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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 10:14

 

traduction d'un texte italien de terra selvagia septembre 2010. la critique de ce monde et de sa contestation devient urgente.

La nuisance et le système

Dans la société techno-industrielle, chercher où commencent et éventuellement où finissent les nuisances est une tâche ardue. Celui qui entreprendrait malgré tout ce travail de recherche et de recension, s’apercevrait très vite à quel point les éléments nuisibles jaillissent de tous les liens qui lient la technologie au vivant.

Cependant le sens que nous voulons donner au terme de nuisance dépasse celui d’une simple interférence avec la santé d’un organisme ou d’un écosystème. Nous avons sous les yeux des nuisances culturelles, politiques, sociales, mais en l’occurrence celles que nous voulons identifier et attaquer concernent les processus qui caractérisent le rapport entre le pouvoir, la technologie et la manipulation-destruction du vivant, les intérêts de l’héritage amassés par l’industrie scientifique pendant des milliers d’années de pensée autoritaire et anthropocentrique. Ce qui va bien au-delà d’un simple problème sanitaire, mêlant les éléments fondateurs d’une citoyenneté technologique qui se nourrit du temps et de la vie de milliards d’êtres, humain ou non, qui trie et classe les êtres vivants en races, en espèces, en catégories fixés sur une échelle hiérarchique déterminée par ses propres nécessités.

 

Dans un contexte de crise globale, il faut d’abord noter comment ce système a recours à la technologie pour prolonger son existence. Après avoir consommé une planète, laissée sans ressources par les appétits voraces de petites élites humaines, après l’avoir creusée, éventrée et empoisonnée, on fait de nouveau appel à la science, principale force à même de pérenniser les rapports de domination actuels, allant jusqu’a lui offrir en sacrifice les parties intimes qui rendent biologiquement la vie possible.

 

Techniciens et politiciens conçoivent des remèdes palliatifs promettant la prolongation à l’infini du niveau de développement actuel. Mais les conséquences inévitables de cette alliance sont toujours plus irréversibles : les altérations du climat en sont les signes les plus évidents, aussi évident que

l’immobilité d’un système dont les partis se satisfont d’un rapport sur le climat, d’un traité ou même d’un seuil d’émission, alors que son seul mot d’ordre est le développement. Un développement toujours poursuivi à tout prix, indifférent aux nuisances produites, persuadé que la progression technologique remédierait à ses « excès ».

 

Les conséquences du progrès, les blessures portées à l’écosystème, n’épouvantent pas les puissances économiques, les riches nations qui hébergent les cathédrales de la recherche, les financiers, les multinationales, et encore moins ces pays qui se disputent les sièges du banquet célébré sur les cendres de la planète. En outre, certains parmi eux ont compris que la gestion des nuisances peut devenir extrêmement avantageuse, puisque leur traitement constitue une activité économique rentable : de la grotesque bourse au CO2, du stockage des déchets toxiques et radioactifs à l’incinération des ordures.

 

En même temps d’autres nuisances, moins visibles et en attente d’une éventuelle prise en main par un ecobusiness, continuent dans l’ombre à rogner ces résidus de nature qui permettent de survivre sur cette planète.

 

L’aspect le plus terrifiant de l’activité technoscientifique, c'est-à-dire de l’artificialisation continue de la vie, est son côté incontrôlable. Surtout quand elle se propose de corriger les nuisances et les désastres produits au cours des étapes antérieures de son développement, et qu’en fait elle en produit de nouveaux , plus variés, complexes, imprévisibles et recombinables.

 

Avec le temps, le système a appris à gérer ses propres désastres ; si la gestion du milieu ambiant des nuisances, inséparable des impératifs économiques, affine ses filtres et ses instruments, ils commencent à récolter les fruits de leur gestion politique. Les accents apocalyptiques récurrents se transforment en un catastrophisme intéressé visant à préparer et éduquer les populations atomisées, dépourvues de tout instrument d’intervention et de pensée autonome. Des populations qu’il faut intimider et responsabiliser, crucifiées sur l’autel du consumérisme « intelligent », purifiant le système de ses fautes et le hissant au-dessus des regards suspicieux trop concentrés à planifier leurs propres consommations.

A tout point de vue, une humanité toujours plus aliénée. Si la principale forme d’aliénation perçue par les marxistes s’appliquait aux rapports de production, il faut voir comment même nos processus physiologiques, cognitifs, hédonistes sont progressivement repris en main par les technologies biomédicale, informatique, psychiatrique pharmaceutique et autres.

Une fois l’identité sociale construite sous le signe du progrès, la réalité vécue se reproduit au détriment de la diversité de pensée et détruit progressivement tout point de référence. La culture du développement qui en découle fait perdre à chacun ses références : on ne sait plus qui on est, d’où on vient et où on va, les besoins essentiels ne se distinguent plus des désirs éphémères, avec pour résultat que dans le bombardement mass médiatique ambiant personne ne sait plus à quelle branche s’accrocher. La porte de la pensée unique et ignorante a été ouverte et a alimenté l’ascension du pouvoir totalitaire. Les personnes sont devenues des proies faciles pour de plus ou moins astucieux « entrepreneurs d’identité ».

On parle d’idéologie du progrès quand l’idée du progrès au lieu d’être un objectif pour l’homme, un but à atteindre, devient une « foi », la conviction que malgré tout l’histoire amènera un progrès collectif, la productivité effaçant tous les privilèges ; on parle d’idéologie du progrès quand on affiche l’a priori selon lequel l’humanité a été désigné pour gérer le monde naturel et les espèces animales ainsi soumises à l’espèce humaine ; de cette façon, on en vient à justifier toute chose au nom du progrès, à condamner ou effacer tout ce qui semble être un obstacle à l’avancée de cette sorte d’histoire, à sous évaluer les expériences désastreuses et discriminatoires d’un récent passé de désastres écologiques et sociaux, considérés comme des dommages collatéraux.

La recherche scientificotechnique devient une vérité irréfutable au point d’être le critère sans appel de la croissance suprême, face à laquelle les autres activités humaines et non humaines ou les autres modes de rechercher liberté et bonheur deviennent secondaires, inférieures, rétrogrades si ce n’est nuisibles et superficielles. Nous avons affaire au théorème du matérialisme mécanique qui n’est

généralement pas révélé même par ses divers ennemis, incapables de formuler une critique radicale qui aille au-delà de l’anticapitalisme. La conception « matérialiste » selon laquelle toute réalité est matérielle et la conception « mécaniste » pour qui l’univers entier est un énorme mécanisme mu par des forces obéissant à des lois physiques. Idées générées par le courant de pensée confiant dans la technocience, conceptions particulièrement vivaces vu leur très grande utilité pour aider les patrons à diriger hommes, femmes et animaux comme des machines, ils se comportent essentiellement selon les lois de la biologie, de l’économie, de la psychologie et de sociales. Des lois propres à induire des attitudes reconnues conformes dans un milieu lui aussi plié, mais totalement inaptes à expliquer les multiples et inclassables aspects de la vie intellectuelle et émotive.

 

Sans dépasser « l’aujourd’hui » mais en observant ce qu’il se passe dans ces ateliers qui contribuent sans répit à forger les « lendemains », les laboratoires et les universités, on comprend comment les biotechnologies, les nanotechnologies, les sciences cognitives, l’informatique, unissent leurs propres capacités de pénétrer physiquement les individus, en rendant toujours plus indissolubles les liens entre les organismes et les systèmes productifs, énergétique, économique. Interfaces hommes-machines, substances à même de modeler l’identité, une électronique et une informatique toujours plus pointue, un ADN singulier et une médecine toujours plus mécanisée et génétiste, voilà quelques-uns des « produits » prêts pour devenir accessible aux consommateurs, ou plus précisément qui attendent d’accéder aux consommateurs vu la disproportion entre les capacités manipulatrices des premiers et l’impuissance des seconds.

 

Soumis à une déshumanisation progressive à partir du moment où nous nous fions plus à une machine qu’à nos sens, notre quotidien est rythmé par le tic-tac des inexorables nouveautés technologiques que l’on nous vend pour survivre à cette vie aliénée. Du énième gadget indispensable pour être dans le vent à l’énième prothèse de contrôle qui, même si elle est présentée comme externe et non invasive, en garantit l’intériorisation et ouvre la voie aux suivantes toujours plus invasives, permettant la perpétuation de ce cercle vicieux où l’augmentation du contrôle avance à la même vitesse que le besoin d’être contrôlé pour cette sécurité fournie par le système policier. Si internet et le téléphone mobile ont ouvert les portes de nos « repaires », bio et nanotechnologie sont en train d’ouvrir celles de nos corps.

 

Les structures du contrôle social se rapprochent toujours plus des structures médicales, ou plutôt elles auront sûrement un rôle prioritaire dans la préparation de la nouvelle société et de son « homme nouveau » intégrant une nouvelle forme de surveillance moléculaire permettra de catégoriser et définir les individus comme sains, pathologiques ou à risques , avec des prédispositions sur la base de leur génome.

La génétisation dominante dans le contexte social a pour but d’accélérer ce processus de médicalisation totale qui amène les individus à perdre toujours plus de pouvoir sur leur vie et leurs choix, les abandonnant aux mains des spécialistes. Les nouveaux virages de la domination représentent l’aspect extrême dont l’activité de la science ouvre la voie à l’intervention et à la manipulation chimérique de la vie.

 

La lutte contre les nuisances ne peut pas faire abstraction du contexte social qui les produit et les rend nécessaires. Ce qui signifie qu’il faut porter une critique radicale contre l’économie mortifère et le progrès technoscientifique, sans la restreindre aux aspects partiels techniques, mais l’étendre à leur totalité, en partant de la production de marchandises comme production de nuisances, en passant par la production de besoins, au sein d’une croissante marchandisation et réification du vivant pour en arriver au système même comme nuisance absolue qui contrôle de telles productions, en en programmant les seuils de tolérance et en en régulant la perception et l’acceptation.

 

Biotechnologie, nanotechnologie, nucléaire

 

Si les nanotechnologies et les biotechnologies représentent les choix stratégiques du système, les briques et les armatures avec lesquels ils édifient la société de demain, le nucléaire, lui, incarne la nécessité énergétique à laquelle il faut s’en remettre pour soutenir la consommation et le développement de la technique et de l’industrie. La caractéristique qui distingue et réunit ces technologies est leur irréversibilité matérialisée par la logique qui les sous-tend et par leurs effets sur le monde.

Comme toutes les technologies d’usage courant, elles s’intègreront dans le quotidien sans bouleversements traumatisants. Elles se multiplieront rapidement assujettissant les individus et la nature, dont bon gré mal gré ils font partie, au contrôle des oligarchies technologiques. Tout comme la perte graduelle de liberté à laquelle nous soumet la surveillance électronique, la domination qui exploite ces technologies, avance silencieusement, sans provoquer de tapage, intériorisé comme une évolution naturelle de la séparation de l’être humain de la « nature-planète » pour arriver à la « nature-technocapitaliste ».

 

L’existence de nouvelles espèces animales et de végétaux créés en laboratoire, les forêts détruites pour la production de biocarburants, des nanomatériaux étrangers aux écosystèmes et aux organismes vivants, les déchets et les contaminations des centrales nucléaires, l’air et l’eau saturés par les émissions et les décharges d’une industrie sans contrôle, seront perçus comme « naturelles », devenant la seule dimension de notre existence.

 

Il n’y aura plus de place pour le vivant comme nous l’entendons aujourd’hui, et parallèlement l’ouverture permettant d’attaquer l’avancée de ces necrotechnologies disparaîtra. S’il est encore possible d’identifier dans les laboratoires de recherche, dans les champs expérimentaux, dans les phases d’autorisation pour l’émission d’une nuisance, les objectifs possibles pour une campagne, un jour tout ceci aura des contours moins nets. Le point d’appui du pouvoir techno-scientifique s’élargit s’intégrant à l’échelle de la molécule à un réseau d’intérêts et de projets interconnectés, où il sera toujours plus difficile de comprendre où il est possible d’intervenir.

 

Aujourd’hui, nous assistons à la débâcle de l’économie pétrolifère et aux tentatives continues de remplacer cette ressource en voie d’épuisement par de nouvelles énergies plus économiques et plus « soutenables ». Dans ce contexte, le spectre du nucléaire s’avance menaçant, lancé par la publicité un peu partout et critiqué faiblement et de façon fallacieuse. La base de la critique de l’énergie nucléaire a toujours été la peur du désastre. La peur d’utiliser des éléments extrêmement dangereux pour l’environnement, la peur d’une technologie insuffisamment développée pour garantir une totale sécurité, la peur de la dite « erreur humaine » toujours possible. Aujourd’hui, à plusieurs décennies des premières luttes contre le nucléaire, cette base est de moins en moins consistante. La technologie progresse, les nations occidentales cherchent à se parer de vert et au milieu d’une guerre continue entre experts on cherche à accréditer l’idée de la quasi sécurité absolue des nouvelles implantations. C’est à nous, adversaires déterminés depuis le début de cette monstruosité qu’il revient de rediscuter les raisons de notre désaccord, de reconnaître les erreurs de base de la critique menée jusqu’ici et d’élargir le propos à des thématiques plus larges.

Focaliser la critique sur la peur du désastre est une méthode de lutte inefficace pour ne pas dire dangereuse. D’abord, il s’agit d’une approche fondamentalement égoïste et anthropocentrique qui pose l’intérêt de la personne singulière au-dessus de toute considération et subordonne l’engagement personnel contre le nucléaire à la crainte de subir soi-même des effets négatifs. Ensuite, il pousse les promoteurs du nucléaire à d’abord travailler au développement technologique et à la mise en sécurité des installations existantes et de celles en projet. Ce qui amènera tôt ou tard à la situation où le risque des problèmes liès à la technologie se sera tellement réduit qu’il sera négligeable. Supposons que chaque installation sur terre soit complètement sans risque. Supposons qu’on puisse avoir la certitude qu’il n’y aura ni incidents ni dispersion de déchets. Dans cette situation hypothétique le genre humain disposerait donc d’une quantité gigantesque d’énergie employable pour les usages les plus divers. Ce qui entraînerait une croissance exponentielle de la consommation avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer sur l’environnement. Le but de la lutte contre le nucléaire n’est pas de rendre les états plus puissants et plus sûrs, avec des centrales d’avant-garde et la possibilité de perpétuer la spirale du développement et de la destruction à l’infini. Le problème de l’utilisation de l’énergie nucléaire ne réside pas tant dans le danger immédiat de ces installations que dans celui qui dérive de la consommation toujours croissante de l’énergie.

 

Les bios et les nanotechnologies répondent aux nécessités de nouveaux matériaux avec de nouvelles propriétés, Quelques secteurs marchands saturés, comme le secteur médical, par exemple, a besoin des innovations des médicaments biotechs et des thérapies géniques, ou encore le secteur informatique qui a besoin de processeurs toujours plus petits et plus rapides. Ces technologies sont la base et la structure avec laquelle chaque secteur se redéfinit, elles sont les mailles d’un filet sur lesquelles se développeront tous les rapports de domination : comme l’invention du moteur à vapeur à l’aube de la révolution industrielle.

 

Avec les bios et les nanotechnologies, le pouvoir pénètre dans une zone encore plus profonde : le contrôle des processus biologiques, de la naissance jusqu’à la mort, des applications neuronales des nanotechnologies aux prétentions de la génétique d’intervenir sur les attitudes et les choix individuels.

 

Dans un monde atomisé ou toute forme vivante est décomposée dans ses plus petites parties, réduite à de purs composants fonctionnels, un monde où disparaissent les limites entre les corps, entre les espèces, entre l’organique et l’artificiel, l’intégrité et l’individualité d’un organisme seront complètement brisées et détruites, ramenées au niveau de matières à utiliser et à modifier.

Les bios et les nanotechnologies se rencontrent, s’allient et se lient dans un projet d’humanisation totalisante de la planète.

Une perception réelle de la domination qu’incarnent les bios et nanotechnologies dépasse la nuisance immédiate des quelques applications actuelles. Si les nanotubes et les « fullereni » peuvent traverser tous les tissus de notre corps, du placenta à la barrière hémato-encéphalique, « smart dust » et puce RFID sont prêtes à occuper chaque centimètre de nos domiciles, à créer un monde parsemé de nuisances invisibles, un monde livré irréversiblement aux chaînes perpétuelles de la caste technoscientifique.

Notre corps même et donc notre pensée, dans leur unité inséparable, deviendrons un centre où pourront confluer ces technologies aptes à produire de nouveaux organismes , de nouveaux corps : ingénierie génétique, cybernétique, animaux transgéniques, intelligence artificielle, mondes virtuels, puce sous la peau, brisent les limites de l’unité et de l’individualité de chacun, ils les dépassent pour arriver à un corps et un esprit toujours plus réifié où le biopouvoir se cristallise, il s’exerce et il est vécut. Un pouvoir qui ne s’occupera pas seulement de gérer et contrôler les processus vitaux, mais arrivera à les reproduire, les façonner, et les modifier, un pouvoir sur la vie même conçu en terme

de propriété moléculaire, de séquences de gênes codifiables dans lesquels tout est contenu.

Ainsi les nécro technologies seront assurées et légitimées, naturalisées et donc reproduites.

 

Une « santé » inscrite dans un paradigme de médicalisation absolue, où une pathologie est le résultat du circuit médical de l’examen à la pharmacie dont il est difficile de sortir après y être entré. Une maladie produite par un monde où il n’y a plus d’espace pour une conception holistique du corps et e l’esprit, où il n’y a plus d’espace pour connaître ses rythmes biologiques. Où la pilule n’est pas un traitement, mais véritablement un simple palliatif pour un problème qui a des racines bien plus profondes. Où de nouvelles générations de neuroleptiques nous permettent de modifier notre humeur et de cacher le vide de nos vies ; où nous droguons les bébés avec la Ritaline et où la peur de la mort nous fait vivre une vie d’horreur. Nous ne sommes que des cobayes et nos organes des pièces de rechange.

Il est important de construire une opposition non seulement vers ce qui pourrait créer de faciles consensus, comme le transgénique dans les aliments, en délaissant les autres champs d’application et de développement de ces technologies, comme le secteur médical. Terrain où le pouvoir se sert du chantage à la santé comme levier ; un chantage moral incarné, par exemple, par le Téléthon.Dans le réductionnisme génétique dominant on ne comprend l’individu qu’à travers son gène, il est doté d’une capacité prédictive et en même temps la clé de la solution pour le traitement.

Tout est contenu dans les gènes en oubliant les myriades d’interrelations entre les gènes mêmes, les cellules, l’environnement, les organismes, tout est réduit à quelque chose de déchiffrable, ou présumé tel, et universellement valable entre les organismes de la même espèce ou d’espèces différentes.

L’ingénierie génétique n’a pas seulement la prétention de « découvrir les causes », de « soigner » et de « prévenir » les pathologies, mais prétend modifier ce que signifie être un organisme biologique.

Une ère biotechnologique, où les développements de la génomique liés aux techniques reproductives des enquêtes pré-implantatoires, jettent les bases des thérapies géniques où le spectre de l’eugénisme n’a jamais disparu. Avant même de modifier la biologie d’un organisme, en intervenant sur l’ »insémination » (ligne germinale), avant le clonage et les monstrueuses chimères, nous aurons intériorisé l’élimination à l’origine de ce que le pouvoir aura intérêt à définir comme malade, anormal, , déviant, dangereux. L’amélioration d’une race, avec l’élimination conséquente des races impures, a été remplacée par celle de tout le genre humain. Devant le miroir, il n’y aura que des êtres humains vidés de leur personnalité, marionnettes tirés de l’hélice de l’ADN aux mains de l’industrie du vivant.

La nécessité de la résistance

Au-delà de l’ennemi incarné par la multinationale, il existe un entrelacs bien plus complexe de forces, composé tout autant par les poussées et les manœuvres des gouvernements et des entreprises, que par l’inertie avec laquelle celles-ci sont reçues, intériorisées et remises en jeu par les sujets consommateurs. D’un côté les oligarchies politiques sont issues de l’appareil productif qui marque chaque époque, elles en sont les paladins et défendent leurs intérêts, de l’autre la population manifeste des pulsions de diverses natures qui contribuent à définir les contours délimitant les parcours tolérables par le système. En conclusion des anticorps bienfaisants pour la santé de l’organisme dominant dans son ensemble doivent se développer tant dans le milieu économico politique que dans celui de la « citoyenneté active »,

Dans ce contexte, nous voyons que, pour la première fois dans l’histoire du capitalisme, celui-ci s’occupe de maintenir en vie la planète qu’il a détruite. Mais, comme nous l’avons vu, le capitalisme n’est pas que le fruit de la somme des puissants, il faut aussi l’intégrité des rapports de sujétion-complicité qui en garantissent le fonctionnement.

C’est ainsi que naissent les groupes « écologistes institutionnels » : le système partage avec soulagement la cogestion des nuisances. Au début on établit des seuils de tolérance, à savoir fonctionnels pour le pollueur, par conséquent commence la farce démocratique pour un choix conscient, elle tend à faire retomber sur la consommation et sur les styles de vie de la population les fautes de l’économie et de l’industrie.

Le rapport entre la domination et les écologistes de profession se rétrécit et contribue à faire apparaître les multinationales de la « protection de la nature » comme WWF, Greenpeace, Legambiente, « Amis de la Terre », généreusement financés par me secrétariat d’Etat à l’environnement, quand ce n’est pas directement par les corporations. Le système a un besoin extrême de ces multinationales de l’écologisme. Comme pour les syndicats en milieu productif, il a besoin d’elles là où il faut marchander et trouver un intermédiaire pour monter ou descendre les taux de nuisance.

Ces mêmes multinationales ambitionnent de posséder dans leur conseil de direction un environnementaliste renommé. Les écologistes réformistes, des associations aux divers partis verts plus ou moins indépendants deviennent donc compatibles avec le paradigme de la domination.

Les réformistes des associations environnementalistes affichent un prétendu apolitisme soit pour nouer des alliances selon la couleur politique du pouvoir, soit pour se placer au-delà des problèmes brûlants autour des thèmes économiques et sociaux. Comme si « l’environnement » était quelque chose d’abstrait et non le lieu où tout arrive et que tout modifie. L’écologisme réformiste refuse de propos délibéré la critique sociale, préférant de petits aspects normatifs prévus où il sait qu’il aura du succès, ou alors des rappels du grand bal médiatique. Ils travailleront toujours sur les effets évidents et jamais sur les causes qui ont produit des situations précises, devenant de parfaits complices de la domination , attentifs à ne pas devenir un problème avec une pensée totalement imprégnée d’un réalisme économiciste.

 

Malgré la propagande continue du système de domination rien dans l’état actuel des choses n’est inéluctable. Il est vrai que les nuisances sont dominantes, partout et avec des racines profondes, difficiles à extirper, mais cela ne décourage pas ceux qui dans le monde entier mènent une attaque contre la machine civilisatrice par des protestations, des occupations de terre, de bureaux, boycottages, sabotages et actions en tout genre.

 

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commentaires

elle du 26 24/03/2011



c triste dans une classe de cm1 la maitresse qui ne s'en sort plus demande lundi la venue de l'inspecteur d'académie dans la classe elle a donné le nom d'enfants perturbateurs et Monsieur
l'inspecteur leur parlera en privé c ridicule de la délation pure et simple voilà où l'on arrive des gosses qui seront stygmatisés ou qui le sont déjà.........



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