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le blog du laboratoire anarchiste
Nous publions ce texte paru sur ce blog
Chère Toute Belle NKM,
Enfin, je peux t'avouer mon amour sans honte. Le bonheur de voir dégager la mafia de Neuilly qui travaillait si bien pour les boss du 4-40 est un peu (soyons
honnête: un tout petit peu) troublé par l'idée que je te verrai moins souvent sur les écrans. Il est temps de faire mon cômingueaoute: à l'inverse de Jérôme Leroy, fils de la bonne bourgeoisie de
province, qui fantasme sur les prolotes comme Sarah Palin, le soussigné fils d'un ouvrier et d'une femme de ménage,
nourrit des rêves fous et de libidineux projets chaque fois que tu apparais, ô mon idole BCBG. Je conserverai à jamais dans mon coeur (en fait il s'agit d'un autre organe, mais c'est pareil)
l'image de ton jean à 1500 euros serrant ton tout petit cul et tes talons qui se tordaient sur les pavés de la cour de l'Elysée, tandis que, grande gigue égarée chez les nabots du cynique calcul
politicard, tu avançais vers ton destin, toi qui avoua un jour, comme un petit vice secret si charmant sur ta bouche, que jamais au grand jamais tu ne voterais pour le Front Nazional. De
méchantes langues ont dit qu'il n 'y avait là qu'un mépris de classe pour les gueux qui votent mal, une bonne langue rêve de te faire découvrir, là où naissent tes si longues jambes, au plus
secret de toi, la clitoridienne jouissance d'être radicalement anticapitaliste.
Si tu veux te reconvertir, je t'en prie, n'hésite pas, joins-moi par l'intermédiaire de ce blog. Je te promets d'être patient et tendre, la sodomie n'est qu'une
option.
Avec tout le respect dû à la France que tu incarnes avec tant de talent (ouverte à tout, jacassant n'importe quoi à l'intention de la planète mais reculant quand
même parfois au dernier moment devant le pire du pire), je t'embrasse avec une fougue qui remonte de loin, de La Crau (Var), là où on a voté en masse pour ton immonde patron et d'où je suis parti
en courant à 16 ans, dans l'espoir secret de te rencontrer, ô mon impossible paradoxe, mon à jamais élusive NKM (NiKelaMeuf, dans tes rêves! diraient mes amis de Villiers le Bel et autres lieux
où tu as peu mis les pieds).
Je t'embrasse là où tu veux
Serge
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| C'est qui, ce connard qui te colle? |
lu sur le net sur un sujet:Personne n’ignore les deux attentats lamentables d’hier, à Oslo, en Norvège.
Premier choc devant le bureau du premier ministre Jens Soltenberg, parti travailliste, qui n’était même pas présent au moment de la déflagration. Un quartier pas trop fréquenté, fort heureusement, mais 7 victimes se baladaient par là, pour aller chercher leurs tabloïds chez Sun.
Peu après, c’est un homme qui s’introduit dans le camp universitaire d’été des jeunes travaillistes, sur l’île d’Utoeya, à 20 kilomètre d’Oslo, et qui se présente comme «Batman» qui va sauver tout le monde et tire sur les ennemis les djeunzs, faisant 84 victimes supplémentaires.
Si le vendredi, les Norvégiens pensaient aux radicaux libres islamistes, cela aurait été quand même bien la première fois que ces derniers s’en seraient pris aussi violemment à un parti politique au pouvoir en Occident.
Les doutes s’envolent lorsque la police arrête un jeune homme de 32 ans, «Norvégien pure souche» (dixit médias), blond aux yeux bleus, proche de l’extrême-droite. Car ce qu’il faut savoir, c’est que lorsque les terroristes l’extrême-droite commettent des attentats, ils sont toujours proches des milieux de ladite extrême-droite et jamais dedans, surtout quand les méfaits des ces pourris soulèvent la désapprobation populaire et risque de faire perdre, du coup, des voix électorales. D’où la nouvelle obédience de ce jeune homme méthodique (et non méthodiste) décrit par les autorités comme un fondamentaliste chrétien (qui va finir par leur faire croire qu’il a agi par charité chrétienne).
Revenons à notre «Bataman» norvégien pure souche qui fait péter une bombe dans un quartier d’Oslo à 15h30, se rend en métro au port (parce qu’avec le merdier que cela a dû créer dans la circulation, les transports publics sont à même de garantir un horaire, quand ils fonctionnent cela va sans dire), prend un bateau à moteur super-puissant ou un jetski (quoiqu’avec deux armes automatiques et quelques bombes dans le dos, l’eau glacée, enfilage, défilage de la combinaison, trépigner pour ce réchauffer, bien se frotter avec un linge pour remettre des vêtements potables avec un imper, parce qu’en Norvège, il fait un temps de merde comme chez nous…ça ne tient pas la route, on oublie le jetski), se rend dans le camp d’été à pieds, se présente comme le «Sauveur» et flingue 84 gamins de 14 à 18 ans, ceci près de deux heures après.
Alors de trois choses l’une.
Soit effectivement, nous sommes en présence d’un jeune homme norvégien pure souche aux pouvoirs extraordinaires qui fait péter un quartier d’Oslo, se rend en moto au port, profite de l’élan pour franchir le quai, laisse tomber sa moto dans l’eau pour sauter sur un jetski déjà en marche, fonce vers l’île d’Utoeya, arrive sur le sable froid de la plage, tournoie sur lui-même en une fraction de seconde pour se retrouver en curé et flingue jusqu’à plus de munitions, courre vers son jetski, tournoie à nouveau pour se retrouver en combinaison de plongée, reprend son jetski, arrive au port d’Oslo et, le temps de remettre ses vêtements, se fait arrêter. On est alors là devant ce qu’il faut avouer «un vrai miracle».
Soit il est déjà sur son jetski après avoir mis l’horloge de ses bombes sur 15h30, arrive sur le sable froid de la plage, prend son temps pour mettre sa bure, se présente comme le «Sauveur» et flingue 84 gamins, retourne vers son jetski où décidément, il se les gèle, traverse les eaux houleuses sur 20 kilomètres et c’est quand il a fini de s’essuyer et qu’il peine à mettre son jeans qu’il se fait cueillir.
Soit, troisième hypothèse, il n’a pas commis cet acte tout seul, même si le bon dieu était tout le temps avec lui et protège les Justes d’extrême-droite fondamentalement chrétiens norvégiens pure souche.
Nous n’en saurons pas plus pour le moment, Roupette Murdoch & Cons ne pouvant plus bénéficier des sources policières et écoutes téléphoniques qui nous permettaient de tout savoir sur tout, même sur ce qu’on s’en foutait.
Entre 1853 et 1870, un certain baron Haussmann se lance dans le réaménagement de Paris, officiellement pour augmenter le prestige de la ville et lui offrir sa vraie stature de capitale européenne. En réalité, l’objectif de ces grands travaux n’est pas tant d’accroître le rayonnement de la capitale que de faciliter le contrôle de son peuple… Napoléon III, impressionné par Londres, a pensé sa ville idéale avant même son coup d’Etat : une ville sécuritaire, contre-révolutionnaire. Pour asseoir la dynastie des Napoléonides et éviter le tragique destin des Bourbons et des Orléans, il faut étouffer dans l’œuf une nouvelle révolution, tirer les leçons des insurrections de 1830 et de 1848…
C’est donc sous couvert de prestige qu’Haussmann applique son urbanisme en véritable stratège militaire. Il relie les casernes au centre de la ville, détruit les logements ouvriers pour écarter les classes laborieuses, annihile les foyers d’insurrection, remplace les pavés par du macadam, éventre le vieux Paris, quartier des émeutes. Il éloigne les pauvres des édifices publics et surtout, il perce les ruelles de grands boulevards aux dimensions jusque là inconnues, où des barricades ne peuvent résister à une charge de cavalerie ou à un tir d’artillerie. En parallèle à cet urbanisme militaire, esthétique et hygiéniste, la ville se subordonne aux besoins du commerce. Le capitalisme s’y étale sans complexe. C’est la curée et l’apparition des grands magasins.
*
Le Corbusier, qui voyait en Haussmann « le premier urbaniste moderne », n’imaginait lui-même que cette alternative : « l’architecture ou la révolution » [2]. Aujourd’hui, cette quête de la ville sécurisée obsède encore les urbanistes. Les cités sont façonnées pour ceux qui les dirigent, l’urbanisme étant toujours, et définitivement, un outil du contrôle social. La banlieurisation engagée au XIXe siècle a connu son apogée avec les grands ensembles, la ville, naturellement consacrée au capitalisme, devenant le terrain de la ségrégation sociale et de la fragmentation fonctionnelle de la vie. Et aujourd’hui, ce sont ces mêmes logements sociaux que l’on veut « résidentialiser », dont on veut redresser l’image, et qui continuent d’être des zones d’expérimentation urbanistique.
Ainsi le credo des urbanistes c’est l’espace défendable, introduit par Oscar Newman [3] dans les années 70 : l’espace urbain doit être sécurisant et la ville façonnée afin d’éviter la délinquance et de faciliter sa répression. Selon les préceptes de la prévention situationnelle, il faut limiter les cibles potentielles, empêcher les actions de délinquance et favoriser le contrôle partagé des lieux entre leurs locataires. Dans cette optique, architectes et urbanistes s’inspirent de ce qu’ils ont déjà élaboré pour l’univers carcéral. A l’heure où les prisons sont conçues comme des mini-villes, les univers urbains et carcéraux ont tendance à se confondre. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, urbanistes et architectes appliquent les mêmes méthodes qui ont fait d’eux des acteurs principaux de notre flicage quotidien [4]. En ville la surveillance ne cesse de s’accroître, suivant le concept bien connu du Panopticon de Jeremy Bentham. Tout espace doit pouvoir être vu. Tout délinquant potentiel doit avoir le sentiment d’être surveillé. Aussi, dans les nouveaux aménagements urbains, on évite les angles morts ; on place les luminaires et les arbres de façon à éviter les coins d’ombre ; on installe des miroirs un peu partout, notamment dans les escaliers ; et on réduit la taille des haies… La visibilité est maximale et l’habitant est invité à s’improviser maton, à surveiller son habitat.
Mais outre cette organisation de l’espace qui fait de l’habitant l’objet et le sujet de la surveillance, c’est la technologie de pointe même qui est fournie pour l’autosurveillance. C’est dans cette logique de « co-veillance » que les HLM [5] proposent aux locataires un accès aux caméras de sécurité, dans leur salon, via leur télévision. En introduisant la démocratie chez Big Brother, on balaye de la main les accusations d’atteinte aux libertés : la surveillance est décentralisée et cogérée.
Evidemment, cette surveillance seule ne suffit pas. Parallèlement à ces mesures, l’espace défendable s’adapte pour favoriser la capture du délinquant. Les policiers urbanistes condamnent les coursives et suppriment les toits en terrasse. Ils installent des halls avec sas, des vidéophones et font disparaître les ornements des façades pour éviter l’escalade… L’immeuble se lisse. Restent les pics anti-pigeons.
Cette prise en compte de la sécurité dans l’aménagement de l’espace, la prévention situationnelle n’est pas un délire de quelques urbanistes, mais bien la nouvelle norme pour la ville. L’Europe devrait bientôt coucher tout cela sur papier, condamnant les haies du Vieux Continent à ne pas mesurer plus de 72 centimètres.
Mais si l’espace défendable a d’abord été imaginé pour l’habitat social, ses méthodes s’appliquent sans mal à d’autres types d’infrastructures, en particulier aux équipements de loisirs. Ainsi ce sont les mêmes concepts qui ont pu être utilisés lors de la construction du Stade de France, à Saint-Denis : même perdu au milieu de 80 000 personnes, impossible d’échapper à la surveillance des caméras mobiles placées sur le toit. Surtout, le contrôle social s’exprime avec la même intensité à l’intérieur et à l’extérieur de l’équipement. Le poste de commande centralisé du Stade est par exemple capable de suivre un supporter depuis la station de RER Châtelet jusqu’à sa place dans les tribunes. La surveillance ne se limite plus à l’intérieur de l’enceinte mais irradie l’environnement de l’infrastructure. L’équipement de loisirs ne se contente pas de s’autosécuriser mais étend son besoin de sécurité à l’ensemble du quartier. Et puisqu’il est souvent un pôle qui s’inscrit dans des projets bien plus vastes (de constructions de bureaux, de commerces, de logements), il se pose comme un facteur important de réaménagement de la ville [6].
mercredi 8 mai de 16h à 18h
lecture collective de la revue subversion
café théet biscuit
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