le blog du laboratoire anarchiste
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Parution du journal MurmureN°8
MURMURE -FACE À LA PRISON, UN MURMURE NE SUFFIT PASMurmure
est un journal apériodique diffusé devant la maison d'arrêt d'Angers.
Murmure veut briser le silence de la taule à Angers... haut et fort ! 07/2011 - n°8
Blocage de promenade et revendications
Dimanche 26 juin à 16H, 54 détenus de l’aile ouest qui sont alors en promenade ont refusé
de remonter. Ignorant les appels des matons ils décident de rester tous là et donnent
plusieurs revendications.
La première, c’est les cantines. Ils demandent à pouvoir choisir sur une liste élargie à
d’autres boîtes de conserves, de gateaux, ainsi que de la farine ce qui leur permettrait de plus
facilement se faire à manger dans les cellules. Cela pour éviter la bouffe dégueu que leur sert
la maison d’arrêt. Ils protestent également contre le prix des cantines qui est exorbitant, fixé
par le directeur de la maison de la taule.
La seconde revendication, c’est les douches. La direction de la taule ne donne accès
aux douches que trois fois par semaine (minimum légal), ce qui est trop peu.
Enfin les détenus de l’aile ouest réclamaient d’avoir accès plus facilement aux activités
sportives et culturelles. Il faut dire que pour filtrer l’accès aux activités l’administration
pénitentiaire est très forte. Comme on l’explique
dans les brèves, plusieurs détenus se plaignent de ne
pas avoir accès à leur rendez vous ou activités car les
matons ne viennent pas les chercher dans leurs cellules.
Réaction de l’administration pénitentiaire
La presse indique que les eris* sont arrivés de
Rennes à 20H. Leur intervention aurait été “sans incident”.
Ce n’est pas ce que nous rapporte un témoignage
d’un proche d’un détenu de l’aile ouest. En
effet une fois sur place et les prisonniers remontés
en cellule tranquillement, les ERIS auraient voulus procéder à une fouille des cellules, “et
on ne vient pas fouiller comme ça chez les gens”.
En ce qui concerne la réponse aux revendications. Jean François Désire (la crevure qui
sert de directeur) a fait agrandir la liste de la cantine à partir du 11 juillet et cela pour l’ensemble
des détenus. Pour les autres revendications il dit ne rien pouvoir faire. Les douches:
“on ne peut pas faire autrement”, et les activités “nous sommes confrontés au nombre”… Mais
au nombre de quoi ? d’activités proposées (la meilleur blague de l’année) ou de détenus ?
Procédé typique d’une défense minable de quelqu’un qui n’assume pas et qui reporte la faute
sur les autres. Par contre ce qu’il sait faire c’est réprimer (et il le fait bien sinon il ne serait
pas directeur de prison). La première position qu’il adopte c’est aggraver la chose, invoquant
une responsabilisation des détenus : “ils doivent répondre de leur comportement. Ils ont occasionnédes troubles”. Toi aussi
Désire, on te fera répondre de ton comportement ! Il
convoque donc des détenus en conseil de discipline. Mais pas tous, comme souvent dans ces
cas de révoltes collectives l’A.P. en choisit quelques uns pour servir d’exemple et pour diviser
le groupe. Ils sont donc 37 à être passés devant le conseil de discipline. Les avocats plaidant
“le droit à l’expression collective des détenus”, principe qui figure dans le règlement
BRÈVES LOCALES:
Les rendez vous au bon plaisir des matons
On a reçu plusieurs témoignages sur des histoires de rendez-vous manqués à cause des matons. Que se soit
pour un rendez vous avec les gens de la mission locale, ou un médecin, il arrive que les matons ne viennent
pas chercher le détenu. Ils répondront qu’ils sont pas assez nombreux, et qu’ils peuvent pas être partout. Cependant
c’est un droit pour les détenus d’avoir accès à ces rendez vous. Il faut donc pas se laisser faire, insister,
reprendre rendez vous, faire des lettres aux directeurs, gueuler et se faire entendre.
Plainte contre la prison
Une des causes de la révolte sont les conditions d’incarcération. Lors du premier numéro de murmure on
vous parlait de la plainte de plusieurs détenus contre l’administration pénitentiaire pour “condition d’incarcération
inhumaine”. Presque deux ans après où en est on ?
Hé ben c’est toujours en cours, une commission d’expert a bien visité la prison et la procédure avance doucement
du fait des réticences de l’administration pénitentiaire. Bref la justice est lente quand on s’attaque
à elle, mais ailleurs qu’à Angers les procédures commencent à payer, et l’administration pénitentiaire est régulièrement
condamnée.
QUI SOMMES-NOUS ? Nous sommes des personnes d’Angers qui nous sentons concernées par
la prison et ces incidences sur les personnes incarcérées, leurs proches, et la société en générale.
Nous pensons que la critique de la prison ne se limite pas à ses murs, mais aussi à la société qui
les construit, basée sur les dominations, l’exclusion, et le contrôle. Et si nous ne faisons partie
d’aucune organisation ou association, nous nous organisons.
Si cette feuille d’infos vous intéresse, vous questionne, vous donne envie d’y participer, si vous
voulez recevoir les anciens numéros n’hésitez pas à nous écrire : guillotine@boum.org
ET PUIS FAÎTES LA CIRCULER À L’INTÉRIEUR ET À L’EXTÉRIEUR !!!
européen pénitentiaire. Les premiers résultats sont des avertissements et des peines de mitard
avec sursis (histoire d’empêcher une récidive).
Réactions à l’extérieur
Derrière les hauts murs, un communiqué diffusé sur nantes.indymedia.org revendique
un feu d’artifice tiré devant l’aile ouest le 6 juillet dernier en solidarité avec les personnes qui
ont mené cette révolte, et les personnes qui passaient en conseil de discipline. Le 7 juillet la
presse locale fait des petits articles sur cette révolte à partir d’un communiqué des avocats qui
ont suivi les procédures disciplinaires, ainsi que d’un petit entretien avec la direction de la
taule. Les deux articles minimisent l’action, parlant de “mouvement d’humeur”…
Nous à Murmure on veut exprimer tout notre soutien aux révoltés. On pense qu’ils
n’ont pas seulement obtenu de nouvelle ligne à leur fiche de cantine, mais de la dignité.
Quand on t’enferme, t’humilie, et t’isole, arriver à trouver des complices et dire non collectivement
à l’oppresseur, c’est de la dignité, de la liberté et de la force qu’on gagne. Dehors on
peut craindre que son détenu se fasse tabasser, amener au mitard, ou autre… mais en fait c’est
de l’espoir et de la force qu’il nous envoie de l’intérieur.
Si vous avez plus d’info sur ce mouvement ou sur d’autres n’hésitez pas à nous en
faire part, on relayera !
* qui sont les ERIS ? Les ERIS sont les brigades d’interventions en prisons un peu comme les crs dans la rue. Intervenant
cagoulés, ils sont souvent dénoncés pour
leur comportement très violent.
MURMURE SONORE
On sait qu’il est difficile à ce journal de passer les murs. Il y aura donc une version audio qui sera diffusée le
28 juillet à 17H sur le 101.5 fm. Faites passer l’info !
note du collectif le laboratoire:
Faut plus dire gardiens de prison, on parle désormais de surveillants pénitentiaires.
Facile à comprendre.
Le gardien de prison était un abruti au regard d’acier, le mec à qui on ne la fait pas, mâchoires crispées, muscles saillants, toujours prêt à ajouter un brin de perversité pour égayer le quotidien de son difficile métier. Demandez à Jean Valjean, Edmond Dantes ou Chéri-Bibi.
Le surveillant pénitentiaire est un jeune homme, plutôt beau gosse, dynamique, heureux et motivé. Son rôle consiste à rendre le séjour agréable aux détenus.
Pour être utile, il connaît les mots
qui remettent les bandits sur le droit chemin. Il les aide à chercher du travail. Il veille à leur réinsertion et leur apprend, toujours avec le sourire, à trouver, comme lui, un beau métier très
bien rémunéré.
Demandez-donc au Ministère de la Justice ou plutôt regardez la pub à la télé.
Le clip de la campagne de recrutement égaye actuellement l’heure du prime-time.
Dans le genre « on nous prend pour des c…. » c’est un must. Un truc qui donne envie de hurler.
Qu’en pensent ceux qui s’entassent dans des cellules insalubres quand ils entendent ce magnifique slogan :
« La prison change, changez-là avec nous ».
Dites, Monsieur le Garde des Sceaux, vous arrivez à trouver le sommeil?
Mardi 18 juin à 19h
Repas de solidarité
aux compagnon-e-s italien-e-s emprisonnée-s
pour le G8 Gênes 2001
pour "dévastation et saccage"
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