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le blog du laboratoire anarchiste

exploitation de la force de travail; l resistance

Samedi 17 novembre 2012 6 17 /11 /Nov /2012 10:45

solidarité avec les salarié-e-s en lutte à l'AFPA contre la privatisation. La région rhones alpes finance les formations pour le futur chantier du TGV lyon Turin. Pour du travail ( la question du travail reste toujours d'actualité avec l'utilisation des drones contre la population civile de  Gaza) avec le contrat d'avenir

J'ai été en formation à l'AFPA et je peux témoigner que c'est une très bon organisme de formation.
Aujourd'hui les salariés de l'AFPA ont besoin de notre soutien face à la privatisation.
Kaou
Bonjour,

L'AFPA va mal alors qu'on a jamais eu un tel besoin de requalifier les demandeurs d'emploi.

C'est ce que fait l'AFPA depuis plus de 60 ans.

En 2011, 100 000 demandeurs d'emplois ont été requalifiés par l'AFPA, une grande partie a ainsi pu retrouver du travail.

Subventionnée par l'Etat pendant plus de 50 ans , l'AFPA a été lâchée sur le marché de la concurrence
Les fonds qui lui étaient confiés en tant qu'opérateur de référence de requalification  des demandeurs d'emploi ont été décentralisés aux conseils régionaux. Ces derniers, depuis quelques années soumettent l'AFPA à la libre concurrence à travers des appels d'offres (cf les directives européennes libérales).

Dans certaines régions, le volume d'activité confiée ainsi à l'AFPA a été réduit de 40 %, les conséquences sur l'emploi dans notre association, qui compte 9000 salariés et a plus de 200 implantations, ont été dramatiques.

Pire la mise en concurence oblige à faire des gains de productivité (réduction des parcours de formation, gains sur les matières d'oeuvre, réduction ds investissements sur les plateaux techniques, blocage des salaires, baisse des effectifs
...) incompatibles avec le service public primordial qu'est la reconversion des demandeurs d'emploi
L'AFPA forme aussi les salariés d'entreprises, en 2011, ce sont ainsi 160 000 parcours de formation qui ont été réalisés à l'AFPA, tous publics confondus.

L'AFPA est aujourd'hui au bord du dépot de bilan et son président demande à l'ETAT un soutien sous plusieurs formes (avance de fonds, des chomeurs à former, la sécurisation juridiques de nos liens avec les conseils régionaux...)

Le 22 novembre, toute l'AFPA sera en grève et une grande manifestation est organisée à Paris afin notamment que des représentants du personnel soient reçus par le premier ministres.

Pour nous aidez, je vous propose de lire et de signer la pétition de soutien en ligne sur le site "mes opinions.com"

Il vous sera demandé de rentrer votre adresse mail, puis donner vos coordonnées,  vous recevrez ensuite un mail et vous devrez confirmer votre signature.

Voici le lien, en cliquant dessus rien ne se passe, faite un copier coller dans la barre d'adresse :

http://www.mesopinions.com/petition/social/petition-soutien-afpa/9374

Tranférez largement ce message

Merci d'avance
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Mardi 25 septembre 2012 2 25 /09 /Sep /2012 08:25

a lire sur mondialisme.org

Dans le monde, une classe en lutte septembre 2012

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LA FUITE EN AVANT DU CAPITAL IL MASSACRE, DETRUIT, SES CRIMES SONT INNOMBRABLES ET NE PEUVENT LE SAUVER DE SA DISPARITION

Il faut beaucoup de courage dans un immense désespoir pour renoncer à la vie et se suicider : mais de toute façon, quelles que soient les raisons que l’on se donne ou que d’autres donnent, c’est parce que le système vous y a acculé et qu’on ne trouve pas d’autre issue à la vie de merde qu’il vous a faite. Nombre de ceux qui arrivent à cette ultime solution parce qu’ils ne voient pas d’autre moyen de lutter le font en silence. Quelles que soient les apparences, cela reste un acte individuel. Mais dans une période récente, le suicide individuel (parfois spectaculaire, comme cette immolation par le feu d’un chômeur dans un bureau de la CAF) est accompli de telle façon qu’il est une forme de protestation contre le système. Cela va actuellement des suicides à France Telecom jusqu’à ceux des travailleurs de Foxcon en Chine, ou à celui de paysans indiens ruinés par la « révolution verte » et les usuriers. Cette forme de suicide est accomplie de telle façon qu’elle puisse provoquer une certaine médiatisation et, par suite, conduire les travailleurs placés dans les mêmes conditions, ou l’ensemble des travailleurs, à réagir. A réagir et à lutter, pas tant contre le cadre précis nanti d’une autorité destructrice, mais contre le système que celui-ci met en application. Les travailleurs de Foxcon à Shenzhen qui sautaient individuellement dans le vide pour se tuer devant la porte de l’usine au moment du changement d’équipe faisaient de leur mort individuelle un acte de lutte contre leur exploitation, en espérant créer un choc tant pour les nombreux témoins de leur geste que pour tous ceux qui en seraient inévitablement informés. Cela restait pourtant un geste individuel. Peut-on relier de tels actes individuels à d’autres de même nature – l’autodestruction d’un être humain – qui cessent d’être individuels pour devenir collectifs ? Les travailleurs de Foxcon, rassemblés sur le toit de l’usine, qui menacent de sauter tous ensemble dans le vide si l’on ne tient pas compte de leurs revendications, sont-ils proches de la menace des travailleurs de Cellatex, qui est de se faire sauter avec l’usine, ou de ces mineurs italiens enfermés dans la mine avec des tonnes d’explosifs, ou de bien d’autres exemples extrêmes similaires de décisions ultimes, après avoir épuisé toute possibilité de lutte et constaté leur isolement ? Peut-on relier ces actes ou ces menaces à ces mineurs d’Afrique du Sud qui trouvent assez de courage pour affronter avec des lances et des machettes des forces de la répression dotées d’armement sans comparaison avec les leurs ? Un de ces mineurs d’Afrique du Sud exprimait bien le sens de tels affrontements : « Préférer mourir que de travailler dans ces conditions. » Ce n’est pas nouveau car, dans le passé, des affrontements directs de classe se sont affirmés autour de ce simple slogan : « Du pain ou la mort », et ont mis des prolétaires sans espoir mains nues face aux forces de la répression dotées d’armes létales. Quant un tel dilemme se pose, cela fait apparaître que le capital n’exploite les êtres humains que pour en prendre ce qui peut lui procurer un profit, en utilisant leur force physique et/ou mentale – au besoin à l’extrême – et le plus souvent seulement une partie des dites capacités (ce qui pourrait poser d’autres questions quant à l’évolution même d’une espèce humaine ainsi conditionnée). Cette destruction des êtres humains (avec leurs conditions de travail et leurs réactions extrêmes éventuelles), autrement dit d’une partie de ce que la nature met à la disposition du capital, peut-elle être reliée à deux autres conséquences globales de l’activité capitaliste : d’un côté l’élimination et la marginalisation d’une masse de plus en plus importante d’êtres humains – placés dans une précarisation totale parce que rendus inutiles par l’évolution même du système –, d’un autre côté la destruction de tout ce que la nature procure au capital et que, dans son évolution, celui-ci détruit et reste dans l’incapacité totale de contrôler ? Parmi les crimes du capital, on ne met habituellement que les guerres ou les catastrophes qui auraient pu être évitées, mais pas cette constante destruction d’un appareil de production (êtres humains et matériel) rendu obsolète par la recherche compétitive du profit à travers l’innovation : aujourd’hui, le monde entier est jalonné de ces déchets de l’industrie d’hier qui ne peuvent plus être résorbés (depuis les divers déchets atomiques jusqu’aux amoncellements de plastiques dans une zone du Pacifique). La destruction d’une manière ou d’une autre des êtres humains en regard leur exploitation n’en fait pas partie. Seules, de-ci delà, des luttes qualifiées d’arrière -garde (à l’aune du « progrès » capitaliste) viennent souligner ces destructions en acceptant des miettes permettant la survie. C’est le même « progrès » qui entraîne des luttes, souvent perdues, de deux sortes : celles de paysans dépossédés de leurs terres, soit par l’expansion capitaliste dans la production agricole, soit par l’implantation de zones industrielles ou de barrages fluviaux. C’est aussi le même « progrès » qui déclenche des luttes contre les formes diverses de « pollution » : celles des populations environnantes empoisonnées par des émanations nocives, celles des paysans dont l’implantation d’exploitations minières pollue ou tarit l’eau nécessaire à leur production agricole et à leur vie quotidienne. Essentiellement dans les pays en développement parce que là, le capital a la « liberté » d’exploiter sans limites, tant la nature que les populations, ces luttes donnent des résultats mitigés. Mais il est une forme de pollution plus globale qui vient de l’exploitation mondiale sans limite par le capital de ce que la terre peut fournir en surface et en sous-sol. Peut-on relier la diffusion de cette pollution à tout ce que nous venons d’écrire sur les destructions plus ponctuelles, matérielles et humaines ? Cette pollution est générale et étroitement liée au développement du capital lui-même, à son existence même. Pour ces caractères, ce « crime » n’est combattu qu’idéologiquement ou très localement. Les conséquences dramatiques prévisibles et déjà visibles ne suffisent pas à persuader les intérêts capitalistes globaux de la nécessité vitale pour sa survie d’une régulation impossible, qui mettrait en cause les bases de son fonctionnement. L’expansion industrielle du capital – la seule source du profit capitaliste – reste la seule mesure des solutions préconisées pour sortir de la crise mondiale du capital. L’émission croissante et irrépressible de gaz divers résultant de cette expansion entraîne des effets tels sur le climat que ce « crime suprême » du capital commence à surpasser tous les autres « crimes ». Ses conséquences sont pourtant régulièrement désastreuses sur des secteurs productifs et pour l’ensemble des populations concernées (famines, inondations, affrontements ethniques ou religieux, migrations forcées, le tout accompagné de guerres localisées et d’émeutes). On ne sait trop ce qui (et quand), entre la crise systémique de fonctionnement du capital d’une part et cette conséquence dramatique de l’exploitation illimitée de tout ce qui vit sur la terre et de ce que recèle son sous-sol d’autre part (bien que ces deux volets soient intrinsèquement liés), pourrait conduire à un chaos tel qu’il provoquerait des réactions de l’ensemble des « dominés » (exploités, précaires, assistés, déplacés, etc.). Ces réactions pourraient ouvrir une porte vers un monde communiste. Espérons seulement que cela ne viendra pas trop tard et sans trop de souffrances causées par les répressions des profiteurs d’un système qui, pour le moment, dispose d’un énorme potentiel de défense contre toute velléité de révolte globale.

LES DIFFERENTES FORMES DE LA LUTTE DE CLASSE DANS LE MONDE

La grève et rien d’autre

Corée du Sud – 24/08/2012 – Hyundai (44 000 tra­vailleurs). Après quatre années de calme rela­tif, des grèves tour­nan­tes limitées de dix journées en juillet ont éclaté, notam­ment à Ulsan, pour une aug­men­ta­tion des salai­res de 4 % et une prime liée aux béné­fices, ainsi que pour la régu­la­ri­sation des tem­po­rai­res et la fin des équipes de nuit. Le ralen­tis­se­ment de la pro­duc­tion a touché les expor­ta­tions, la direc­tion menace de réd­uire la pro­duc­tion en Corée et de la transférer dans d’autres pays asia­ti­ques dont la Chine. Devant la menace de repren­dre ces grèves, un accord est conclu pour une aug­men­ta­tion des salai­res (5,4%,prime de 5 mois de salaire)et la fin du tra­vail de nuit en mars 2013), mais il doit être accepté par l’ensem­ble des tra­vailleurs. Le même mou­ve­ment de lutte s’était étendu à Kia et General Motors qui signent un accord après des grèves par­tiel­les, accord qui prévoit 5,3 % d’aug­men­ta­tion, une prime équi­valant à 5 mois de salaire, et la fin proche du tra­vail de nuit. Brésil – 29/08/2012 – Le gou­ver­ne­ment pro­pose une aug­men­ta­tion de salaire de 15,8 % sur trois ans aux 350 000 fonc­tion­nai­res, aug­men­ta­tion acceptée par cer­tains syn­di­cats et refusée par d’autres (notam­ment ceux de la police et des impôts) avec les­quels des pour­par­lers vont conti­nuer. Le mou­ve­ment de grève a débuté de manière plus ou moins sau­vage chez les ensei­gnants en juillet et s’est étendue à l’ensem­ble des ser­vi­ces de l’Etat. Elle a été com­bat­tue par le prin­ci­pal syn­di­cat (CUT, Central Unica des Trabalhadores) , opposé à une grève géné­rale qui « radi­ca­li­se­rait la situa­tion ».

Etats-Unis – 21/06/2012 – Joliet, Illinois, 8e semaine de grève à l’usine Caterpillar après le rejet d’un nou­veau contrat com­por­tant une réd­uction des salai­res (avec intro­duc­tion de tari­fi­ca­tion de pro­duc­ti­vité indi­vi­duelle), et menant à une aggra­va­tion des condi­tions de tra­vail .

Espagne – 22/06/2012 – Suite à des mou­ve­ments de grève des 1 400 pilo­tes de la com­pa­gnie Iberia (filiale du groupe International Airlines Group dominé par British Airways), un juge­ment déc­lare qu’Iberia peut lancer une com­pa­gnie low cost – Iberia Express – mais doit payer le même salaire à tous ses pilo­tes, quel­les que soient leurs condi­tions de tra­vail. Cambodge – 16/07/2012 – Depuis novem­bre 2011, 300 000 tra­vailleurs du tex­tile se sont engagés dans des grèves sau­va­ges. Ils ont obtenu une aug­men­ta­tion de 0,80 euro, ce qui porte le plus bas salaire à 60 euros men­suels à partir du 1er sep­tem­bre. 25/08/2012 – 2 500 tra­vailleurs de l’usine Ocean Garment à Phnom Penh (prin­ci­pal four­nis­seur de Gap) sont en grève depuis le 11/08 pour deman­der le départ d’un direc­teur accusé de harcè­lement sexuel (pas d’heures sup­plém­ent­aires pour les réc­al­citr­antes). Une mani­fes­ta­tion devant le ministère du Travail est dis­persée par plus de 100 flics.

Vietnam – 25/08/2012 – L’impact de la crise mon­diale entraîne un ralen­tis­se­ment de la crois­sance avec comme par­tout une pres­sion sur les por­teurs de la force de tra­vail. Le « dés­ordre social » s’aggrave, avec des vio­len­ces autour de l’exploi­ta­tion du sol et les grèves sau­va­ges. En 2011 se sont déroulées plus de 1 000 grèves sau­va­ges, deux fois plus qu’en 2010, quatre fois plus que la moyenne des seize années écoulées. Minés par la cor­rup­tion, les diri­geants s’affron­tent au sein du Parti dans des luttes d’influence. 19/08/2012 – Dans le dis­trict de Van Giang, près d’Hanoi, les pay­sans se bat­tent plu­sieurs heures avec les flics venus rép­rimer leur pro­tes­ta­tion (convo­quée via Internet) contre leur éviction de la terre pour la cons­truc­tion d’appar­te­ments de luxe. Et ce n’est qu’un exem­ple de luttes simi­lai­res dans tout le pays.

Norvège – 21/07/2012 – Le gou­ver­ne­ment met un terme à une vague de grèves des fonc­tion­nai­res et des pét­roliers d’Etat en impo­sant un arbi­trage obli­ga­toire. La grève lancée par le syn­di­cat LO ne concer­nait pour­tant pas les 600 000 fonc­tion­nai­res, mais seu­le­ment 20 000 d’entre eux, et devait monter pro­gres­si­ve­ment – sous contrôle – à 50 000. Elle était très popu­laire et menaçait de s’étendre. Après dix jours de ce mou­ve­ment contre les res­tric­tions sur les salai­res et la réf­orme des retrai­tes, le gou­ver­ne­ment a accordé 4 % d’aug­men­ta­tion. Mais res­taient dans la grève les 700 pét­roliers de la com­pa­gnie d’Etat Statoil (6 500 tra­vailleurs), grève que le syn­di­cat n’avait nul­le­ment l’inten­tion d’étendre aux sociétés pét­rolières privées : seules 8 plates-formes étaient concernées, ne représ­entant que 13 % de la pro­duc­tion de pét­role et 4 % de celle du gaz. Devant la menace d’exten­sion sau­vage, les pét­roliers bran­dis­saient la menace d’un lockout total si aucun accord n’inter­ve­nait avant le 9 juillet avec Statoil. Le gou­ver­ne­ment a pris les devants en décidant d’impo­ser un arbi­trage obli­ga­toire qui entraînait une inter­dic­tion de grève pen­dant deux années, et dont les décisions s’impo­saient sans recours à toutes les par­ties. Déjà, en juin, un tel arbi­trage avait été imposé aux 3 000 agents des ser­vi­ces de sécurité d’Etat alors en grève.

Allemagne – 4/09/2012 – Seconde grève du per­son­nel navi­guant de la Lufthansa pour les salai­res et l’inter­dic­tion de l’emploi d’inté­rim­aires, grève qui ne sera annoncée qu’au der­nier moment et qui devrait être plus étendue. La pre­mière, limitée à huit heures et à l’aéroport de Frankfort, avait causé l’annu­la­tion de cen­tai­nes de vols.

Inde – 23/08/2012 – Tous les syn­di­cats du sec­teur ban­caire lan­cent une grève natio­nale de deux jours contre une libé­ra­li­sation de ce sec­teur encore dominé par le sec­teur public.

Chine—24/8/2012 6– Wuhan (Hubei) usine de com­po­sants élect­ro­niques, après 3 jours de grève, les salai­res men­suels sont portés à 206 euros Indonésie—29/8/2012—Batan câblage 700 tem­po­rai­res sur 1200 tra­vailleurs obtien­nent après deux semai­nes de grève des garan­ties d’emploi et des contrats de tra­vail Occupation d’usine, de lieux publics et autres

Angola – 27/08/2012 – Une nou­velle puis­sance pét­rolière, avec son cortège habi­tuel de cor­rup­tion et de tota­li­ta­risme à la botte des mul­ti­na­tio­na­les, la prés­ente semi dic­ta­ture y est tolérée jusqu’ici à cause de la han­tise des trou­bles qui ont marqué les quatre déc­ennies de vio­lence dans la guerre anti­co­lo­niale, suivie d’une longue guerre civile (un mil­lion de morts sur 19 mil­lions d’habi­tants). Le « prin­temps arabe » a décl­enché des mani­fes­ta­tions contre le pou­voir poli­ti­que ; comme ailleurs, elles ont été le fait de jeunes uti­li­sant les tech­ni­ques moder­nes de com­mu­ni­ca­tion (les 2/3 de la popu­la­tion ont moins de 20 ans) qui n’ont pas connu les guer­res mais qui sont tou­chés par l’urba­ni­sa­tion accélérée et l’infla­tion. Ce mou­ve­ment n’a pas mobi­lisé les foules mais a eu un impact tel dans la popu­la­tion que le pou­voir a décl­enché une répr­ession poli­cière sans rap­port avec cette fai­blesse. Tunisie – 9/08/2012 – La police dis­perse à coup de gre­na­des et de balles en caou­tchouc plu­sieurs cen­tai­nes de jeunes qui ten­tent, à Sidi Bouzid (50 000 habi­tants, d’où est parti le « prin­temps arabe »), d’enva­hir la préf­ec­ture pour pro­tes­ter contre l’orien­ta­tion poli­ti­que du pays.

Israël – 24/06/2012 – De nou­veau, mani­fes­ta­tion de pro­tes­ta­tion à Tel Aviv pour deman­der plus de jus­tice sociale. Attaque poli­cière mus­clée : 85 arres­ta­tions. Grèce – 18/08/2012 – Le marché muni­ci­pal Kypseli à Athènes, bâtiment classé mais aban­donné depuis des années, était occupé comme espace autogéré dis­pen­sant des cours aux immi­grés, ayant des acti­vités cultu­rel­les, et tenant un marché bio alter­na­tif ali­menté direc­te­ment par les pro­duc­teurs. Après une ten­ta­tive avortée de main­mise par le parti social-démoc­rate de gauche sur cet ensem­ble, la police fait évacuer le bâtiment qui est depuis tota­le­ment fermé. 20/07/2012 – L’aciérie Ellinili Halivourgia dans la ban­lieue d’Athènes était occupée depuis novem­bre 2011 pour s’oppo­ser à sa fer­me­ture. Un raid de la police des émeutes expulse : 6 arres­ta­tions. Italie – 3/09/2012 – Les nom­breu­ses mines de Sardaigne (char­bon et métaux divers) ne sup­por­tent plus le poids de la concur­rence mon­diale et de la crise : la fon­de­rie d’alu­mi­nium de Portovesme est fermée, la der­nière mine de char­bon Carbulescis près de Carbonalusa (2 000 tra­vailleurs) doit aussi cesser toute acti­vité. Après une semaine d’occu­pa­tion de 373 mineurs qui se relaient, au fond de la mine (avec assez d’explo­sifs pour la faire sauter), le tra­vail a repris avec la pro­messe de conti­nua­tion d’acti­vité pen­dant plus d’un an.

Les dirigeants séquestrés, injuriés, malmenés et supprimés

Inde – 18/07/2012 – Maruti Suzuki près de New Delhi (voir pré­cédents bul­le­tins). Depuis des mois, la ten­sion est cons­tante dans l’usine, où la journée de tra­vail va de 8 à 12 heures, six jours sur sept, avec 1/2 heure de cou­pure pour le repas, exploi­tant moitié de « per­ma­nents » (payés 150 euros men­suels et jusqu’à 120 euros de prime) et moitié d’inté­rim­aires pou­vant œuvrer depuis des années (payés seu­le­ment la moitié des salai­res et primes des « per­ma­nents »). Les reven­di­ca­tions tou­chent les salai­res, les condi­tions de tra­vail, la titu­la­ri­sa­tion des inté­rim­aires et la représ­en­tation syn­di­cale ; mais malgré la réc­urr­ence des grèves, rien n’est vrai­ment réglé. Ce 18/07, un contre­maître inju­rie et frappe un ouvrier, un « intou­cha­ble » ; un autre ouvrier frappe le contre­maître et est aus­sitôt mis à pied. C’est la rév­olte : les ouvriers s’enfer­ment dans l’usine, sac­ca­gent et atta­quent tous les cadres à coups de barres de fer, une cen­taine seront blessés ; dans la foulée, les ate­liers sont pillés, sac­cagés, incen­diés, le DRH est tué dans l’incen­die d’une partie de l’usine. La police inter­vient : 91 arres­ta­tions. L’usine est fermée. Des cen­tai­nes de tra­vailleurs sont licen­ciés et l’usine ultra sécurisée. Elle ne rou­vrira que le 21/08 mais avec une acti­vité res­treinte : 300 ouvriers et 1/3 de la pro­duc­tion Suzuki en Inde. Reprise sél­ec­tive de 1900 tem­po­rai­res dont beau­coup sont retournés dans leurs vil­lage pour éch­apper à la répr­ession et sur­vi­vre. Le 27/8, plu­sieurs cen­tai­nes d’étudiants mani­fes­tent à Delhi devant le siège de Maruti Suziki en sou­tien à ces luttes.

Egypte – 25/08/2012 – Un tra­vailleur a été tué et 7 autres blessés lors d’affron­te­ments entre la police et les tra­vailleurs en lutte de la cen­trale élect­rique d’Aboukir, près d’Alexandrie. Les mani­fes­tants s’étaient réunis pour pro­tes­ter et avaient séqu­estré les direc­teurs de la société.

Blocages d’usine, routiers et autres

Bangladesh – Juin 2012 – Autour de Dhaka, les ouvriers en grève blo­quent régul­ièrement les axes rou­tiers pro­ches de l’usine. D’où des affron­te­ments entre la police et les grév­istes. 300 usines du sec­teur ont été fermées pen­dant quatre jours par crainte de conta­gion.

La récu­pération

Espagne – Août 2012 – Avec des mesu­res dras­ti­ques d’austérité, des ini­tia­ti­ves diver­ses ten­tent de régler les pro­blèmes de loge­ment et de survie dans la foulée du mou­ve­ment des Indignés. Cela auto­rise des ini­tia­ti­ves comme celle de Juan Manuel Sanchez Gordillo, maire de Marinelada (bourg de 2 000 habi­tants) en Andalousie (taux de chômage de 30 %), déjà cham­pion de la récu­pération des terres agri­co­les, d’orga­ni­ser une marche contre l’austérité dans cette pro­vince, occu­pant au pas­sage les ban­ques, et sor­tant des mar­chan­di­ses des super­mar­chés pour les dis­tri­buer aux ban­ques ali­men­tai­res des pau­vres. Lui est protégé par son immu­nité mais pas ses com­pa­gnons tra­duits devant les tri­bu­naux. Cela masque aussi d’autres ini­tia­ti­ves moins méd­iatisées, indi­vi­duel­les ou col­lec­ti­ves, de récu­pération dans les cen­tres com­mer­ciaux. En Andalousie, le chômage oscille entre 35 et 40 %. En Catalogne, à Gérone, la muni­ci­pa­lité a cade­nassé les pou­bel­les des super­mar­chés pour pré­venir les émeutes de ceux – trop nom­breux lut­tant pour leur survie – qui y cher­chent leur sub­sis­tance. Dans plu­sieurs régions, les enfants doi­vent appor­ter leur repas de midi à l’école mais doi­vent payer 3 euros pour la simple uti­li­sa­tion des locaux de la can­tine. Séville – 11/08/12 – 20 jeunes entrent par effrac­tion à 6 heures du matin dans un super­mar­ché et récupèrent pour 400 000 euros de mar­chan­di­ses. Mais la police inter­vient… Le 24/08 à Merida (Estrémadure), 70 chômeurs qui ten­tent une récu­pération simi­laire se heur­tent au même pro­blème. Monde – Une étude de 2011 révèle que sur 10 000 ados de tous milieux sociaux, 10 % considère comme « normal » de voler dans les maga­sins. Les taux de « récu­pération » les plus élevés ne sont pas dans les pays les plus pau­vres, mais les pays « riches » comme la Suisse ou le Japon figu­rent en bonne place dans le pal­marès. Pour la France, cela coûterait aux rapa­ces du com­merce de détail 5 mil­liards par an (1,45 % des ventes).

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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 00:38

Nous publions ce témoignage est exemplaire de notre époque.il possible en s'organisant en collectif de résister d'une façon autonome

En ces temps de crise et de restrictions budgétaires, les pauvres sont les
premiers à payer. Salariés, nous devons nous plier à la concurrence et aux
injonctions du marché, pour sauver nos emplois. Bénéficiaires des
prestations sociales, nous devons accepter de nous plier à toutes formes
de contrôles et d'humiliations, pour conserver l’aumône que l'État nous
concède. D'autant que la campagne contre la fraude est devenue une
priorité nationale. À écouter politiques et journalistes, ce fléau social
serait en grande partie responsable de la crise économique et financière.
La chasse est ouverte. À la sécu, au Pôle Emploi ou à la CAF : allocataire
rime avec fraudeur.
Et quand un bourgeois, bien conscient que l'État est à son service, en
rajoute une couche pour mater des prolétaires rétifs, on obtient une bien
sinistre fable cévenole...

Rentrons dans les détails de cette histoire abracadabrante, qui serait
presque cocasse, si l'enjeu n'était pas la survie économique de plusieurs
personnes.
Après avoir fait ses démarches auprès de la CAF pour obtenir l'allocation
logement de son nouvel appartement, Macha est surprise de ne rien
recevoir. Suite à de nombreux coups de téléphone, elle finit par
comprendre que son ancien propriétaire a utilisé son nom, pour lui aussi
faire une demande d'allocation, pour l'appartement qu'elle vient de
quitter. La CAF se retrouve avec deux demandes d'allocation au même nom et
gèle les versements. Au bout de quelques temps, les droits sont rétablis,
mais un mois reste impayé. La CAF prévient en outre Macha qu'elle sera
contrôlée à son domicile.
Fernand et Béatrice partagent un appartement en colocation. Ils hébergent
à titre gratuit l'ex-compagnon de Macha. Tous trois reçoivent un avis de
contrôle pour la même date et la même heure.
Soupçonnant que ces contrôles sont liés aux déclarations frauduleuses du
propriétaire, ils décident d'aller demander des explications à la CAF,
accompagnés du collectif de travailleurs, chômeurs et précaires, Exploités
Énervés.
Après d’âpres négociations, avec deux employées de la CAF en liaison avec
la direction départementale de Nîmes, le mois d'APL perdu de Macha est
retrouvé et les trois intéressés rédigent une demande officielle pour que
leur soit précisé le motif du contrôle, qu'il ait lieu dans un lieu
neutre, et qui stipule qu'ils ne s'opposent pas au dit contrôle. Les deux
employées leur font savoir que le contrôle est suspendu.
Quelques temps plus tard, les 3 allocataires concernés reçoivent un
courrier recommandé du directeur de la CAF du Gard leur stipulant qu'ils
avaient refusé un premier contrôle et qu'il y en aurait donc un second
qu'il ne vaudrait mieux pas refuser. Un peu plus tard, Fernand et Béatrice
reçoivent un autre courrier leur précisant que le contrôle qu'ils vont
subir a pour objet de vérifier le dossier de Macha et qu'un refus de leur
part entraînerait des sanctions sur ses prestations.
Puis, vient le jour du contrôle. Chez Macha, la contrôleuse exige que les
personnes présentes sortent sous peine de ne pas effectuer le contrôle.
Ces dernières s'exécutent, et l'entretien tourne à l'interrogatoire.
Finalement, la contrôleuse part en disant qu'un dossier sera sanctionné
dans cette affaire mais qu'elle ne sait pas encore lequel. Chez Fernand et
Béatrice, quelques minutes plus tard, même topo. Mais, les contrôlés
essaient de négocier un entretien « privé », sans faire sortir leurs
hôtes. La contrôleuse n'en démord pas, arguant qu'elle a des consignes de
sa direction. Elle finit par partir en disant qu'elle ne reviendrait pas.
Une dizaine de jours plus tard, les sanctions tombent : suspensions des
allocations logements et de l'allocation soutien familial de Béatrice, en
attendant les conclusions finales de la commission.

Prise dans un élan national de lutte contre la fraude, la CAF du Gard
s'emballe. Fière d'annoncer la mise à nu de 126 cas de fraudes et d'avoir
porté 78 affaires au pénal en 2011, elle compte faire mieux en 2012.
Qu'importe les méthodes employées, seuls les résultats comptent. Quitte à
inventer de faux refus de contrôle et à adapter son règlement à la tête du
client.
Évidemment, la CAF ne fait que suivre les injonctions des politiques et
applique la cure globale d'austérité aux précaires. Quand, dans ses
rapports officiels de 2009, elle déclare 2,15 % d'allocataires en
situation de « fraude » et 0,15 % en situation de « fraude délibérée »,
l'URSSAF annonce, elle, pour la même année, que 63 % des entreprises
contrôlées ont fait l'objet d'un redressement fiscal. Parallèlement, un
rapport parlementaire de 2011 chiffre les « fraudes fiscale, sociale et
douanière » à 3,4 milliards d'euros  pour 2010. Sur ce montant, seuls 458
millions sont liés à la « fraude sociale ». Il existe encore une fois un
net décalage entre le discours politico-médiatique et la réalité
socio-économique. Les allocataires de prestations sociales y sont dénoncés
comme responsables de la fin annoncée de « l'État social » à cause du
déficit budgétaire, alors que les premiers fraudeurs - les plus grands
voleurs - sont les entreprises. Cette rhétorique a pour objectif de
justifier la pression qui est mise sur les travailleurs. Et ainsi coincés
entre des administrations kafkaïennes et répressives et des possibilités
d'accès à l'emploi de plus en plus difficiles, nous sommes tous contraints
de travailler pour des miettes. Au grand profit du patronat et de la
« relance économique ».
L'affaire de Macha et de ses amis n'est pas un cas particulier. L'objectif
de la CAF, comme des autres institutions gérant la misère (police,
justice, administrations multiples), est de renvoyer les individus à leur
isolement, alors que les situations auxquelles ils sont confrontés sont le
fruit du système dans sa globalité.

Dans ce contexte, la solidarité et l'action collective peuvent nous
permettre de desserrer les mâchoires de l'étau administratif et
patronal... Et de résistances en résistances... passer à l'offensive !
Le capitalisme est en crise ? L’État est au bord de la faillite ? Qu'ils
crèvent !

Permanences Exploités Énervés tous les 2ème vendredi du mois à 18h30
au bar « Au Bon Coin », 2, rue Faubourg de Rochebelle, à côté de la Bourse
du Travail (Alès).

Contact : exploitesenerves@riseup.net
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