le blog du laboratoire anarchiste
Le Laboratoire anarchiste ni centre social, ni think thang,
comme Maximilien Rubel a démontré en traduisant MARX
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le blog du laboratoire anarchiste
traduction par une camarade du collectif le laboratoire d'un article du journal
la Républica du 23 juin 2012, aujourd'hui Luca Abà est revenu dans la vallée.
Ami lectrices et lecteurs faites circuler ce texte qui contredie de nombreuses versions fantasmagoriques.
Il y avait de la violence dans l´air?
"Je ne dirais pas, il y avait une sensation d´urgence, ils donnaient l´impression de vouloir conclure quelque chose au plus vite. Et en effet, il ne s´est pas passé
plus de deux ou trois minutes après que j´ai escaladé le pylone- j´avais pris le téléphone pour appeler Radio Black Out - que quelqu´un escaladait le pylone sous moi."
Un agent?
"il avait le béret bleu, mais il n´était pas en uniforme. Il ressemblait à un varapeur( champion d'escalade) en
tenue sportive. Sans rien pour se protéger."
Ils vous avaient demandé de descendre?
"Non, tout est allé très vite. Il n´y a pas eu d´approche ou de pourparler. Il est parti seul. J´ai eu l´impression que c´était son initiative, presque
instinctive."
Pour résumer, les ordres ne sont pas arrivés d´en haut.
"Exact."
Et ensuite?
"J´ai eu peur et je suis monté jusqu´en haut, où il y a les fils. Je me rappelle bien de ne pas les avoir touchés, et en fait je suis vivant, mais ils m´ont
expliqué qu´un corps vivant, plein d´eau, attire le courant. je suis finis dans le champ électrique. J´ai pris une décharge électrique et j´ai volé."
Avez-vous été secourru?
"Oui, je l´ai vu dans les films. Il y a un agent, peut-être le même qui est monté, qui essaye de me prendre dans ses bras. Mais ce qui m´impressionne est que les
travaux ne se sont pas arrêtés, même pas un instant. Moi, je suis là, étendu à terrre, et autour de moi on finit rapidement d´étendre le réseau de barbelé."
Une erreur qui ne s´est pas répétée le dimanche suivant, quand est monté Turi Vaccaro.
"La logique de la sécurité a prévalu:
ils ont enlevé le courant électrique et mis des matelas anti-chûte. Je souhaite préciser que Turi a pu monter parce que le pylone est en dehors de la zone "d´intérêt national
du chantier".
Ce n´est pas nouveau pour vous d´agir spectaculairement: en 2005, vous aviez essayé d´arrêter les buldozers en vous aggrippant aux grilles du campement qui
était démantelé...
(rires) "Oui, je me rappelle la peur, les cailloux et la terre qui roulaient sous mes pieds. Mais je ne cherche pas les émotions fortes: ce sont des gestes
qui naissent d´une volonté qui a cru en même temps que ce mouvement, et qui font partie de la gratitude que j´éprouve pour les joies que ce mouvement m´a apportées. Ce qui compte ce ne sont
pas les manifestations, mais ce que vous ne racontez presque jamais: la petite vieille qui sort avec un café ou qui cuisine ou qui nous apporte les gants de son fils ouvrier, les retraités qui
distribuent des tracts ou les garcons qui vont le matin à l´usine et passent la nuit dans leur voiture pour faire les guetteurs en cas d´attaques improvisées...".
Comment êtes-vous entrés dans ce mouvement?
"J´ai vécu 23 ans à Turin. J´ai participé aux mouvements étudiants. Puis, en 1999, j´ai réalisé le rêve de retourner sur la terre familiale, là-haut, dans la
vallée. A Turin, j´avais connu Sole et Baleno (les jeunes anarchistes poussés au suicide en 1998 par des accusations qui se sont démontrées inconsistantes, ndr.) et j´étais au courant de la lutte
contre le Tav".
Le retour à la terre a été difficile?
"Disons que cela a été une évolution, non sans fatigue. Mais déjà adolescent je savais que je serais rentré. Je m´occupais des chataîgnes et de la vigne de mon
grand-père, je cultivais les courges et peu à peu je me suis convaincu que je pouvais vivre de cette activité. Je pouvais faire coincider mes convinctions avec la vie pratique de tous les jours.
Je respecte la terre; cela me semble un moyen de rester conhérent, malgré tous les compromis du quotidien".
Vous considérez-vous un anarchiste?
"Je n´aime pas les étiquettes; j´en ai trop eu récemment. J´essaye de m´opposer à un monde de consommation (utilise et jette), à un modèle de consommation démesurée
qui finit par dévorer les vies et les dignités des personnes. C´est quelque chose qui va au-delá d´un simple train.
Avez-vous quelque chose à dire au mouvement?
"Je n´en ai pas le titre. Je peux seulement exprimer une espérance: que nous réussissions à mettre en pratique toutes les belles choses que nous nous sommes dites
ces dernières années, dans les forums et dans les discussions autour des bivouacs, sur les changements dans la vie pratique de chacun. Je voudrais que nous trouvions le courage de vaincre la
routine. Je croies que cela serve peu de parler d´autres mondes possibles sans se débarasser des automatismes que ce monde nous impose déjà. Peut-être peut-on dire qu´il est déjà possible de
vivre différemment, même si ce n´est pas encore permis."
23 juin 2012
Mardi 18 juin à 19h
Repas de solidarité
aux compagnon-e-s italien-e-s emprisonnée-s
pour le G8 Gênes 2001
pour "dévastation et saccage"
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