collectif du le laboratoire.
2012 - Le réacteur Astrid : miracle technologique ou dangereuse
chimère ? <http://groupes.sortirdunucleaire.org/reacteur-Astrid>
Un dossier du Réseau "Sortir du nucléaire"
http://groupes.sortirdunucleaire.org/reacteur-Astrid
Le réacteur Astrid : technologie miracle ou dangereuse chimère ?
Début juillet 2012, à l'occasion de la signature d'un accord entre le
CEA et Bouygues Construction, un projet nucléaire bien discret est sorti
de l'ombre : le réacteur Astrid.
Ce prototype est le représentant de la fameuse « 4ème génération » de
réacteurs : une étiquette bien moderne pour un projet qui, pourtant, n'a
rien de fondamentalement nouveau. Quelles sont les caractéristiques
d'Astrid ? Pourquoi l'industrie nucléaire y tient-elle autant ? Et quels
sont les risques et les déboires liés à ce projet chimérique ?
*Astrid, kézaco ?*
Astrid : ce sigle en forme de joli prénom est censé être le prototype
d'un nouveau modèle de « réacteur à neutrons rapides au sodium ».. Ce
réacteur dit de « 4ème génération » [1
<http://groupes.sortirdunucleaire.org/reacteur-Astrid#nb1>], présenté
par le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA) comme « une rupture
technologique avec tout ce qui s'est fait jusqu'alors », n'est pourtant
qu'une version à peine modifiée de Superphénix
<http://www.monde-diplomatique.fr/2011/04/BERGE/20399>, le surgénérateur
fermé en 1997 après une douzaine d'années d'activité réduite pour cause
de pannes multiples.
Le projet Astrid est porté depuis 2006 par le CEA, en partenariat avec
Areva, EDF, Bouygues Construction, Alstom... En 2010, il avait déjà
bénéficié de 650 millions d'euros dans le cadre du « grand emprunt pour
les investissements d'avenir ». D'ici fin 2012, les pouvoirs publics
sont appelés à décider de sa poursuite. Si tel était le cas, la
réalisation du prototype de 600 MW débuterait en 2017 (la fabrication
des coeurs commençant, elle, en 2016), pour une mise en service prévue
vers 2020. L'exploitation commerciale de réacteurs d'un modèle
comparable commencerait censément vers 2040.
*Une technologie miracle ? *
Tout en laissant à la filière EPR le temps d'un déploiement dans les
décennies à venir (déploiement toutefois compromis par les déboires des
chantiers de Flamanville et Olkiluoto), Astrid ouvre des perspectives
alléchantes pour l'industrie nucléaire.
En effet, ce réacteur pourrait, nous dit-on, « recycler » bon nombre de
matières nucléaires, en utilisant comme combustible aussi bien de
l'uranium peu enrichi, de l'uranium appauvri et du plutonium que des
combustibles usés. /« Un parc de [réacteurs à neutrons rapides] d'une
puissance équivalente à l'actuel parc EDF français pourrait ainsi
fonctionner durant au moins 2500 ans avec les seuls combustibles
« usés » et l'uranium appauvri ou de retraitement entreposés aujourd'hui
dans les installations françaises ! »/, prétend ainsi le CEA. Dans la
mesure où il produit du plutonium, le réacteur Astrid pourrait aussi
produire son propre combustible, réglant le problème d'une éventuelle
pénurie d'uranium. Une option parfaite, permettant de générer de
l'énergie à l'infini ?
Selon le CEA, Astrid permettrait aussi de réduire la durée de vie de
certains déchets, les « actinides mineurs » : par le processus dit de
transmutation, ces matières nucléaires se transformeraient en d'autres
dotées d'une période radioactive plus courte (mais toujours supérieure à
plusieurs siècles !).
*Le mythe du combustible inépuisable*
De l'énergie à l'infini ? Cela semble trop beau pour être vrai. À tel
point que même d'ardents promoteurs du nucléaire nuancent les
affirmations enthousiastes du CEA, soulignant que démarrer un seul
« réacteur à neutrons rapides » de taille industrielle nécessite dans
les faits de réunir une énorme quantité de plutonium. De facto, choisir
cette option « oblige » à poursuivre le nucléaire et à construire de
nouveaux réacteurs « classiques » pour produire ce plutonium.
*Un alibi pour esquiver le problème des déchets*
Astrid constitue ni plus ni moins qu'un alibi pour l'industrie
atomique : pour démarrer la filière des réacteurs de 4ème génération, il
faut construire d'autres réacteurs avant... Et surtout, la perspective
d'un « recyclage » futur du combustible usé et du plutonium fournit une
formidable caution pour continuer à faire tourner les centrales sans se
soucier des dangereuses matières qu'elles produisent !
En effet, le droit français considère que toute matière radioactive qui
peut connaître une utilisation ultérieure, même dans un futur
complètement hypothétique, n'est pas un déchet mais une « matière
valorisable ». La perspective de l'émergence de cette 4ème génération de
réacteurs dans plusieurs décennies contribue donc depuis des années à
soustraire de l'inventaire des déchets radioactifs des centaines de
tonne de plutonium, des dizaines de milliers de tonnes d'uranium irradié
et des centaines de milliers de tonnes d'uranium appauvri. Cela
représente donc un stock colossal de matières dangereuses dont la
gestion n'est pas prise en compte dans le coût des déchets nucléaires,
et que l'industrie nucléaire se contente pour l'instant d'accumuler.
Renoncer Astrid reviendrait donc à faire tomber cet écran de fumée.... et
à faire ainsi exploser la facture officielle des coûts du nucléaire.. Un
risque que les gouvernements successifs ne semblent pas prêts à prendre.
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*Une technologie à hauts risques*
Penchons-nous ensuite sur les risques spécifiques à la technologie des
réacteurs à neutrons rapides au sodium. Il semble en effet que les
partisans de cette filière aient décidé de jouer avec le feu !
Rappelons d'abord que le plutonium, combustible utilisé et « produit »
dans ce réacteur, est une matière d'une extrême toxicité, dont il suffit
d'inhaler un microgramme pour développer un cancer mortel du poumon.
L'utilisation de plutonium multiplie également les risques de
prolifération nucléaire, dans la mesure où il suffit d'en réunir
quelques kilos pour fabriquer une bombe. Enfin, le plutonium est bien
plus prompt que l'uranium à déclencher des réactions en chaîne
incontrôlées. Il accroît ainsi le risque d'un « accident de criticité »,
comparable à celui survenu à Tchernobyl.
De plus, le réacteur Astrid utilisera du sodium comme fluide
caloporteur. Or cet élément a la propriété de s'enflammer au contact de
l'air et exploser au contact de l'eau. Sur des réacteurs similaires,
plusieurs fuites de sodium sont déjà survenues, menant parfois à de
dangereux incendies (le réacteur de Monju, cousin japonais d'Astrid, est
ainsi resté arrêté quinze ans suite à un tel accident). Et de l'aveu
même du CEA, les propriétés de ce fluide complexifient sérieusement les
opérations dans le réacteur : /"le sodium utilisé comme fluide
caloporteur est chaud (au minimum 180 °C, et 550 °C dans le coeur) et
opaque. Cela ne facilite pas l'inspection des installations en
fonctionnement. Il faut développer des capteurs spéciaux, à ultrasons
par exemple, pour pouvoir effectuer des inspections sans devoir évacuer
le sodium, une opération longue et délicate qui grève lourdement la
disponibilité d'une telle installation."/ [2
<http://groupes.sortirdunucleaire.org/reacteur-Astrid#nb2>]. Le réacteur
de Monju en a fourni un bon exemple. En août 2010, une pièce métallique
de 3,3 tonnes était tombée dans sa cuve. Les opérations à effectuer pour
le récupérer se sont révélées si compliquées, du fait de la présence du
sodium, que son redémarrage est impossible.
Les risques liés à cette filière avaient ainsi amené J. P. Pharabod,
ingénieur EDF, à déclarer à propos de l'ancêtre d'Astrid, qu'il
« n'[était] pas déraisonnable de penser qu'un grave accident survenant à
Superphénix pourrait tuer plus d'un million de personnes » [3
<http://groupes.sortirdunucleaire.org/reacteur-Astrid#nb3>]. Quelques
décennies après, le peu d'améliorations apportées ne permettent pas
d'espérer une amélioration de la sûreté.
Que dire enfin du démantèlement futur de tels réacteurs ? Le chantier de
démantèlement de Superphénix est un casse-tête. Quinze ans après
l'arrêt, il faut continuer à refroidir les combustibles. Et pour
« neutraliser » les 5500 tonnes de sodium présentes sur le site, la
seule solution est de les transformer en soude par un système de goutte
à goutte pour les couler dans du béton, un processus qui durera des années.
Pourquoi donc la France a-t-elle choisi de se lancer à nouveau dans
cette filière aberrante ? Probablement parce qu'elle souhaitait se
reposer sur l'expérience de Superphénix, même si celle-ci s'est avérée
catastrophique.
*Déboires innombrables et coûts exorbitants*
652 millions d'euros ont déjà été prévus pour le développement d'Astrid.
Ce n'est probablement que le début si l'on considère les expériences
passées : selon la Cour des Comptes, le réacteur Superphénix aura ainsi
coûté 12 milliards d'euros.
Par ailleurs, les caractéristiques de ce type de réacteurs semblent
favoriser la multiplication des pannes et incidents. En douze ans,
Superphénix n'aura produit d'électricité que pendant 53 mois, et n'aura
fonctionné à pleine puissance que pendant moins de 200 jours. Le
réacteur de Monju, quant à lui, n'aurait produit d'électricité que
pendant une heure de temps [4
<http://groupes.sortirdunucleaire.org/reacteur-Astrid#nb4>] ! Enfin,
même pendant les arrêts, les combustibles doivent continuer à être
refroidis et le sodium doit être maintenu liquide, ce qui nécessite une
consommation d'énergie constante et importante. Le bilan tant économique
qu'énergétique de ces réacteurs peut donc s'avérer très médiocre, voire
négatif.
*Une filière à abandonner d'urgence !*
Fin 2012, les pouvoirs publics devront se prononcer sur la poursuite du
projet Astrid. Le gouvernement actuel semble tout aussi favorable à
Astrid que l'était le précédent, et il serait inadmissible que nous
soyons placés devant le fait accompli du lancement de cette filière.
Les risques d'Astrid sont inacceptables, et il serait révoltant, a
fortiori en période de crise économique, de gaspiller des milliards dans
une telle chimère technologique. Au lieu de se leurrer avec le
« nucléaire du futur », la France devrait investir d'urgence et de façon
massive dans les économies d'énergie et les énergies renouvelables.
Une fois encore, l'Allemagne nous offre un exemple à suivre : nos
voisins d'Outre-Rhin ont arrêté à temps la construction d'un tel
réacteur et ont préféré le transformer... en parc d'attractions [5
<http://groupes.sortirdunucleaire.org/reacteur-Astrid#nb5>] !
Notes
[1 <http://groupes.sortirdunucleaire.org/reacteur-Astrid#nh1>] Notons
que la France s'investit également dans d'autres projets de réacteurs
dits de « 4ème génération », notamment des réacteurs au plutonium
utilisant du gaz comme fluide caloporteur.
[2 <http://groupes.sortirdunucleaire.org/reacteur-Astrid#nh2>] Les défis
du CEA n°152, juillet-août 2010.
[3 <http://groupes.sortirdunucleaire.org/reacteur-Astrid#nh3>] Science
et Vie n°703, avril 1976
[4 <http://groupes.sortirdunucleaire.org/reacteur-Astrid#nh4>] « Japan
Strains to Fix a Reactor Damaged Before Quake », The New York Times, 17
juin 2011 http://www.nytimes.com/2011/06/18/world/asia/18japan.html
[5 <http://groupes.sortirdunucleaire.org/reacteur-Astrid#nh5>]
http://inhabitat.com/dismantled-german-nuclear-plant-transformed-into-incredible-wunderland-kalkar-amusement-park/
Source : Sortir du nucléa
Mardi 18 juin à 19h
Repas de solidarité
aux compagnon-e-s italien-e-s emprisonnée-s
pour le G8 Gênes 2001
pour "dévastation et saccage"
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