Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : le blog lelaboratoire
  • : Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
  • Contact

Pour nous contacter

Le laboratoire Anarchiste
8 Place st Jean
26000 Valence

envoyer vos suggestion

sur:

new:c.l-v@hotmail.fr

rappel envoie aucun message à

le laboratoire@no-log.org


 


Bibliothéque  de prêt

infokiosques
le mercredi de  16h30 - 19h

Accueil/infos SIAD-AIT
vendredi toutes les deux semaines

de  17h30à19h

Emission radio Labo
sur radio Mega
99.2FM
lundi en direct
18h15 - 19h
rediffusion:
jeudi de 9h à  9h 45
http://radio-mega.com
04 75 44 16 15

Recherche

Texte Libre

La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

Archives

le blog du laboratoire anarchiste

File:Wooden Shoe.svg
30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 05:37
lu sur le blog de serge Quadrupani cet excelent texte
Prospero Gallinari, fils de paysans communistes , né le 1er janvier 1951 est mort le 14 janvier dernier dans sa ville natale, Reggio nell'Emilia. Il a raconté son parcours d'ouvrier communiste devenu un des fondateurs des Brigades rouges dans un beau livre intransigeant, Un contadino nella metropoli. Ricordi di un militante delle Brigate Rosse, Milano, Bompiani overlook, 2006. (pour la suite cliquer sur le texte ou la photo)
 ("Un paysan dans la métropole. Souvenirs d'un militant des Brigades rouges") Arrêté en 74, évadé en 77, réarrêté en 79, après 17 ans de prison, il avait été mis en semi-liberté en raison des problèmes cardiaques dont il vient de mourir.Sa droiture et ses qualités humaines, reconnues par toutes les composantes des rescapés du mouvement révolutionnaire des années 70 lui ont valu de belles funérailles (où l'on a pu constater, hélas, comme le temps passe: seul Oreste Scalzone, apparemment, sait encore chanter juste l'Internationale). Il y avait beaucoup de jeunes parmi ce millier de personnes. Le maire de Reggio (Parti démocrate - post-gauche) a demandé qu'on arrête tous les participants à ces funérailles. D'un site italien signalé par l'excellent blog de Paolo Persichetti, je traduis le texte suivant (dont je partage le point de vue, y compris sur la question du pouvoir):

Sur Prospero Gallinari
Le sifflement fatigué d'Oreste Scalzone devant le cercueil de Prospero Gallinari a été le geste parfait. Il n'était pas fait pour les caméras, ni comme une revendication de pureté indéologique, pas de contrition coupable, ni repentir ni superbe. Le geste humain et politique de quelqu'un qui se retrouve devant un cercueil,  résumer une histoire qui a été humaine et qui a été politique.
Siffler l'internationale veut dire que l'histoire de Prospero Gallinari, celle des Brigades rouges et de leur génération, toute entière, avec leurs différences, n'a pas été une histoire devenue folle, ni la perte de l'innocence, ni violence insensée, mais une histoire à l'intérieur de la lutte que nous avons l'habitude d'appeler la lutte de classes. Et qui se scandalise de la présence de jeunes venus saluer Prospero Gallinari, dans le respect réservé à ceux qui, comme lui, n'ont pas cherché le chemin de la dissociation, humainement compréhensible, ni celui du "pentitismo" (collaboration totale avec la justice - ndt) autrement appelé, selon les points de vue, délation, choix humainement moins compréhensible, qui donc se scandalise de la présence de jeunes feint de ne pas voir ce qui est en train de se passer depuis quelques années: qu'en l'absence d'un discours culturel et politique sur les années 70-80, qui impliquerait ceux qui ont combattu dans l'Etat et ceux qui ont combattu contre l'Etat, en reconnaissant les erreurs, les abus et les crimes commis de part et d'autre, une bonne partie des nouvelles générations s'est construite toute seule sa propre interprétation, avec ceux qui étaient disposés à en parler, en se mettant à nu, parfois de manière impitoyable.
Mais on a préféré construire une vérité, la seule admise, celle des bons contre les méchants, celle que nous avons l'habitude de voir répéter, sur une échelle plus petite ou plus grande, à chaque occasion, depuis les manifestations de rue jusqu'aux guerres de dimensions internationales, et il est risqué ne serait-ce que de la mettre en discussion.
Il y a eu des livres ces dernières années (je pense en particulier à ceux de Manolo Morlacchi, Salvatore Ricciardi et Babara Balzerani, quoique très différents entre eux), qui ont expliqué à ceux qui n'y étaient pas quel a été le parcours, individuel et collectif qui a conduit au choix de la lutte armée, ce qui a animé un nombre non insignifiant de personnes à risquer personnellement sa vie pour leur idéal, le communisme. Et en beaucoup de cas, ils nous ont raconté pourquoi, à un certain moment, ils se sont déclarés battus. Militairement, bien sûr, mais pas seulement. Parce que, bien qu'ils fussent guidés par une logique dans laquelle l'avant-gardisme avait un rôle important, ils n'étaient pas déconnectés de la réalité, réalité qui, à un certain point, avait bien peu à faire avec celle qu'ils avaient autour d'eux quand ils ont commencé la lutte armée.
La déclaration des militants historiques des Brigades rouges mettant fermement fin à leur expérience remonte à 1988. Il y a vingt-cinq ans. 25 ans au cours desquels aucune histoire de présumée infiltration à un haut niveau dans les Brigades rouges n'a jamais été démontrée.
25 années au cours desquelles peu à peu a émergé une autre interprétation sur leur histoire, celle plus refoulée, celle plus redoutée, mais au fond, la plus évidente: que l'histoire des Brigades rouges n'est rien d'autre qu'une partie de l'histoire d'un mouvement révolutionnaire qui a traversé l'Italie du début des années 60 à la première moitié des années 80, non pas l'unique, non pas la principale, mais une partie de cette histoire.
Une histoire qui a fini battue, en morceaux, humainement et politiquement, pas seulement pour l'accumulation de peines de perpétuité, de siècles de prison, y compris au-delà des rsponsabiités individuelles, en bonne partie purgée jusqu'au bout, mai surtout du fait d'être présentés comme rien d'autres que des lâches, des criminels, des terroristes, des composantes devenues folles. La spirale de la diabolisation ne fait que produire de nouveaux diables parce qu'elle ne permet pas de comprendre.
Moi, je ne sais pas si la révolution dont rêvait Prospero Gallinari ressemble à celle dont je rêve, probablement pas, parce que je crois à une révolution qu'on fait sans prendre le pouvoir. Ou peut-être est-ce là une belle phrase que nous nous racontons pour nous consoler du fait qu'aucune révolution n'est en vue, ou bien parce que nous n'avons pas assez de courage pour aller jusqu'au bout de nos choix. Mais je sais que l'histoire de Prospero Gallinari est lié à une autre qui était avant lui, à celle qui était autour de lui et à celle qui est venue après. Et dans cette histoire, j'y suis moi aussi plongé, nous y sommes nous aussi plongés, nous qui n'aimons pas ce qui nous entoure, cet état de choses présent et que nous nous enrageons de tant de manières à changer, à en changer un morceau, et que nous pensons, comme pensait Prospero Gallinari, que la révolution est une fleur qui ne meurt pas.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Articles Récents

Agenda

    dimanche 30 juin

15h à 16 h

accueil de familles de prionnier-e-s

discussion , infos et peites recettes

pour les proches de détenu(E)s...

- aides juridique

-participation à l'émission de radio Mega

du 22 juillet