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Le Laboratoire
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lu sur indymédia. grenoble
Sortons immédiatement du nucléaire !
La sortie immédiate du nucléaire nous oblige à nous attaquer à
l’ensemble de l’organisation industrielle de la filière nucléaire et
notamment à son maillon faible : le transport des déchets et des
combustibles.
Tout comme la radioactivité, le mouvement antinucléaire ne
connaît pas de frontières.
Le 15 février s’est ouvert le procès de quatre
personnes que les tribunaux italiens jugent pour avoir retardé le passage
d’un train transportant les déchets nucléaires provenant de Saluggia à
destination de La Hague. En effet une quarantaine d’opposants au
nucléaire et au monde que cela engendre avaient dans la nuit du 7 février
2011 - un mois avant l’explosion de la centrale de Fukushima - essayé de
bloquer un convoi ferroviaire de déchets radioactifs près de la gare de
Condove dans le Val de Susa.
Une cinquantaine d’opposants à la construction de la liaison grande
vitesse entre Lyon et Turin, du mouvement NO TAV, se sont rendus au
tribunal pour apporter leur soutien à leurs camarades. Nous voyons dans
ce soutien une convergence critique entre la lutte anti-nucléaire et la lutte
anti-TAV que nous tenons à saluer.
Nous souhaitons soutenir les quatre inculpés et leur action, et nous
vous transmettons (dans la suite du texte) la traduction, faite par nos soins, du texte italien que ces derniers ont distribué avant leur procès.
Collectif anti-nucléaire 26 domicilié au Laboratoire, 8 place Saint Jean,
26000 Valence, le 21 février 2012
Le 15 février débute à Susa le procès où nous sommes poursuivis pour divers délits en rapport
aux événements du 7 février 2011
MARRE D’ÊTRE VICTIMES, FIERS D’ÊTRE COUPABLES
Cette nuit-là, quelques semaines avant le désastre nucléaire de Fukushima, une quarantaine de
personnes se retrouvèrent à Condove, dans le Val di Susa, réussissant à retarder quelques heures les
trains chargés de déchets nucléaires à destination de La Hague en France. Des déchets qui vont d’un
pays à l’autre pour revenir souvent, comme pour les dépôts de Saluggia et de Trino, à leur point de
départ, après avoir subi des traitements qui, même s’ils limitent la radioactivité, fournissent surtout du
matériel radioactif pour un usage militaire ou de nouveaux combustibles pour les centrales de l’autre
côté des Alpes (sans parler des confortables compensations pour les entreprises concernées).
Sans aucun doute, il faut reconnaître que les événements de cette nuit-là ont porté à l’attention générale
les dangers immanents auxquels sont exposées les populations vivant aux alentours des centrales
nucléaires ou qui vivent le long des trajets accomplis par ces trains de la mort dans le silence le plus
absolu. C’est pour cela que nous refusons toute accusation spécifique à notre encontre, la logique
perfide et d’intimidation qui tend à séparer les bons des mauvais, ceux qui sont plus ou moins
responsables de ce qui a eu lieu cette nuit-là. La lutte contre le monstre nucléaire tout comme celle
contre le train à grande vitesse, ou bien celles contre l’autoritarisme et les inégalités sociales, sont des
batailles que nous menons la tête haute en nous opposant fermement à la tentative de criminaliser toute
mobilisation.
Nous accordons une grande importance au fait que la discussion sur le nucléaire et ses déchets sont
redevenus un centre d’intérêt, même si c’est à la suite d’une profonde tragédie comme celle qui a frappé
le Japon. Nous ne pouvons que nous réjouir du fait qu’après la mobilisation contre le passage des
déchets à Condove, il y en a eu une autre à Avigliana, beaucoup plus nombreuse, et que les trains de la
mort ne passent plus, au moins pour le moment, dans le Val de Susa ; semble-t-il, depuis ce moment,
les transports de déchets ont été suspendus, au moins dans le Piémont.
Convaincus de la légitimité absolue de nos actions, nous ne nous laisserons pas intimider par la
répression policière et nous transformerons les dates du procès qui nous est fait en occasions de
relancer nos accusations contre les nucléocrates et contre ceux qui tirent profit de l’industrie nucléaire
civile ou militaire.
Dans ce jeu absurde avec l’atome, les victimes et les bourreaux, à la fin, payeront le même prix. On ne
nous convaincra pas du contraire et leurs lois ne pourront jamais démonter les raisons de ceux qui
veulent empêcher les messieurs du nucléaire et de la guerre de jouer avec la planète.
Quelques-uns, parmi nous, ont été traités de terroristes, par les journaux asservis et lèche-bottes du
régime. Alors, si nous sommes des terroristes, ceux qui, en construisant les centrales nucléaires, ont
placé une épée de Damoclès au-dessus de la tête des populations sont des bienfaiteurs ; ceux qui
lancent sur des populations sans défense des bombes à l’uranium appauvri sont des gens bien
respectueux des lois et de l’autorité. Pas comme nous, anarchistes violents et qui plus est
insurrectionnalistes.
Aucun tribunal ne pourra nous juger. Cette tâche appartient aux générations futures.
Arturo, Guido, Luca, Toshi
15 FEBBRAIO 2012 DALLE ORE 9.00
Au TRIBUNALE DI SUSA, VIA PALAZZO DI CITTA’ 36
Réunion de solidarité avec les inculpés
Lundi 13 février 2012
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