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le blog du laboratoire anarchiste
nous vous donnons la liste de livres évoqués dans l'émission de radio laboratoire sur radio mega 99.2 , cette émission reprendra fdernière semaine d' aout :
-les nouvelles questions féministe
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A entendre le discours ambiant d'aujourd'hui, tout serait résolu dans la question de l'éducation des filles et de l'égalité des sexes dans le domaine de l'éducation. A l'école, voilà plusieurs années que les filles ont en moyenne de meilleurs résultats scolaires que les garçons et qu'elles forment la majorité de la population estudiantine universitaire dans pratiquement toute l'Europe.
En fait l'école n'est pas neutre et les institutions de formation continuent de prendre une part active, avec la famille et la culture, à la construction
d'individus répondant aux rôles sexués traditionnels.
Ce numéro balaie l'éducation formelle de la petite enfance aux formations tertiaires ; on y découvre comment de nouvelles reconfigurations
s'esquissent dans les professions de l'éducation de la petite enfance à travers l'arrivée des hommes ; comment les enjeux d'égalité et de mixité se jouent dans les classes de
l'école primaire et dans les Conseils des enfants, institution censée éduquer à la démocratie et comment les manuels scolaires du secondaire restent foncièrement sexistes ; il met
aussi au jour les manières dont les rapports de pouvoir genrés se jouent tant chez les informaticien·ne·s que chez les étudiant·e·s en management. La formation du personnel enseignant
aux questions de genre est abordée par la plupart des auteur·e·s. Enfin, l'entretien avec une productrice et analyste d'images nous permet de suivre une trajectoire individuelle tout en
apprenant à revisiter la publicité et l'éducation à l'image sous l'oeil du genre.
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- un livre de la collection Agone
N° 43 de la revue Agone
Il est rare que l’épouse soit la seule femme qui réalise, « hors marché », le travail domestique au sens large : bonnes et prostituées, pour ne citer qu’elles, souvent migrantes, interviennent
également, contre une rémunération plus ou moins sonnante et trébuchante. Cela implique-t-il pour autant que la classe des femmes n’existe pas, parce que les antagonismes entre « Madames » et
migrantes sans papiers l’auraient fait voler en éclats ? Ce serait aussi simpliste que de penser que le prolétariat est un concept dépassé parce qu’on trouve en son sein des contremaîtres. La
classe des femmes existe dans la mesure où existe une très nette division sexuelle du travail, qui exige des unes qu’elles réalisent le travail de reproduction sociale et qui en exempte les
membres de la classe des hommes. Et il convient d’observer un organisateur du travail beaucoup plus à même de dresser des stratégies à moyen et long terme : l’État, en tant qu’agent des logiques
d’accumulation de capital
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SOMMAIRE
Éditorial: Ce que le tournant postmoderne fait au féminisme, la rédaction
Le marxisme et l’origine de l’oppression des femmes : une nécessaire réactualisation, Christophe Darmangeat
De tous les thèmes qu’aborda il y a cent trente ans Friedrich Engels dans L’Origine de la famille, celui de l’oppression des femmes est sans aucun doute l’un de ceux qui continue de nos jours à
être le plus chargé d’enjeux. L’ensemble des féministes conséquents ont en effet toujours considéré que le combat pour l’émancipation des femmes devait s’appuyer sur une claire compréhension des
causes et des mécanismes de leur oppression. Les lignes qui suivent se proposent d’indiquer autour de quels axes il convient d’actualiser les raisonnements marxistes sur ce sujet à la lumière des
innombrables découvertes qui se sont accumulées depuis un siècle.
Une force féminine consciente et responsable qui agisse en tant qu’avant-garde de progrès. Le mouvement des Mujeres Libres (1936–1939), Miguel
Chueca
Dans sa « double lutte » pour l’émancipation sociale et féminine – pour la « liberté extérieure » et la « liberté intérieure » de la femme –, un des principaux mérites de Mujeres Libres fut
certainement de mettre en évidence les points aveugles de l’organisation syndicaliste révolutionnaire dont elles étaient issues. Mais cela ne doit pas faire oublier que ce mouvement avait mis
aussi à découvert les limites du seul combat contre les injustices issues de la différence de genre, qui pouvait éclipser – voire nier – le combat contre les différences de classe et la
domination sociale, des sujets auxquels les femmes ouvrières de Mujeres Libres ne pouvaient rester indifférentes.
Une femme de mineur à la tribune de l’Année internationale de la femme (1976), Domitila Barrios de Chungara
Traduit de l’espagnol par Louis Constant et présenté par Elsa Laval
Je suis montée à la tribune et j’ai parlé. Je leur ai montré qu’elles ne vivaient pas dans le même monde que nous. Je leur ai montré qu’en Bolivie on ne respecte pas les droits de l’humanité. Que
les dames qui s’organisent pour jouer à la canasta et applaudir le gouvernement ont droit à toutes les garanties et à tous les respects. Mais les femmes comme nous, les ménagères, qui nous
organisons pour que se lèvent nos peuples, nous sommes battues, nous sommes poursuivies. Elles ne voyaient pas nos compagnons cracher leurs poumons sanglants, morceau par morceau… Elles ne
voyaient pas la dénutrition de nos enfants. Et, bien sûr, elles ne savaient pas, comme nous, ce que c’est de se lever à quatre heures du matin et de se coucher à onze heures ou à minuit, rien que
pour arriver à accomplir son travail domestique, parce que nous manquons de tout.
Pourquoi le post-structuralisme est une impasse pour le féminisme, Barbara Epstein
Traduit de l’anglais par Philippe Olivera
Les hypothèses qui sous-tendent le postmodernisme vont à l’encontre des fondamentaux du radicalisme politique et sa structure implicite est en contradiction avec les valeurs progressistes. La
version du poststructuralisme adoptée par les féministes a principalement eu pour effet de saper l’analyse du monde social, en remplaçant les préoccupations sociales par des préoccupations
intellectuelles et esthétiques. Bien que n’étant pas motivé par le dessein secret d’anéantir les mouvements progressistes, le postmodernisme a pour effet de déstabiliser les efforts tendant vers
une analyse progressiste et décourage l’intérêt pour la réalité sociale.
Féminisme et postmodernisme, Sabina Lovibond
Traduit de l’anglais par Bruno Ambroise et Valérie Aucouturier
Il est difficile de voir comment quelqu’un pourrait se considérer comme
féministe et demeurer indifférent à la promesse moderniste d’une reconstruction sociale. Et la théorie féministe est largement redevable envers les analyses matérialistes des institutions – les
écoles, les universités, etc. –, qui ont rendu possible la mise en évidence des rôles inégaux joués par différents groupes sociaux dans la détermination des normes de jugement. Elles ont ainsi
révélé le caractère idéologique de systèmes de valeur qui passaient auparavant comme objectifs ou universellement valides. Le féminisme peut bénéficier, tout autant que n’importe quel mouvement
radical, de la prise de conscience de ce que nos idées à propos de l’intelligibilité ou la puissance d’un argument sont médiatisées par un processus quasi interminable d’apprentissage et
d’entraînement sociaux.
Peut-on penser une construction performative du genre ?, Bruno Ambroise
Une véritable attention aux conditions de fonctionnement des éventuels performatifs définissant l’identité sexuelle, une attention au concret de la vie du langage montre que celui-ci est tout à
la fois plus affecté par les conditions concrètes des agents et moins « matériel » que ne le pensent les déconstructionnistes. Vouloir combattre réellement l’identité sexuelle des personnes,
c’est-à-dire l’identité de genre, en tant que celle-ci est injurieuse et coercitive doit conduire à affronter les conditions réelles de réalisation des performatifs qui les instaurent et à se
confronter aux conditions sociales, économiques, juridiques qui les sous-tendent. Car celles-ci, outre qu’elles conditionnent ces derniers (ou leurs fantômes), sont probablement plus effectives,
dans la construction des identités sexuelles et leur hiérarchie, que les éventuelles normes qui les énoncent.
Cent ans de sollicitude en France. Domesticité, reproduction sociale, & migration, Jules Falquet et Nasima Moujoud
L’assignation des femmes au travail domestique et de reproduction sociale est une constante et constitue l’un des points nodaux des rapports sociaux de sexe. Mais il faut redimensionner le cadre
d’analyse, sortir du foyer et de la gratuité : depuis le début du XXe siècle, il est rare que l’épouse soit la seule femme qui réalise, « hors marché », le travail domestique au sens large ;
ainsi, bonnes et prostituées, pour ne citer qu’elles, souvent migrantes, interviennent également, contre une rémunération plus ou moins sonnante et trébuchante. Cela implique-t-il pour autant que
la classe des femmes n’existe pas, parce que les antagonismes entre « Madames » et migrantes sans papiers l’auraient fait voler en éclats ? La classe des femmes existe bel et bien ; mais il
convient d’observer un organisateur du travail autrement puissant que les « Madames » ou les « Messieurs » : l’État.
La leçon de choses
Au service de Robert Walser. Notes éditoriales, Anne-Lise Thomasson et Thierry Discepolo
Un point c’est tout, Robert Walser ; traduit de l’allemand par Lucie Roignant
Note du traducteur, suivi de Curriculum. À propos de L’Homme à tout faire, Walter Weideli
Histoire radicale
Victor Serge (1890–1947). De la jeunesse anarchiste à l’exil mexicain. Présentation par Charles Jacquier
De Paris à Barcelone, Rirette Maîtrejean
Un homme de pensée et d’action au service de la vérité et de la liberté, Julian Gorkin
Le groupe Socialisme y Libertad. L’exil antiautoritaire d’Europe au Mexique et la lutte contre le stalinisme (1940–1950), Claudio Albertani ; traduit de l’espagnol par Miguel Chueca
1970 : La revue
Partisans titrait Libération des femmes, année zéro. Quarante ans plus tard, où en sommes-nous ? Il ne s’agit pas ici de tirer un bilan de ces années de lutte des femmes ni des
transformations, tangibles dans certains secteurs, ni non plus de pointer les limites de conquêtes toujours fragiles. Nous voulons plutôt, en cette année anniversaire, partir d’un constat :
l’extrême diversité aujourd’hui des approches de la question féministe, et à partir de là, nous focaliser sur les thématiques débattues actuellement dans les milieux libertaires.
L’acquis de ce mouvement politique, collectif, imaginatif a été en effet de faire reconnaître par la société tout entière la question de l’inégalité de la condition des femmes comme question centrale, et de donner une légitimité aux revendications d’égalité et de visibilité, portées par le féminisme. Au fil du temps, la radicalité originaire s’est un peu émoussée, et les innovations théoriques se sont parfois affadies, cédant le pas à des travaux plus universitaires et spécialisés (sur l’égalité professionnelle ou le droit de la filiation) tandis que perduraient des pratiques de lutte soutenues, même si moins spectaculaires, dans les domaines syndicaux, de vie quotidienne ou de présence des femmes dans l’espace public.
Mais surtout le mouvement féministe a été traversé par les évolutions qui ont affecté les débats théoriques ; en particulier, il s’est produit depuis une dizaine d’années un déplacement des problématiques qui s’inscrit dans un courant plus large d’analyse des problèmes de société, où l’approche en termes d’inégalités sociales s’est vue supplantée par les questionnements identitaires. Les retombées en ont été l’installation dans le paysage féministe des théorisations en terme de genre (même s’il s’agit de le déconstruire), et l’apparition des théories queer. Alors que précédemment le courant « égalitaire/universaliste » était largement représenté, l’émancipation envisagée comme « déconstruction des genres et des sexes » est apparue au cœur des nouvelles théorisations. Certains courants aussi, le féminisme matérialiste actuel par exemple, hybrident les approches en termes d’inégalités et de déconstruction. Ce phénomène recouvre un clivage générationnel pour une part, mais ces nouvelles problématiques rejoignent aussi celles de la postmodernité et de la destitution du sujet (présentées dans notre n° 20 : « De Mai 68 au débat sur la postmodernité »).
Les mutations et débats qui affectent le mouvement féministe se retrouvent dans le courant libertaire, c’est ce que reflète ce numéro qui se veut donc pluriel, et où apparaît moins directement la controverse entre féministes « égalitaires » et « déconstructionnistes » que la présence de ces différentes positions comme soubassement aux différents textes. L’enjeu est de donner un éclairage sur ces débats dans une double dimension : voir si ces travaux nourrissent de nouvelles possibilités d’analyser les formes actuelles de domination et de les combattre ; et essayer de confronter les différentes théories féministes contemporaines aux conceptions théoriques anarchistes et féministes de l’émancipation, pour voir si elles fécondent les luttes et pratiques féministes libertaires aujourd’hui.
Le dossier principal est organisé en trois séquences, historique, théorique et pratique. Dans la présentation de l’histoire du féminisme Françoise Picq parle de l’évolution qui a conduit des « Années-Mouvement », caractérisées par l’émergence des femmes comme sujet politique collectif aux formes actuelles de conception d’une émancipation située dans la « déconstruction » des identités, au risque de pratiques plus individuelles. Puis Marianne Enckell nous rappelle que des femmes anarchistes ont souvent été à la pointe des luttes émancipatrices, en particulier dans cette « Belle Époque » analysée par Anne Steiner.
La partie théorique fait la place au pluralisme des approches. Les compagnes de la Fédération anarchiste présentent les réflexions et les luttes qui traversent l’anarcha-féminisme aujourd’hui. Eduardo Colombo nous donne une analyse anthropologique et symbolique de la domination masculine (avec en clin d’œil la réédition d’un texte de La Lanterne noire) tandis qu’Irène Pereira inscrit une conception anarchiste de l’émancipation des femmes dans les contours des théories du constructivisme social. L’entretien avec Geneviève Fraisse par Heloisa Castellanos ouvre une perspective sur le devenir de l’égalité dans une société où les formes de domination patriarcale ont évolué, et Monique Boireau-Rouillé met à jour, sous l’apparence libertaire des positions d’une Marcela Iacub, un substrat libéral bien conforme à l’air du temps.
Différents articles et entretiens sur les pratiques et les luttes permettent de donner un éclairage nouveau sur ces controverses théoriques. Ils permettent de voir si les conceptions actuelles de la déconstruction des genres, de « l’indifférentialisme » (ou de l’individualisme radical) nourrissent les pratiques d’aujourd’hui, si elles offrent de nouveaux outils pour lutter contre les dominations bien réelles, les inégalités sociales que subissent les femmes et qui perdurent, si elles aident à mieux déjouer les enfermements étatiques ou patriarcaux. Ainsi Corinne, militante syndicaliste, nous dit comment son militantisme anarchiste a pu nourrir sa pratique féministe. Francis Dupuis-Déri nous introduit dans les débats et les combats contre la domination masculine dans les groupes canadiens ; Irène Pereira et Simon Luck montrent la permanence des formes de domination dans la culture politique anarchiste.
Les interviews de Pilar et Sophian réalisés par Daniel Colson donnent à voir la pertinence de l’approche en termes de genre, mais aussi du féminisme matérialiste, pour structurer de nouvelles pratiques qui bousculent les normalités/normativités. Enfin, Helen Álvarez Virreira fait un point sur les luttes féministes en Bolivie, donnant à voir une imagination rebelle qui interpelle le pouvoir dans tous les domaines.
La « transversale » est double dans ce numéro. Le texte de Diego Paredes prolonge des réflexions déjà entamées précédemment dans Réfractions sur les conceptions anarchistes du politique et de la liberté. Ce texte interroge ces conceptions en regard des conceptions libérales et de celles qu’il est convenu d’appeler « machiavéliennes » du politique. Il est discuté par René Fugler, Jean-Christophe Angaut et Edouard Jourdain.
Un texte de René Fugler sur les « refusants » nous replonge dans la question toujours présente posée par La Boétie : Qu’est-ce qui fait que les hommes se soumettent, jusqu’à commettre le pire… et qui sont ces « refusants » ?
notes et morceaux choisis N° 9 La crise sans fin
et aussi notes et morceaux choisis N°8
Le numéro 8 de N&MC (automne) consacré au travail mort-vivant est paru. L’éditorial est disponible dans le document joint.
mercredi 8 mai de 16h à 18h
lecture collective de la revue subversion
café théet biscuit
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