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Vendredi 8 mai 2009

Bien que pour nous au Laboratoire les lambris de la culture officielle, nous indisposeil y aura " temps parole" France Algérie du 16 mai au 30 mai  2009.

le blog accueille un texte  à propos du massacre de Sétif à la demande d'un visiteur de la bibliothéque du Laboratoire ( mercredi de 15h à 17h30)


ce texte est issus du blog rebellyon.


trouvé là

Le jour même où la France est libérée, elle réaffirme dans le sang sa domination coloniale en Algérie : 45.000 morts à Sétif, Guelma, Kherrata et dans tout le Constantinois…

Cet évènement tragique nous touche particulièrement à Lyon, car il y a un grand nombre de personnes originaires de Sétif parmi les habitants de Lyon.

Jour de liesse ? Fête de la libération ? Pas pour tout le monde…

Le 8 mai 1945 signifie la fin du nazisme. Il correspond aussi à l’un des moments les plus sanglants de l’histoire nationale. La répression colonialiste venait d’y faire ses premiers accrocs face à une population farouchement déterminée à se promouvoir aux nobles idéaux de paix et d’indépendance.

Faim, famine, chômage et misère semblaient résumer la condition sociale de la population musulmane algérienne colonisée par la France, population surtout agricole souvent déplacée car les colons s’étaient saisis des meilleures terres, et de plus dans une période de guerre, de sécheresse et d’invasion de criquets. « Des hommes souffrent de la faim et demandent la justice… Leur faim est injuste. » écrivait Albert Camus début 1945 dans Combat.

Le 8 mai 1945 fut un mardi pas comme les autres en Algérie. Les gens massacrés ne l’étaient pas pour diversité d’avis, mais à cause d’un idéal. La liberté. Ailleurs, il fut célébré dans les interstices de la capitulation de l’état-major allemand. Ce fut la fin d’une guerre. La Seconde Guerre mondiale. Cela pour les Européens. Mais pour d’autres, en Algérie, à Sétif, Guelma, Kherrata, Constantine et un peu partout, ce fut la fête dans l’atrocité d’une colonisation et d’un impérialisme qui ne venait en ce 8 mai qu’annoncer le plan de redressement des volontés farouches et éprises de ce saut libertaire.

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Sétif
Fontaine Ain El Fouara

Sétif, mardi 8 mai 1945

Dès 8 heures du matin, une foule estimée aux environs de 10.000 personnes était rassemblée devant la mosquée de la gare. Puis elle entamait son élan rue des Etats-Unis pour se diriger vers le centre-ville, rue Georges Clémenceau… Pacifiques, dépités et désarmés, les paisibles manifestants scandaient des slogans de paix et de liberté. « Indépendance », « Libérez Messali Hadj », « L’Algérie est à nous ». Ils s’étaient donnés pour consigne de faire sortir pour la première fois le drapeau algérien. La riposte fut sanglante.

Pourtant, profitant du jour du marché hebdomadaire, ce 8 mai 1945, les organisateurs avaient rappelé aux paysans venus des villages de déposer tout ce qui pouvait être une arme (couteau, hâche, faux…). Derrière les drapeaux des alliés, les jeunes scouts étaient au premier rang suivis des porteurs de la gerbe de fleurs, et les militants suivaient juste derrière pour éviter tout débordement de la masse paysanne.

A la vue d’un drapeau algérien, qui avait été déployé en cours de route, les policiers avaient jailli du barrage et avaient attaqué la foule pour s’emparer du drapeau. Un militant avait expliqué que le drapeau étant sacré, il est impossible de le remiser une fois sorti. Le maire socialiste de la ville supplie de ne pas tirer. Mais c’est à ce moment que tout dérape quand un inspecteur tire, tue le porte drapeau et deux coups de feu en soutien partent du café de France. Dans la panique provoquée par les premiers coups de feu, à d’autres fenêtres des Européens tirent à leur tour sur la foule.

On a tiré sur un jeune « scout ». Ce jeune « scout » fut le premier martyr de ces incidents : Saâl Bouzid, 22 ans, venait par son souffle d’indiquer sur la voie du sacrifice la voie de la liberté. K. Z., âgé alors de 16 ans, affirme non sans amertume à ce propos : « Il gisait mourant par-devant le terrain qui sert actuellement d’assiette foncière au siège de la wilaya. Nous l’avons transporté jusqu’au docteur Mostefaï… et puis… » L’ émotion l’étouffe et l’empêche de continuer…

Bien que la panique ait gagné l’ensemble des manifestants, un militant avait sonné le clairon pour que la gerbe de fleurs soit déposée. Cela se passait à 10 heures du matin. Le car de la gendarmerie ayant eu du retard était arrivé en fonçant en direction des manifestants fauchant les présents.

Surgit alors la préparation du massacre des Algériens. Une milice d’Européens est formée à qui on donne des armes ; l’armée, la police et la gendarmerie sont déployées…

Le 9 mai, à Sétif, ce sont 35 Algériens qui ont été abattus parce qu’ils ne savaient pas qu’un couvre feu avait été établi. Le rapport du commissaire divisionnaire, M. Bergé, expliquait que chaque mouvement jugé suspect provoquait le tir : « les musulmans ne peuvent circuler sauf s’ils portent un brassard blanc délivré par les autorités et justifications d’un emploi dans un service public. »

Guelma, mardi 8 mai 1945

A Guelma, à 16 heures, un rassemblement s’était organisé hors de la ville. Les militants des Amis du Manifeste et de la Liberté (AML) attendaient, en fait, les instructions venant de Annaba. A 17 heures le cortège s’était ébranlé avec les pancartes célébrant la victoire des alliés ainsi que leurs drapeaux entourant un drapeau algérien. Arrivé à l’actuelle rue du 8 mai, le cortège avait été arrêté par le sous préfet Achiary. Il ne restait plus que 500 mètres pour atteindre le monument aux morts.

Le sous préfet, Achiary - futur chef de l’OAS créé à Madrid en 1961 -, hors de lui avait intimé l’ordre de jeter les pancartes, drapeaux et banderoles. Un socialiste nommé Fauqueux avait râlé auprès du sous préfet : « Monsieur le sous préfet est ce qu’il y a ici la France ou pas ? ». C’est alors, comme un coup de fouet, Achiary saisit le revolver dont il s’est armé, entre dans la foule droit sur le porte drapeau et tire. Son escorte ouvre le feu sur le cortège qui s’enfuit, découvrant dans son reflux le corps du jeune Boumaza. A Guelma ce jour-là il y a déjà 4 Algériens tués, mais aucun Européen.

Le 9 mai, à Guelma, la milice dirigée par Achiary avait tenu sa première séance au cours de laquelle l’adjoint Garrivet proposait : « Nous allons étudier la liste des personnes à juger. Commençons par nos anciens élèves ». Une perquisition au local des AML a permis de saisir les listes nominatives des responsables et militants, tous considérés comme suspects, qui seront incarcérés, souvent torturés, et exécutés par fournées entières.

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Arrestations de civils menés vers leur propre exécution avant de finir brûlés dans des fours à chaux de Guelma

Kherrata, mardi 8 mai 1945

C’est aussi mardi jour de marché, il n’y a pas de défilé prévu pour le 8 mai et en fin de matinée on apprend les tueries policières de Sétif. Les nouvelles se répandent vite parmi la population de Kherrata. Les Européens prennent peur, l’administrateur colonial leur distribue des armes et ils se planquent dans une forteresse. Tandis qu’on donne l’ordre au crieur public d’annoncer le couvre-feu, celui-ci au contraire parcourt tous les villages à l’entour en appelant la population musulmane à se rassembler à Kherrata.

Ce sont 10.000 personnes qui vont arriver durant la nuit à Kherrata. Dès l’aube du 9 mai, une grande agitation règne au centre de Kherrata grouillant de monde. Les Musulmans sachant que les Européens étaient armés, et prêts à les tuer, se sont rassemblés pour envisager comment se défendre. Certains ont coupé les lignes téléphoniques, et d’autres ont cherché des armes au tribunal et dans trois maisons, qui furent incendiées. L’administrateur colonial et le juge de paix furent tués. Les 500 Européens qui étaient dans la forteresse tirèrent alors sur la foule déchaînée qui traversait le village avec des drapeaux algériens, tandis qu’on entendait les "you-you" des femmes.

Même s’ils avaient une grande conscience révolutionnaire, beaucoup parmi les insurgés algériens ne savaient pas quoi faire. Pour savoir comment réagir, ils se sont alors rassemblés dans la montagne à Bouhoukal, mais l’armée française était déjà en marche. Le peu de monde qui avait des fusils se mit en groupes dans les gorges et à l’entrée de Kherrata pour retarder l’arrivée des gendarmes et des troupes. Mais dans cette révolte, qui allait vite être étouffée par l’armée, il n’y eu en tout et pour tout sur ce secteur que 10 morts et 4 blessés parmi les militaires et les Européens.

Vers midi, les automitrailleuses de l’armée française se mettent à tirer de loin sur les populations de Kherrata et des villages avoisinants, suivi de près par les tirs impressionnants sur les crêtes du bateau-croiseur Duguay-Trouin, et l’après-midi c’est l’aviation qui bombardait les environs. Tout cela fit que plusieurs milliers d’Algériens furent massacrés. Vers 10 heures du soir, la légion étrangère franchissait les gorges et arrivait au village complètement vidé de ses habitants musulmans.

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Propagande coloniale - (à la mode Tartarin de Tarascon) : on distribue des armes sans munitions aux civils pour un besoin de propagande : "les insurgés déposent les armes". Ils feront TOUS partie des victimes assassinées, jetées vivantes du haut de la falaise de Kherrata (voir les gorges de Kherrata au fond de la photo) et enfin ramassées et brulées dans des fours à chaux.

Un des plus atroces massacres coloniaux de la part de la France

Suite aux assassinats d’Algériens à Sétif et à Guelma, des groupes d’indigènes avaient, dans leur repli, riposté en tuant des Européens. La réponse française à la colère des Algériens ne s’était, en tout cas, pas fait attendre en mobilisant toutes les forces de police, de gendarmerie, de l’armée et même en recrutant des miliciens, qui ne se gênent pas de fusiller des Algériens de tous âges et sans défense.

De Sétif, la répression sanglante s’est généralisée. Elle allait toucher tout le pays durant tout le mois de mai. L’Algérie s’embrasait sous les feux brûlants du printemps 1945. Le général Weiss, chef de la cinquième région aérienne, avait ordonné le 13 mai le bombardement de tous rassemblements des indigènes sur les routes et à proximité des villages.

Kateb Yacine, écrivain algérien, alors lycéen à Sétif, écrit : « C’est en 1945 que mon humanitarisme fut confronté pour la première fois au plus atroce des spectacles. J’avais vingt ans. Le choc que je ressentis devant l’impitoyable boucherie qui provoqua la mort de plusieurs milliers de musulmans, je ne l’ai jamais oublié. Là se cimente mon nationalisme. »
« Je témoigne que la manifestation du 8 mai était pacifique. En organisant une manifestation qui se voulait pacifique, on a été pris par surprise. Les dirigeants n’avaient pas prévu de réactions. Cela s’est terminé par des dizaines de milliers de victimes. À Guelma, ma mère a perdu la mémoire… On voyait des cadavres partout, dans toutes les rues. La répression était aveugle ; c’était un grand massacre. »

Dans les localités environnantes à Sétif, Ras El Ma, Beni Azziz, El Eulma, des douars entiers furent décimés, des dechras et des familles furent brûlées vives. On raconte le martyre de la famille Kacem. Korrichi, son fils Mohamed et son frère Nouari furent torturés et tués à bout portant… Les légionnaires prenaient les nourrissons par les pieds, les faisaient tournoyer et les jetaient contre les parois de pierre où leurs chairs s’éparpillaient sur les rochers…

L’armée française avait planifié l’extermination de milliers d’Algériens. Pour mettre à exécution leur dessein les soldats français avaient procédé au regroupement de toutes les populations avoisinant les côtes-est de Béjaïa à Bordj Mira en passant par Darguina, Souk El-Tenine et Aokas. Toutes les populations de ces régions étaient forcées de se regrouper sur les plages de Melbou. L’occupant n’avait en tête que la liquidation physique de tout ce beau monde.

Dès lors, des camions de type GMC continuaient à charger toute personne qui se trouvait sur leur passage. Le convoi prenait la direction de Kherrata. Les habitants de cette autre ville historique n’allaient pas échapper à l’embarquement qui les menait avec leurs autres concitoyens de Sétif, vers le camion de la mort. Les milliers d’Algériens furent déchargés depuis les bennes des camions au fond des gorges de Kherrata. L’horreur n’était pas terminée pour ces pauvres « bougnouls » comme aimaient les surnommer les colons français. Des hélicoptères dénommés « Bananes » survolaient les lieux du massacre pour achever les blessés. Une véritable boucherie humaine allait permettre, plus tard, aux oiseaux charognards d’investir les lieux.

Avec la venue de l’été, la chaleur monte… et l’odeur de la mort. Vers Guelma, faute de les avoir tous enterrés assez profond ou brûlés, trop de cadavres ont été jetés dans un fossé, à peine recouverts d’une pelletée de terre. Les débris humains sont transportés par camion. Le transport est effectué avec l’aide de la gendarmerie de Guelma pendant la nuit. C’est ainsi que les restes des 500 musulmans ont été amenés au lieu dit "fontaine chaude" et brûlés dans un four à chaux avec des branches d’oliviers.

Alors que l’on sait que ce sont en tout 102 Européens ou militaires qui ont été tués, et 110 blessés, à ce moment-là, en riposte aux tueries des autorités françaises, malgré un minutieux travail de recherches, il est aujourd’hui absolument impossible de savoir le nombre exact d’assassinats perpétrés par la France parmi les Algériens. Tout a été fait pour que ce soit le plus possible dissimulé à l’opinion publique. Selon l’armée américaine cet énorme massacre de la France de de Gaulle, par l’armée française, la police et les miliciens, aurait fait 45.000 morts. C’est le chiffre, qui peut sembler peut-être vraisemblable, retenu officiellement désormais par les Algériens.

Dans la matinée du fatidique 8 mai, en guise de riposte à cette manifestation pacifique, la police ouvrit le feu… Plusieurs d’entre acteurs et témoins encore en vie sont ainsi soumis à la souffrance du souvenir et le devoir de dire ce qu’ils ont vécu, vu, entendu dire et se dire. Ils craignent pour la postérité, l’amnésie.

Parler à Sétif du 8 mai 1945 rend obligatoire la citation de noms-phares : Abdelkader Yalla, Lakhdar Taârabit, Laouamen dit Baâyou, Bouguessa Askouri, Gharzouli, Rabah Harbouche, Saâd Saâdna, Miloud Begag, Saâdi Bouras, Benattia et beaucoup d’autres que seul un travail sérieux institutionnel pourrait les lister et en faire un fronton mémorial.

Le 8 mai 1945, un des plus atroces massacres coloniaux est perpétré par cette France fraîchement libérée. Et, à Sétif en Algérie, où est organisée une manifestation pacifique indépendantiste par les militants du PPA (Parti Populaire Algérien), le gouvernement français envoie l’armée, sous le commandement du général Duval. Dans une répression violente contre la population civile, des navires de guerre tirent et l’aviation bombarde la population de Sétif. 10 000 soldats sont engagés dans une véritable opération militaire. Ils sont issus de la Légion étrangère, des tabors marocains, des tirailleurs sénégalais et algériens. En outre, des milices se forment sous l’œil bienveillant des autorités, et se livrent à une véritable chasse aux émeutiers. Le général Duval déclare que "Les troupes ont pu tuer 500 à 600 indigènes." Le nombre de victimes est aujourd’hui estimé à au moins 30.000 morts.

Le drame est passé inaperçu dans l’opinion métropolitaine. Le quotidien communiste L’Humanité assure alors que les émeutiers étaient des sympathisants nazis ! Il faudra attendre le 27 février 2005 pour que, lors d’une visite à Sétif, M. Hubert Colin de Verdière, Ambassadeur de France à Alger, qualifie les " massacres du 8 mai 1945 de tragédie inexcusable. " Cet évènement constitue la première reconnaissance officielle de sa responsabilité par la République française.

Pourtant, en ce jour de commémoration de la liberté, de la fin du joug nazi, pas un mot ne sera dit sur ce massacre de la France coloniale. Rappellons qu’il en est d’autres (Madagascar 1947, Paris le 17 octobre 1961, Alger le 26 mars 1962…). Cette France qui fait teinter ses médailles aujourd’hui, à coup de célébrations idéologiques, continue de pratiquer le déni historique sur ses propres crimes.

Aujourd’hui seront rapellés la barbarie nazie et les crimes de Vichy.
Aujourd’hui seront oubliés les crimes coloniaux, ou encore le fait que les derniers camps de concentration en France pour Tziganes n’ont fermé qu’en 1946, que Papon n’a jamais été inquiété pour les crimes qu’il a commis en tant que préfet de la Ve République, la nôtre.

Les crimes commis par la France sont structurels. Non Nicolas, cette France-là nous ne l’aimons pas.

Plus d’informations sur cette Douce France, ici .

D i s s i d e n c e .fr

sources :

- Publié dans : resistance anti coloniale
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Samedi 11 avril 2009

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La Maison bleue vient de suspendre la production d’acide de l’usine de Vale

Inco. Selon elle, l’importante fuite d’acide sulfurique, qui a causé la mort

d’au moins 1 800 poissons, aurait pu être évitée si le dispositif de sécurité

avait été opérationnel.

Ils n’étaient pas franchement conviés mais ils se sont invités quand même. Hier

après-midi, une petite délégation de la DENV (1) et de la DIMENC (2) s’est rendue à l’usine de Vale Inco, aux côtés de Philippe Gomès. Le patron de la Maison bleue est venu chercher, sur place, les réponses aux questions que tout le monde se pose au sujet de la fuite accidentelle d’acide sulfurique survenue mercredi midi, à l’unité d’acide.

Première des interrogations : comment l’industriel a-t-il pu réaliser des essais alors que le dispositif de sécurité n’était pas encore opérationnel ? « Nos évaluations ne nous laissaient pas envisager qu’un tel incident puisse se produire », a indiqué Sylvain David, le responsable du département de lixiviation. « Vous estimez que cette réponse est satisfaisante ? », a répliqué Philippe Gomès, en demandant à la direction d’être plus précise sur les causes de cette défaillance. Deuxième point d’interrogation : pourquoi la province Sud, chargée de l’environnement et des installations classées, n’a-t-elle été prévenue que vingt quatre heures après l’accident et par un coutumier de Yaté, qui plus est ? A cette question, Jean-François David, le directeur général délégué de Vale Inco Nouvelle- Calédonie, a souhaité répondre lui-même, estimant qu’« il y a(vait) eu tentative de contact dans les quatre heures qui ont suivi l’accident » et qu’« une réflexion commune sur le mode de communication d(evait) être engagée ». Dans les faits, cette tentative se résume à un message laissé sur un téléphone portable. Ni fax, ni mail n’ont été envoyés à la Direction de l’environnement.

Ce sont donc 14 000 à 18 000 litres d’acide, concentré à 98 %, qui se

seraient échappés de l’unité

Sur les quantités d’acide sulfurique qui ont fui mercredi midi, la direction reste

vague. « Les chiffres sont toujours en revue », a déclaré Sylvain David. Ce qui est sûr, c’est que les 1 000 à 5 000 litres annoncés jeudi par la communication de Vale Inco sont bien en dessous de la réalité. Il ne s’agissait en fait que d’une estimation de la quantité d’acide déversé dans le creek de la baie Nord. Ces chiffres ne prenaient pas en compte les 13 000 litres d’acide recueillis par la cuvette de rétention située juste en dessous de la fuite. Au total, et si l’on s’en tient seulement aux chiffres de l’industriel, ce sont donc 14 000 à 18 000 litres d’acide, concentré à 98 %, qui se seraient échappés de l’unité ce jour-là.

« Grave dysfonctionnement » pour la province Sud, « concours de circonstances »

pour l’industriel... Une chose est sûre, c’est que Vale Inco va devoir rendre des

comptes sur ce qui s’est réellement passé au coeur même de son usine. La Maison bleue a prononcé un arrêté suspendant la production d’acide. Celui-ci ne sera abrogé que lorsque Vale Inco aura répondu à une série de mesures. A savoir la remise de ses installations en conformité dans un délai de quatre jours, l’évaluation des causes de l’accident tant en termes techniques qu’opérationnels et le bilan des conséquences immédiates et à long terme sur le milieu environnemental.

(1) Direction de l’environnement de la province Sud.

(2) Direction de l’industrie, des mines et des énergies de Nouvelle-Calédonie.

Coralie

Plus de 3 000 poissons morts à Goro

Alors que la liste des conséquences écologiques s’allonge après la fuite

d’acide sulfurique à Vale Inco, les associations de protection de

l’environnement réfléchissent à des actions et les syndicats mettent la

pression.

Après la réaction chimique, voici l’épidermique. Accidentellement déversés dans la nature mercredi à Vale Inco, les milliers de litres d’acide sulfurique, concentré à 98 %, suscitent une véritable ébullition. Tous azimuts. Et ce, alors que le tableau noir des conséquences écologiques se remplit : plus de 3 000 poissons morts ontété à ce jour ramassés dans le creek de la baie Nord, cours d’eau traditionnellement riche en espèces. La présence d’animaux endémiques à nageoires parmi les cadavres, est crainte ; le risque est fortement élevé. L’affaire peut ainsi prendre une dimension juridique supérieure, surtout après la récente adoption du code de l’environnement de la province Sud. Chargé de l’expertise, le cabinet Erbio doit remettre son premier rapport de constats dans quelques jours, d’ici la fin de semaine.

Tout naturellement, l’histoire hérisse le poil des associations de protection de

l’environnement. Le groupe Ensemble pour la planète, auteur d’un recours en

annulation de l’arrêté ICPE devant le tribunal administratif le 23 janvier dernier, se réunissait hier soir en conseil d’administration. Rencontre au cours de laquelle ont été abordés le chapitre de l’accident à Vale Inco Nouvelle-Calédonie, et de fait, les éventuelles suites données par le mouvement écologiste. De même, après avoirdéposé ce week-end auprès de la gendarmerie une plainte contre l’industriel pour « dégradation par pollution chimique d’un milieu naturel », le Codefsud réfléchit lui aussi actuellement à une quelconque formule de contestation. Par ailleurs, selon des milieux proches de la baie de Prony, des habitants de l’île Ouen souhaiteraient

intenter une action en justice. Du moins, le principe serait aujourd’hui étudié.

Plus de 3 000 poissons morts ont été à ce jour ramassés

Pied de nez de l’actualité, demain mercredi, doit se tenir l’assemblée constitutive de l’Oeil (Observation et information sur l’environnement dans le Sud). Organisation cherchant notamment à améliorer les indicateurs et les réseaux de surveillance,dont le mineur Vale Inco Nouvelle-Calédonie sera membre, aux côtés de la province, de la commune de Yaté, de Prony Energies ou encore de WWF. Hasard du calendrier bis, la filiale du géant brésilien remettra ce même jour son rapport relatif au grave événement de la semaine passée. La Maison bleue avait en effet prononcéun arrêté suspendant la production d’acide. Décision abrogée que lorsque Vale Inco

aura répondu à une série de mesures. A savoir la remise de ses installations en

conformité dans un délai de quatre jours, l’évaluation des causes de l’accident tant en termes techniques qu’opérationnels et le bilan des conséquences immédiates et à long terme sur le milieu environnemental... Posé hier devant le siège de l’industriel à Nouméa, le syndicat Soenc Nickel épaulé de la CSTNC et de l’USTKE, veut visiblement connaître la vérité sur le couac de mercredi sur le site de l’ex-Goro.

Yann Mainguet

- Publié dans : resistance anti coloniale
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Dimanche 15 mars 2009


Lorsque j'ai entendu la chanson des Africains devant la mairie les images

14 H Samedi 14 Mars à Valence, le cercle Algérianiste  Drome ardèche parmi d'autre organisations ont appelé à une manifestation «  contre la célébration du 19 Mars  » A son habitude les partisans de l''Algérie française remue tous les fonds troubles.. Cette association dans son siège valentinois posséde et se vante   de mettre en évidence    le  portrait d'un sanguinaire assassin Le Général Jouhaud, l'un des 4 généraux du putsch d'Alger./

www.aleph99.info/Le-putsch-d-Alger-du-13-mai-1958.html

exemple,   d'un historique du combat de l' OAS en Algérie:

L’OAS organise des attentats à la voiture piégée – 25 morts à Oran le 28 février, 62 morts à Alger le 2 mai –, des journées de tueries aveugles – des préparateurs en pharmacie le 17 mars, des femmes de ménage le 5 mai... Ses commandos deltas procèdent à des assassinats, comme celui, le 15 mars, de six inspecteurs de l’Éducation nationale, dirigeant les Centres sociaux éducatifs, dont Mouloud Feraoun [2].

Cette violence n’est pas seulement une fuite en avant désespérée. Elle relève aussi d’une stratégie : torpiller la sortie de guerre prévue, en tentant de provoquer, par les assassinats d’Algériens, une réaction de leur part – ce qui n’aboutit pas. Le vocabulaire de l’instruction 29 de Raoul Salan, le 23 février, est significatif de cette stratégie : « l’irréversible » étant « sur le point d’être commis », c’est donc « l’irréversible » qu’il faut empêcher.

Dès le 21 mars, les responsables de l’OAS proclament dans un tract que les forces françaises sont considérées « comme des troupes d’occupation » en Algérie. Le 22 mars, des activistes armés prennent le contrôle de Bab-el-Oued. Ils transforment le quartier en un énorme fort Chabrol, attaquent des camions militaires et tuent six soldats du contingent en patrouille, provoquant l’encerclement du quartier par les forces françaises, qui l’investissent et le coupent de l’extérieur, faisant 35 morts et 150 blessés.

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le Figaro du 24-25 mars 1962

Le 26 mars au matin, le commandement de l’OAS proclame la grève générale dans le Grand Alger. Il appelle les Européens à se rassembler, et à gagner ensuite Bab-el-Oued, pour briser l’encerclement du quartier. Rassemblés rue Michelet, les manifestants empruntent la rue d’Isly pour rejoindre Bab-elOued. Mais ils se heurtent en chemin à un barrage confié à des tirailleurs, qui font feu. Le bilan – 54 morts et 140 blessés – traumatise la communauté européenne, désormais certaine d’avoir perdu.

__________________________

Alger, le 26 mars 1962 : la fusillade de la rue d’Isly

par Jean LACOUTURE, Le Monde du 25 mars 1972 [3]

Appel à l'insurrection de l'OAS (fin mars 1962).Depuis un an l’OAS faisait la loi dans Alger au nom de l’Algérie française. Depuis une semaine, l’entrée en vigueur des accords d’Évian avait embrasé la grande ville, et fait de Bab-el-Oued un énorme Fort-Chabrol crépitant de chahuts enfantins, mais tragiquement hérissé d’armes. Encerclé sinon « bouclé » par une troupe qui, le 23 mars, avait perdu sept des siens, tirés comme des lapins du haut des fenêtres drapées de linge et d’étendards tricolores, le berceau du peuple « pied-noir » vit en état de siège. La veille, un des responsables du service d’ordre avait montré à l’envoyé spécial du Monde, Alain Jacob, un tract qui lui avait paru invraisemblable, à lui qui avait pourtant vu tant de choses à Alger : les chefs de l’OAS y proclamaient que les forces françaises devaient dorénavant être considérées comme des troupes étrangères d’occupation...

Le 26 au matin, le commandement de l’OAS proclame la grève générale dans le Grand Alger et appelle ses fidèles à se rassembler, en principe sans armes, sur le plateau des Glières et au square Laferrière pour gagner ensuite Bab-el-Oued et briser l’encerclement du quartier, « où les enfants meurent de faim ». Dans la matinée du lundi 26, les généraux Ailleret, commandant en chef, et Capodano se préparent à l’épreuve de force imposée par l’OAS. Les ordres venus de Paris, et plus précisément de l’Élysée, sont nets : ne pas céder d’un pouce, couper court à l’émeute.

Ailleret et Capodano savent pourtant que toutes les troupes ne sont pas prêtes à de telles tâches, qui exigent autant de sang-froid que de discernement. Quand il a été question, quelques jours plus tôt, de faire appel au 4e régiment de tirailleurs algériens (RTA), son chef, le colonel Goubard, a mis en garde les généraux : c’est une excellente troupe au combat mais composée de paysans naïfs qui risquent de perdre la tête dans la fournaise d’Alger. Le général Ailleret acquiesce et donne l’ordre par écrit de ne pas engager le 4e RTA dans une telle affaire : cet ordre ne devait jamais être transmis.

Dès 14 heures, ce lundi - il fait beau, presque chaud déjà -, la foule s’amasse, très jeune, vibrante et fiévreuse. Pour elle, le problème est de crever les barrages qui interdisent l’accès du centre vers Bab-el-Oued par la rue d’Isly notamment. À l’entrée de cette artère essentielle d’Alger, un « bouchon » a été placé par le commandant Poupat, du 4e RTA : ce régiment, dont l’emploi avait été si fort déconseillé, et dont le chef est en mission à cent kilomètres de là, sera constamment au cœur de la mêlée. C’est le sous-lieutenant algérien Ouchene Daoud qui est responsable de la barricade. Lui et ses supérieurs ont voulu savoir dans quelles conditions leurs hommes pourraient le cas échéant, faire usage de leurs armes. Au siège de la X e région, on leur a répondu : « Si les manifestants insistent, ouvrez le feu... » Mais nul n’a voulu confirmer cet ordre terrible par écrit.

À partir de 14 h 30, la foule est immense, et son audace croît. Des injures partent en direction des tirailleurs : « Espèce de fellaghas ! » Les chefs de l’OAS sentent qu’ils sont peut-être sur le point de faire sauter le verrou et poussent en avant la foule surexcitée. Le jeune lieutenant algérien et ses hommes sont roulés comme une vague. À 14 h 45, une rafale de fusil-mitrailleur claque en direction de la troupe, du balcon du 64 de la rue d’Isly. « On nous tire dessus !, lance dans son émetteur-récepteur le lieutenant Ouchene Daoud, dois-je riposter ? » Le PC du régiment donne le feu vert. Et c’est la mitraillade aveugle entrecroisée, sauvage. Puis ces cris de « Halte au feu ! Halte au feu, je vous en supplie, mon lieutenant ! », que l’on entend comme des SOS de noyés, poussés par des voix blanches et déjà perdues.


- Publié dans : resistance anti coloniale
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Soutien aux compagnons des Abruzzes/ Italie
Versement à faire sur le compte courant n°96032198
En spécifiant la cause "A sostegno dei compagni abruzzesi"
(en soutien des compagnons des Abruzzes)
lundi 8 juin
de 18h15 à 19h radio
LABO sur 99.2

émission en public
à Radio Mega 35 rue Prompsault


rediffusion jeudi


































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































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