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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 15:30

Renseignements donnés par le blog de Jean-Pierre Morichaud

Dans leur livre intitulé « les déchets nucléaires militaires français » écrit en 1994 par Bruno Barillot et Mary Davis , les auteurs racontent comment s’est construit le centre nucléaire de Pierrelatte. « La nature du terrain qui était constitué par une plaine marécageuse a dû faire l'objet d'importants aménagements. Le sol a été décapé sur une profondeur moyenne de 25 cm, afin de supprimer la couche de terre végétale et de limon (500 000 m cubes). Une plate-forme d'environ 200 ha a été constituée en rapportant une couche de 50 cm d'alluvions graveleuses (1000 000 m²) prélevés à l'intérieur du site par creusement du sol. De plus, il a fallu compacter les sols, ce qui semble indiquer que le site n'était pas adapté à ce type d'usine ».

La centrale au bord de l'eau

En juillet 2008, dans l'usine Socatri, chargée du traitement des effluents d'uranium produits sur le site, des cuves de stockage ont largement débordé. On a alors mesuré une concentration en uranium 70 µg par litre dans le sol, alors que le seuil toléré par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est de 15 µg par litre. Le ministère de l'écologie a demandé à l’IRSN (institut de recherche de sûreté nucléaire) une étude sur la pollution par l'uranium de la nappe alluviale de Tricastin. Cette étude a été réalisée conjointement en 2009 et 2010 par trois laboratoires : celui de l’IRSN, AREVA, le laboratoire départemental d'analyse de la Drôme (LDA26). Elle a été précédée d'une étude hydrologique de la nappe alluviale entre le Rhône et le canal d'amenée, depuis  Donzère jusqu'au barrage Blondel, à la latitude de Lapalud, et le canal de fuite jusqu'au Rhône, à la latitude de Mornas. Se reporter au chapitre « géographie ». Le site nucléaire du Tricastin se situe à égale distance de la ville de Pierrelatte, de Saint-Paul-Trois-Châteaux, et de Lapalud. Au cours de l'étude, réalisée sous le contrôle de la Cligeet, 300 prélèvements entre 12 et 45 m de profondeur ont été analysés. Il en a résulté le tracé de deux zones distinctes de pollution. L'une au sud du site nucléaire contenant des prélèvements entre 15 et 20 µg d'uranium par litre. L'autre , plus à l'ouest, le long du Rhône contenant des prélèvements de 5 à 10 µg par litre. Cette dernière zone de pollution est attribuée aux lignites contenus dans les marnes de l'ouest du Rhône. La pollution de la première zone, est, elle, attribuée à des restes des infiltrations d'uranium entre 1974 et 1994, bien connues des pierrelattins. Cet uranium a migré un peu vers le sud avec l'écoulement naturel de la nappe.

Ces résultats publiés le 17 septembre 2010, ont été discutés publiquement et contestés par AREVA, à Pierrelatte le 22 septembre. Chacun s'est engagé à poursuivre annuellement le contrôle de pollution de la nappe, y compris par d'autres éléments tels que bore, fluor, chrome, nickel… À suivre !

Nappe alluviale du Tricastin

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