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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 08:20

Nous au  collectif le  Laboratoire, on soutient l'action de Labéje car on a manifesté déjà contre le Centre Educatif fermé en  2002 face aux locaux en apportant la solidarité aux enfermés du CEF. C'est en toute logique que nous apportons du soutien.On a manifesté après une discussion pour clarifier notre position. Nous insistons sur la discussion car nous au laboratoire, on est contre le flou qui permet aux adeptes de la confusion de se laisser infiltrer par des autoritaires et une mouvance d'Alliance et réconciliation. solidarités aux inculpé-e-s

Qu’elles abîment des majeures ou des mineures, les prisons sont
régulièrement et depuis toujours secouées par des révoltes. Quel que soit
le nom donné aux différentes structures pénitentiaires : le bruit de la
clé dans la serrure d’une cellule est une torture quotidienne, l’isolement
une abomination, la fin du parloir une souffrance, et le temps enfermé un
sablier qui tue à petit feu.

En mai 2011, la quasi totalité des détenus de l’Établissement
Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur se révolte et saccage des
dizaines de cellules. La réponse de l’Administration Pénitentiaire (AP) et
de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) est tristement banale :
mesures d’isolement, conseils disciplinaires, transferts, ainsi qu’une
descente des Équipes Régionales d’Intervention et de Sécurité (ERIS),
spécialistes cagoulés du matage des luttes en prisons. Pendant qu’on
détruit un peu plus les gamins pour leur apprendre qu’ici, on ne se
révolte pas, les éducateurs et éducatrices de la PJJ saisissent
l’opportunité médiatique pour apitoyer sur les conditions de leur travail
avec ces « enfants irrécupérables ».

Le discours porté alors par les torchons locaux, nationaux et autres
porte-paroles du maintien de l’ordre ne parvient pas à duper tout le
monde. Un certain nombre de personnes touchées par la colère qu’expriment
les jeunes détenus décide de manifester leur solidarité. Chercher à capter
leur version des faits, réfléchir les moyens de la faire circuler, casser
la condamnation unanime de cette révolte, faire savoir à l’intérieur que
dehors des gens se bougent et pensent à eux... Le simple fait de se rendre
le plus souvent possible à Lavaur aux heures de parloir pour rencontrer
les familles et discuter avec les proches étonne, dérange et irrite les
autorités locales qui s’empressent de faire appel aux gendarmes pour
empêcher tout échange.

Le 5 juillet dernier, une dizaine de personnes ont pénétré dans les locaux
de la Direction Interrégionale de la PJJ, à Labège dans la banlieue de
Toulouse, pour manifester contre l’incarcération des mineurs. Selon La
Dépêche du 6 juillet, qui s’appuie sur les déclarations faites aussitôt à
la presse par le procureur de la République Valet, ces personnes étaient «
“armées” de bouteilles dont elles ont déversé le contenu sur les bureaux
et les ordinateurs. Un liquide marron au relent d’ammoniaque et qui
pourrait contenir de l’urine et des excréments humains ».

Elles sont reparties « après avoir lancé des tracts qui contiendraient des
propos injurieux sur l’action éducative menée par la PJJ ». Si l’acte
réalisé à Labège n’a pas été revendiqué, il est survenu quelques semaines
après celui d’Orvault, en Loire-Atlantique, où des gens ont écrit sur les
murs de la PJJ de Nantes : « L’EPM tue » à la suite du suicide d’un mineur
placé dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs de cette ville.

L’action aurait « traumatisés » les éducs et le personnel qui
s’affairaient à leur tâche de chaque jour : séparer des mômes de leurs
proches et de leurs familles jugées inaptes à les élever, enfermer des
enfants dans une multitude de structures plus répressives les unes que les
autres ( centres éducatifs renforcés, centre éducatifs fermés, prison pour
mineurs...). Qui traumatise qui ?

Quatre mois plus tard, le mardi 15 novembre à Toulouse, 7 domiciles sont
perquisitionnés par une centaine de gendarmes qui saisissent ordinateurs,
téléphones, livres, affiches et effets personnels de touTEs les
habitantEs. A l’issue de ces perquisitions, 7 personnes sont placées en
garde à vue, 4 autres sont auditionnées, et une famille en cours de
régularisation est arrêtée puis relâchée dans la journée. Après 32h de
garde à vue, 4 sont placées en détention provisoire sur demande du juge
d’instruction Suc. Une cinquième est placée sous contrôle judiciaire, une
sixième doit rester à disposition du juge pour le reste de l’instruction
en tant que « témoin assisté ».

Illes sont mis en examen pour : « participation à un groupement formé en
vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction
ou de dégradations de biens », « violence commise en réunion sans
incapacité » et « dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en
réunion ». Tout ça pourquoi ? Deux tags et un sceau de caca ? Le fait de
visiter en journée certains collaborateurs de l’enfermement semble relever
d’un intolérable culot. Mais soyons sérieux, au regard de la situation
faite aux mineurs détenus, et plus largement à l’ensemble de la population
carcérale, cette action paraît bien modérée. Qui se fout de la gueule de
qui ?

La Police contrôle, pacifie, tue. La Justice enferme, anéantie, tue. La
répression n’est pas aveugle et encore moins anodine. Elle vise celles et
ceux qui, malgré leur position dans la société qui les voudrait pauvres et
dociles, refusent ce sommeil. Un jour les « anars », un jour les
étudiantes, un jour les ouvriers grévistes, la liste des mouvements
sociaux criminalisés est infinie… Sur Toulouse, pendant le mouvement des
retraites des personnes écopent de mois de sursis pour un tag, à la fac
des étudiantes sont condamnées pour une occupation pendant une grève, dans
les boites des travailleur-euses sont sanctionnées pour telle ou telle
action, des squats où l’on fait intervenir le GIPN et où la justice prend
des licences avec ses propres règles.

Ce n’est pas un milieu que l’on cible, c’est la capacité d’action de toute
lutte. Dès que la contestation sort du cadre légal qui ne laisse d’autre
choix que d’organiser une jolie manifestation plonplomb déposée en
préfecture, on s’expose à une répression aussi mégalo que ses
commanditaires. Saupoudrons le tout de termes tels que « mouvance
anarchiste », « anarcho-autonome », « gauchistes », que la justice et les
médias affectionnent tant et la tambouille médiatico-judiciaire est servie
! Cuisine rendue volontairement indigeste pour faire croire que ces luttes
ne concernent qu’une bande d’inadaptés extrémistes et incurables. Alors
qu’à Toulouse comme ailleurs, la police et les corps répressifs sont
partout, nous pourrissent la vie à tous et toutes, des banlieues au
centre-ville, en effectif toujours plus nombreux et toujours plus armés.

Ce qu’ils appellent « ville propre » c’est une ville livrée aux bourgeois
et au commerce, mortifère, aseptisée, où rien ne dépasse et où tout est
sous le contrôle des caméras, des forces de l’ordre, des "bons citoyens".
Qui terrorise qui ?

Qu’illes aient ou non fait partie de l’expédition qui nous avait réjouis à
l’époque, nous sommes solidaires des inculpé-es

Nous ne voulons pas de ce monde qui nous contrôle et nous emmure.

Leurs matraques ne nous feront pas taire, ni marcher d’un seul pas !

Au contraire, exprimons notre solidarité avec rage et détermination !

Exigeons l’arrêt des poursuites et la libération pour les inculpés du 15
novembre !

Les murs nous enferment, attaquons toutes les prisons !

Laissez libre cours à votre imagination pour tout acte de solidarité dans
chaque ville nonalepm@riseup.net pour les thunes, envoyez vos chèques à
l’ordre de « Maria », CAJ c /o Canal Sud 40 rue Alfred Duméril 31400
Toulouse


https://nantes.indymedia.org/article/24763

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