Quantcast

Pour nous contacter

Le laboratoire Anarchiste
8 Place st Jean
26000 Valence

envoyer vos suggestion

de post ancienne adresse:
lelaboratoire@
no-log.org

new:c.l-v@hotmail.fr

 


Bibliothéque  de prêt
le mercredi de  16h - 18h

Accueil/infos CNT-AIT
vendredi toutes les deux semaines

de  17h30à19h

Emission radio Labo
sur radio Mega
99.2FM
lundi en direct
18h15 - 19h
rediffusion:
jeudi de 9h à  9h 45
http://radio-mega.com
04 75 44 16 15

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recommander

Images aléatoires

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

le blog du laboratoire anarchiste

Vendredi 13 juillet 2012 5 13 /07 /Juil /2012 09:51

40 membres du GIT Turquie se sont déplacés le  lundi 2 Juillet 2012 à Silivri, pour suivre le procès « KCK Istanbul » dans lequel Busra Ersanli, Ragip Zarakolu, Ayse Berktay et de nombreux étudiants sont jugés parmi les 205 accusés (dont 140 en détention). L’accès à l’énorme complexe judiciaire et pénitentiaire de Silivri, « centre d’exécution des peines » dans sa traduction littérale, était en soi une épreuve : à environ 70 km d’Istanbul, ce complexe se trouve au milieu de vastes champs, et les quelques routes qui y mènent étant barrées par les gendarmes, il a fallu marcher 1 à 2 kilomètres pour atteindre l’entrée du tribunal, après un trajet de 2h en car (voir photos 1 et 2). Le cortège du GIT était parmi les rares groupes présents sur place, de nombreux cars affrétés par le BDP [parti pro-kurde légal] ayant été bloqués par la police avant même leur départ d’Istanbul.

GIT-2-JUILLET-2012-SUR-LA-ROUTE.jpg

GIT-2-JUILLET-2012-CENTRE-DE-DETENTION.jpg

             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En dépit de ces mesures policières, des centaines de personnes s’étaient réunis devant le tribunal pour afficher leur soutien, mais il leur était impossible d’accéder à la salle d’audience (remplie par les proches des accusés, les avocats et les journalistes). Le GIT avait averti les correspondants de la presse internationale – un petit nombre d’entre eux était présent sur place, dont Guillaume Perrier du journal Le Monde. Un incident grave est à signaler concernant le véhicule ayant convoyé certains correspondants internationaux et les membres de l’IPA (International Publishers Association), du PEN, et de l’Association des éditeurs turcs (TYB) : curieusement, sous le regard pourtant omniprésent des gendarmes, ce véhicule a été cambriolé, leurs dossiers concernant le procès ainsi que leurs ordinateurs portables volés. 

            Arrivés sur place vers midi, seuls quelques membres du GIT ont pu entrer dans la salle d’audience, tandis que les autres se réunissaient derrière la banderole du GIT sur laquelle on pouvait lire « Liberté à la pensée, à l’université et aux Busra » (faisant allusion à la fois au professeur Büşra Ersanlı et à Büşra Beste Onder, étudiante de 22 ans en détention jugée dans le même procès). Le GIT faisait partie des trois groupes qui ont fait une déclaration à la presse, avec le Syndicat de l’éducation supérieure (Eğitim-Sen) et le parti BDP. Le professeur Füsun Üstel est intervenue brièvement pour souligner  l’engagement permanent du GIT en faveur des libertés de la recherche et d’enseignement en Turquie, faisant appel pour la libération immédiate de Büşra Ersanlı et d’autres collègues emprisonnés.

 

GIT-2-JUILLET-2012-BANDEROLE-TB-B.jpg

La présence du GIT sur place a favorisé les rencontres entre plusieurs groupes et personnalités qui étaient venus apporter leur soutien : étudiants, universitaires, éditeurs (dont Ragıp Zarakolu qui salue l’ensemble du GIT), représentants du mouvement civil kurde, journalistes. Ainsi, alors que dans la salle d’audience, les demandes de la plupart des détenus pour plaider dans leur langue maternelle kurde étaient rejetées, à l’extérieur, divers acteurs de la société civile avaient réussi à se parler et à afficher leur engagement commun : la liberté d’expression et de recherche, quelque soit sa langue. Le procès, qui semble à présent être bloqué par cette question de la langue de défense, durera une dizaine de jours – nous continuerons de mettre à jour les informations. 

 

A l’intérieur du tribunal, les juges ne semblaient pas très sûrs d’eux, rapporte un observateur, vu la mise-en-scène montée de toute pièce concernant l'acte d'accusation qui voit derrière chaque intellectuel, écrivain, éditeur, journaliste et universitaire un soit-disant « terroriste » (en vertu de la loi anti-terreur). Ragıp Zarakolu, lors de sa conférence de presse improvisée devant le tribunal, a assimilé les prisons en Turquie, celles en activité comme celles dont la construction bat son plein, de « Goulag turc ». « Un cancer ronge ce pays avec ce procès KCK », a-t-il encore déclaré. Et il a ajouté que la liberté d'expression est gravement menacée dans ce pays, comme à l'époque de 12 septembre 1980, date à laquelle le pays a connu le plus grave coup d'Etat qui a précipité la Turquie dans la dictature militaire.

 

Le correspondant du Monde à Silivri, Guillaume Perrier, observe la tension créée par la présence disproportionnée des forces de l’ordre (Blog « Au fil du Bosphore », http://istanbul.blog.lemonde.fr/ ).

A l'extérieur, l'organisation du rassemblement est assurée par le service d'ordre du BDP. Les drapeaux et les banderoles ont pu entrer jusque là après d'âpres négociations avec les gendarmes. Les "Mères pour la Paix", ces femmes kurdes, mères de victimes de la guerre qui sont régulièrement en première ligne des manifestations, sont venues dans leur habit traditionnel, coiffées du voile blanc bordé de dentelles qu'on porte dans les villages du "Sud Est" de la Turquie, la tête cerclée d'un bandeau aux couleurs kurdes: rouge, jaune et vert. Si le regroupement est d'abord autorisé, très vite, la tension est palpable. Deux bataillons de policiers anti émeutes arrivent, en rangs serrés et encerclent les manifestants. Les policiers frappent en rythme leur matraque contre les coques de protection qu'ils portent sur les jambes. L'officier donne l'ordre de mettre les masques à gaz sur le nez. Chacun se prépare alors à se faire arroser de gaz lacrymogène, comme c'est souvent le cas au cours des manifestations de Kurdes. Le face à face dure ainsi une demi-heure. Puis les masques se relèvent.

 

GIT-2-JUILLET-2012-MERE-DE-MAI.jpg 

A Silivri, Istanbul, 2 Juillet 2012.

Publié dans : tribune libre
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Agenda

mercredi 8 mai de 16h à 18h

lecture collective de la revue subversion

café théet biscuit

 

Archives

Présentation

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés