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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

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le blog du laboratoire anarchiste

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 18:48

recopié sur Rebellyon.infostu peux te reporter vers les commentaires de cet article. il reste à construire la solidarité aux inculpé(E)s de ce côté des Alpes

Lors de la rencontre entre les chefs d’Etats français et italien, le pouvoir a mis en place un dispositif policier spectaculaire largement relayé par les médias dominants, sur le thème « grâce à nos formidables policiers, la magnifique ville de Lyon a été protégée des affreux opposants au projet grandiose de ligne à très grande vitesse reliant la France à l’Italie ».

Voir l’arti­cle du suivi de la jour­née : Sommet franco-ita­lien : la police étouffe et réprime mas­si­ve­ment l’oppo­si­tion au Lyon-Turin.
Lire aussi Lutte no-TAV : la PJ lyon­naise à la manœu­vre.
Tous les arti­cles en rap­port avec le No Tav : Dossier no-tav.

Si la police a effec­ti­ve­ment beau­coup tra­vaillé durant ces quel­ques jours, elle n’a en défi­ni­tive rien trouvé de sérieux à mettre sous la dent des juges. La machine a certes tourné, mais à vide puis­que les No-Tav n’étaient pas assez bêtes pour se jeter sous les che­nilles du rou­leau répres­sif.

C’est tout de même l’occa­sion d’obser­ver les roua­ges du main­tien de l’ordre en situa­tion excep­tion­nelle.

Sommaire

- Suspension de l’espace Schengen
- Surveillance et fila­ture
- Arrestations pré­ven­ti­ves
- Déploiement sur la métro­pole
- Dispositif sur la place des Brotteaux
- Le coup de la nasse
- Suites judi­ciai­res ?
- Suspension de l’espace Schengen
- Suspension de l’espace Schengen
- Suspension de l’espace Schengen

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Le 3 décembre à Lyon

Suspension de l’espace Schengen

Une cho­ré­gra­phie de gestes poli­ciers se déploie avant même le jour du sommet et le moment de la mani­fes­ta­tion et créé une ten­sion par­ti­cu­lière.

Avant toute chose, l’État fran­çais reprend le pou­voir de choi­sir qui entre ou non sur son ter­ri­toire. En l’occur­rence, les per­son­nes avec un casier ou « connues des ser­vi­ces de police » dans le cadre de la lutte NO-TAV ne sont pas les bien­ve­nues.

Dès le samedi, soit deux jours avant le sommet et la manif, un mini-bus d’Italiens venus par­ti­ci­per à des débats gen­ti­ment citoyens, et qui avaient prévu de repar­tir le soir même est retenu à la fron­tière à Modane, par les ser­vi­ces fran­çais, côté fran­çais. Trois per­son­nes sont iden­ti­fiées grâce à des photos comme ayant déjà par­ti­cipé à des mani­fes­ta­tion NO-TAV. Cela prouve que les poli­ces euro­péen­nes col­la­bo­rent concrè­te­ment et avec une réelle effi­ca­cité.

Les ser­vi­ces ita­liens ont en effet fourni les bonnes photos aux ser­vi­ces fran­çais qui les ont bien uti­li­sées. Il faut savoir qu’en Italie une vague de procès avec des dos­siers cons­ti­tués en bonne partie par des photos (de tatoua­ges, de signes dis­tinc­tifs ves­ti­men­tai­res...) a déferlé ces der­niers mois.

Les trois per­son­nes iden­ti­fiées, dont le chauf­feur du mini-bus ont inter­dic­tion de péné­trer le ter­ri­toire fran­çais, ce qui revient à ren­voyer tout le monde. Fin de cette liberté de cir­cu­ler si chère aux Européens. Dans la foulée, le préfet du Rhône fait savoir qu’il en sera de même pour les bus ayant prévu de venir lundi, ce qui ne sera pas exac­te­ment le cas.

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Le 3 décembre à la frontière franco-italienne

Les 11 bus ita­liens ont bien été inter­cep­tés par la police fran­çaise, du côté fran­çais de la fron­tière, mais les auto­ri­tés met­tent en œuvre une stra­té­gie qui permet de ne pas déclen­cher un scan­dale poli­ti­que avec 500 ita­liens prêts à tout blo­quer si on les empê­chait de passer. En effet les flics se conten­tent d’un contrôle poin­tilleux de toutes les per­son­nes à bord des bus, ce qui jus­ti­fie une perte de temps de 5h. Ce retard inter­mi­na­ble sème le doute et retarde la ren­contre tant atten­due entre cama­ra­des fran­çais et ita­liens.

Surveillance et filature

Plusieurs lieux col­lec­tifs ont été mis sous sur­veillance durant les deux jours avant le sommet : autour de tel squat, une BMW tourne pour en obser­ver les sor­ties, la police muni­ci­pale tape à la porte d’un autre pour obte­nir offi­ciel­le­ment un « simple recen­se­ment » des per­son­nes sur place (une dis­cus­sion enten­due entre deux poli­ciers évoque une note de ser­vice en lien avec le sommet franco-ita­lien), devant tel autre lieu des flics sont vus en train de pren­dre des photos.

En plus de cette sur­veillance fixe, plu­sieurs per­son­nes ont capté qu’elles étaient sui­vies, notam­ment en voi­ture. Ce qui nous invite à faire un point sur la ques­tion des fila­tu­res en véhi­cule :

- Comment savoir si on est filé ?

Le sen­ti­ment de para­noïa étant fré­quent, il vaut mieux s’assu­rer que l’on est effec­ti­ve­ment suivi. Pour cela, quel­ques tac­ti­ques : faire des tra­jets impro­ba­bles et inco­hé­rents, des tours de ronds-points, des retours en arrière, pren­dre des rues déser­tes, accé­lé­rer ou ralen­tir exa­gé­ré­ment, faire mine de cher­cher à se garer, éviter de mettre les cli­gno­tants pour annon­cer où on tourne, pren­dre une sortie au der­nier moment en tra­ver­sant le zébra, s’arrê­ter sur la bande d’arrêt d’urgence avec les war­nings, etc. Il faut avoir en tête que les flics uti­li­sent sou­vent plu­sieurs véhi­cu­les, pour rem­pla­cer une voi­ture qu’ils esti­ment « grillée ». Idem pour les chauf­feurs : un pas­sa­ger se fait dis­cret à l’arrière ce qui leur permet de chan­ger de conduc­teur.

Les flics ont uti­lisé cette fois des modè­les de voi­ture variés : les clas­si­ques, type BAC : Citroën C4 ; Peugeot 207, 307, 407 ; Renault Mégane, Clio ; Ford Mondeo mais aussi des gros­ses cylin­drées : BMW, Mercedes Class A, Passat der­nier cri, ce qui laisse à penser que des ser­vi­ces natio­naux ont été mobi­li­sés (DCRI, SDAT...)

Côté cou­leur, on n’a pas relevé d’extra­va­gance par­ti­cu­lière : noir, blanc ou gris métal­lisé.

- Que faire quand on est filé ?

L’impé­ra­tif pre­mier est de ne pas griller d’autres per­son­nes, par exem­ple ne sur­tout pas se pré­ci­pi­ter vers des lieux amis pour trou­ver de l’aide. Au lieu de pani­quer, le plus simple est de s’arrê­ter boire une bière dans un bis­trot. S’il faut vrai­ment se rendre quel­que part et lar­guer la fila­ture, on peut pren­dre les trans­ports en commun (des­cen­dre du métro juste avant que les portes se fer­ment, chan­ger de bus, etc).

Cette fois, les fila­tu­res ont été gros­siè­res (par exem­ple sur le périph’, la voi­ture filée prend une sortie au der­nier moment, la voi­ture de flics s’arrête et fait marche arrière pour pren­dre la même sortie et conti­nuer à suivre). On peut donc ima­gi­ner que le but n’était pas tant de faire du ren­sei­gne­ment que de mettre la pres­sion pour que rien ne se passe.
La peur pro­vo­que une désor­ga­ni­sa­tion des per­son­nes inti­mi­dées qui sont ainsi auto-neu­tra­li­sées. Il s’agis­sait donc ici d’une sur­veillance ponc­tuelle, par­ti­cu­lière, à dis­tin­guer des sur­veillan­ces de fond, plus fines qui visent à accu­mu­ler dis­crè­te­ment de l’infor­ma­tion pour cons­truire des dos­siers.

Arrestations préventives

Autour d’un squat, la veille au soir, la police natio­nale passe, on ne sait pas trop pour­quoi : ils éclairent juste la porte avec leurs lampes tor­ches, deman­dent à entrer. Évidemment les gens font les sourds et ne les lais­sent pas ren­trer. Et on en reste là.

Le len­de­main matin, jour du ras­sem­ble­ment, le dis­po­si­tif est activé : le civil qui plan­que sur la place proche de ce lieu, et qui avait déjà lancé la veille au soir une fila­ture sur des per­son­nes qui sor­taient du squat, observe tou­jours les entrées et sor­ties. Quand le matin il cons­tate que « ça bouge », deux four­gons (sans doute prêts) arri­vent rapi­de­ment sur place et inter­pel­lent une grosse ving­taine de per­son­nes aux abords de leurs véhi­cu­les. Des ren­forts sont appe­lés, en cinq minu­tes, dix véhi­cu­les de police en tout genre (bana­li­sés et séri­gra­phiés) bou­clent le péri­mè­tre, avec appui de l’héli­co­ptère qui fait à ce moment sa pre­mière sortie.

Fouille rapide des per­son­nes et de leurs affai­res, mais aussi des véhi­cu­les. Suite au refus de donner les clefs, un véhi­cule est même frac­turé par la police pour être fouillé. (Et plus tard on retrou­vera ce véhi­cule avec un pneu crevé...).
Tout ce petit monde est embar­qué dans un bus de police prévu à cet effet. Les arres­ta­tions se font sur des pré­tex­tes foi­reux, tels que « port d’arme » pour une paire de ciseaux médi­caux.

L’objec­tif est bien d’empê­cher des gens de par­ti­ci­per au ras­sem­ble­ment.

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Montluc

Un groupe de per­son­nes se fait aussi arrê­ter par le GIPN dans leur véhi­cule en arri­vant sur Lyon, accu­sés de déten­tion d’explo­sifs tout sim­ple­ment parce qu’ils ont un bidon de gasoil dans leur voi­ture. Il s’agit d’un motif d’arres­ta­tion vrai­ment bidon car, sachez-le, on ne fait pas d’explo­sif avec du gasoil...

Toujours dans la mati­née, cinq per­son­nes sont arrê­tés par... le RAID ! En tenue civile, le RAID pour­rait res­sem­bler à la Bac, cagoule trois trous et écusson RAID en prime. Encore un fois, ces agents qui por­taient l’écusson de ce ser­vice spé­cial n’étaient pas là par hasard. En tout cas, cela amène le nombre de per­son­nes arrê­tées à 34 avant midi.
Elles sont dépo­sées à l’hôtel de police de MontLuc (l’espèce de châ­teau fort) où elles décou­vrent qu’un gym­nase des poli­ciers a été amé­nagé pour la jour­née en vue d’arres­ta­tions mas­si­ves. Dans ce QG de l’iden­ti­fi­ca­tion, des tables ont été ins­tal­lées der­rière les­quel­les des poli­ciers en civil s’agi­tent, dres­sent des listes, rem­plis­sent des tableaux.

Aucune paroi ne sépare les per­son­nes arrê­tées, ce qui leur permet de com­mu­ni­quer et même par­fois d’enten­dre les audi­tions des cama­ra­des, avant d’être dis­pat­chées dans les dif­fé­rents com­mis­sa­riats de ville et dans un local de police à Maisons Neuves trans­formé en cel­lule de gardav pour l’occa­sion.

Ces moments de com­mu­ni­ca­tion entre per­son­nes arrê­tées ont sou­vent lieu au tout début de l’inter­pel­la­tion et sont très impor­tants. Il faut pro­fi­ter de ces quel­ques minu­tes ou secondes pour se donner des infos clefs, mettre au point une ver­sion ou se rap­pe­ler qu’on se tait com­plè­te­ment.
Cette fois, ce sont ces com­mu­ni­ca­tions qui ont permis à la Caisse de soli­da­rité de faire le point sur les arres­ta­tions. En effet, les flics ont opposé aux avo­cats un silence total : on ne savait donc pas qui était arrêté, pour­quoi, etc. Chaque per­sonne libé­rée au compte-goutte nous don­nait des infor­ma­tions fraî­ches et sérieu­ses sur ceux qui étaient encore à l’inté­rieur, et dans quels com­mis­sa­riats ils avaient été envoyés.

Déploiement sur la métropole

Le préfet de région, Jean-François Carenco annonce la cou­leur : « C’est un sym­bole de ras­sem­ble­ment et un grand exer­cice de cohé­sion. » En effet.

Globalement il faut rete­nir trois axes de col­la­bo­ra­tion poli­cière :
- police/gen­dar­me­rie
- ser­vi­ces locaux/natio­naux
- ser­vi­ces fran­çais/ita­lien

A Lyon, plu­sieurs ser­vi­ces fran­çais se sont retrou­vés à coo­pé­rer.
Le Centre Opérationnel Zonal (COZ), dirigé par Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts, a super­visé les ini­tia­ti­ves.
Un centre de coor­di­na­tion de tous les ser­vi­ces de police a été mis en place en centre-ville (rue Rabelais) : le SDIS. Il a super­visé la grande parade poli­cière sur Lyon Métropole.

Tous les plus beaux véhi­cu­les sont de sortie, tout le monde est sur le pont pour le grand bal sécu­ri­taire. La presqu’île est entiè­re­ment qua­drillée, avec contrô­les d’iden­tité en rafale et fouilles des sacs (dès le ven­dredi, mais accen­tués le lundi). Les contrô­les aux points d’entrée de la métro­pole sont ren­for­cés : péages, mais aussi gares, dont notam­ment la Part-Dieu, satu­rée de poli­ciers. Sur tous les ponts et pas­se­rel­les du péri­phé­ri­que et de la rocade, la police natio­nale est osten­si­ble­ment pré­sente. Y a pas à dire, ils ont mis le paquet. Jusqu’à l’aéro­port St-Exupéry, des four­gons de police patrouillent.

Dispositif sur la place des Brotteaux

D’abord, il y a le choix du ter­rain : les poli­ciers ont pro­posé cette place car ils savent en contrô­ler les accès sans trop per­tur­ber la métro­pole et sans offrir trop de visi­bi­lité aux mani­fes­tants. Personne ne pou­vait igno­rer que le sec­teur allait être bouclé puis­que les auto­ri­tés avaient annoncé que la sta­tion de métro Brotteaux serait fermée.

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Les barrières des flics le 3 décembre à Lyon

Dès la fin de mati­née des cen­tai­nes d’hommes sont mobi­li­sés sur le quar­tier des Brotteaux, des dizai­nes de véhi­cu­les sont à la manœu­vre et pren­nent posi­tion. Des camions équipés de grilles anti-émeutes sont postés aux abords de chaque issue de la place, prêts à la fermer. Toutes les rues adja­cen­tes sont rem­plies de véhi­cu­les en tout genre : les voi­tu­res de BAC, des Jeep de police, les véhi­cu­les plutôt réser­vés à la tech­ni­que, un camion équipé d’un mât por­tant une caméra 360°, un camion équipé d’une énorme pelle pour virer les bar­ri­ca­des, 2 camions avec canons à eau, etc. Bref tout le matos de guerre, pour quel­ques cen­tai­nes de per­son­nes qui boi­vent du thé et dis­cu­tent des luttes contre les nou­vel­les infra­struc­tu­res du capi­ta­lisme. A noter que le dis­po­si­tif était tourné vers la place mais aussi en partie vers l’exté­rieur. Contrairement à la situa­tion de la prison Bellecour où il y avait « juste » un cordon de CRS avec leur véhi­cule, on a cette fois des grilles en avant et en plus des CRS, des BAC cas­qués prêts à inter­ve­nir sur la place, et encore en arrière, des civils coa­gu­lés diri­gés vers l’exté­rieur de la place, qui contrô­lent tout ce qui est louche ou s’appro­che. Pour obser­ver le tout d’un œil atten­tif (photos) et poser une ambiance sonore de type guer­rière, l’héli­co­ptère de la gen­dar­me­rie a tour­noyé toute la jour­née, allu­mant son pro­jec­teur dès la nuit tombée.

Sur la place, devant les mani­fes­tants étaient pré­sents les « RG » habi­tuels. Ce sont en fait les hommes ET femmes avec tal­kies-wal­kies qui gèrent la cir­cu­la­tion des manifs. Il y avait aussi des bour­geois gradés peu cou­tu­miers du ter­rains mais des­cen­dus pour l’occa­sion, et quel­ques gros bras de la BAC avec sac à dos (sans doute plutôt en escorte des civils expo­sés qu’en inter­pel­la­tion).
En tout cas tout ce petit monde était dans l’entre-deux : pas de bras­sard, mais clai­re­ment iden­ti­fia­bles. Faut aussi comp­ter sur la place un ou deux pho­to­gra­phes qui bos­sent pour la police (à dis­tin­guer des poli­ciers visi­bles qui pren­nent des photos) et sans doute aussi des vrais « RG », invi­si­bles, qui lais­sent traî­ner leurs oreilles au sein des oppo­sant.e.s.
Dans le quar­tier de la Préfecture, lieu de la ren­contre diplo­ma­ti­que, un autre dis­po­si­tif est mis en place, avec GIPN, RAID et com­pa­gnie.

Le coup de la nasse

Peu de temps après l’arri­vée tant atten­due des bus ita­liens sur la place, cha­leu­reu­se­ment accueillis par les cris et un beau feu d’arti­fice, le dis­po­si­tif s’est refermé sur les mani­fes­tants. Ainsi de 15h à 19h on ne pou­vait plus entrer et sortir libre­ment de cette place. Le ras­sem­ble­ment, auto­risé, a lieu, mais il est cir­cons­crit de façon étanche : aucun mou­ve­ment n’est pos­si­ble, aucun début de mani­fes­ta­tion.
Immédiatement, le spec­tre de Bellecour res­sur­git. Mais les auto­ri­tés ne créent pas un nou­veau scan­dale : dans une posi­tion ambi­guë, ils n’annon­cent pas que les gens peu­vent quit­ter les lieux sans contrôle, mais c’est ce qui se pas­sera dans la soirée.

L’objec­tif des flics est de faire déga­ger les Italiens. Sauf que les Italiens ne veu­lent pas aban­don­ner les Français dans ce filet, et les Français ne veu­lent pas lais­ser partir ces bus sans savoir com­ment eux aussi ils vont sortir de ce mer­dier. Plusieurs char­ges de police ont donc lieu pour dis­so­cier les bus ita­liens des No Tav fran­çais restés sur la place.
Des tirs de lacry­mo­gène ont lieu. A noter que ces tirs étaient étrangement dis­crets : pas de gaz appa­rents ni de lan­ceurs visi­bles, et pour­tant ça piquait. Deux per­son­nes sont sau­va­ge­ment cap­tu­rées par la BAC qui bondit sur le côté, comme d’hab. L’une de ces deux per­son­nes est sévè­re­ment passée à tabac, c’est d’ailleurs la seule per­sonne qui risque des pour­sui­tes judi­ciai­res.

On reconnaît là le style des BAC loca­les avides de coups et d’outra­ges et rébel­lion pour arron­dir les fins de mois. À l’inverse ce sont les GM (Gardes Mobiles, gen­dar­me­rie) qui sont uti­li­sés pour pous­ser les mani­fes­tants et ainsi les écarter des bus. C’est leur pro­fes­sion­na­lisme de mili­tai­res imper­tur­ba­bles qui a été pri­vi­lé­gié sur la sau­va­ge­rie des poli­ciers, sans doute pour limi­ter les dégâts (pas de bles­sés sérieux).
Des Italiens vont tenter de des­cen­dre des bus pour rejoin­dre les Français : ils sont vio­lem­ment blo­qués dans les bus. Des flics mon­tent à bord pour contrain­dre les chauf­feurs à avan­cer. L’un refuse, il paraî­trait que c’est alors un keuf qui se met à conduire le bus ! La menace ita­lienne est donc ex-fil­trée sous haute sur­veillance, avec une escorte serrée sur l’auto­route : des dizai­nes de motards et four­gons, un Land Rover 4x4 Defender siglé Police, jusqu’à l’Isle d’Abeau.

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Manifestants et camion à eau le 3 décembre à Lyon

Finalement, sans que les flics ne l’annon­cent, les oppo­sants au TAV pour­ront pro­gres­si­ve­ment sortir de la nasse, tra­ver­ser les lignes de police par 1, 2 ou 3, avec un petit sen­ti­ment très désa­gréa­ble, mais sans contrôle. Un véhi­cule aux vitres tein­tées posté près d’une sortie laisse sup­po­ser qu’une caméra fil­mait des visa­ges qui sor­taient. À la toute fin du ras­sem­ble­ment, une ving­taine de per­son­nes a été arrê­tée, mais elles ont été relâ­chées dans la soirée.

Suites judiciaires ?

Aussi ruti­lante soit-elle, l’omni­pré­sence poli­cière ne peut rien contre la déter­mi­na­tion col­lec­tive.
Par exem­ple, la ving­taine de per­son­nes arrê­tée avant le ras­sem­ble­ment a réussi à tenir col­lec­ti­ve­ment, et ce, pen­dant des dizai­nes d’heures (jusqu’à mer­credi matin pour cer­tain.e.s !), le refus de donner son iden­tité. C’est donc une ribam­belle de « X », refu­sant tout fichage (emprein­tes, photo, ADN) qui a usé la patience des dif­fé­rents OPJ et com­mis­sai­res en for­ma­tion. Et qui a fini par sortir sans être iden­ti­fiée !
Toutes les dif­fé­ren­tes arres­ta­tions ne débou­chent (à notre connais­sance) que sur une convo­ca­tion en février, pour vio­len­ces sur agent. Et pour cause : per­sonne n’a rien fait.

Finalement le but de la police était plus de neu­tra­li­ser et de dis­sua­der que de porter une atta­que jusqu’au bout. En effet, le len­de­main tout ce dis­po­si­tif s’est évaporé comme par enchan­te­ment, fin du spec­ta­cle, on rem­balle. Pour autant, il ne fau­drait pas oublier que la police mène aussi un tra­vail de fond contre les oppo­sants au Tav et les milieux poli­ti­ques, qui passe notam­ment par des ten­ta­ti­ves de recru­ter des indics et de la sur­veillance dif­fuse.

Du point de vue de la visi­bi­lité publi­que, cette his­toire a plutôt tourné au défilé de flics que de No-Tav. Comme si la France vou­lait impres­sion­ner l’Italie qui de son côté a beau­coup de mal à cana­li­ser la rébel­lion contre le TAV. Mais Hollande fait moins le fier du côté de la cam­pa­gne nan­taise. Ils ont neu­tra­lisé du vide ce lundi-là, car tout se jouait dans l’inti­mité des retrou­vailles entre com­bat­tant.e.s de dif­fé­ren­tes lignes (Italie, Lyon, Nantes), et la pro­messe de gagner dans les situa­tions pro­pi­ces, à Notre Dame des Landes par exem­ple.

Lire Du TAV au TOP : contes­ta­tion contre bul­do­zer autour des dif­fé­ren­tes luttes contre les Grands Projets Inutiles.

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