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Quelques éléments d’une critique de la société industrielle
« Les activités les plus élémentaires sont en train de devenir impossibles, sont confisquées au profit de la mégamachine ; les bases pratiques - qui avaient jusqu’ici assuré la survie de l’humanité à travers bien des vicissitudes – de toute liberté et autonomie sont en train d’être détruites. »
Bertrand Louart
Ce n’est que trop récemment que nous avons pris connaissance du site Notes & Morceaux Choisis animé par un certain Bertrand Louart, qui, bien que se présentant comme simple menuisier, n’est pas moins l’auteur de nombreux textes très intéressants (téléchargeables gratuitement sur son site) concernant la critique des sciences et des techniques. La lecture du bulletin critique des sciences, des techniques et de la société industrielle n°5, et surtout de l’article intitulé « James Lovelock et l ‘hypothèse Gaïa », nous aurait notamment permis d’éviter de présenter (certes au conditionnel ) Lovelock comme un partisan de la Décroissance (Merci au passage à Karim Bakouri et à Hector qui, par leurs remarques pertinentes, ont été les premiers à nous ouvrir les yeux sur le caractère pro-nucléaire et donc pro-industrielle de ce « savant »).
Parmi l’ensemble de ce qui est disponible sur le site « Notes & Morceaux Choisis », la brochure Quelques éléments d’une critique de la société industrielle écrite en 2003 à particulièrement retenue notre attention. Aussi, afin de vous convaincre de la lire par vous-même (ainsi que les autres documents disponibles sur le même site) nous vous proposons ci-dessous une rapide note lecture.
Après un bref retour sur le siècle des Lumières, où science et philosophie n’étaient pas encore séparées, Bertrand Louart, montre, à travers l’exemple de l’insurrection des Luddites, comment, dès la fin du XVIII siècle, la science est ensuite devenue un instrument des classes dominantes pour « renforcer leur pouvoir sur la nature et les populations ». Dès lors « la méthode scientifique a […] été mise en œuvre hors du domaine restreint où elle était valable », aboutissant ainsi à l’absurdité que constitue cette nouvelle idéologie qu’est le scientisme, ainsi que toutes les énormités (Darwinisme, etc.) qui en découlent !
Le développement démesuré du système
économique et technique, c’est-à-dire du système industriel, fait que nous vivons désormais dans « une organisation économique, technique et industrielle prodigieusement
complexe ». Cette organisation, poursuit l’auteur, « devient toujours plus puissante et étendue et les hommes sont de plus en plus relégués à des rôles subalternes, ayant de
moins en moins voix au chapitre sur son orientation et ses buts. ». Deux notions semblent caractériser cette organisation, d’une part elle n’est plus à l’échelle humaine : elle est
démesurée, et d’autre part c’est un automate : « l’autonomie du développement technologique, son caractère en apparence automatique et
inéluctable, n’a d’autres ressorts que cette réduction et soumission de toute la vie sociale au rythme des machines ».
Aussi, une réappropriation des arts, des sciences et des métiers est-elle nécessaire pour que l’homme recouvre une réelle autonomie. Mais attention « autonomie ne signifie pas nécessairement autarcie, autosuffisance ou repli sur soi », il ne faut pas, en effet, « s’égarer dans des solutions individuelles ». La réapropriation que propose B. Louart doit être expérimentale et critique. Expérimentale, car il nous faut recréer un modèle, un point de comparaison, à partir duquel il est possible de juger la société industrielle en des termes qui ne sont pas les siens. Critique, enfin, pour comprendre l’ensemble du processus politique de dépossession dont nous sommes victimes.
mercredi 8 mai de 16h à 18h
lecture collective de la revue subversion
café théet biscuit
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